DĂ©couvrez l’histoire de Dominique qui a Ă©tĂ© tellement bouleversĂ© par l’arrivĂ©e de Monty, qu’il en a Ă©crit un livre ! 🦮

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Transcription intégrale

 

Transcription générée automatiquement par Happy Scribe

E.
Salut Ă  tous, je m’appelle Estelle et je suis passionnĂ©e depuis toujours par les chiens guides d’aveugles. BĂ©nĂ©vole pour cette cause Ă  Paris depuis des annĂ©es et aujourd’hui Ă  Lyon, j’ai lancĂ© le podcast Se dire chien guide Ă©tant persuadĂ© que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’ĂŞtre mieux connu par tous, afin que chacun puisse y trouver sa place. Mais savez-vous que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d’un chien-guide ? Alors, pour mieux comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi pour dĂ©couvrir leur rĂ´le dans le quotidien de leur maĂ®tre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, je vous partage deux fois par mois mes Ă©changes avec un invitĂ© issu de cet univers, maĂ®tre de chien-guide, bĂ©nĂ©vole et tant d’autres. Pour en savoir encore plus, n’oubliez pas de vous inscrire Ă  ma newsletter mensuelle pour dĂ©couvrir les coulisses du podcast, les actualitĂ©s des chiens-guides et bien sĂ»r, des nouvelles de mes invitĂ©s. Demander un chien guide n’est pas un automatisme, qu’on soit aveugle ou malvoyant comme Dominique. Mais une fois un toutou Ă  ses cĂ´tĂ©s, il nous raconte comment l’arrivĂ©e de Monty l’a bouleversĂ© au point d’en Ă©crire un livre, mĂŞme si le projet Ă©tait tout autre Ă  l’origine.

E.
Ce directeur de théâtre a en effet dĂ©couvert les Chien Guide sur le tard, Ă  l’approche de la retraite par une rencontre fortuite sur un marchĂ©. Une telle dĂ©couverte que la semaine suivante, il rĂ©digeait le dossier complet pour sa demande de chien guide, au point presque de regretter de ne pas y avoir pensĂ© plus tĂ´t. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode.

E.
Bonjour Dominique.

D.
Bonjour Estelle.

E.
Merci d’avoir acceptĂ© mon invitation sur le podcast Futur Chien Guide. Est-ce que pour commencer, tu pourrais te prĂ©senter en trois mots pour te dĂ©crire et trois mots pour dĂ©crire ton chien ?

D.
Alors, en trois mots, je suis un monsieur d’un certain âge, avec pas mal de dizaines devant le zĂ©ro. Mon premier chien guide, j’ai eu une vie professionnelle très chargĂ©e puisque j’ai Ă©tĂ© producteur de spectacles et directeur de théâtre. Et maintenant, je suis un jeune retraitĂ©.

E.
Je voudrais trois petits mots qui te reprĂ©sentent. DĂ©solĂ©e. C’est vrai qu’on utilise souvent cette expression trois mots pour… Mais moi, je la prends au pied de la lettre en trois mots. Le premier mot serait quoi ?

D.
Je suis un homme heureux Ă  ce moment-lĂ . Je suis un homme heureux. Ouais, ça fait cinq. J’enlève je suis un homme heureux.

E.
On va prendre heureux. Est-ce qu’il y a un deuxième mot pour un trait de caractère, quelque chose comme ça, qui te reprĂ©sente ?

D.
Sensible.

E.
Ouais.

D.
Et optimiste.

E.
Optimiste. J’adore tes trois mots: heureux, sensible et optimiste. Vraiment, ça fait Ă©cho chez moi. Du cĂ´tĂ© de mon petit, de ton chien, comment tu le dĂ©crirais avec trois caractĂ©ristiques ?

D.
Alors d’abord, il est très beau. C’est un beau chien, magnifique. Il est intelligent, très intelligent et il est très aimant. Donc, ça fait beau, intelligent, aimant. Je ne suis pas gâteux, absolument pas gâteux.

E.
Absolument pas. Et puis, on va en parler. Tu en as surtout donné plus de trois mots dans ton livre, puisque tu as écrit un livre qui porte le nom de Monty. Comment on en vient à écrire un livre sur son chien ?

D.
C’est simple. Comme c’est mon premier chien guide, l’Ă©motion, le La rencontre est tellement forte que j’ai eu envie, besoin d’en Ă©crire dessus. Et en mĂŞme temps, je voulais faire deux choses. Je voulais rendre grâce et hommage aux gens qui s’occupent de tout ça et aussi expliquer aux gens qui ne sont pas dans le milieu du chien-guide que l’extraordinaire relation. Parce qu’en fait, dans la rue, souvent, beaucoup de gens viennent me voir pour me poser des questions. Et ça m’arrive de faire des fois un quart d’heure, 20 minutes dans la rue pour expliquer ce que c’est que le chien guide ? Du coup, le livre rĂ©pond Ă  toutes leurs questions. Donc, il y a plusieurs motivations. Mais la première, c’Ă©tait quand mĂŞme l’incroyable Ă©motion permanente. C’est quand mĂŞme assez fou, le chien guide, quand tu n’en as pas eu et que tu en dĂ©couvres un. Je dis souvent: J’ai rajeuni de 10 ans.

E.
Fort de toute cette Ă©motion, tu as eu besoin de poser ces mots sur le papier, avant tout pour toi. Puis ensuite, c’est devenu un livre oĂą tu as tout de suite eu l’idĂ©e de: Je vais tĂ©moigner pour que je fasse un livre.

D.
Au dĂ©part, j’ai mĂŞme Ă©crit une petite pièce de théâtre.

E.
C’est plutĂ´t ton milieu, le théâtre, normalement.

D.
Oui, c’Ă©tait mon mĂ©tier. Et puis, on va ĂŞtre très honnĂŞte, je l’ai montrĂ© Ă  des copains, ils m’ont dit: Mais c’est nul ton truc. Ah bon ? Donc j’ai dit: OK, je vais faire un roman.

E.
Tu avais Ă©crit une pièce de théâtre, ça m’intĂ©resse parce que tu nous as parlĂ© un petit peu de ta vie d’avant. Le théâtre et toi, c’est une longue histoire d’amour aussi.

D.
Oui, donc si tu veux, c’Ă©tait un peu compliquĂ© parce que je mettais trois chiens sur scène et trois hommes, donc on aurait pu mettre des grandes marionnettes, tout ça. Mais enfin, mes copains m’ont dit: Écoute, non, c’est trop compliquĂ© ton truc. Et comme c’est comme des copains qui sont haut placĂ©s dans le milieu du théâtre, j’ai Ă©coutĂ© mes copains et j’ai fait un roman.

E.
Tu as Ă©tĂ©, notamment dans ta carrière, aux commandes du théâtre des Bouvres parisiens, c’est ça ?

D.
Absolument. C’est assez fou pour un malvoyant, mais oui, ça s’est terminĂ© comme ça.

E.
Comment tu en es arrivé jusque-là ? Moi, ça me reste une question.

D.
Parce que j’ai commencĂ© il y a très longtemps ma carrière comme directeur de tournĂ©e. LĂ , je voyais encore un petit peu. Et puis, j’ai fondĂ© avec des copains un spectacle qui s’appelait Le Quartier, qui a beaucoup bien marchĂ©. Et après, de fil en aiguille, si tu veux, j’ai produit plein de choses et j’ai montĂ© une boĂ®te. Du coup, j’Ă©tais patron. Et quand tu es patron, tu peux avoir une secrĂ©taire qui te lit tout, qui t’aide, etc.

E.
C’Ă©tait limite plus facile d’ĂŞtre patron parce que tu Ă©tais assistĂ©.

D.
Oui, absolument. Et comme j’avais sans doute une fibre artistique, il ne faut pas ĂŞtre immaudace, mais enfin, j’avais du flair, donc j’ai produit des choses qui ont bien marchĂ© et j’ai fait une très belle carrière. Et c’est comme ça que j’ai rencontrĂ© Jean-Claude Briali en produisant des spectacles chez lui, puisque c’Ă©tait lui le directeur des BOUF. Et quand il est dĂ©cĂ©dĂ©, ses hĂ©ritiers m’ont demandĂ© de prendre sa succession, tout simplement. J’ai toujours eu des Ă©quipes autour de moi, très comprĂ©hensives, qui comprenaient que je n’y voyais pas et qui me dĂ©crivait, par exemple, les dĂ©cors. Ils me dĂ©crivait les dĂ©cors qu’on allait avoir. Et j’avais une lectrice pour lire les pièces. Pour tout ça, j’avais une lectrice, ce qui est fort agrĂ©able.

E.
Et d’ailleurs, je crois que dans l’Ă©criture de ton livre, c’est un peu ce que tu as fait aussi. Tu l’as d’abord Ă©crit et ensuite, tu l’as fait relire.

D.
Par ma lectrice habituelle. J’avais l’habitude de l’entendre. Quand tu Ă©coutes un Ă©crit avec une lectrice, tu ressens le rythme diffĂ©remment. C’est-Ă -dire quand j’ai Ă©crit le livre, je l’ai Ă©crit avec la synthèse vocale. Je n’ai pas BraĂŻs parce que je suis tombĂ© malvoyant trop tard. Donc, je peux lire une boĂ®te de mĂ©dicaments, mais je ne peux pas lire 150 pages. Donc, j’ai tout Ă©crit sur l’ordinateur et avec Jules, la synthèse, si tu veux, ne te donne pas le rythme humain.

E.
Oui, moi, je le vois rien que quand j’Ă©cris mes introductions et mes conclusions de podcast, ce qui est très court. Il faut que je les lise de nombreuses fois pour voir Ă  quoi ça ressemble et ce que ça vaut.

D.
Parce que si tu veux, en bout de ligne, la synthèse, elle freine un peu en bout de ligne, quoi qu’il arrive, mĂŞme s’il n’y a pas de virgule, mĂŞme s’il n’y a pas de point, elle freine un peu. Et donc, quand j’ai eu fini d’Ă©crire le livre, j’ai demandĂ© Ă  ma lectrice habituelle de me le relire, ce qu’elle a fait. Et du coup, j’ai fait des corrections. Et puis après, pour la mise en page, j’ai demandĂ© Ă  une autre copine de me faire la mise en page et de me corriger. Faute d’orthographe, parce qu’il y en a toujours, il n’y a rien Ă  faire.

E.
Et pour revenir un petit peu en arrière, Monty est arrivĂ©, donc on va parler de Monty. Monty, il a un statut un peu particulier. Alors dĂ©jĂ , par rapport au podcast, puisque c’est le premier Ă©lève Schengen de OcĂ©ane qui a Ă©tĂ© dans mes toutes premières invitĂ©es Ă  l’Ă©pisode 6.

D.
J’ai vu son Ă©pisode, bien sĂ»r.

E.
Et son Ă©pisode est arrivĂ© au tout dĂ©but de votre relation avec Monty, en plus, c’Ă©tait fin 2020.

D.
C’est ça. Moi, j’ai eu mon petit en 18, en dĂ©cembre, pour NoĂ«l.

E.
Tu connaissais les Schengen ? Non. Parce que tu nous disais que tu as perdu la vue un petit peu.

D.
Oui, moi, j’ai une rĂ©tinopathie pigmentaire. Donc, si tu veux, je l’avais de naissance, mais ça s’est dĂ©gradĂ© au fur et Ă  mesure des annĂ©es. Ă€ 20 ans, j’ai perdu la lecture. DĂ©jĂ , comment ça va ĂŞtre emmerdant ? MĂŞme la lecture a grandi. J’ai perdu la lecture. Et puis, on va dire, il y a 15, 20 ans, j’ai perdu de la vue de nuit. C’est-Ă -dire totalement, la nuit, c’Ă©tait l’horreur. Mais comme j’Ă©tais très entourĂ©, si tu veux, aussi bien par mon Ă©pouse que par mes employĂ©s, etc, comme j’ai dit tout Ă  l’heure, qui Ă©taient tous très dĂ©vouĂ©s, je me dĂ©merdais pas mal. Mais un jour, c’est complètement par hasard, on a rencontrĂ© une dame, qui s’appelle ValĂ©rie Huber, qui est une famille d’accueil sur le marchĂ© de Saint-Germain-en-Laye. Tout Ă  fait par hasard, ça, je le raconte dans le bouquin. Ça a Ă©tĂ© lĂ  le dĂ©clic, si tu veux. C’est par cette rencontre avec cette dame et le chien qui s’est mis dans mes jambes et tout ça. Je me suis dit: C’est pas possible, c’est ça qu’il me faut. Et lĂ , j’ai fait ma demande et effectivement, deux ans après, j’ai eu le chien.

E.
Et elle avait quel chien à cette époque-là, Valérie ?

D.
ValĂ©rie, elle avait un petit labrador blanc. Je sais pas comment il s’appelle.

E.
Parce que tu sais qu’elle est passĂ©e sur mon podcast aussi, ValĂ©rie.

D.
Ah ben non. On a toute la famille.

E.
Je ne savais pas que c’Ă©tait cette ValĂ©rie. Elle est passĂ©e dans un Ă©pisode un peu spĂ©cial, l’Ă©pisode 40, puisqu’elle nous a livrĂ© un Ă©pisode en immersion. C’est un des formats que j’avais crĂ©Ă©, que peut-ĂŞtre je vais refaire un jour, oĂą elle m’a envoyĂ© des vocaux en amont de l’Ă©pisode sur WhatsApp. Et puis, j’ai intĂ©grĂ© ces vocaux-lĂ  dans l’Ă©pisode oĂą on a parlĂ© de l’arrivĂ©e d’un nouveau futur chien-guide. Pour le coup, elle venait d’accueillir le jeune Scar, qui Ă©tait un Golden Noodle.

D.
Non, ce n’Ă©tait pas Scar. Je le connais, Scar. Ce n’Ă©tait pas Scar.

E.
Oui, ça devait ĂŞtre… Elle n’a pas dit: Ce n’est pas possible, ni: C’est une Golden Noodle. Peut-ĂŞtre Mystic, Lorne, quelque Je ne sais pas si tu as vu.

D.
C’est avant mon petit. C’est un L, je pense, un truc comme ça, un chien en L.

E.
Oui, c’est peut-ĂŞtre Lorne, alors.

D.
Peut-ĂŞtre bien. Mais il Ă©tait tout petit. C’est un chien qui avait, je ne sais pas, quatre, cinq mois, pas plus.

E.
Oui.

D.
Tout petit.

E.
Donc, tu les croises sur le marchĂ© et tu dĂ©couvres le chien guide en vrai, on va dire, parce que tu avais dĂ©jĂ  des notions de ce que c’Ă©tait quand mĂŞme.

D.
Non, pas du tout. Aucune notion. Et du coup, une semaine après, je suis Ă  l’Ă©cole, je fais ma demande. Parce que lĂ , par contre, j’avais ressenti très profondĂ©ment que c’Ă©tait pour moi. Après, j’ai fait, on va dire le grand processus, c’est long. Il faut une grande patience. VoilĂ , les cours de locomotion, gnagnagna, enfin tout.

E.
Tu n’avais pas du tout la canne quand tu te dĂ©brouillais avec…

D.
Si, j’avais la canne, mais j’ai toujours dĂ©testĂ© la canne. Mais j’avais une canne, bien sĂ»r. Toujours dĂ©testĂ©. D’ailleurs, dans le bouquin, je lui mets un bon coup Ă  la canne. Non, je dĂ©teste la canne. Le Monty, il y a une autre particularitĂ©, c’est que c’est le millième chien de l’Ă©cole aussi. Donc, par lui-mĂŞme, c’est dĂ©jĂ  une star, ce chien.

E.
Et du coup, ça t’a amenĂ© Ă  des choses un peu particuliers dès son arrivĂ©e ?

D.
Oui, dès son arrivĂ©e, on a fait un Drucker. Ça ne m’a pas Ă©tĂ© trop difficile pour moi puisque je connaissais quand mĂŞme bien le milieu des mĂ©dias. Mais on a fait ça, on a fait Europe 1. Il Ă©tait Ă  peine lĂ  que ça y est, c’Ă©tait parti. Et c’est vrai que quand tu arrives avec un chien guide dans un mĂ©dia, tout le monde regarde le chien. Toi, tu n’existes pas.

E.
C’est vrai que tu as fait la tournĂ©e au final avec Monty. Vous avez fait une bonne tournĂ©e, une promo, c’est juste, c’Ă©tait Ă©vĂ©nement.

D.
ÉvĂ©nement, quand il est le millième et quand j’ai sorti le livre Il y a deux ans, c’Ă©tait reparti. On a refait une petite tournĂ©e. Donc ce chien-lĂ  est une… Il a l’habitude, il est trop marrant. Il n’y a aucun souci. Le plus rigolo, c’est que sur le plateau de Michel Drucker, le plateau est lumineux par en dessous et le chien, il ne voulait pas m’emmener. Et on ne comprenait pas pourquoi. Donc, j’ai appelĂ© son Ă©ducatrice qui Ă©tait lĂ . Ă€ l’Ă©poque, elle s’appelait Julie. Et en fait, Julie m’a expliquĂ© que le chien pensait que c’Ă©tait de l’eau. C’est comme le plateau Ă©tait transparent avec de la lumière dessous. Pour lui, ça faisait comme une surface aquatique et donc il ne voulait pas que je marche dans l’eau. Donc, elle a Ă©tĂ© obligĂ©e, elle, de le faire marcher sur l’eau, c’est le cas de le dire. Et après, ça s’est bien passĂ©. Mais il n’y aurait pas eu Julie, le chien ne m’aurait jamais emmenĂ©.

E.
Oui, donc Je me souviens bien, justement, qu’elle Ă©tait avec toi en coulisse.

D.
Oui. Comme quoi, c’est quand mĂŞme des chiens hyper prudents. Il n’y a pas de mist, c’est incroyable.

E.
Oui, et puis du coup, lui, il interprète diffĂ©remment ce que nous, on a Ă  crĂ©er en tant qu’humains. On crĂ©e des trucs qui, pour lui, sont en dehors de sa rĂ©alitĂ©.

D.
Ça Ça n’existe pas. Un sol transparent, pour lui, ça n’existe pas.

E.
Donc, tu as fait la tournĂ©e et Ă©motionnellement, ça t’a bouleversĂ©, pas la tournĂ©e en tant que tel, mais l’arrivĂ©e de Monty.

D.
MĂŞme la tournĂ©e par moments, tu sais, c’est quand mĂŞme très Ă©motionnant de parler intimement de ce que tu ressens avec le chien quand mĂŞme. Non, ce n’est pas neutre. Tu ne fais pas ça comme prendre le petit dĂ©jeuner. Non, ce n’est pas neutre. L’Ă©motion avec le chien, elle est permanente. C’est permanent. MĂŞme encore maintenant, tu as des moments, tu te dis: Ce n’est pas possible qu’il soit aussi intelligent. Ce n’est pas possible. Aussi intelligent, aussi prudent. Il se dĂ©voue, c’est incroyable.

E.
Tu avais déjà eu des chiens avant mon type ?

D.
Oui, j’en ai eu. C’est pour ça, le monde du chien ne m’Ă©tait pas inconnu. J’avais des chiens quand j’Ă©tais petit et j’aimais tellement les chiens, je dormais avec. Quand on me cherchait, j’Ă©tais dans les paniers du… J’ai toujours eu des grands chiens. J’Ă©tais dans les paniers du chien. Alors ça aide, effectivement, d’ĂŞtre Ă  l’aise, si tu veux, avec le toucher, avec Le chien, ça a une odeur. Moi, j’adore l’odeur des chiens. Les gens, ils vont me dire: Un chien bouillet, ça pue. Moi, je trouve pas. J’ai l’habitude, ça sent le cuir.

E.
Mais c’est sĂ»r que ça peut faire peur.

D.
Oui, et puis tu vois, moi, brosser le chien, ça m’amuse. Je suis bien avec eux, j’ai pas de souci.

E.
Oui, tu n’avais pas cette rĂ©sistance-lĂ  et ça a fait couler l’ancre et des Ă©coutes sur le podcast en janvier. J’ai Ă©changĂ© avec LĂ©ana, qui, pour le coup, elle, avait la phobie des animaux. Clairement, la jeune LĂ©ana, jeune adolescente, ses parents lui ont mis un ultimatum au bout d’un moment en disant: Écoute, va faire ce week-end dĂ©couverte Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, va voir ce qui s’y passe et après, on en reparle dans le sens si c’est non, c’est non. Je le dis dans l’Ă©pisode, c’est les 71, je vous encourage Ă  aller l’Ă©couter. Elle a pleurĂ© deux heures entre Marseille et Le Vaucluse pour ne pas aller Ă  la fondation. Et elle a pleurĂ© deux heures au retour pour ne pas quitter la fondation. Mais comme tu dis, elle est dans le noir complet. Et par rapport Ă  l’apprĂ©hension de l’animal, du chien, de sa truffe, elle en parle très prĂ©cisĂ©ment. C’est compliquĂ© pour elle. Un animal, c’Ă©tait sale, inintelligent, inutile. Et tout animal confondu. Et elle a dĂ©couvert que ça pouvait ĂŞtre plus que ça. Et aujourd’hui, elle a swing Ă  ses cĂ´tĂ©s.

D.
C’est une boule d’amour, surtout. Et moi, en dehors des chiens, j’ai toujours eu des chats en plus. Donc, je suis… Non, ça, je n’ai pas de… Et j’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ© avec des tas d’animaux, les poules, les lapins. Je connais tous les animaux, j’adore les animaux. Donc, je n’avais pas cette rĂ©ticence-lĂ , bien au contraire. Moi, quand je vais encore beaucoup Ă  l’Ă©cole parce que ça m’amuse, moi, tu me mets au milieu de 30 chiens, je m’assois par terre et je m’amuse, il n’y a aucun souci.

E.
C’est ce que tu voulais faire sur scène, du coup, avec la pièce de théâtre Monty, Ă  l’origine. Elle s’appelait Monty aussi, du coup ?

D.
Oui, elle se serait appelée Monty.

E.
Est-ce que c’Ă©tait le mĂŞme pitch que le livre ou rien Ă  voir ?

D.
Non, un peu le mĂŞme pitch, mais c’est vrai que dans le théâtre, il faut des rebondissements. Et lĂ , je n’en ai pas vraiment, si tu veux. Il faut inventer une histoire que je n’ai pas trouvĂ©e.

E.
C’Ă©tait la première fois que tu Ă©crivais… Non, ce n’est pas la première pièce de théâtre que tu as Ă©crite, c’Ă©tait la Ă©nime.

D.
Je n’ai jamais travaillĂ© seul, mais j’ai beaucoup travaillĂ© en Ă©quipe.

E.
Oui, c’est ça. C’est ce que je me disais. LĂ , c’Ă©tait la seule qui it de…

D.
Oui, la seule, tout seule. C’est le seul roman tout seul. Je ne me suis pas fait aider exprès. C’Ă©tait aussi un dĂ©fi par rapport Ă  moi-mĂŞme. C’est toujours assez rigolo d’imaginer qu’un malvoyant qui ne peut pas lire va Ă©crire un livre. C’est quand mĂŞme rigolo.

E.
Mais Il peut ĂŞtre lu en braille, ce livre ?

D.
Oui, il a Ă©tĂ© transcrit en braille Ă  Toulouse. Je ne sais jamais le nom de l’institution.

E.
C’est le Centre de transcription et d’Ă©dition en braille, le CTEB.

D.
Tu es forte. Cteb, de Toulouse. Il a Ă©tĂ© lu aussi Chez Valentin, oui, et chez Bibliothèque… Comment elle s’appelle celle-lĂ  ? Bibliothèque suisse romande, je crois. Tous les malvoyants qui Ă©coutent, ça se trouve sur les bibliothèques sonores et ça se trouve dans le CTEB, comme tu le dis toi-mĂŞme.

E.
Donc, c’est accessible Ă  tous ?

D.
Oui.

E.
T’as dĂ» faire des concessions quand t’es passĂ© de… Parce que moi, ça m’a interrogĂ© cette pièce de théâtre avec trois chiens. Comment t’avais envisagĂ© ça ? Ils Ă©taient trois sur le plateau ?

D.
J’aurais mis soit des acteurs, soit des marionnettes. J’aurais pas mis des vrais chiens, c’Ă©tait pas possible parce qu’il fallait qu’ils parlent.

E.
Oui, c’est ce qu’on voit dans le livre. Il y en a plusieurs qui parlent.

D.
Chez moi, les chiens parlent. Alors lĂ , je me suis pas forcĂ© parce que moi, je les entends parler. Ça, je le dis pas trop souvent parce que si tu veux, au Moyen Ă‚ge, on m’aurait mis sur un bĂ»cher direct. Mais moi, je les entends parler. Je ne sais pas comment expliquer ça autrement. Dans le livre, je ne me force pas. Est-ce que c’est mon imagination ? Dans le livre, les chiens, ils parlent, mais pour moi, c’est facile, ils sont vraiment comme ça. Il y a deux chiens dans le livre. Il y a un chien qui s’appelle Maga, qui en rĂ©alitĂ© s’appelle Melba. Melba et Monty, ils ont passĂ© un temps fou ensemble. Ils Ă©taient vraiment amoureux, les deux chiens. Il y a une petite histoire d’amour entre les chiens. Je ne l’ai pas inventĂ©, c’Ă©tait vrai.

E.
Et tu as fait des concessions entre la pièce de théâtre et le livre ?

D.
Oui, oui, beaucoup. Non, je n’ai pas fait de concession. Le livre, je l’ai complètement rĂ©Ă©crit diffĂ©remment. Non, ça n’a rien Ă  voir.

E.
Et donc, on parle de Monty, mais on ne parle pas de Dominique dans le livre ?

D.
Non, parce que je l’ai romanĂ© pour pouvoir y adjoindre d’autres tĂ©moignages que le mien.

E.
L’idĂ©e, c’Ă©tait de Ça, ça te prenait un peu de hauteur, du coup.

D.
Oui, et je fais une petite histoire aussi, une amourette, entre guillemets, pour pouvoir donner la parole Ă  une femme. Parce qu’un point de vue de femme, ce n’est pas le mĂŞme qu’un point de vue d’homme. Tu vois, par exemple, je cite une chose vraie que moi, je n’imaginais pas, que la femme dont je parle, qui est jolie, et c’est un tĂ©moignage que j’ai eu, dans le mĂ©tro, vous voulez que je vous aide, mademoiselle, et paf, une main aux fesses. Ça, c’est quand mĂŞme terrifiant. Un autre tĂ©moignage, elle m’a racontĂ©. Un jour, elle se fait draguer. Elle est Ă  une terrasse de bistrot. Elle dit au mec qu’elle est malvoyante. Le mec, il la croit pas parce qu’elle a des belles lunettes et puis qu’elle est très jolie. Ă€ un moment, elle veut aller aux toilettes, elle dit: La porte, elle est ouverte ou fermĂ©e ? Le mec lui dit: Elle est ouverte, et la porte, elle est fermĂ©e, elle se prend la porte. Je pense pas que puisse arriver Ă  un homme, par exemple. Tu vois, tu vois, tu vois des choses comme ça. Et puis, du coup, ça m’a permis aussi… Ce personnage-lĂ , elle a dĂ©jĂ  eu un chien.

D.
Donc, ça permet d’avoir la discussion entre le novice que j’Ă©tais et la personne qui a dĂ©jĂ  eu un chien, qui reprend un deuxième chien et qui a donc une autre apprĂ©hension du chien.

E.
Donc, ce que je comprends, en fait, c’est que c’est… En lisant la couverture, on pourrait se dire Dominique Dumont, Monty, c’est ta biographie romanĂ©e, enfin, biographie avec Monty romanĂ©e, on pourrait se dire ça. Et en fait, ce que tu as voulu en faire, c’est partager plus que ton tĂ©moignage, mais aussi le tĂ©moignage que tu avais recueilli.

D.
Faire des agglomĂ©rats de tĂ©moignages, puisque quand tu es Ă  l’Ă©cole, tu as dĂ©jĂ  les 15 jours de remises, ce qu’on appelle. Pour ceux qui ne savent pas ce que ça veut dire, c’est pendant 15 jours, tu es en internat et tu apprends comment vivre avec le chien et comment comprendre son langage. Mais nous, on Ă©tait cinq, par exemple, pendant ce moment-lĂ . Donc, ça veut dire que pendant 15 jours, tu es cinq, malvoyant, en train de pour comprendre comment ça marche. Évidemment, le soir, tu te racontes. Donc dĂ©jĂ , tu as cinq tĂ©moignages. Je suis allĂ© beaucoup aussi Ă  ce qu’on appelle les dĂ©tente. C’est ces moments oĂą tu emmènes ton chien Ă  l’Ă©cole et lĂ , de nouveau, tu es quatre ou cinq avec des chiens juste pour que les chiens y couvrirent en forĂŞt et toi, tu es avec des bĂ©nĂ©voles, etc. Pendant ce temps-lĂ , on se parle. Tout ça, c’est des anecdotes, c’est des choses. Dans le bouquin, c’est pour ça que je me suis pas mis moi parce que j’ai trouvĂ© que c’Ă©tait plus riche d’agglomĂ©rer toutes les anecdotes que je pouvais recueillir. Il y en a une qui n’y est pas, par exemple, que j’adore, mais qui m’a Ă©tĂ© racontĂ©e après.

D.
C’est une malvoyante charbante qui s’appelle Paul. Elle m’a racontĂ©: Un jour, il y a une dame qui arrive près d’elle, qui caresse le chien, qui parle au chien, qui dit: Oh, tu es beau, quel beau chien. Oh lĂ  lĂ  ! Il faut que tu t’occupes bien de ta maĂ®tresse. Oh, quel beau chien. Au revoir. Elle n’a pas dit un mot, elle a malvoyante. Elle a parlĂ© qu’au chien.

E.
Elle a parlĂ© qu’Ă  Pouky. C’est ça ? C’est le chien. Oui, c’est Pouky. Le chien de Paul.

D.
C’est une histoire comme ça. Je l’ai su quand le livre Ă©tait imprimĂ©. VoilĂ  exactement le type d’histoire que j’aurais mis dans le livre, parce que je trouve ça absolument gĂ©nial. C’est-Ă -dire que quand je dis que quand tu as un chien, les gens, ils voient d’abord le chien, lĂ , c’est poussĂ© Ă  l’extrĂŞme.

E.
Oui, moi, je te confirme, en mĂŞme en tant que famille d’accueil, des fois, tu es obligĂ© de dire, et je le dis souvent sur le podcast, tu es obligĂ© de dire qu’il y a quelqu’un au bout de la laisse. C’est-Ă -dire que les gens, ils voient le chien. LĂ , ils l’ont tout Ă  fait fait fait avec Paul et Pouky. Pour l’histoire, Paul et Pouky aussi. Je connais bien leur histoire parce que je connais très bien la famille d’accueil de Pouky, qui est passĂ©e aussi sur le podcast, qui est un jeune couple tout Ă  fait charmant, Tom et Charlotte. Et pour le coup, c’Ă©tait mes deuxièmes invitĂ©s. Donc, c’est un peu…

D.
On connaĂ®t tous les mĂŞmes. Enfin, c’est normal.

E.
Et du cĂ´tĂ© de Pouky, j’ai eu l’occasion de faire un Ă©pisode avec Paul. J’avais envie, un an après, de faire la suite de l’aventure.

D.
Paul est gĂ©nial, je l’adore.

E.
Et vous pouvez la retrouver dans l’Ă©pisode 19. Elle est hyper dynamique aussi. Et Mais avec Puki, encore plus.

D.
Oui, comme moi. J’Ă©tais quand mĂŞme très dynamique, mais avec mon… C’est-Ă -dire que quand tu as un chien guide et que tu as la patate intĂ©rieure, tout est possible. Ce n’est pas compliquĂ©, tout.

E.
Tu n’as plus de limites ?

D.
Non, moi, je n’ai aucune limite. Mon Ă©pouse, au dĂ©part, Ă©videmment, Ă©tait carrĂ©ment inquiète, parce qu’elle disait: C’est la vie de mon mari. Donc, au dĂ©but, elle nous suivait de loin, tout ça. Puis, quand elle a vu comment ça marchait, comment le chien s’asseyeillait comme tout ça. Elle s’est tranquillisĂ©e. Puis un jour, j’ai dit: Écoute, ce n’est pas compliquĂ©. On va faire une expĂ©rience. Je vais faire l’allĂ©e-retour Venise avec mon chien tout seul. Et donc j’ai fait le bus pour partir, l’aĂ©roport de Roissy, arriver Ă  Venise, le bateau pour aller Ă  Venise. Dans Venise, l’hĂ´tel, deux jours tranquilles, retour. Tout ça avec le pĂ©père. Extraordinaire. Et le tout dans une bonne humeur gĂ©nĂ©rale.

E.
Sans galère, sans rien, juste la joie d’ĂŞtre ensemble.

D.
Oui.

E.
Tu sais que c’est Doriane ? Je pense que tu la connais parce que tu partages peut-ĂŞtre des dĂ©tente avec elle.

D.
Oui, Doriane, je la connais aussi, bien sûr.

E.
Qui m’avait racontĂ© dans l’Ă©pisode 39 ou ailleurs. Je ne sais plus si on en a parlĂ© dans l’Ă©pisode, mais en tout cas, elle me disait qu’elle avait plus confiance en ses chiens que dans les humains. Et du coup, son mari, pour le coup, le prend un peu mal. Parce que quand ils sont ensemble, maintenant, depuis qu’elle a des chiens guides, donc FĂ©nix, qui a rejoint les Ă©toiles et maintenant en polie, elle prĂ©fère que ce soient les chiens qui la guident plutĂ´t que les humains. Parce qu’elle se dit: En fait, le chien, c’est son job. Il ne va rien manquer alors que les humains, ils peuvent avoir la tĂŞte ailleurs et manquer…

D.
Je ne le dis pas trop fort, mais je le pense. Oui, avec Doriane, on a fait pas mal de sensibilisations ensemble. C’est comme ça qu’on se connaĂ®t.

E.
Donc, ce petit test à Venise, pour toi, a été concluant ?

D.
A Ă©tĂ© formidable et ça a tranquillisĂ© mon Ă©pouse. Depuis, c’est bon, elle se dit: Attends, ça va, ils peuvent tout faire. Elle va prendre le bus, l’avion, le bateau, tout, tout, tout. Et puis, c’est vrai que quand tu es avec un chien guide, les gens, d’abord, ils sont vachement Ă©mus par le chien, comme je t’ai dit. Ils sont Ă©mus par le rapport entre le chien et l’homme. Ils sont admiratifs et presque envieux. Il y a cette relation magique, ça les fascine. Moi, quand je prends l’avion avec le chien, ça se termine par photo avec les hĂ´tesses de l’air, photo dans le cockpit. Ă€ chaque fois, c’est 10 minutes de Tu vois, Ă  chaque fois, c’est la grosse fĂŞte. Tu voyages beaucoup avec mon type ? Oui, je voyage beaucoup. Tant que j’ai la forme, je bouge.

E.
Tu voyages côté professionnel, pas forcément, plus côté loisirs, maintenant ?

D.
Maintenant, cĂ´tĂ© loisirs, Oui, on va dire. Train, avion, je voyage beaucoup. Voiture, Ă©videmment, mais ce n’est pas moi qui conduis ni lui.

E.
Zut. Je discutais l’autre jour avec un dĂ©ficient visuel qui me disait qu’il avait encore le permis, mais que sa femme ne voulait plus qu’il prenne la voiture.

D.
C’est moyen. Moi, je n’ai jamais pu conduire de toute façon. C’est un problème rĂ©glĂ©.

E.
Je me demandais si dans toute cette aventure avec Monty, il y avait quelque chose que tu avais appris ou dĂ©couvert, que tu n’avais jamais envisagĂ© avant mĂŞme de croiser ValĂ©rie avec son petit labrador au marchĂ© ?

D.
Il y a beaucoup de choses que tu dĂ©couvres parce que c’est cette relation avec le chien, si tu veux, qui est une relation homme-soi-disant animale. C’est-Ă -dire que c’est lĂ  que tu te rends compte que ce n’est pas qu’un animal, que c’est une personne. C’est une personne entière. Moi, je vais loin, je dis qu’ils ont une âme. On est en relation d’âme Ă  âme et d’esprit Ă  esprit. Et ce n’est pas du baratin, si tu veux. Je pense qu’on est vraiment, comme ils disent Ă  l’Ă©cole, un binĂ´me, mot que je dĂ©teste. On est un couple et que… Tu veux, moi, ça m’amuse des fois. Il faut que je sois en forme et que lui soit en forme. Mais des fois, je m’amuse Ă  le conduire en pensĂ©e. Je suis derrière mon chien et je me dis: Tiens, on va prendre la deuxième Ă  droite. Allez, deuxième Ă  droite. Je pense deuxième Ă  droite, je pense. Deuxième Ă  droite, je ne dis rien. Oui, Tout le système Ă  droite, il tourne. Et ça, c’est pareil, c’est un truc Ă  se faire brĂ»ler sur les planches du Moyen Ă‚ge. Alors, j’en ai parlĂ© aux Ă©ducateurs qui me disent: Oui, on nous l’a dĂ©jĂ  dit.

D.
J’en ai parlĂ© Ă  d’autres malvoyants qui ont des chiens. Il y en a beaucoup qui disent la mĂŞme chose.

E.
Oui, il y a une réelle connexion entre vous, de toute façon.

D.
Cette connexion-lĂ , si tu veux… Je pense que les gens qui ont des chiens de compagnie, ils ont dĂ©jĂ  une forte connexion. Mais nous, la diffĂ©rence qu’il y a, c’est que d’abord, nos chiens, on les a 24/24. MĂŞme quand il dort, il est Ă  pied de mon lit. On en fait l’interview, il est Ă  mes pieds. Ce chien ne me quitte jamais. Mais quand je dis jamais, c’est jamais. En plus, il travaille avec nous et pour nous. Donc cette connexion que les gens peuvent ressentir, nous, elle est multipliĂ©e au centuple. Donc moi, d’un point de vue spirituel, si tu veux, je me dis: L’animal n’est pas si infĂ©rieur que ce qu’on nous a bassinĂ© depuis des quart. C’est l’homme qui est maĂ®tre de la nature, qui est supĂ©rieur. Non, Non, non, non, non, non. Je pense que tout ça est faux. Pas pour moi.

E.
Tu touches du doigt un peu la connexion. Moi, j’ai Ă©tĂ© intimement persuadĂ©e Ă  la fin de vie de la minette que j’avais chez mes parents, qu’elle a su que c’est bon, qu’elle avait fait 17 ans, mais c’Ă©tait le bon moment pour pas tarder. Bien sĂ»r. Je le disais dans l’Ă©pisode qui sera sorti Ă  cette date, dans l’Ă©pisode avec Sylvie, oĂą on parle du deuil du chien, un sujet un peu compliquĂ©. Et je le disais, moi, je tĂ©moignais par rapport Ă  Volvic. Du coup, cette minette que j’ai eue au collège, je suis partie chez mes parents, elle y est restĂ©e. Je n’allais pas lui faire vivre ma vie d’Ă©tudiante Ă  changer tous les trois jours de petit appartement.

D.
Les chats, ils n’aiment pas qu’on les change de lieu.

E.
Ă€ chaque fois, je me disais peut-ĂŞtre que quand je vais revenir, le temps que je revienne, elle ne sera plus lĂ . Parce qu’Ă  partir de 12, 13, 14 ans. Moi, je suis assez cartĂ©sienne et je pensais un peu Ă  tout ça. Et en fait, elle est partie Ă  NoĂ«l de ses 17 ans et demi, quelque chose comme ça. Moi, j’Ă©tais enceinte, mais personne ne le savait, Ă  part mon compagnon et moi.

D.
Et la chatte ?

E.
Oui, Oui, elle, je lui avais dit aussi. C’est sĂ»r qu’elle le savait. On a fait NoĂ«l ensemble. On avait un chien en plus Ă  NoĂ«l, un Ă©lève chien guide, Saga, qui Ă©tait avec nous. Pour le coup, Volvic, elle n’aimait pas les chiens. Chacun son territoire. Et lĂ , je me souviens de ce NoĂ«l oĂą elle est passĂ©e entre les pattes du chien. Le chien Ă©tait debout, elle allait passer dessous pour aller manger ses croquettes alors qu’elle marchait plus trop mal. En mode, coĂ»te que coĂ»te, tant qu’Ă  profiter jusqu’au bout des croquettes.

D.
Oui, c’est ça.

E.
Non, j’Ă©tais très surprise. On est parties après NoĂ«l, deux, trois jours, et quand on est revenu, on Ă©tait allongĂ©e devant le garage. On s’est occupĂ© de son petit corps. Pour moi, en plus, avec les Ă©motions de la grossesse, c’Ă©tait encore beaucoup plus compliquĂ© Ă©motionnellement, parce que les hormones, c’Ă©tait bien difficile Ă  vivre tout ça, tout en ne disant pas que j’Ă©tais enceinte Ă  mes proches. Je me suis dit: Elle sait qu’il y a un nouveau cap qu’on avait prĂ©vu de dĂ©mĂ©nager de la rĂ©gion parisienne pour revenir dans notre rĂ©gion lyonnaise, que j’allais avoir un nouvel ĂŞtre Ă  m’occuper et Ă  me recentrer.

D.
Je suis sĂ»r de tout ça. Et ça, si tu veux, mais c’est pas… C’est compliquĂ© de parler de ça, parce que beaucoup de gens te regardent ou me regardent en se disant: Ils sont complètement malades.

E.
Oui, mais quand je recueille tous vos témoignages, tous ne le disent pas et ne mettent pas ces mots-là très précis sur votre relation. Moi, je dis pas binôme, je dis duo.

D.
Oui, l’erreur de binĂ´me, moi, je dis couple, c’est encore pire.

E.
Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans le mot Je trouve que c’est technique.

D.
Je dirais mathĂ©matique, justement, c’est sans âme. Alors en mĂŞme temps, je comprends parce que si tu veux, les Ă©coles, ils ne vont pas prendre ce risque de ce que je suis en train de raconter parce que ce n’est pas leur boulot.

E.
Non, c’est une perception très personnelle, de toute façon.

D.
Oui, C’est une perception presque thĂ©ologique. Donc, si tu veux, il y a un moment, tu crois en Dieu, tu ne crois pas en Dieu, tu crois Ă  l’esprit, tu ne crois pas aux forces de l’esprit. Donc, il y a un moment, l’Ă©cole, ils ne vont pas rentrer lĂ -dedans. Donc, pour moi, c’est un non technique. Puis leur boulot, c’est des Ă©duquer des chiens pour que ces chiens soient performants. Mais moi, je trouve que le chien guide, ça va beaucoup, beaucoup, beaucoup plus loin que le simple fait de guider. Pour moi, après, les autres, ils pensent comme ils veulent, mais pour moi, c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus loin.

E.
Oui, c’est plus qu’une canne avec quatre pattes.

D.
Ça n’a rien Ă  voir. C’est beaucoup plus. En plus, c’est des boules d’amour. Le matin, c’est un quart d’heure de câlins, puis la promenade, puis tout. Un quart d’heure, 20 minutes, m’occupe que du chien. Mais Lui, il est tout le temps de bonne humeur le matin. Toi, tu te lèves, si tu es cassĂ©, tu as des soucis, machin. L’autre, il arrive, il te met des coups de truffe. Allez hop, lĂ , on y va. Et je te fais des rĂ©vĂ©rences et je te file des coups de patte pour descendre plus vite. C’est tout. Ça te remet dans une autre humeur.

E.
Dans une lĂ©gèretĂ© un peu… Oui, c’est ça. Que notre cerveau d’humain n’a pas forcĂ©ment tout le temps.

D.
C’est ça, c’est cette lĂ©gèretĂ©. C’est une joie de vivre. On est en vie, c’est bien. Allez, on va voir dehors. Allez, on va voir dehors. Toi, tu es lĂ : Oh, puis il pleut. Puis tu mets tes bottes et tu sors. Et puis après, tout va bien.

E.
Je crois qu’OcĂ©ane nous avait confiĂ© des habitudes qu’elle avait prises, on va dire, avec Monty. Je crois que vous avez Ă©tĂ© un petit peu surpris. L’histoire des chaussettes.

D.
Oui.

E.
Vous avez été un peu surpris de voir tout ça.

D.
Le tour d’OcĂ©ane, c’est que le chien enlève les chaussettes. Ça l’amusait parce qu’elle Ă©tait très jeune. Quand la famille d’accueil d’OcĂ©ane, il y a ses parents, Ariel et Thierry, et puis il y a OcĂ©ane et sa sĹ“ur. Elle devait peut-ĂŞtre avoir 15 ans ou 16 ans quand elle a eu Monty. Les gamines, ce qui la faisait marrer quand elle revenait du sport, c’est de mettre les pieds sur la table et le chien tire les chaussettes et enlève les chaussettes. Il a continuĂ©. Et le pire de tous, c’est que la chaussette, une fois qu’il l’a, il la rend pas. Il court avec. C’est un trophĂ©e.

E.
Je crois qu’elle m’avait racontĂ© que vous ĂŞtes en contact et vous entretenez des fois bonne relation.

D.
On se voit tout le temps.

E.
Et que les premiers temps, elle avait dĂ» vous confier qu’elle lui avait appris ça, parce qu’elle pensait pas qu’elle allait le reproduire.

D.
Oui. Et puis, en plus, si tu veux vraiment son grand jeu, c’est d’aller piquer, mĂŞme sans me les enlever des pieds. C’est quand mĂŞme, s’il y a une paire de chaussettes qui traĂ®ne par terre, c’est de prendre la paire de chaussettes et de courir avec, d’aller au fond du jardin. LĂ , c’est ĂŞtre plus ma femme court derrière, tu pars plus ça l’amuse. Oui, bien sĂ»r, c’est un gosse Ă  ce niveau-lĂ . Oui, il la reproduit, bien sĂ»r, mais c’est drĂ´le. C’est ça qui est marrant avec le chien-guide, c’est que tant qu’il est Ă  la maison, c’est un gosse, tu lui mets son harnais, c’est un soldat. Le mien, Ă  la maison, il est gay. C’est un très rigolo chien. Il a la balle, les chaussettes, les jouets. Et je dĂ©mĂ©nage ma couverture parce que ça me plaĂ®t pas d’ĂŞtre lĂ . C’est vivant.

E.
Et je me demandais si tu as été bluffé par ton chien, par Monty, une fois, qui reste un souvenir très marquant pour toi.

D.
Il y a plein de bluff. Un des grands bluff, c’est classique, c’est la dĂ©sobĂ©issance intelligente. Ça reste toujours un grand bluff, c’est-Ă -dire pour tous ceux qui connaissent, c’est Ă©vident. Tu es sur un trottoir, tu marches tout droit, il y a une voiture garĂ©e sur le trottoir, le chien, il s’arrĂŞte et il t’explique que tu ne peux pas passer et que Le mien, il propose toujours de traverser et de faire l’autre trottoir. T’as d’autres chiens qui passent par la rue. Le mien, il prĂ©fère changer de trottoir. Je suis plus bluffĂ©, mais je suis quand mĂŞme bluffĂ© Ă  chaque fois, parce que c’est tout de mĂŞme… Que ce soit une voiture Ă  un trou, des trottinettes, etc. L’autre truc qui m’a bluffĂ©, mais absolument incroyable. Pour des raisons professionnelles, je dois aller Ă  Nancy, une ville que je connais pas du tout. Meuvela partie Ă  Nancy, gare de Nancy. Et de la gare de Nancy, il faut que je trouve l’hĂ´tel. Donc lĂ , je demande parce que je suis paumĂ©. C’est pas trop compliquĂ©. On va dire que c’est pas trop compliquĂ©. En gros, c’est tout droit, puis une fois Ă  droite, Ă  force de demander, on y va, on arrive.

D.
Je reste Ă  Nancy une nuit pour le travail, je rentre Ă  Paris. Trois mois après, je retourne Ă  Nancy et je retourne dans le mĂŞme hĂ´tel. Et Ă  la gare, le chien part. Je suis mon chien, il m’a amenĂ© Ă  l’hĂ´tel. C’est incroyable. C’est-Ă -dire, si tu veux, une ville qu’on connaissait pas, on y allait une fois, on a fait le parcours aller-retour une fois. Trois mois plus tard, direct, il m’emmène. Je trouve ça… C’est bluffant de chez bluffant.

E.
Ils ont une mémoire, on se le dit à chaque épisode, mais je le redis encore une fois, ils ont une mémoire quand même. Nous, on pourrait pas.

D.
Tu vois, tu te rends compte du truc En plus, c’est une ville, c’est pas la campagne.

E.
Oui, il y a beaucoup de changements de direction, des choses qui ont pu changer aussi dans les repères.

D.
Ça, je suis… Alors voilĂ , c’est ça. Ça, ça me bluffe. Tu fais avec mon type, tu fais un parcours une fois ou deux et après, il reconnaĂ®t. Ça, c’est gĂ©nial. C’est absolument gĂ©nial.

E.
Est-ce qu’il y a des lieux oĂą vous ĂŞtes allĂ© un peu exceptionnel ? Tu nous as parlĂ© du plateau de Michel Drucker, qui, Ă  mon avis, est quand mĂŞme un grand lieu. Est-ce qu’il y a d’autres auprès de d’autres lieux oĂą tu n’aurais jamais Ă©tĂ© s’il y avait pas eu Monty Ă  tes cĂ´tĂ©s ? Tu es retournĂ© au théâtre, j’imagine ?

D.
Au théâtre, j’y vais tout le temps. Mais ça, il a l’habitude. Comme je dis, c’est le chien le plus cultivĂ© de tout Paris. Il a vu au moins 40 pièces de théâtre. Et quand j’Ă©tais direlo, on assistait Ă  beaucoup de rĂ©pĂ©titions. Donc lĂ , Monty, lui, il a l’habitude, il se couche sur la moquette et il dort. Je ne dis pas qu’il Ă©coute toutes les pièces, il dort beaucoup. Mais enfin, il y a des spectateurs qui dorment aussi. Non, qu’est-ce que j’aurais jamais fait avec le chien ? J’ai fait l’anniversaire de Louis Braille. C’Ă©tait beau, ça. On a fait au PanthĂ©on. On Ă©tait un paquet, mais c’Ă©tait vachement bien. Ça, je n’aurais jamais fait. Je n’Ă©tais jamais allĂ© au PanthĂ©on, c’Ă©tait bien.

E.
Oui, avec Monty, tu as basculĂ© aussi peut-ĂŞtre dans cette sphère. Oui, bien sĂ»r. Il y a plus de malvoyants dans ta vie et de collègues malvoyants dans ta vie que ce qu’il y avait avant.

D.
Je fais beaucoup de sensibilisation pour l’Ă©cole. Je suis un fan quand mĂŞme. Je suis un fan absolu du chien-guide. Je dis toujours: Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas pris un chien avant. C’est complètement ridicule. Ça change tellement la vie. C’est formidable.

E.
C’est parce que tu n’y avais jamais pensĂ© ?

D.
Oui, c’est ce que je t’ai dit. Puis j’Ă©tais quand mĂŞme… J’Ă©tais bien rĂ©adaptĂ© avec toute mon Ă©quipe autour de moi. J’Ă©tais bien secondĂ©. Mais lĂ , ce qui est extraordinaire, c’est que c’est le retour en autonomie. Au lieu d’emmerder le monde, tu es avec ton chien, puis tout va bien.

E.
Tu regrettes un peu, du coup ?

D.
Ouais, de pas l’avoir pris avant, oui. Mais bon, il ne faut jamais regretter. Peut-ĂŞtre que je n’Ă©tais pas prĂŞt, tu vois, dans ma tĂŞte. On va donc savoir.

E.
Est-ce que ça a un sens qu’il soit arrivĂ© Ă  ce moment-lĂ  ou pas ?

D.
Moi, je pense que oui, il y a toujours un sens. VoilĂ , il faut ĂŞtre prĂŞt. Et puis, la nuit, ça devenait quand mĂŞme catastrophique. C’Ă©tait impossible la nuit, ça devenait impossible. Et je travaillais la nuit. Donc, si tu veux, la nuit, c’Ă©tait taxi. Il fallait que quelqu’un me mette dans le taxi et que le taxi me mette devant ma porte.

E.
T’as Ă©tĂ© combien de temps en activitĂ© avec Monty ? Il t’a suivi pendant combien de temps dans ta vie de dire l’eau, comme tu dis ?

D.
Un paquet.

E.
Je sais pas, mais pas mal. Quelques annĂ©es, en tout cas, il t’a suivi.

D.
Ce qui Ă©tait très sympa, c’est qu’il avait aussi le contact avec le personnel du théâtre, c’est normal, mais avec les acteurs. Il montait dans les loges, tranquille. C’Ă©tait devenu la mascotte du théâtre. Alors qu’il a frĂ©quentĂ© de grands acteurs. C’est mignon. Ils Ă©taient contents. C’Ă©tait lĂ  que tu vois aussi que dans le milieu du travail, un chien, c’est extraordinaire.

E.
Ça, moi, je l’ai vu rien qu’en ayant des relais Ă  mon travail, quand je travaillais pour les Ă©leveurs de chèvres Ă  Paris. Ça apporte quelque chose quand mĂŞme.

D.
Bien sĂ»r. Quand j’arrivais au théâtre, on commençait entre 11h00, 14h00. Le chien, j’enlevais le harnais, tout ça. Il commençait par faire le tour des bureaux. En En gros, tout le monde perd 10 minutes, mais en gros, tout le monde est de bonne humeur. Les 10 minutes que tu perdes, tu les regagnes en ambiance. Tout le monde a la patate après.

E.
Le jour oĂą j’avais des chiens, le premier jour oĂą j’avais le chien en relais au bureau, en tout cas, mĂŞme si j’avais commencĂ© le relais sur un week-end ou autre, je faisais le tour des bureaux pour dire: VoilĂ , cette fois, pour info. Mais oui, tout le monde changeait, les visages s’illuminaient.

D.
T’imagines quand c’est le chien qui vient presque tous les jours, il avait ses jouets au bureau. Il avait des peluches qui, Ă©videmment, il dĂ©vorait comme d’habitude. Tu sais que dans les théâtres, il y a des costumiers. On avait un costumier et le costumier recousait. RĂ©gulièrement, il recousait l’hippopotame, la girafe. MĂŞme ça, c’Ă©tait devenu une espèce de gag Ă  l’intĂ©rieur. Parce qu’après, tout le monde dit: Il a Ă©tĂ© opĂ©rĂ© du ventre. Parce qu’effectivement, elle prenait des coups. C’est quand mĂŞme une bouche de labrador, quand ça s’y met, ça mange.

E.
On arrive vers ma question de fin un peu rituelle de ce podcast. Je demande toujours quel est le pire et le meilleur moment avec votre chien guide avec Monty. En commençant par le pire.

D.
Le pire moment, c’est terrible. Le pire moment, c’est que j’ai Ă©tĂ© attaquĂ© par un doc de Bordeaux qui a Ă©chappĂ© Ă  sa maĂ®tresse. Nous, on Ă©tait en guidage et le chien s’est jetĂ© sur le mien et l’a mordu au sang. Et lĂ , je suis paniquĂ©. Donc, vĂ©tĂ©rinaire, tout le bordel. Sept points de suture quand mĂŞme pour ce pauvre bĂŞte.

E.
Ă€ quel endroit il l’a mordu ?

D.
Sous la patte arrière, Ă  l’aine. Ça, c’est C’est le pire moment, parce qu’en plus, c’est l’impuissance totale. C’est-Ă -dire que tu ne comprends pas. Moi, je ne l’ai pas vu arriver, le chien. Moi, je vois encore des choses, mais je n’ai pas vu l’autre chien arriver. Et le mien, il Ă©tait en harnais et en laisse. Et l’autre, il n’a mĂŞme pas tournĂ© autour, il s’est jetĂ© dessus. Donc ça, c’est le pire. C’est le pire de mes souvenirs parce que tu ne comprends qu’après, tu comprends… Et moi, j’Ă©tais dans une colère noire, parce qu’elle a lâchĂ© son chien, c’est tout. Parce qu’elle doit peser 40 kilos et le chien, 40. Ça, c’est le plus mauvais moment. Le meilleur moment avec mon chien, il y en a tellement que… Je te dirais que le souvenir le plus incroyable, c’est… Pareil, on it de mon théâtre. Mon théâtre est dans une rue Ă  sens unique. Donc, je me mets dans le passage cloutĂ© et je traverse. Sauf qu’il y a une voiture qui recule. J’avais l’habitude d’Ă©couter que d’un cĂ´tĂ©. C’est toujours pareil, quand tu es chez toi, quasiment, tu manques de vigilance. Voiture qui recule, le chien, il s’est couchĂ© Ă  mes pieds Donc la voiture, il m’a sauvĂ© de me taper la bagnole.

D.
LĂ , tu t’agenouilles et tu pleures. C’est pas compliquĂ©. Tu prends ton chien dans tes bras et tu pleures dessus, en gros. Mais ça, c’est beau quand mĂŞme.

E.
Oui, lui, il a compris ce qui s’est passĂ©. Et toi, normalement, il y avait pas de voiture dans ce sens-lĂ  ?

D.
Non, puisque c’est de ma faute. Mais moi, je n’Ă©coutais jamais dans ce sens-lĂ . Tu comprends ce que je veux dire par Ă©couter ? Tu te traverses tous les jours, quatre fois par jour Ă  cet endroit-lĂ . Donc tu fais attention sur ta droite, tu fais pas attention sur ta gauche, puisque normalement, sur ta personne ne vient. Et puis maintenant, avec les voitures Ă©lectriques, ils ne font pas beaucoup de bruit.

E.
Les trottinettes électriques, les véloélectriques, les voitures électriques, tu peux tout à fait avoir ça.

D.
Ça, c’est un souvenir magnifique. Sinon, j’en ai plein, des grosses rigolades, mais ça, c’est chouette. Puis, c’est quand mĂŞme le chien guide. C’est le chien guide. Ça se plante.

E.
Mais en tout cas, je recommande Ă  tous de lire ton ouvrage qui est disponible partout.

D.
Oui, partout. Il est mĂŞme par voie Ă©lectronique. Ceux qui peuvent lire avec Kindle, ça marche aussi. Moi, je n’y arrive pas, perso, mais je suis trop nul. J’ai du mal, mais je sais qu’il y en a qui y arrivent.

E.
Et donc, on peut retrouver non pas Dominique, mais HervĂ© et Lisa, avec Monty, par contre, cette fois-ci. Et puis, il y a d’autres personnages: Julie, StĂ©phanie. Bien sĂ»r, il y a tout un roman.

D.
Julie, qui est une vraie Ă©ducatrice.

E.
Et puis, moi, j’avais eu l’occasion de me le fournir Ă  la Porte Ouverte, quand on s’Ă©tait croisĂ©, notamment Ă  la Porte Ouverte de l’École des chiens guides.

D.
C’est celle de Paris ou celle de Lyon ? J’ai fait les deux.

E.
Celle de Paris et pas cette annĂ©e, parce que j’Ă©tais dĂ©jĂ  sur Lyon.

D.
Oui, mais cette annĂ©e, c’est dommage, parce que c’est bien, parce qu’ils ont mis toutes les portes ouvertes ensemble, mais du coup, on peut en faire qu’une.

E.
Et je vais essayer, lĂ , en septembre prochain, d’en faire deux, parce qu’il y en a une qui fait sur deux jours et l’autre qui fait sur un jour.

D.
C’est laquelle qui fait sur deux jours l’annĂ©e prochaine ?

E.
C’est la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillane qui fĂŞte ses 10 ans.

D.
Je ne les connais pas. Ils ont fait une belle opĂ©ration mĂ©diatique il n’y a pas longtemps sur TF1.

E.
Oui, ça date d’hier d’avant-hier. Et d’ailleurs, quand j’ai enregistrĂ© les Ă©pisodes de 70, 72, j’ai Ă©tĂ© Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillane et l’Ă©quipe TF1 aussi. C’Ă©tait mi-octobre et du coup, c’est sorti. Donc, tout le monde m’a envoyĂ© ça hier. On me disant: En plus, c’est la jeune fille qu’on voit sur ta vidĂ©o que tu as mis sur Instagram. Je dis: Oui, j’y Ă©tais en mĂŞme temps.

D.
Ouais, c’est ça.

E.
Donc, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

D.
Écoute, longue vie Ă  mon petit parce que je commence dĂ©jĂ  Ă  m’inquiĂ©ter. Il va bientĂ´t avoir huit ans et et je commence Ă  claquer des dents. Parce que je n’ai pas envie de changer de chien. Je pense que je rentre dans une pĂ©riode oĂą tous les malvoyants, c’est pareil. Tous les maĂ®tres chiens qui aiment leur chien, ils n’ont pas envie de changer de chien, Ă  mon avis.

E.
On aimerait bien qu’il vive aussi longtemps que nous.

D.
C’est sĂ»r. Donc lĂ , si tu veux, ça commence Ă  me pincer le cĹ“ur. Donc, longue vie Ă  mon toutou, bonne santĂ© et qui continue le plus longtemps possible Ă  ĂŞtre avec moi et un bon De toute façon, moi, j’ai la possibilitĂ© de le garder plus tard. Parce que ma femme, nous, on a un grand jardin et j’ai une femme, donc elle est toujours lĂ . Oui, oui, je garde le chien, je garde le chien, je garde.

E.
Donc, on peut vous souhaiter une longue vie qui, de toute façon, se passera jusqu’au bout, mĂŞme s’il ne te guide pas jusqu’au bout.

D.
Il te fera la retraite paisible. Il ne t’aura pas approuvĂ© de faire. Mais dĂ©jĂ  qu’il me guide le plus longtemps possible parce qu’on est bien. Tu vois, je me dis, c’est tellement parfait. Comment ça se fait ? Comment c’est après ?

E.
Je t’encourage Ă  Ă©couter quelques Ă©pisodes. Et puis Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  tout ça et Ă  Ă©changer avec les collègues.

D.
Absolument. J’en parle dans le bouquin. La fameuse Lisa, c’est ça. Lisa, elle a un deuxième chien, donc c’est important. Ça m’intĂ©ressait d’avoir plusieurs personnages pour ne pas parler que de moi.

E.
Et donc, on retrouve Mon petit, aux Éditions Le Passeur, en version livre, dans toutes les versions, braille, audio, pas audio, tout ce que vous voulez, grands caractères, etc. Tout ce qu’on veut. Et merci beaucoup et Ă  très bientĂ´t, Dominique.

D.
Je t’en prie, c’est moi qui te remercie, Estelle. Ă€ très bientĂ´t. Merci beaucoup.

E.
Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode.

E.
J’espère qu’il vous aura donnĂ© envie de dĂ©couvrir ce beau livre, aussi beau que le vrai Monty.

E.
Comme précisé, vous pouvez le retrouver sous différents formats, numériques comme papier et bien sûr en braille ou en audio.

E.
Si vous avez apprĂ©ciĂ© cet Ă©pisode oĂą Dominique fait l’Ă©loge de Monty, je vous conseille d’Ă©couter l’Ă©pisode 6 avec OcĂ©ane, qui vous plongera au tout dĂ©but de l’histoire de mon podcast, mais aussi de celle de Monty, qui a Ă©tĂ© le premier Ă©lève schenguid d’OcĂ©ane. De mon cĂ´tĂ©, je vous dis Ă  très bientĂ´t pour le prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles

 

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