Voici Sandrine de l’Ă©cole des chiens guides Provence CĂ´te d’Azur Corse. Après quelques remises en question dans son parcours Ă©tudiant, elle se tourne finalement vers le mĂ©tier d’Ă©ducatrice de chien guide et fini par intĂ©grer l’Ă©cole de Nice jusqu’Ă  devenir aujourd’hui responsable d’un des deux centres d’Ă©ducation. Mais comment devient-on Ă©ducatrice de chiens guides ? Et quel est le rĂ´le d’un responsable de site ? De sa première chienne guide Ă  son projet de chien mĂ©diateur, Sandrine revient pour nous sur les 10 dernières annĂ©es de sa carrière en tant qu’Ă©ducatrice, rĂ´le auquel se sont rajoutĂ©es quelques responsabilitĂ©s depuis ! Elle nous raconte aussi comment ce mĂ©tier canin est rĂ©solument tournĂ© vers l’humain, but collectif de l’ensemble de ses Ă©quipes.

Retrouvez la transcription intégrale en fin de page.

Épisodes cités :

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je suis Sandrine Le Breton. Je suis directrice technique du Centre Pierre Aicard pour les Chiens Guides d’Aveugles de Provence CĂ´te d’Azur Corse. Je suis aussi Ă©ducatrice et tutrice d’Ă©lèves. Ça va faire bientĂ´t treize ans que je fais ce mĂ©tier.

Comment as-tu dĂ©couvert les chiens guides d’aveugles et comment en es-tu arrivĂ©e Ă  travailler pour eux  ?

J’ai toujours aimĂ© les animaux, les chiens en particulier. Je me suis mise Ă  aller faire des stages, au collège, chez le vĂ©tĂ©rinaire du quartier. Quand j’ai eu seize ans, la vĂ©tĂ©rinaire m’a proposĂ© de m’embaucher l’étĂ© puis je suis devenue assistante vĂ©tĂ©rinaire, sur le tas.

Dans la patientèle de la clinique vĂ©tĂ©rinaire dans laquelle je bossais, il y avait un maĂ®tre de chien guide et sa chienne. J’ai trouvĂ© ça juste extraordinaire, donc je me suis renseignĂ©e et j’ai dĂ©couvert le mĂ©tier d’Ă©ducateur de Chiens Guides Ă  ce moment-lĂ . J’ai postulĂ© dans toutes les Ă©coles de France. Un an après les demandes que j’avais faites, je suis devenue assistante dans une autre clinique Ă  mi-temps. Lors de mon premier jour dans cette nouvelle clinique vĂ©tĂ©rinaire, j’ai reçu un appel de la directrice de l’école de Nice me demandant : « Est-ce que vous ĂŞtes toujours intĂ©ressĂ©e pour devenir Ă©ducatrice de chiens guides d’aveugles ? ».

VoilĂ , j’ai commencĂ© le 2 juin 2009 aux Chiens Guides d’aveugles de Provence CĂ´te d’Azur Corse. Puis, il y a maintenant cinq ans, j’ai commencĂ© Ă  avoir des Ă©lèves Ă©ducateurs ; je suis donc devenue tutrice. Et maintenant je suis responsable de centre et ce depuis 2019. Aussi, j’ai une autre casquette : l’annĂ©e dernière j’ai Ă©tĂ© formĂ©e pour les chiens de mĂ©diation. Le but de l’association, c’est aussi de pouvoir rĂ©orienter nos chiens qui sont sur le point d’être rĂ©formĂ©s. De rĂ©orienter nos chiens guides en chiens de mĂ©diation : en EHPAD ou autres Ă©tablissements. C’était dĂ©jĂ  en route depuis un petit moment et, lĂ , on vient de rentrer dans Canidea et on travaille vraiment sur ce projet. 

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as découvert avec les chiens guides ?

Moi, je venais du monde du chien, initialement. La dĂ©ficience visuelle, je n’y avais jamais Ă©tĂ© confrontĂ©e rĂ©ellement. J’ai tout appris en formation et aux Chiens guides. Je me souviens parfaitement des premiers mois oĂą j’Ă©tais Ă  l’Ă©cole, je n’osais pas aller vers les gens. C’Ă©tait vraiment la peur de mal faire qui faisait que je prĂ©fĂ©rais ne rien faire plutĂ´t que de mal faire. Parce qu’on n’est pas sensibilisĂ©, parce qu’on ne sait pas comment faire. Et que finalement c’est tout bĂŞte. Car j’ai fini par comprendre que les dĂ©ficients visuels ne viendraient pas vers moi, qu’il fallait que je me prĂ©sente Ă  eux. Il suffit d’un Ă©change pour qu’il se passe des choses. Finalement, ça s’est fait naturellement et ça m’a fait aussi sortir de ma coquille Ă  ce niveau-lĂ . Ça a Ă©tĂ© une grande ouverture pour moi. 

Les cours de locomotion et le monde de la dĂ©ficience visuelle, ça a Ă©tĂ© vraiment quelque chose que j’ai dĂ©couvert grâce aux Chiens Guides. Et maintenant, je passe mon temps Ă  voir des chiens guides, Ă  voir des cannes, Ă  voir des dĂ©ficients visuels mĂŞme quand je suis en vacances. 

Quels ont Ă©tĂ© pour toi les avantages ou au contraire les inconvĂ©nients du mĂ©tier d’Ă©ducatrice et de directrice technique ? Comment ça s’organise au quotidien ? Et quels sont les Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure quand on veut faire ce mĂ©tier ?

On ne devient pas Ă©ducateur juste pour le chien, parce que l’humain est hyper important. L’Ă©ducation de ton chien, tu ne la fais pas pour toi, tu la fais pour quelqu’un d’autre mĂŞme si ça peut ĂŞtre dur car parfois tu as des accroches avec certains. Et ça, il faut le savoir dès le dĂ©part : ce sont mes chiens de travail, ils ne sont pas pour moi, ils sont pour quelque chose de plus grand que moi.

Mais pour autant, ma passion, ça a toujours Ă©tĂ© eux. C’est ça que j’aime faire. C’est ça qui me fait vibrer, c’est ça qui me donne de l’Ă©nergie. C’est pourquoi, quand on m’a proposĂ© de devenir directrice technique, pour moi, il Ă©tait hors de question d’arrĂŞter le chien. Je trouve que c’est hyper important de rester prĂ©sente et de rester dans ce qui se passe rĂ©ellement. Je ne veux pas ĂŞtre enfermĂ©e dans un bureau et gĂ©rer des choses de façon thĂ©orique si finalement je ne les vis plus concrètement. Je pense que c’est important de garder ça en tĂŞte, de rester humble sur le travail d’Ă©ducateur pour pouvoir le dĂ©fendre en connaissance de causes.

Après si on doit trouver un point nĂ©gatif Ă  mon Ă©volution sur le poste de directrice technique, il y a le cĂ´tĂ© oĂą mĂŞme si je reste dans l’Ă©quipe, je n’ai plus le mĂŞme statut dans la hiĂ©rarchie. MĂŞme si clairement je n’ai pas changĂ©, cette casquette supplĂ©mentaire joue forcĂ©ment sur ma place dans l’équipe malgrĂ© le fait que j’ai gardĂ© mon rĂ´le d’éducatrice en parallèle.

As-tu fait une rencontre exceptionnelle grâce aux chiens guides ?

A chacune de mes remises – il y en a eu une cinquantaine – ce sont toutes des histoires de vie diffĂ©rentes, toutes Ă©mouvantes. Je garde en tĂŞte le parcours de ces personnes qui ont vĂ©cu les Ă©vĂ©nements d’une façon qui leur est propre  : des rĂ©cits qui te touchent profondĂ©ment. Et mĂŞme si aujourd’hui certains n’ont plus de chien guide ou qu’ils sont guidĂ©s par un chien qui a Ă©tĂ© Ă©duquĂ© par quelqu’un d’autre, on garde l’affect et on gardera toujours ce lien. Dans une remise de chien guide, tu passes quinze jours avec la personne “collĂ©-serré” et tu crĂ©es un lien qui est hyper important. Finalement, on fait bien plus que remettre un chien parce que c’est avant tout une question de confiance et d’humain. Les gens doivent avoir confiance en toi car tu dois les amener Ă  avoir confiance dans le chien et donc il y a plein d’Ă©motions qui se passent. Il y a plein de choses qui sont dites Ă  ce moment-lĂ  : de vrais Ă©changes, de beaux Ă©changes. Et je pense que si je n’avais pas Ă©tĂ© aux Chiens Guides, ces Ă©changes lĂ , je les aurais jamais eu. 

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec les chiens guides ?

Des moments compliquĂ©s, j’en ai eu plusieurs. J’ai eu un cas de maltraitance, une fois. J’ai Ă©tĂ© chercher mon chien et lĂ  il n’y a aucun Ă©change possible, il n’y a pas de discussion. 

Sinon, la chose la plus difficile, c’est quand tu perds un chien et j’ai perdu trois jeunes chiens… Ce qui est dur dans ces situations, c’est que tu dois agir en tant qu’éducateur avant tout. C’est-Ă -dire qu’il faut gĂ©rer sa peine et faire bonne figure pour aider les autres Ă  gĂ©rer la leur. Car c’est un moment difficile pour la famille d’accueil ou pour la personne dĂ©ficiente visuelle. Il faut bien leur expliquer que ce n’est pas leur faute et qu’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu. Ça c’est compliquĂ©.

Le premier a eu une maladie au bout d’un an et il nous a quittĂ©s en une semaine. La deuxième, ça m’a marquĂ©e parce que c’était une des première petite que je gĂ©rais de A Ă  Z, c’est-Ă -dire de ses 2 mois Ă  la remise. Elle est partie Ă  la suite d’une parvovirose Ă  quatre mois. Et la dernière, ça a Ă©tĂ© vraiment violent parce que ça s’est passĂ© Ă  un moment clĂ© dans la construction des binĂ´mes. Après la remise, je l’ai laissĂ©e et quinze jours après, elle a fait un arrĂŞt cardiaque. C’était le premier chien guide pour sa maĂ®tresse. Evidemment, elle a Ă©tĂ© très marquĂ©e. LĂ , elle est en train de revenir, quatre ans plus tard ! J’ai rĂ©ussi Ă  la convaincre de repartir dans l’aventure pour un nouveau chien. Donc maintenant, je croise les doigts pour que tout aille bien, parce qu’il ne faut surtout pas que ça s’arrĂŞte sur ça.

Sinon, toutes les remises sont de beaux moments. Lorsqu’on prĂ©sente le bĂ©nĂ©ficiaire Ă  la famille d’accueil c’est toujours hyper Ă©mouvant Ă  voir. La famille se rend compte que son chien est avec quelqu’un de bien car il reste juste au pied de son nouveau maĂ®tre. Il ne veut pas ĂŞtre avec nous, Ă©ducateurs, il veut pas ĂŞtre avec la famille d’accueil, il est avec son nouveau maĂ®tre. Et ce cĂ´tĂ© “cercle vertueux” est magnifique. 

Mais je crois qu’il y en a une qui me restera gravĂ©e, c’Ă©tait une de mes premières remises. Le bĂ©nĂ©ficiaire Ă©tait papa de trois enfants, cĂ©libataire. Il devait emmener sa petite fille Ă  la maternelle, ça faisait partie des trajets les plus importants de la remise. C’est ce trajet qui m’a particulièrement marquĂ©e, c’était le trajet de fin. Et j’ai toujours cette photo oĂą je suis derrière alors qu’il est avec son chien guide d’un cĂ´tĂ©, et sa petite Ă  la main, de l’autre. Voir cette finalitĂ© donne sens Ă  tout ce travail. Moi, je suis derrière : je les regarde et eux, ils vivent.

Merci Ă  Sandrine d’avoir pris du temps dans son agenda très chargĂ© pour nous raconter son aventure passionnante et pleine de rebondissements auprès des chiens guides !

Transcription intégrale

 

E.

Bonjour et bienvenue sur le podcast futur chien guide, le seul podcast sur l’univers des chiens guides d’aveugles soutenu depuis cette annĂ©e par la FFAC et l’ANM Chiens Guides. Je m’appelle Estelle. Je suis passionnĂ©e par les chiens guides d’aveugles et bĂ©nĂ©voles pour cette cause Ă  Paris. Je suis d’ailleurs persuadĂ©e que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’être mieux connu. En tant qu’amoureux des chiens, futurs bĂ©nĂ©ficiaires ou autres curieux comme moi, vous croisez parfois des chiens guides d’aveugles et leurs maĂ®tres en vous demandant : « Mais comment font-ils pour se dĂ©placer dans nos rues toujours plus agitĂ©es ? ». Ce podcast est le seul qui vous propose, au fil de rencontres enrichissantes, de dĂ©crypter l’univers des chiens guides d’aveugles pour comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi de dĂ©couvrir leur rĂ´le dans le quotidien de leur maĂ®tre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, ou encore comment agir quand vous croisez un tel binĂ´me ? Je suis ravie de vous proposer aujourd’hui un troisième Ă©pisode avec un Ă©ducateur, ou plutĂ´t, une Ă©ducatrice de chien guide. Ainsi, après Thibault il y a un an dans l’Ă©pisode 12, Audrey dans l’Ă©pisode 31, je vous propose de rencontrer Sandrine de l’Ă©cole des Chiens Guides Provence CĂ´te d’Azur Corse.

E.

Après quelques remises en question dans son parcours Ă©tudiant, elle se tourne finalement vers le mĂ©tier d’Ă©ducatrice de chien guide et finit par intĂ©grer l’Ă©cole de Nice jusqu’Ă  devenir aujourd’hui une des deux responsables des centres d’Ă©ducation. Mais comment devient-on Ă©ducatrice de chiens guides et quel est le rĂ´le d’une responsable de site. De sa première chienne guide Ă  son projet de chiens mĂ©diateurs, Sandrine revient pour nous sur les dix dernières annĂ©es de sa carrière en tant qu’Ă©ducatrice, rĂ´le auquel se sont rajoutĂ©es quelques responsabilitĂ©s de plus. Elle nous raconte aussi comment ce mĂ©tier canin est rĂ©solument tournĂ© vers l’humain, but collectif de l’ensemble de ses Ă©quipes. D’ailleurs, si vous aimez ce podcast, le plus simple est de le soutenir en mettant cinq Ă©toiles sur Apple Podcast et Spotify et d’en parler autour de vous. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode.

E.

Bonjour Sandrine.

S.

Bonjour Estelle.

E.

Merci d’avoir acceptĂ© de discuter avec moi aujourd’hui sur mon podcast futur chien guide. Est ce que pour commencer, tu pourrais te prĂ©senter ?

S.

Oui, mais alors dĂ©jĂ  c’est un plaisir. Moi je suis Sandrine Le Breton. Je suis directrice technique du Centre Pierre Aicard pour les Chiens Guides d’Aveugles de Provence CĂ´te d’Azur Corse. Je suis aussi Ă©ducatrice et tutrice d’Ă©lèves. Ça va faire bientĂ´t treize ans que je fais ce mĂ©tier.

E.

Comment t’en est arrivĂ©e Ă  faire ce mĂ©tier ? Est-ce que tu connaissais les chiens guides avant ? Est-ce que c’Ă©tait une vocation pour toi ? Comment tu es rentrĂ©e dans l’univers des chiens guides ?

S.

Alors moi, j’ai toujours aimĂ© les animaux, les chiens en particulier. Je me suis mise Ă  aller faire des stages, au collège, chez le vĂ©tĂ©rinaire du quartier.

E.

J’ai fait pareil.

S.

J’y ai Ă©tĂ© pendant toutes mes vacances scolaires. J’y allais tout le temps. Quand j’ai eu seize ans, la vĂ©tĂ©rinaire m’a proposĂ© de m’embaucher pendant mes vacances scolaires pour remplacer son assistante.

E.

GĂ©nial !

S.

Grave ! Oui, oui, d’accord. Et donc je suis devenue assistante vĂ©tĂ©rinaire, en fait, sur le tas.

E.

Mais tu faisais assistante vétérinaire, du coup uniquement chiens, chats ou un petit peu de tout ?

S.

Chiens, chats, uniquement. Et des NAC un tout petit peu.

E.

Dans les NAC, les nouveaux animaux de compagnie, il y a les lapins, les rongeurs…

S.

Et en fait, moi, je voulais ĂŞtre vĂ©tĂ©rinaire depuis toute petite. Donc j’ai passĂ© le concours vĂ©to, qui est le concours vĂ©to que je n’ai pas rĂ©ussi.

E.

Ah, comme moi ! Dis donc, je ne savais pas !

S.

Et dans la patientèle de la clinique vĂ©tĂ©rinaire dans laquelle je bossais, il y avait un maĂ®tre de chien guide et sa chienne. J’ai trouvĂ© ça juste extraordinaire et je me suis renseignĂ©e sur comment on devient chien guide. Je trouvais ça merveilleux et je ne savais pas du tout. Donc je me suis renseignĂ©e et j’ai dĂ©couvert le mĂ©tier d’Ă©ducateur de chien guide Ă  ce moment-lĂ . A ce moment-lĂ , je voulais encore ĂŞtre vĂ©to, donc je l’avais dans un coin de ma tĂŞte, mais sans plus que ça. J’ai adorĂ© cette chienne qui malheureusement est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  un moment donnĂ© parce qu’elle a eu une tumeur. Donc c’Ă©tait très triste.

E.

Elle s’appelait  comment cette petite chienne ?

S.

Ortega. Et après il y a eu le renouvellement de son chien. J’ai passĂ© mon concours vĂ©to que je n’ai pas eu. Et après je me suis dit ‘Mais qu’est-ce que je vais faire maintenant ?’ Parce que assistante vĂ©to, ça me plaisait bien si on veut. Mais ce n’Ă©tait pas pour moi un mĂ©tier que j’allais faire toute ma vie. Et je me suis dit tiens, pourquoi pas essayer de former des chiens guides d’aveugles ? Parce que je trouve ça vraiment trop gĂ©nial. Et donc j’ai postulĂ© dans toutes les Ă©coles de France. La seule Ă©cole Ă  m’avoir rĂ©pondu, c’est l’Ă©cole de Nice, pour me dire nous ne recherchons pas. Donc j’ai arrĂŞtĂ© de postuler Ă  l’Ă©cole de Nice et j’ai continuĂ© Ă  postuler dans toutes les Ă©coles de France. Et Ă  l’Ă©poque, la petite histoire, il y avait une Ă©cole non fĂ©dĂ©rĂ©e juste Ă  cĂ´tĂ© de lĂ  ou j’habitais, et j’Ă©tais allĂ©e en me disant ‘Bon, je vais y aller’. J’Ă©tais hyper timide, c’Ă©tait super dur. J’Ă©tais partie avec mon cv pour aller amener mon cv et cette Ă©cole n’existe plus, je tiens Ă  le prĂ©ciser. Et je suis arrivĂ©e, j’ai toquĂ© Ă  la porte, pn m’a ouvert une baie vitrĂ©e. J’ai dit ‘VoilĂ , je viens pour postuler pour ĂŞtre Ă©ducatrice de chien guide’. On m’a ouvert la porte, on m’a dit ‘Il faut avoir 18 ans et le bac !’ et on m’a refermĂ© la porte. J’avais 23 ans et une licence de sciences de la vie. Donc je suis repartie de lĂ  en me disant ‘Bon ben si c’est ça les chiens guides, je ne suis pas sĂ»re’.

E.

Ca t’a un peu refroidie quand mĂŞme.

S.

Je me suis dit bon, alors j’ai continuĂ© Ă  postuler dans les Ă©coles fĂ©dĂ©rĂ©es en disant on verra bien. Et en attendant, je suis devenue assistante dans une autre clinique Ă  mi-temps. Et le premier jour ou j’ai commencĂ© dans cette clinique, j’ai Ă©tĂ© appelĂ©e par Corinne, qui est maintenant notre directrice gĂ©nĂ©rale mais qui Ă  l’Ă©poque Ă©tait notre chargĂ©e de communication, et qui m’a dit, donc c’Ă©tait un an après les demandes que j’avais fait, en tout cas Ă  l’Ă©cole de Nice, en me disant ‘Est-ce que vous ĂŞtes toujours intĂ©ressĂ©e pour devenir Ă©ducatrice de chiens guides d’aveugles ?’ Oui, oui, toujours.

E.

T’as la rĂ©ponse, lĂ , c’est le genre de questions oĂą t’as pas de doute.

S.

Et donc j’ai commencĂ© dans cette clinique ce jour-lĂ  et je leur ai dit ‘Je suis pas sĂ»re de rester longtemps’. Je suis restĂ©e trois mois, le temps de faire mon entretien d’embauche et tout ça et je suis repartie. Et voilĂ , j’ai commencĂ© le 2 juin 2009 aux chiens guides d’aveugles de Provence CĂ´te d’Azur Corse.

E.

Alors Provence CĂ´te d’Azur Corse, je voudrais qu’on s’arrĂŞte lĂ -dessus parce qu’en fait c’est pas les chiens guides d’aveugles de PACA. C’est les chiens guides d’aveugles de PCAC ?

S.

C’est exactement ça, de PCAC. Parce qu’en fait on est la deuxième Ă©cole de France Ă  avoir Ă©tĂ© crĂ©Ă©e. Ă€ l’Ă©poque, il y avait Corteville et nous, on est devenus la deuxième Ă©cole.

E.

Donc Corteville, le nord.

S.

Ouais : Roncq le nord. Enfin Wasquehal Ă  l’Ă©poque mĂŞme, c’Ă©tait pas Roncq. Mais c’Ă©tait : le nord et le sud, on a Ă©tĂ© crĂ©Ă©s. Et en fait, Ă  cette Ă©poque-lĂ , la dĂ©coupe de la France n’Ă©tait pas celle d’aujourd’hui.

E.

Bien sûr.

S.

Et voilĂ . Et donc nous, on remet aussi des chiens en DrĂ´me Ardèche. Donc en fait, si tu veux, c’Ă©tait l’ancienne dĂ©coupe. Donc pendant très longtemps, on a Ă©tĂ© Provence CĂ´te d’Azur et il y a quelques annĂ©es, en fait, on remettait des chiens en Corse depuis longtemps. Mais ce n’Ă©tait pas Ă©crit dans notre nom. Et donc, il y a quelques annĂ©es on a rajoutĂ©. Donc c’est PCAC

E.

Ok d’accord. Donc la Corse Ă©tait lĂ  depuis longtemps mais n’Ă©tait pas affichĂ©e. Donc pour la com.

S.

Exactement.

E.

C’Ă©tait plus simple j’imagine, pour les demandeurs, aussi surtout, les dĂ©ficients visuels, d’identifier que c’Ă©tait une possibilitĂ© de faire appel Ă  vous.

S.

C’est ça. Il n’y a pas beaucoup de personnes dĂ©ficientes visuelles en Corse qui demandent. Mais on a quelques demandes et on a quelques chiens sur place.

E.

OK, donc tu es arrivée en 2009 là-bas ?

S.

Ouais, je suis arrivĂ© en 2009. Ă€ l’Ă©poque, la formation se faisait sur trois ans. Donc formation d’Ă©ducatrice. 2012 remise de mon diplĂ´me lors du congrès international Ă  Paris. Et puis après, mon petit bonhomme de chemin en tant qu’Ă©ducatrice classique, qui fait ses armes et qui fait ses remises. Et puis, il y a maintenant cinq ans, j’ai commencĂ© Ă  avoir des Ă©lèves.

E.

Des élèves, des moniteurs, des humains ?

S.

Des Ă©lèves Ă©ducateurs. Bien Ă©videmment, des Ă©lèves humains. Je suis donc devenue tutrice…

E.

Parce qu’on parle beaucoup d’Ă©lèves, d’Ă©cole, de tout ce qui est diplĂ´me, etc. pour les chiens. Mais il y a aussi du coup le mĂŞme pour les humains qui vont Ă©duquer les chiens.

S.

Exactement. Donc lĂ , cette fois-ci, des Ă©lèves humains. Et iIl y a quatre ans, j’ai eu deux Ă©lèves qui sont rentrĂ©s en formation. Donc maintenant, la formation elle est 2 ans moniteur, 2 ans Ă©ducateur. Et elles ont Ă©tĂ© diplĂ´mĂ©es l’annĂ©e dernière, en 2021, Ă©ducatrices. Et donc je continue en ce moment, j’ai un Ă©lève moniteur et si tout va bien, il y aura une nouvelle Ă©lève monitrice en septembre. LĂ , elle est en pĂ©riode d’essai.

E.

Ok. Et donc ce rĂ´le-lĂ , tu l’a acquis au fur et Ă  mesure du temps, on a proposĂ© de devenir tutrice. Tu Ă©tais dĂ©jĂ  au pĂ´le de Nice, alors je sais pas comment vous vous partagez un petit peu le travail sur les deux pĂ´les qu’il y a PACA, parce qu’il y a ça aussi comme particularitĂ©, on le retrouve aussi dans d’autres Ă©coles, il y a deux pĂ´les d’Ă©ducation

S.

Exactement. Alors en fait, excuse moi, mais j’ai mon chien qui veut jouer avec ma minette, Ă©videmment, c’est aujourd’hui qu’on fait ça et donc c’est un berger blanc suisse, donc ça s’exprime. Donc si on entend des chouinneries, c’est…

E.

Je vois tout Ă  fait !

S.

Je suis désolée.

E.

Mais je me souviens de mon beau Folio qui parlait beaucoup, oui, en effet.

S.

VoilĂ . Et puis il aime bien quand je suis au tĂ©lĂ©phone ou quand je suis en train de parler Ă  quelqu’un d’autre, s’exprimer encore plus. VoilĂ , je suis dĂ©solĂ©e. Donc euh…

E.

Je te disais les deux pĂ´les d’Ă©ducation Ă  Nice et…

S.

Au dĂ©part, quand moi j’ai commencĂ©, il y avait que le Centre Pierre Aicard, donc Ă  Eze, on a une particularitĂ© par rapport aux autres Ă©coles, c’est qu’on a le siège social qui est sur Nice, donc on est sur trois sites en rĂ©alitĂ©. Ă€ l’heure actuelle, il y a l’espace Fred Farrugia qui est le siège social donc sur Nice, le Centre Pierre Aicard Ă  Eze et le Centre Joseph Micoud Ă  Lençon-Provence. Et le centre Joseph Micoud il a ouvert il y a cinq ans. Quand ça a ouvert, nous, on avait encore un fonctionnement avec des pĂ´les. On avait un pĂ´le prĂ©-Ă©ducation, un pĂ´le Ă©ducation. Donc moi, Ă  cette Ă©poque-lĂ , vraiment, j’Ă©tais sur l’Ă©ducation des chiens, et il y a quatre ans, on est passĂ©s sur un fonctionnement de A Ă  Z. Donc depuis, on s’occupe de nos chiots, Ă  deux mois quand ils arrivent du REF (rĂ©seau d’Ă©levage national de la FĂ©dĂ©ration Française des associations de Chiens Guides (FFAC)) , et on les remet et on les suit et on va jusqu’Ă  la retraite avec nos chiens.

E.

Donc ces deux pĂ´les maintenant, tu dis Eze pour situer pour ceux qui ne sont pas sudistes.

S.

Alors Eze, c’est dans les hauteurs de Nice. L’Ă©cole avec la belle vue, c’est nous, enfin c’est chez moi.

E.

Ok. Et pour le coup, Lançon-Provence.

S.

Lançon-Provence, c’est entre Aix et Marseille.

E.

OK, très bien. Du coup, ça permet de mieux situer. Moi je vais à Marseille la semaine prochaine, donc je regarderai sur la carte.

S.

VoilĂ , exactement, donc c’est par lĂ . Donc, après on a ce fonctionnement qui est aussi diffĂ©rent par rapport aux autres Ă©coles. C’est que donc on est deux co-directrices techniques. On fonctionne vraiment en binĂ´me avec Sandy de façon Ă  avoir vraiment le mĂŞme fonctionnement sur les deux centres, mĂŞme si on n’est pas cĂ´te Ă  cĂ´te. Et donc ça veut dire qu’on a un cheptel commun avec les chiens de Eze et les chiens de Lançon, et on a une seule liste de personnes en demande de chien guide. Donc ça veut dire que lĂ , par exemple, j’ai une collègue de Lançon qui en ce moment est en remise Ă  Vence dans le 06 parce que son chien correspondait Ă  la personne qui est dans le 06 alors que finalement ça aurait Ă©tĂ© plus simple que ce soit un chien de chez nous, de Eze, parce qu’on est juste Ă  cĂ´tĂ©. Mais en fait, on a un seul cheptel et un seul foyer de demandeurs, si tu veux. Et donc en fait, on est la mĂŞme Ă©cole, on a deux centres d’Ă©ducation, mais on est la mĂŞme Ă©cole.

E.

Ce que tu dis, c’est que c’est pas forcĂ©ment les chiens qui sont Ă©duquĂ©s au plus près des dĂ©ficients visuels qui sont remis. C’est toujours cette histoire de faire les meilleurs binĂ´mes. Et du coup, vous regardez dans tous les Ă©lèves et futurs chiens guides du coup qui sont au sein de l’Ă©cole, dans les deux pĂ´les, pour voir justement qui peut ĂŞtre attribuĂ© Ă  qui.

S.

Exactement. Le meilleur chien pour pour la personne. Et effectivement ben, mĂŞme si elle doit venir Ă  Eze, si elle travaille Ă  Lançon et qu’elle doit venir Ă  Eze, ben elle viendra faire sa remise ici parce que c’est pour les gens qu’on cherche vraiment le meilleur binĂ´me.

E.

Oui, c’est vous qui bougez, pas forcĂ©ment les gens qui sont en demande de chien guide. Ok, donc tu es passĂ©e tutrice il y a quelques annĂ©es. Et tu viens de nous parler du dernier rĂ´le que tu as endossĂ© un petit peu cette dernière annĂ©e, je crois.

S.

Oui, juste avant, en 2019, je suis devenue responsable de centre. Sandy aussi sur Sur Lançon-Provence parce qu’on avait un directeur technique qui faisait la navette entre les deux centres. C’Ă©tait un peu compliquĂ©. Ça faisait que la moitiĂ© du temps on n’avait personne en gestion et donc on a mis des responsables de centre pour avoir quelqu’un qui est lĂ  le reste du temps.

E.

En appui.

S.

Exactement. Et donc lĂ , notre ancien directeur technique est parti l’annĂ©e dernière et on a fait une proposition de devenir codirectrices avec Sandy de façon Ă  ce qu’il y ait toujours quelqu’un sur le centre. Et donc depuis janvier, cette annĂ©e, c’est la dernière casquette que je porte.

E.

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur en quoi ça consiste d’ĂŞtre directrice de centre ? Parce que encore, j’avoue que sur les Ă©pisodes que j’ai faits, et avec Thibault il y a un an tout pile avec l’Ă©pisode 12, et avec Audrey sur le mĂ©tier d’Ă©ducateur, c’est vrai que tous les deux Ă©taient Ă©ducateurs, alors on avait beaucoup parlĂ© de justement, qu’est ce que c’Ă©tait le fait d’ĂŞtre moniteur puis Ă©ducateur dans les Ă©pisodes 12 avec Thibault et 31 avec Audrey. Mais cette casquette de directrice technique, qui Ă©tait ta casquette un peu petit dĂ©jĂ  de responsable technique, qu’est ce qu’elle rajoute, qu’est ce qu’elle englobe de plus que Ă©ducateur ?

S.

Cette casquette-lĂ  en fait elle rajoute toute la gestion du centre, que ce soit l’Ă©quipe ou les rendez-vous qu’il peut y avoir pour maintenir le centre en forme, on va dire ça comme ça, donc ça peut ĂŞtre la gestion des espaces verts, le dĂ©ratiseur par exemple. Ce matin, j’Ă©tais avec le dĂ©ratiseur au tĂ©lĂ©phone. C’est vraiment toute la gestion du centre. Faire en sorte que ça fonctionne bien, vĂ©rifier qu’il n’y a pas de problème au niveau des vĂ©hicules, que tout le monde est prĂ©sent. GĂ©rer aussi les demandes de congĂ©s payĂ©s ou de rĂ©cup, s’assurer que tout le monde n’est pas parti en mĂŞme temps et qu’on se retrouve pas avec le centre vide. VoilĂ . GĂ©rer les absences, les maladies, ce genre de responsabilitĂ©s plus administratives finalement, faire en sorte que ça roule bien. Il va y avoir toute la gestion d’Ă©quipe aussi. ĂŠtre prĂ©sent en soutien s’il y a une problĂ©matique sur l’Ă©ducation, sur un problème vĂ©tĂ©rinaire, si les Ă©ducateurs ont besoin de venir me voir en soutien, je suis lĂ . Nous, on a une particularitĂ©, c’est qu’on fait des Ă©valuations d’Ă©ducation. Donc, c’est-Ă -dire qu’on a des temps, dans la durĂ©e d’Ă©ducation qui est de 6 Ă  8 mois, ou on vient checker ou en est le chien dans son travail pour vĂ©rifier que tout va bien, qu’il fonctionne bien et qu’il avance bien de façon Ă  soit apporter des conseils, soit dire ‘attention, ça tu l’avais pas vu, mais ça, il faut que tu le rĂ©cupères’ ou ce genre de choses. Je le fais sur mon centre comme ça je suis vraiment avec mon Ă©quipe dans le travail. On fait après passer les certificats d’aptitude pour avoir vraiment un cĂ´tĂ© impartial. Je fais passer les certificats d’aptitude sur Lançon et Sandy les fait passer sur Eze.

E.

Ok. Donc en fait tu as une partie vraiment, on va dire, un peu logistique, bâtiment parce qu’il y a quand mĂŞme plusieurs bâtiments sur ton centre. Il y a quand mĂŞme des bureaux, tout ce qui est un peu la vie de l’Ă©quipe. Il y a tout ce qui est aussi le logement des personnes dĂ©ficientes visuelles quand vous avez les stages de remise sur place.

S.

Tout Ă  fait.

E.

Le chenil, bien sĂ»r. Ça, on y pense forcĂ©ment quand on pense Ă©cole chiens guides. Et puis il y a tout plein de logements, logements de fonction, sellerie, tout ce qui est espace de stockage, parce qu’il faut les nourrir aussi, ces petites bĂŞtes. En fait, il y a toute une partie qui est vraiment sur la gestion du centre en tant que bâtiment, Ă©quipe, etcs T’as aussi un axe un peu RH, j’ai envie de dire, ressources humaines. C’est ce que tu nous disais par rapport Ă  l’Ă©quipe, alors je n’ai pas comptĂ© les petites photos, vous ĂŞtes quand mĂŞme une petite dizaine sur le centre d’Ă©ducation ?

S.

En fait, on est à peu près cinq et cinq, cinq sur Eze, cinq sur Lançon.

E.

Tu as cette Ă©quipe-lĂ  en responsabilitĂ©. Et puis, derrière l’impartialitĂ© d’une Ă©ducatrice de chiens guides mais qui n’a pas Ă©duquĂ© les chiens en allant du coup sur l’autre pĂ´le faire les passages, donc de certificat d’aptitude Ă  guider, donc le CAG qui est donc le diplĂ´me qui permet d’officialiser que le chien est un chien guide et non plus un futur chien guide ou un Ă©lève chien guide. Il est dĂ©sormais un chien guide. Et puis c’est pas la fin. Après, il y a la remise et la vie avec son bĂ©nĂ©ficiaire.

S.

Il passe son bac et après il y a le travail, c’est vraiment ça.

E.

C’est ça. C’est un peu le bac de l’Ă©lève chien guide. Toi tu les fais passer, pour ĂŞtre très impartiale, sur l’autre site pour justement, tu connais leur nom mais ne pas les avoir vu au quotidien dans le travail.

S.

Exactement, et en plus ça me permet de dĂ©couvrir ces chiens que je ne connais pas. Et donc quand on fait les commissions d’attribution pour trouver…

E.

Savoir qui va aller avec qui.

S.

…les bĂ©nĂ©ficiaires, eh bien ça me permet vraiment d’avoir un oeil sur tout le cheptel. Et vice versa pour Sandy de se dire ok en fait on les connaĂ®t tous finalement. Soit parce que je les ai suivis en Ă©valuation, soit parce que je leur ai fait passer le certificat. Et je vois comment ça fonctionne.

E.

Dans le cadre de ces commissions aussi, toi, ça te permet d’avoir un peu un Ĺ“il global avec Sandy, comme tu dis, en termes de codirectrices techniques, pour dire ben voilĂ , il y aurait plutĂ´t cette personne, mais vous n’ĂŞtes pas toutes seules toutes les deux, j’imagine qu’il y a aussi les Ă©ducateurs autour de la table, etc., mais ça permet d’avoir un avis un peu plus neutre en effet sur un moment donnĂ© de se dire ‘ah bon moi j’aurais pas cru’, forcĂ©ment et vous avez pensĂ© Ă … J’imagine que c’est…

S.

Exactement, c’est ça. Il y a aussi telle personne, je pense que ça pourrait le faire. Et d’avoir le dĂ©bat avec l’instructeur de loco, l’Ă©ducateur du chien, l’Ă©ducateur qui a vu la personne, etc., etc. Ces Ă©changes-lĂ  sont très enrichissants aussi.

E.

On voit très bien ce que disait… Je l’avais mĂŞme titrĂ© comme ça, l’Ă©pisode avec Thibault qui disait que Ă©ducateur de chien guide, c’est un travail collectif en fait.

S.

Tellement.

E.

C’est pas un travail individuel du tout.

S.

C’est tellement ça, c’est tellement ça. Il y a tellement de choses Ă  faire. Tu fais jamais la mĂŞme chose tous les jours. Tu arrives le matin, tu sais pas ce qui va se passer dans ta journĂ©e, mĂŞme si t’as les mĂŞmes chiens sur la semaine. Il y a tellement de choses qui peuvent se passer que tes journĂ©es ne sont jamais les mĂŞmes.

E.

Moi ce que j’ai l’habitude de dire dans mon mĂ©tier, c’est que la seule chose que je fais tous les jours, c’est que j’allumes mon ordinateur et que je regarde mes mails.

S.

Ă€ peu près. Les chiens je les mets dans ma voiture et on y va, ouais, c’est ça. On après voit ce qui se passe dans la journĂ©e.

E.

C’est ça. C’est la seule chose que je… et encore il y a des journĂ©es ou ça peut ne pas m’arriver. A part ça, les journĂ©es sont toutes diffĂ©rentes aussi dans mon mĂ©tier, auprès des Ă©leveurs de chèvres. Donc en fait cette dernière casquette, mais qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de plus, j’ai envie de dire, c’est hyper intĂ©ressant de voir, de se dire, parce qu’on entend beaucoup parler de cette volontĂ© d’ĂŞtre Ă©ducateur de chien guide. Moi-mĂŞme aussi, j’y ai pensĂ© dans un coin de ma tĂŞte avant de m’orienter vers vĂ©to. Puis finalement, j’ai bifurquĂ© Ă  l’agro de se dire, voilĂ , c’est un mĂ©tier, j’aime les chiens. Mais on avait beaucoup partagĂ© cette notion de, oui il faut aimer les chiens, mais il faut aimer les gens aussi, que ce soit avec Thibault et avec Audrey, je sens que tu partages aussi ce constat parce que c’est pas des chiens pour des chiens.

S.

Ouais, c’est hyper important. Si tu viens juste pour le chien, ne viens pas, parce que la personne, elle est hyper importante. L’Ă©ducation de ton chien, tu la fais pas pour toi, tu la fait pour quelqu’un d’autre. Et ça, il faut le savoir dès le dĂ©part. Je suis hyper sensible. Au tout dĂ©but, je me suis dit : « bon, je vais avoir un problème parce que si je dois tous les garder, je vais avoir un souci quoi ! ». Et je me suis mis, on va dire une barrière Ă©motionnelle. C’est mes chiens de travail. Il ne faut pas leur faire du mal parce que vraiment je peux devenir très mĂ©chante. Mais par contre, c’est mes chiens de travail, je les garde pas, ils sont pas pour moi, je les adore, je les aime mĂŞme toute leur vie et je suis très triste quand ils s’en vont, quand ils sont malades. Mais c’est mes chiens de travail, ils sont pas pour moi, ils sont pour quelque chose de plus grand que moi.

E.

Mais c’est joliment dit, c’est que ça va au-delĂ  de l’intĂ©rĂŞt personnel en fait.

S.

C’est ça. Tu apportes du bonheur et de l’autonomie dans la vie des gens, quoi. Je peux pas rĂŞver mieux en fait que ça. Un jour, je me souviens, j’Ă©tais en remise. Il y avait un restaurateur qui me dit ‘non, mais ce que vous faites, c’est extraordinaire. Ce que vous faites, c’est trop trop bien. Vous apportez du bonheur dans la vie de ces gens!’ Mais vous aussi avec vos pizzas, vous apportez du bonheur dans la vie des gens! ‘Oui mais moi, comparĂ© ça n’a rien Ă  voir’. C’est gentil, mais c’est vrai. C’est vrai que tu peux ĂŞtre triste, tu peux avoir des journĂ©es ou t’es pas bien. Ton chien il vient juste apporter quelque chose d’extraordinaire dans la vie d’une personne qui peut ĂŞtre seule, qui n’a pas forcĂ©ment de lien social. Ton chien, il lui apporte le fait de ne plus ĂŞtre seul. Il lui apporte le fait de se dire ok, maintenant je suis accompagnĂ©, mĂŞme si j’ai une galère, je suis avec mon chien, je suis plus tout seul. ForcĂ©ment, les gens y viennent sur le chien avant de parler Ă  la personne, mais finalement ça crĂ©e ce lien-lĂ . Et voilĂ .

E.

Oui, c’est hyper vrai. Le dernier Ă©pisode que j’ai sorti juste avant le tien, c’est Laurianne et Persia. Donc Laurianne, c’est une jeune, en plus, on habite dans la mĂŞme ville donc on se connaĂ®t maintenant bien, et elle a 23 ans et elle vient d’avoir son chien. Alors on a fait un Ă©pisode un peu particulier puisqu’elle s’est, elle a vraiment acceptĂ© de jouer le jeu que je lui ai proposĂ©, Ă  savoir de m’envoyer ses ressentis avec des vocaux en live en fait. Et puis on a enregistrĂ© en complĂ©ment un Ă©change quand mĂŞme un peu plus posĂ©. En fait, on a fait cette immersion-lĂ  pendant sa remise et donc ça va de avant sa rencontre avec la chienne qui allait ĂŞtre la bonne. On ne savait pas, c’Ă©tait un petit pari qu’on a pris. Ça va des vocaux ou elle, elle me dit ‘VoilĂ , je vais la rencontrer. J’espère que ce sera la bonne, j’espère tellement’. Etc. Jusqu’Ă , il y a cinq-six mois, on a laissĂ© cinq-six mois pour que le binĂ´me se forme bien. Et en effet, ben voilĂ , ça change, ça change tout en fait.

S.

C’est clair.

E.

MĂŞme pour quelqu’un de social, le regard des autres, il est complètement diffĂ©rent, mĂŞme si on ne le perçoit pas forcĂ©ment. Laurianne ne perçoit pas le regard visuellement, mais elle le ressent, quoi.

S.

Bien sĂ»r. Il y a une dernière casquette dont je ne t’ai pas parlĂ©. L’annĂ©e dernière j’ai Ă©tĂ© formĂ©e pour les chiens de mĂ©diation. Le but de l’association, c’est aussi de pouvoir remettre nos chiens rĂ©formĂ©s chiens guides en chiens de mĂ©diation, en Epad ou autres Ă©tablissements. Donc, ça, c’est vraiment le dernier petit maillon qui est en train de se crĂ©er puisqu’on a dĂ©jĂ  les cannes optroniques et les mini tacts qui sont remis par notre association. Donc ça c’est dĂ©jĂ  en route depuis un petit moment et donc lĂ , vraiment, on est rentrĂ©s dans Canidea et on travaille lĂ -dessus. Si tout va bien, j’ai une chienne qui en ce moment va rentrer en Ă©ducation, qui a Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e chien guide parce que trop de craintes et donc prochainement, ça sera la première remise de chien de mĂ©diation de notre association. Donc c’est encore une casquette.

E.

Donc l’idĂ©e, c’est de valoriser les chiens qui sortent un peu du circuit.

S.

C’est ça.

E.

Comme on peut le voir dans d’autres Ă©coles. Mais du coup, de le faire en interne en les Ă©duquant en interne sans pour autant les confier Ă  une autre association du rĂ©seau Canidea.

S.

C’est ça. Exactement. D’ailleurs, pas rĂ©formĂ©s, mais rĂ©orientĂ©s.

E.

Oui, j’ai dis ‘sortis du circuit’.

S.

C’est moi qui ai dit rĂ©formĂ©s et je me suis tapĂ© sur les doigts parce que je me dis que si Yasmine Ă©coute ça, je vais me faire taper dessus. Donc rĂ©orientĂ©s.

E.

Ouais, j’ai lu la communication de Canidea. J’essaie aussi d’adopter ce mot et en plus, moi, je suis parallèlement dans l’Ă©levage de chèvres. Donc rĂ©formĂ© n’a pas du tout la mĂŞme signification pour le coup.

S.

Tout Ă  fait.

E.

J’ai eu l’occasion de faire un Ă©pisode justement sur une chienne guide qui avait Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e, alors une Ă©lève chien guide, elle Ă©tait encore chien guide, Naya qui avait Ă©tĂ© rĂ©formĂ©e et qui est partie chez Acadia. Et donc, on a fait l’Ă©pisode avec la famille d’accueil de cette ancienne Ă©lève chien guide qui est l’Ă©pisode 10 avec Laurie il y a plus d’un an maintenant. Et on a fait, j’ai fait l’Ă©pisode dans mes hors sĂ©ries cet Ă©tĂ©, quelques Ă©pisodes sur les autres chiens d’assistance en fait, c’Ă©tait un petit peu l’idĂ©e, et j’ai eu l’occasion dans l’Ă©pisode 23 de recevoir Romain, qui est le bĂ©nĂ©ficiaire de la belle Naya, qui est son chien d’assistance diabĂ©tique en tant qu’enfant diabĂ©tique.

S.

Nous on a Oasis qui a été réformée, chez Acadia.

E.

Oui ben oui voilĂ .

S.

Qui a Ă©tĂ© rĂ©orientĂ©e et remise…

E.

À un petit garçon aussi.

S.

C’est très très bien.

E.

J’ai aussi fait des Ă©pisodes sur les rĂ©formes, enfin les rĂ©orientations que j’appelle encore rĂ©formes, mais peut-ĂŞtre que je changerai…

S.

MĂŞme chose! Je me tape sur les doigts.

E.

Mais j’en ai, j’en ai fait deux. Et c’est vrai que les contextes Ă©taient vraiment diffĂ©rents parce que pour le coup, il y avait Noupi, qui lui a Ă©tĂ© adoptĂ© par sa famille d’accueil, donc le lien Ă©tait dĂ©jĂ  bien acquis, bien fluide, mĂŞme s’il Ă©tait rentrĂ© en Ă©ducation, c’est vraiment l’Ă©ducation qui n’a pas fonctionnĂ© et du coup, on avait enregistrĂ© avec BĂ©rangère un Ă©pisode, mais tellement Ă©mouvant parce que son histoire Ă  BĂ©rangère et Noupi est très reliĂ©e au bĂ©bĂ© de BĂ©rangère qui est maintenant grand. Dans l’Ă©pisode 24, elle nous racontait ça en disant, ben voilĂ , comment ça s’Ă©tait passĂ©. Et dernièrement, le mois dernier, j’ai enregistrĂ© un Ă©pisode avec Christophe, l’Ă©pisode 36, ou lui ne connaissait pas du tout le monde des chiens guides. C’est vraiment quelqu’un qui a adoptĂ© un Ă©lève rĂ©orientĂ© en chien de compagnie, mais pas rĂ©orientĂ© en chien d’assistance. En tout cas, le projet de l’Ă©cole pour vous, c’est que toi, tu puisses les former en chiens mĂ©diateurs ?

S.

Avec Sandy, on me dit on a Ă©tĂ© formĂ©s tous les deux l’annĂ©e dernière.

E.

D’accord.

S.

Avant le projet de directeur technique.

E.

Ouh !

S.

Donc c’est vrai que ça fait beaucoup de casquettes. Mais voilĂ , c’Ă©tait avant ça.

E.

Et vos journĂ©es, elles font combien de temps lĂ  ? Combien d’heures par jour ? Ha!Ha!Ha!

S.

Alors ha ha… On a trouvĂ© aussi un minuteur qui nous permet d’avoir des journĂ©es  beaucoup plus longues que ce qui est prĂ©vu en temps normal.

E.

Ah c’est pour ça ! C’est ça le secret.

S.

Non, non… elles font 7 heures, comme tout le monde ha ha ha. Il faut s’organiser. Ça, c’est vraiment une histoire d’organisation de planning pour arriver Ă  tout mettre dedans. J’avoue que des fois, il y a un peu de dĂ©passement d’heures quand mĂŞme.

E.

C’est normal.

S.

Il y a des heures où on se dit : « Bon, allez, je termine. Je reste et je termine. »

E.

Comment tu vas organiser pour cette partie un peu ‘mĂ©diation’ ? Est-ce que l’objectif c’est de former tous les Ă©lèves qui sont rĂ©orientĂ©s ? Ou pas forcĂ©ment parce que tous ne se prĂŞtent pas Ă  ĂŞtre chien de mĂ©diateur non plus ?

S.

Exactement, ça sera vraiment ceux sur lesquels on se dit : « Ah mais lui, il irait très bien en mĂ©diation, on va le garder. Potentiellement, on continuera Ă  travailler avec CanidĂ©a si on voit un profil qui pourrait correspondre parce que le chien est beaucoup sur l’odorat, eh bien on continuera Ă  proposer Ă  Acadia s’il y a besoin. Le but, c’est de nous permettre, Ă  nous de leur apporter cette deuxième…

E.

Possibilité ?

S.

PossibilitĂ©, mais ça ne les sort pas non plus du cursus CanidĂ©a. Et après, il y a tous ceux qui sont en hors rĂ©orientation parce que : problèmes mĂ©dicaux… Et donc lĂ  : une adoption.

E.

Je vais dire : tout rĂ´le de chien d’assistance ne se fait pas.

E.

C’est ça.

S.

Parce qu’il y a toujours la problĂ©matique, c’est la vie du chien sur le long terme.

S.

Exactement

E.

Et donc exact, pas forcément compatible avec un déficient visuel ou une autre personne à qui il devrait devenir en aide.

S.

Tout Ă  fait.

E.

Eh ben oui, dis donc. Je n’avais pas calculĂ©, mais ça en fait beaucoup des casquettes !

S.

Elles ne se superposent pas trop mal. Ha!Ha!

E.

J’Ă©coute, je vois ça. Et justement, par rapport Ă  tout ça, je t’ai demandĂ© un peu comment ça s’organise au quotidien. Est-ce que, aujourd’hui, ce mĂ©tier d’Ă©ducatrice mais aussi de directrice technique, est-ce que tu y vois des inconvĂ©nients ou des avantages ?

S.

Tu vois, quand on m’a proposĂ© de devenir directrice technique, pour moi, il Ă©tait hors de question d’arrĂŞter le chien. Alors forcĂ©ment, je vais en avoir moins en gestion. Je vais en Ă©duquer moins que ce que je peux en Ă©duquer, si je suis juste Ă©ducatrice, forcĂ©ment. Mais pour moi, ma passion, c’est les chiens depuis le dĂ©part. C’est ça que j’aime faire. C’est ça qui me fait vibrer, c’est ça qui me donne de l’Ă©nergie. Donc arrĂŞter le chien, pour moi, c’est pas possible. Et en plus, je trouve que c’est hyper important de rester prĂ©sente et de rester dans ce qui se passe rĂ©ellement. Je ne veux pas ĂŞtre enfermĂ©e dans un bureau et gĂ©rer des choses finalement que je ne vois plus que je ne gère plus. Je continue Ă  faire mon tour de ramassage de crottes quand c’est mon tour, tu vois. Alors j’en fais peut ĂŞtre un peu moins, mais je continue Ă  le faire parce que c’est aussi ça notre travail. C’est aussi d’ĂŞtre prĂ©sent lĂ , d’aller chez les vĂ©to, de faire du brossage. Et je pense que c’est important de garder ça en tĂŞte, de rester humble sur le travail d’Ă©duc pour pouvoir après venir dĂ©fendre, je ne sais pas : une proposition qu’on ne voudrait pas ou au contraire quelque chose qui serait important pour Ă©voluer, pour faire en sorte qu’on fonctionne mieux. Je pense que c’est en continuant Ă  ĂŞtre prĂ©sent avec l’Ă©quipe, que ça peut se faire.

E.

C’Ă©tait une de vos conditions Ă  Sandy et toi, pour devenir directrice ?

S.

Je serais restĂ© Ă©ducatrice si j’avais dĂ» arrĂŞter le chien clairement.

E.

Ouais.

S.

Après, forcĂ©ment, quand tu deviens directeur, je pense qu’il y a le cĂ´tĂ©… Si on doit trouver un point nĂ©gatif, il y a le cĂ´tĂ© oĂą mĂŞme si tu restes dans l’Ă©quipe, tu n’as plus la mĂŞme classe quand mĂŞme, tu vois.

E.

Tu n’as plus le mĂŞme niveau hiĂ©rarchique dans tous les cas.

S.

C’est ça ! MĂŞme si tu ne changes pas (clairement, je n’ai pas changĂ©) mais je pense que ça se joue quand mĂŞme. Alors après, faut en prendre son parti. J’ai pris ce parti lĂ  d’ĂŞtre directrice technique et je suis lĂ  pour dĂ©fendre mon Ă©quipe avec tout ce que ça amène dans cette place lĂ  : d’ĂŞtre ni la direction qui prend les dĂ©cisions de tout ni totalement dans l’Ă©quipe. Parce que c’est aussi toi qui leur dit si tu as le droit ou pas d’aller en congĂ© ce jour-lĂ . Ha!Ha!

E.

Oui, c’est sĂ»r que t’es plus une collègue comme les autres, mĂŞme si tu Ă©duques des chiens comme les autres encore, quoi.

S.

Exactement ! C’est exactement ça. Mais ça va, je le lis bien quand mĂŞme. Ha!Ha!

E.

Et je me demandais dans toute ton aventure avec les Chiens guides… Que ce soient les prĂ©mices dans la clinique vĂ©tĂ©rinaire en tant qu’auxiliaire, jusqu’Ă  maintenant : est-ce qu’il y a quelque chose que tu as appris ou dĂ©couvert avec les chien guide auxquels tu ne t’attendais pas du tout en rentrant dans cet univers ?

S.

Et bien moi, je venais du monde du chien, entre guillemets. La dĂ©ficience visuelle, j’y avais jamais Ă©tĂ© confrontĂ©e rĂ©ellement, puisqu’il y avait juste ce client qui venait pour sa chienne une fois de temps en temps Ă  la clinique. Elle n’Ă©tait pas tout le temps malade, heureusement. Et donc la dĂ©ficience visuelle, je connaissais pas. J’ai tout appris en formation et aux Chiens guides. Je me souviens très très bien des premiers mois ou j’Ă©tais Ă  l’Ă©cole. Si je n’avais pas quelqu’un pour me prĂ©senter (parce que j’Ă©tais une grande timide, ça se voit peut ĂŞtre plus maintenant, mais j’Ă©tais une grande timide) : aller vers les gens, c’Ă©tait hyper compliquĂ© pour moi. Donc s’il n’y avait pas quelqu’un pour me prĂ©senter, j’essayais d’ĂŞtre la plus discrète possible et je n’osais pas aller vers les gens. Et Ă  un moment donnĂ©, je me suis dit : « Mais ça, c’est pas viable. Tu vois, Ă  un moment donnĂ© les dĂ©ficients visuels, ils viendront pas vers moi, ce n’est pas possible. Mais c’est Ă  moi de faire en sorte d’aller me prĂ©senter, d’aller dire bonjour. » Et en fait, ça s’est fait naturellement et ça m’a fait aussi sortir de ma coquille Ă  ce niveau-lĂ . Et c’est vrai que aujourd’hui, Ă  l’extĂ©rieur, dans ma vie personnelle, je peux encore ĂŞtre une grande timide. Mais dans les chien guide, ce n’est plus le cas parce que je m’y sens Ă  l’aise et que maintenant c’est comme ça que ça fonctionne.

E.

Oui donc c’est vraiment ce monde de la dĂ©ficience, en fait.

S.

Exactement.

E.

Parce qu’on n’est pas forcĂ©ment confrontĂ© Ă  ce genre de personnes qui sont tout Ă  fait des personnes qui existent dans la sociĂ©tĂ©. Mais on ne sait pas comment rĂ©agir au dĂ©but.

S.

C’est ça ! Quand tu sais pas, moi, c’Ă©tait vraiment la peur de mal faire qui faisait que je prĂ©fĂ©rais ne rien faire plutĂ´t que de mal faire. Et je pense que c’est aussi ça que finalement, quand tu as des gens que tu croises, quand tu croises un dĂ©ficient visuel avec une canne dans la rue, les gens, ils se mettent sur le cĂ´tĂ©, ils n’osent pas, ils n’osent pas parler parce que il y a aussi, je pense, cette peur de mal faire. Parce qu’on n’est pas sensibilisĂ©, parce qu’on ne sait pas comment faire. Et que finalement c’est tout bĂŞte une fois que tu sais comment faire, tu te dis : « ouais, en fait, il suffit de parler. Ha! Ben si je parle, elle me rĂ©pond. »

E.

Ha!Ha!

S.

« C’est incroyable, il y a un Ă©change et il se passe des trucs. » Ça a Ă©tĂ© une grande ouverture pour moi. Les cours de locomotion et le monde de la dĂ©ficience visuelle, ça a Ă©tĂ© vraiment quelque chose que j’ai dĂ©couvert grâce aux Chiens Guides. Et maintenant, je passe mon temps Ă  voir des chiens guides, Ă  voir des cannes, Ă  voir des dĂ©ficients visuels mĂŞme quand je suis en vacances. Parce que t’es sensibilisĂ©,  et quand t’es sensibilisĂ©, forcĂ©ment, tu vois les choses plus facilement.

E.

Oui, et puis comme tu dis. Je recueille un peu ces confidences lĂ  du cĂ´tĂ© des dĂ©ficients visuels, ils ont beaucoup plus de contacts aussi. Parce que, comme tu dis, les gens vont essayer d’agir comme il faut avec le chien. C’est pas toujours le cas, mais en tout cas ils agissent, ce qui est un peu diffĂ©rent qu’avec une canne. Et je disais l’autre jour maintenant qu’on commence Ă  bien sensibiliser sur comment se comporter face Ă  un chien guide, qu’il soit Ă©lève ou guidage, il faudrait limite dire aussi comment se comporter face Ă  un dĂ©ficient visuel avec une canne. Parce que pour le coup, j’ai l’impression qu’on est nous-mĂŞmes encore plus handicapĂ©s en tant que voyants face Ă  cette situation. Il ne manque pas grand chose. Le bonjour, tout le monde sait le faire.

S.

MĂŞme avec les maĂ®tres de chiens guides, la toute petite chose encore qui a changĂ©, c’est…

E.

Dire bonjour aux maîtres !

S.

« Bonjour madame, votre chien est beau ou ce genre de ça. Pas : « He,  bonjour le chien » et après le : « bonjour, la personne derrière », tu vois.

E.

Ouais.

S.

 On a encore cette Ă©tape lĂ  Ă  franchir. Bon, ça crĂ©e du lien social et c’est ça le principal. Mais c’est vrai que c’est tout bĂŞte, mais on y arrivera.

E.

Ouais.

S.

Je désespère pas ; un jour on va y arriver. Ha!Ha!

E.

Mais en tout cas, ouais… T’as fait une plongĂ©e dans cette partie aussi de l’univers des chiens guides, dans ce monde des dĂ©ficients visuels, en fait.

S.

Exactement.

E.

Donc ça fait bientôt treize ans que tu es dans ce milieu-là.

S.

Oui.

E.

Et je me demandais s’il y avait un moment oĂą tu avais Ă©tĂ© bluffĂ© par un chien que tu as eu en Ă©ducation ou que tu as vu derrière dans le guidage, et qui a Ă©tĂ© un souvenir assez marquant pour toi.

S.

C’est difficile de rĂ©pondre. J’aurais tendance Ă  dire que celui qui m’a le plus bluffĂ© en premier, c’est mon premier chien guide. Tu vois, tu t’es lĂ , tu apprends des choses au chien, toi, dans ton petit coin, tu apprends toi aussi en mĂŞme temps, Ă  ce moment-lĂ . Et le jour ou tu remets Ă  une personne et que ce que t’as appris, ça fonctionne et que ça aide. « Bah ouais, OK, d’accord, j’ai rĂ©ussi. C’est ça que je veux faire dans la vie, c’est ça que je veux faire. » C’est très drĂ´le parce que ma petite Diddle, ma petite golden, elle a quatorze ans. Il y a eu deux ou trois jours, elle a fĂŞtĂ© ses quatorze ans.

E.

Le premier élève, du coup ?

S.

Ouais, mon premier chien guide, je l’ai remis Ă  une jeune fille qui avait 18 ans, qui passait son bac Ă  l’Ă©poque. Une personne hyper autonome, dĂ©jĂ  sans son chien. Avec son chien, elles sont parties faire des choses de fou toutes les deux. C’Ă©tait  super beau et c’Ă©tait gĂ©nial d’avoir cette première Ă©quipe lĂ . J’ai adorĂ© arriver au Chiens Guides et me dire : « Ouah, c’est gĂ©nial, c’est ça que je veux faire ! ». Et après, au fur et Ă  mesure des annĂ©es, tu rencontres des gens qui ont d’autres parcours de vie, d’autres difficultĂ©s, qui ne sont pas forcĂ©ment très autonomes. Et c’est lĂ  ou tu te rends compte que ton chien, il peut apporter vraiment beaucoup de choses dans la vie, dans l’autonomie d’autres personnes qui n’ont pas cette fluiditĂ© lĂ . Et apporter un chien Ă  des gens qui ont moins d’autonomie, moins de facilitĂ© et se rendent compte qu’ils peuvent faire des choses de dingue, c’est gĂ©nial.

E.

Et je me demandais si dans toutes ces annĂ©es de rencontres – puisque c’est quand mĂŞme de ça qu’on parle avec les chiens, avec les personnes – est-ce qu’il y a des rencontres que tu n’aurais jamais fait en Ă©tant en dehors de ce milieu des Chiens Guides ?

S.

Je pense, toute seule ou j’ai remis des chiens.

E.

Oui.

S.

Il y en a une cinquantaine hhh, c’est des histoires de vie toutes diffĂ©rentes. Celles ou tu te dis des fois : « faut que j’arrĂŞte de me plaindre, quoi. Je n’ai pas Ă  me plaindre en fait, ok ». J’ai un monsieur qui s’est fait maltraiter par sa femme alors que c’est une carcasse, quoi. Et tu dis : « pourquoi ? Comment ? Je comprends pas. » Et des histoires comme ça, j’en ai plein, toutes diffĂ©rentes, toutes Ă©mouvantes et vĂ©cues diffĂ©remment par les gens et des belles histoires des gens qui te touchent au cĹ“ur, profondĂ©ment. Et mĂŞme si aujourd’hui certains n’ont plus de chien guide ou ont des chien guide qui ont Ă©tĂ© remis par quelqu’un d’autre, tu gardes l’affect et tu gardes ce lien. Tu vois dans une remise de chien guide, tu passes quinze jours avec la personne ‘collĂ©-serrĂ©’ et tu crĂ©es un lien qui est hyper important. C’est plus que remettre un chien, c’est aussi les gens, ils doivent avoir confiance en toi. Tu les amène Ă  avoir confiance dans le chien et donc il y a plein d’Ă©motions qui se passent. Il y a plein de choses qui sont dites Ă  ce moment-lĂ   : des vrais Ă©changes, des beaux Ă©changes. Et je pense que si je n’avais pas Ă©tĂ© aux Chiens Guides, ces Ă©changes lĂ , je les aurais jamais eu. Et je les aime tous, enfin tous. Tout ce que j’ai vĂ©cu, c’est très rare que je me dise…

E.

« Il est relou… » Ha!Ha!

S.

Ouais, ouais. Je dis pas, ça peut arriver.

E.

Ils peuvent être très charmants et relous aussi. Ha!Ha!

S.

Un dĂ©ficient visuel est une personne tout Ă  fait classique. Il y a des gens avec qui on s’entend bien, il y en a d’autres avec qui on ne s’entend pas. Mais en mĂŞme temps, c’est des belles histoires de vie quand mĂŞme. Et la majoritĂ© de toutes ces remises lĂ , c’est quand mĂŞme des super moments pour moi et des souvenirs qui sont lĂ  et qui restent gravĂ©s.

E.

Ouais, donc 50 remises : c’est gĂ©nial !

S.

La 50ᵉ, c’est la prochaine ! Ha!Ha!

E.

Et la 51ᵉ, est-ce que ce sera le chien médiateur ?

S.

Non, ça sera la 52ᵉ si tout va bien : 52/53, 52/53. Déjà, on espère 2022 !

E.

Oui !

S.

Oui, j’espère 2022.

E.

Bon après, il faut le temps au temps aussi, y a pas de souci. Tu sais Ă  quelle structure il va ĂŞtre mis, Ă  peu près ? Quel type de…

S.

Pas encore.

E.

OK

S.

Oh la la, c’est vraiment une page qui est blanche aujourd’hui. J’ai vraiment juste un chien et j’ai une page blanche et j’ai tout Ă  faire, tout Ă  Ă©crire donc très intĂ©ressant.

E.

Ah c’est fou…

S.

J’ai hâte !

E.

Moi aussi, de voir ça. J’ai hâte ! Et pour finir, est-ce que tu aurais en tĂŞte ton pire et ton meilleur moment avec les Chiens Guides ? MĂŞme si je pense qu’il y en a plusieurs dans les meilleurs moments. Mais ton pire moment avec les Chiens Guides ? Un moment qui est un peu compliquĂ© ?

S.

Ouais, des moments compliquĂ©s, j’en ai eu plusieurs dans le sens ou j’ai perdu trois jeunes chiens. Dans le sens ou j’ai perdu un de mes chiens qui Ă©tait en activitĂ© au bout d’un an, qui a eu une maladie et donc en une semaine, il est parti. Donc ça, ça a Ă©tĂ© compliquĂ©. J’en ai eu une deuxième aussi, alors elle ça a Ă©tĂ© encore plus violent parce que j’ai fait la remise pendant quinze jours. Je l’ai laissĂ© pendant quinze jours et au bout de quinze jours, elle a fait un arrĂŞt cardiaque. Donc la maĂ®tresse premier chien guide : dĂ©vastĂ©e. Et lĂ , elle est en train de revenir, quatre ans plus tard ! Elle est en train de revenir, j’ai rĂ©ussi Ă  la faire revenir pour un nouveau chien. Donc maintenant, je croise les doigts pour que tout aille bien, parce qu’il ne faut pas que ça s’arrĂŞte sur ça.

E.

C’est un accident de la vie, hein.

S.

C’est ça, ça peut pas s’arrĂŞter sur ça.

E.

Oui.

S.

Et la dernière, c’est une petite qui a une parvovirose Ă  quatre mois. Donc mes premiers chiens que je gĂ©rais de A Ă  Z et elle a eu une parvo et malheureusement elle est partie. Donc très très dur aussi. Et en fait lĂ , c’est dur pour moi, c’est dur pour la famille d’accueil ou pour la personne dĂ©ficiente visuelle qui est derrière. Et lĂ , tu dois rĂ©ussir Ă  gĂ©rer ta peine pour aider les autres Ă  gĂ©rer la leur et leur expliquer que ce n’est pas leur faute et qu’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu Ă  ce moment-lĂ  et que tu y peux rien, en fait. Ça c’est compliquĂ©. Et après j’ai eu, j’ai eu un cas de maltraitance, une fois. J’ai Ă©tĂ© chercher mon chien et lĂ  il n’y a pas d’Ă©change, il n’y a pas de discussion. Et comme je disais : « tu ne touches pas Ă  mon chien, sinon je deviens mĂ©chante ». Pour le coup, c’est mes chiens de travail, je peux les donner, mais par contre, tu ne fais pas de mal : « Pas toucher ! Sinon, sinon, Sandrine, elle, devient un pitbull. »

E.

De toute façon, les chiens restent la propriĂ©tĂ© de l’Ă©cole.

S.

Exactement, donc ça c’est arrĂŞtĂ© lĂ  en fait.

E.

Y a quand mĂŞme un contrĂ´le. Il ne se passe pas n’importe quoi Ă  partir du moment oĂą ils sont remis.

S.

C’est ça !

E.

Il y a des contrĂ´les.

S.

Des appels téléphoniques, des suivis physiques. Si on nous appelle pour nous dire : « il se passe ça », on essaye de comprendre et de voir que ce qui se passe. « Pas toucher ! Ça, pas toucher le chien ! »

E.

Bon, et pour finir, quel est ton ou tes meilleurs moments, du coup ?

S.

Je crois que toutes les remises sont des beaux moments. Il y a eu des chiens ou c’est plus dur. T’as des chiens oĂą t’as l’accroche, tu vois. MĂŞme si tu sais que c’est pas ton chien, t’en as oĂą tu te dis : « Ah ! Celui-lĂ  s’il Ă©tait rĂ©formĂ©, peut-ĂŞtre que je le garderais », tu vois. Ouais, toutes mes remises, toutes les fins de remise sont très belles. Je crois qu’il y en a une, c’Ă©tait dans mes premières remises… C’Ă©tait un papa cĂ©libataire, trois enfants. Et l’un des trajets les plus importants de la remise, c’Ă©tait de pouvoir aller emmener sa petite fille Ă  la maternelle, tu vois. Et c’Ă©tait ça le trajet qu’on avait bossĂ©, c’est le trajet de fin. Et j’ai toujours cette photo oĂą je suis derrière et il est avec son chien guide d’un cĂ´tĂ©, sa petite Ă  la main, de l’autre. Et tu te dis : « Ouais, en fait, c’est ça ! C’est ça, la finalitĂ© du job. Ce n’est pas moi. Moi, je suis derrière et moi je regarde en fait, et eux, ils vivent. Vivez ça, eux, allez y, soyez heureux. »

E.

Ouais dans ces contextes, j’en avait beaucoup parlĂ© avec Nourdine justement, qui est papa de deux petites dans l’Ă©pisode 22. Et pour moi, c’est important aussi – et c’est ce que j’avais moins fait au tout dĂ©but du podcast – d’avoir vraiment la finalitĂ© dans l’audio aussi. C’est-Ă -dire que de ne pas avoir… (moi, ok, je suis dans le monde des familles d’accueil, dans cette grande univers des chien guide) mais le bout du bout, ce qui nous intĂ©resse tous, c’est de la remise, c’est la vie de ces binĂ´mes lĂ  ensemble. Et comment ça fonctionne au quotidien, quoi ?

S.

Ouais, tu vois lĂ  aujourd’hui, c’Ă©tait notre jour du repas de remise. Donc c’est le moment oĂą on prĂ©sente le bĂ©nĂ©ficiaire Ă  la famille d’accueil. Et Ă  ce moment-lĂ , il est toujours hyper Ă©mouvant de voir si la famille, elle, va ĂŞtre soulagĂ©e de se rendre compte que son chien, il est avec quelqu’un de bien, d’avoir ce cĂ´tĂ© cercle vertueux et de voir que le chien Ă  ce moment-lĂ , il n’essaye pas de partir avec sa famille d’accueil qui reste juste au pied de son nouveau maĂ®tre. Tu dis : « Ok, bon bah c’est cool. » Il ne veut pas ĂŞtre avec nous, il veut pas ĂŞtre avec la famille d’accuel. Il est avec son nouveau maĂ®tre et tu dis : « bon bah c’est gagné ». C’Ă©tait un truc qui m’avait fait halluciner, pareil avec ma ma première chien guide. Quand j’avais fait les premiers suivis, mĂŞme Ă  la fin de la remise, tu dis Ă  revoir, tu t’en vas. Toi, t’es pleine d’Ă©motion, tu fais plein de papouilles machin et en fait le chien, il vient pas avec toi. Il est content de te voir. Moi, ma première chienne, premier suivi que j’ai fait : elle Ă©tait folle, elle sautait dans tous les sens. La maĂ®tresse, elle me dit : « Mais je suis jalouse. Enfin, moi, elle me fait jamais ça. » Normal, ça fait un moment qu’on s’est pas vu toi. Et la chienne, il lui a fallu un temps elle me descotchait pas. Elle est restĂ©e Ă  cĂ´tĂ© de moi. Et sauf qu’en fait, au moment ou je suis parti, j’ai passĂ© la porte et la chienne elle est restĂ©e au pas de la porte. Elle m’a regardĂ© partir et elle serait pas venue avec moi. Parce qu’elle sait que moi, je suis une Ă©tape dans sa vie. Je suis juste lĂ  Ă  un moment donnĂ© et le moment de la remise lui amène toutes les clĂ©s, tout le : « ah ok, c’est pour ça que pendant six mois, l’autre, elle Ă©tait lĂ  Ă  me rabâcher : donne les passages, donne les droites, les gauche, les machins. OK, c’est parce que maintenant on va Ă  la boulangerie, c’est parce qu’on va au travail. OK, d’accord, j’ai compris ce qu’elle voulait. Ha! Ha ! J’ai compris ce qu’elle voulait.

E.

Ha!Ha!Ha!

S.

« OK, ça va. »

E.

Ouais.

S.

On s’aime de loin, mais on s’aime. Mais voilĂ . C’est pas les miens, je donnerais pas le mien. Le mien, je le garde. Il est Ă  moi, c’est mon chien. Pas toucher non plus.

E.

Oui, il y en a un pour toi aussi.

S.

Il est Ă  moi, mais tous les autres, ils sont pour, d’autres pour. Pour plus.

E.

Bon bah, sur ces super mots de conclusion, je te remercie vraiment pour ce partage parce que on te souhaite que du meilleur. Ça fait un an et quelques en tant que directrice technique et on a hâte de voir ce que ça va donner du cĂ´tĂ© des chiens mĂ©diateurs. Parce que j’ai hâte de voir, quand mĂŞme, ce petit chien que tu vas former. Son destin aussi avec qui il va pouvoir agir au quotidien parce que c’est tellement prĂ©cieux. Et donc je te souhaite vraiment que du bon pour la suite.

S.

Merci beaucoup Estelle. Merci pour cette proposition d’Ă©change. C’Ă©tait très agrĂ©able. Je parle beaucoup ha ha, parce que j’aime ce que je fais.

E.

On est deux !

S.

Et ouais. Moi aussi j’ai hâte de voir ce que ça va donner, cette page blanche Ă  Ă©crire. Je te raconterai, tu verras ça sur mon insta : tu verras, tu verras les photos comment ça se passe et tout.

E.

J’allais finir justement  par te demander oĂą est ce qu’on peut te suivre ?

S.

Ha ! VoilĂ  !

E.

 Tu as donnĂ© la rĂ©ponse.

S.

Sur Instagram : sandrine.chiensguidespcac – chiens avec un S, guides avec un S, bien Ă©videmment. Et voilĂ , je raconte, je partage, mes semaines de travail avec tous mes petits chiens, tous ces petits moment-lĂ . C’est que du bonheur et ça me permet d’Ă©changer avec, avec mes familles d’accueil et avec d’autres que je ne connais pas et qui viennent papoter et Ă©changer. Et c’est super sympa de dĂ©couvrir des gens aussi qui viennent d’autres horizons et c’est cool. Merci Ă  toi de m’avoir fait cette proposition.

E.

Merci Ă  toi d’avoir acceptĂ©. Et puis très bientĂ´t !

S.

À très bientôt.

E.

Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. Merci Ă  vous de l’avoir Ă©coutĂ© en espĂ©rant qu’il vous aura plus. Merci Ă  Sandrine d’avoir pris du temps dans son agenda très chargĂ© pour nous raconter cette aventure passionnante et pleine de rebondissements auprès des Chiens Guides d’aveugles. Pour complĂ©ter votre Ă©coute, vous pouvez toujours retrouver sur Futurchienguide.fr des photos de Sandrine et de ses Ă©lèves chien guide et très bientĂ´t la transcription intĂ©grale de cet Ă©pisode, grâce Ă  mes complices. Pour m’envoyer vos retours, Ă©crivez-moi sur Instagram ou Facebook. J’adore Ă©changer sur vos ressentis suite Ă  l’Ă©coute des Ă©pisodes. Et puis je vous dis Ă  très bientĂ´t pour un prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des Chiens Guides d’aveugles.

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