Aujourd‚Äôhui je vous pr√©sente Dominique qui est pr√©sidente de l‚ÄôAssociation Nationale des Ma√ģtres de Chiens Guides qui soutient mon podcast ce trimestre, et qui est accompagn√©e de Pop, son sixi√®me chien guide ! Et qui dit 6 chiens guides, dit une longue histoire avec les chiens guides √† travers les ann√©es, et toutes leurs √©volutions. D‚Äôailleurs son premier chien ne venait pas d‚Äôune √©cole de chiens guides, pourquoi ? Car il n‚Äôen existait pas en fait. C‚Äôest vrai qu’aujourd’hui leur existence fait largement partie de l‚Äôunivers des chiens guides, mais avant d‚Äôen arriver l√†, il a fallu trouver des solutions comme nous le raconte Dominique.

Transcription intégrale

 

Transcription générée automatiquement par Happy Scribe

E.

Salut √† tous, je m’appelle Estelle et je suis passionn√©e depuis toujours par les chiens guides d’aveugles. B√©n√©vole pour cette cause √† Paris depuis des ann√©es et aujourd’hui √† Lyon, j’ai lanc√© le podcast futur Chien Guide, √©tant persuad√© que l’univers des chiens guides d’aveugles m√©rite d’√™tre mieux connu par tous, afin que chacun puisse y trouver sa place. Mais savez-vous que seuls 1% des d√©ficients visuels sont accompagn√©s d’un chien guide ? Alors, pour mieux comprendre par qui et comment ils sont √©duqu√©s, mais aussi pour d√©couvrir leur r√īle dans le quotidien de leur ma√ģtre et les bouleversements √† leur arriv√©e, je vous partage deux fois par mois mes √©changes avec un invit√© issu de cet univers, ma√ģtre de chien guide, b√©n√©vole et tant d’autres. Pour en savoir encore plus, n’oubliez pas de vous inscrire √† ma newsletter mensuelle pour d√©couvrir les coulisses du podcast, les actualit√©s des chien-guides et bien s√Ľr, des nouvelles de mes invit√©s. Aujourd’hui, je vous pr√©sente Dominique, qui est pr√©sidente de l’Association nationale des ma√ģtres de Chien Guide, qui soutient mon podcast ce trimestre. Et qui est accompagn√© par POP, son sixi√®me Chien Guide, et qui dit: Si, Chien Guide dit une longue histoire avec les Chien Guide √† travers les ann√©es et toute son √©volution.

 

E.

D’ailleurs, son premier Chien Guide ne venait pas d’une √©cole de Chien Guide. Mais pourquoi ? Car il n’en existait pas. C’est vrai qu’aujourd’hui, leur existence fait largement partie de l’univers des chien-guides. Mais avant d’en arriver l√†, il a fallu trouver des solutions, comme nous le raconte Dominique. Et maintenant, place √† l’√©pisode. Bonjour Dominique.

 

D.

Bonjour.

 

E.

Merci d’avoir accept√© mon invitation sur le podcast futur Chien Guide et de m’accueillir en plus dans cette belle structure qui est l’ANM Chien Guide, l’Association nationale des ma√ģtres de Shein Guide. Comment vas-tu ce matin ?

 

D.

√áa va. √áa va comme d’habitude.

 

E.

Comme d’habitude, en forme, √† Paris toutes les deux pour l’occasion. Et toi, tu es bien On entend une petite clochette dans le coin. Tu es venue en compagnie de ton chien guide, bien s√Ľr. Est-ce que pour commencer, tu peux nous donner trois mots pour te d√©crire et trois mots pour d√©crire justement ce petit toutou, ce grand toutou, j’ai envie de dire.

 

D.

Alors, trois mots pour me d√©crire. Joyeuse √† l’√©coute, r√©serv√©.

 

E.

Et alors, pop, est-ce qu’il te ressemble ?

 

D.

Je ne sais pas. Pop, il est tendre, il est brutal et c’est un grand professionnel.

 

E.

Alors, tendre et brutal dans la même phrase ? Comment tu expliques ça ?

 

D.

Il est tendre, c’est-√†-dire qu’√† la longue, d√®s que la relation a pu s’√©tablir et a pu se stabiliser, il s’est r√©v√©l√© tel qu’il est. Et c’est vrai qu’il s’est r√©v√©l√© qui est un chien extr√™mement tendre, extr√™mement attentif, extr√™mement √† l’√©coute lui aussi. Par contre, il garde sa brutalit√© de chien tr√®s costaud. Et d√®s qu’il remue, d√®s qu’il commence √† s’agiter, c’est une bombe.

 

E.

Oui. C’est vrai qu’il est assez imposant pour les gens qui nous √©coutent. Comment tu le d√©crirais ton pop ?

 

D.

Je le d√©crirais comme un labrador qui fait 70 centim√®tres au garrot et qui p√®se 47 kilos et qui est tr√®s, tr√®s, tr√®sJe ne peux pas dire remuant parce qu’il est capable de rester tr√®s longtemps, par exemple dans le train, il reste 5 heures sans bouger, mais qui, quand il se met √† bouger r√©ellement, il √©tait tr√®s actif, voire brutal, parce qu’il bouge comme √áa peut √™tre bien b√Ęti.

 

E.

Oui, il est un peu imposant, on peut dire. Mais en tout cas, √† c√īt√© de toi, √ßa, on l’impose, justement, parce qu’il guide tes pas depuis combien de temps, Pop, maintenant ? Deux ans et demi. Deux ans et demi. Mais je crois que ce n’est pas ton premier chien de guide.

 

D.

C’est le sixi√®me.

 

E.

Le sixi√®me. Est-ce qu’on peut reprendre un petit peu le fil de l’histoire ? Au tout d√©but, comment √ßa s’est pass√© ? Est-ce que tu connaissais les chiens guides ou pas ? Comment tu as d√©couvert les chiens guides ? Il y a si longtemps, du coup ? C’√©tait une d√©couverte un peu par hasard ou pas du tout ?

 

D.

C’√©tait par hasard. Je ne savais pas que √ßa existait. Nous en avions √† la maison, mais c’√©tait des chiens de compagnie. Et quand ma sŇďur √©tait interne dans un √©tablissement pour d√©ficient visuel et quand on est all√© la chercher, j’ai rencontr√© le chien guide du directeur.

 

E.

Ce qui est assez int√©ressant, c’est quand on a √©chang√© un petit peu en amont de l’√©pisode, c’est ton sixi√®me chien, mais ce n’√©tait pas il y a six ans, c’√©tait il y a plus longtemps. Et √† l’√©poque, les chiens guides, ce n’√©tait pas tout √† fait la m√™me chose qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, tu es d’ailleurs pr√©sidente de l’Association nationale des ma√ģtres de chiens guides, o√Ļ on est aujourd’hui. On en parlera un petit peu apr√®s. Mais √† l’√©poque, il y avait pas toutes ces structurations-l√†. Et quand tu d√©couvres √ßa, le chien du directeur, tu sais d’o√Ļ il venait ?

 

D.

C’√©tait en 1960 ou 1961. Et il a √©t√© √©duqu√© par Paul Corteville.

 

E.

Directement, OK.

 

D.

C’√©tait un chien noir, un groendal.

 

E.

Et donc, Paul Corteville, il est √† l’initiative du Centre de… Qu’on appelle les chiens du Nord, le Centre Paul Corteville. L√†, c’√©tait lui qui √©duquait lui-m√™me les chiens de ce directeur-l√†. √áa t’a donn√© quoi comme impression, toi ? Tu √©tais d√©j√† d√©ficient de visuel ?

 

D.

Je pense qu’inconsciemment, √ßa m’a ouvert les yeux concernant le chien guide. J’ai su que le fait d’√™tre chien guide, de pouvoir guider, pouvait joindre l’utile √† l’agr√©able. Un chien pouvait donc √™tre compagnon 24 heures sur 24. Je savais que je travaillerais, je savais que j’aurais une activit√© professionnelle et je savais donc que j’aurais un chien guide. Et l√†, √ßa m’a donn√© des ailes.

 

E.

Oui, alors que tu n’avais que sept ans. Oui.

 

D.

Et pendant toute mon adolescence, quand j’√©tais en internat. Ce chien, je l’ai imagin√© tous les jours √† c√īt√© de moi. C’√©tait un chien imaginaire. Il y a des enfants qui ont des amis imaginaires. Moi, j’avais un chien imaginaire √† c√īt√© de moi. C’√©tait un gros chien. Comme pop. Comme pop. Apr√®s, en fac, j’ai √©t√© sans chien, mais je n’avais plus de disponibilit√© d’esprit pour penser au chien imaginaire. Et d√®s que je suis sortie de la fac et que j’ai eu mon activit√© professionnelle, j’ai eu mon chien.

 

E.

Ton tout premier chien, on en avait parl√© l’autre jour au t√©l√©phone. Et √©tonnamment, il ne venait pas… Nous, on pourrait se dire, il vient d’une √©cole de chiens guides comme on les conna√ģt, etc. Mais √† l’√©poque, il n’y avait pas tout √ßa. Comment √ßa s’est pass√© pour toi ? Comment tu as eu ce premier chien guide ?

 

D.

Par l’interm√©diaire d’une personne que nous connaissions, nous avons eu vent qu’un dresseur de chien se trouvait dans les environs. Nous sommes all√©s chercher un chiot dans une ferme des environs. Nous l’avons servi de famille d’accueil pendant quatre mois et nous l’avons confi√© √† ce dresseur qui l’a donc dress√© et je l’ai r√©cup√©r√© √† 10 mois. C’√©tait un crois√© de et de bergers belges, malinois.

 

E.

Et c’√©tait un dresseur de chien-guide ou un dresseur de chien classique ?

 

D.

Non, un dresseur de chien classique.

 

E.

Comment on en vient à se dire ?

 

D.

Il nous avait dit qu’il avait d√©j√† dress√© des chiens-guides. √Ä l’√©poque, on disait dress√©. Maintenant, on lui dit √©duquer.

 

E.

D√©j√†, rien que √ßa, ce changement de mots veut bien montrer toute l’√©volution qu’il y a eue. Bien s√Ľr. Qu’est-ce qui faisait ce dresseur de chien ? Vous aviez un peu √©chang√© avec lui, j’imagine, pour lui confier le chien en tant que tant.

 

D.

Oui, bien s√Ľr, mais on n’avait pas le choix. C’√©tait le seul dans la r√©gion qui pouvait nous rendre ce service. Il n’y avait pas beaucoup d’√©coles √† l’√©poque. Et puis, elles ne communiquait pas. Voil√†, on a fait au plus utile.

 

E.

Et donc ce premier chien, tu nous disais que c’√©tait un grand chien.

 

D.

Oui, un peu comme Pop. Il avait le m√™me stature, mais il n’√©tait pas castr√©, il √©tait agressif. Mais bon, √ßa ne m’a pas g√™n√© plus que √ßa.

 

E.

√áa a r√©ussi √† matcher entre vous, on va dire. Oui. Et tu nous as dit, l√†, c’est quand tu es sortie de la fac. Donc, tu as eu le chien et puis tu as pris ton ind√©pendance en m√™me temps, je crois. Voil√†.

 

D.

√Ä 500 kilom√®tres de chez moi, j’ai pris un appartement, mon activit√© professionnelle et le chien.

 

E.

Grand changement de vie.

 

D.

Et ça a roulé, oui.

 

E.

Comment √ßa s’est pass√©, ces premi√®res ann√©es de guide avec Niki ?

 

D.

C’est comme quand on d√©bute dans un lieu inconnu, c’√©tait un peu de solitude. C’√©tait le travail, le trajet, le domicile. Puis apr√®s, peu √† peu, les connaissances, les amiti√©s, les aventures. Tout est parti de l√†, comme tous les jeunes qui s’installent.

 

E.

√áa a √©t√© un peu ton premier guide dans tes vies ind√©pendantes ? Oui. Niki t’a accompagn√© combien de temps ?

 

D.

Dix ans. Oui, quand même. Il est mort à 13 ans, quand même. Tous mes chiens sont morts à 13 ans.

 

E.

Ok. Comment tu voyais la vie après Niki ?

 

D.

La vie continue. Je voyais la vie avec un autre chien guide. Et j’ai gard√© Niki √† la retraite. Tous mes chiens, j’ai gard√© √† la retraite.

 

E.

Et donc apr√®s, par contre, une fois que tu avais eu Niki, c’√©tait quand m√™me plus simple. Tu savais que les √©coles existaient ? Parce que dans ces 10 ann√©es, tu as d√Ľ croiser du monde.

 

D.

Dans ces 10 ann√©es, il y a eu peut-√™tre un peu plus de communication et j’ai eu mon deuxi√®me chien √† l’√©cole de Limoges.

 

E.

Donc là, les écoles commençaient à se structurer. Oui. Comment tu as perçu, toi, de ton point de vu de bénéficiaires, futurs bénéficiaires de ces chiens, la structuration des écoles ?

 

D.

Il y avait un peu de communication, il n’y en avait pas beaucoup, tout de m√™me. Je n’ai per√ßu l’organisation des √©coles qu’√† partir des ann√©es 2000, quand l’√©cole de Toulouse a vu le jour. Je suis rentr√©e dans le syst√®me parce qu’en 2006, j’ai eu le quatri√®me Chien Guide √† l’√©cole de Toulouse. Et c’est l√†, je me suis int√©ress√©e √† la structure des √©coles. Il y avait d√©j√† quasiment toutes les √©coles. √áa a √©t√© tr√®s vite. Ce syst√®me d’√©coles de couverture du territoire a √©t√© tr√®s vite install√©. Je ne peux pas dire quand je ne le sais pas. Je n’ai cette connaissance. Je pense que c’est dans les ann√©es 90 que √ßa a commenc√© r√©ellement √† couvrir tout le territoire.

 

E.

De ton point de vue, en tout cas, de b√©n√©ficiaire, les √©coles te sont app√©rues un peu dans le paysage au d√©but des ann√©es 2000. C’est l√† Il faut dire que je m’y int√©ressais pas tellement.

 

D.

Le principal, c’√©tait que je trouve une √©cole pour me fournir un chien. Je voyais les choses √† mon √©chelle.

 

E.

Oui, c’est int√©ressant aussi de voir √ßa comme √ßa. C’est-√†-dire que le premier chien, vous l’avez fait dresser √† c√īt√©. Les deux chiens apr√®s, ils ont √©t√©…

 

D.

Le deuxi√®me, c’√©tait une √©cole f√©d√©r√©e, l’√©cole de Limoges, qui a √©t√© f√©d√©r√©e √† partir de la naissance de la f√©d√©ration. Et le troisi√®me, c’√©tait un particulier aussi, qui avait fond√© un centre d’√©ducation non f√©d√©r√© √† Perpignan.

 

E.

Comme √ßa, tu as pu d√©couvrir diff√©rents types d’√©ducation. Et puis, je crois que tu es tomb√©e amoureuse du berger australien. Tu en avais d√©j√† eu un √† Limoge.

 

D.

Non, √† Limoge, c’√©tait un labrador. J’en ai eu deux √† Toulouse.

 

E.

C’est Toulouse.

 

D.

J’ai eu deux bergers australiens √† Toulouse. Oui, ce sont des chiens exceptionnels, les bergers australiens, mais des chiens tr√®s particuliers.

 

E.

Et du coup, tu t’es investie un peu ? Toi, tu √©tais dans le coin de Toulouse, √† cette √©poque-l√†, tu as eu ton quatri√®me et ton cinqui√®me chien ? Oui. Tu t’es un peu investie dans l’√©cole ? Comment √ßa s’est faite cette d√©couverte un peu ?

 

D.

Oui, j’ai fait beaucoup de sensibilisation et je suis administratrice.

 

E.

D’accord, donc depuis ces ann√©es-l√†.

 

D.

Oui.

 

E.

Comment √©tait la structuration des √©coles ? Est-ce que √ßa a beaucoup √©volu√© depuis les ann√©es 2000 par rapport √† ce qu’on conna√ģt aujourd’hui ?

 

D.

Je pense que √ßa n’a pas beaucoup √©volu√© c√īt√© administratif. Apr√®s, c√īt√© √©ducation, dans la mesure o√Ļ les √©coles ont √©t√© f√©d√©r√©es, il y a eu des structures communes, communes √† toutes les √©coles. Donc, les modes d’√©ducation ont √©t√© harmonis√©s. Tout a √©t√© harmonis√©. Donc, disons que √ßa a √©t√© une politique plus nationale dans tous les domaines. J’ai fait beaucoup de sensibilisation.

 

E.

En tant que b√©n√©vole, du coup ? Oui. Aux c√īt√©s de tes deux bergers australiens ? Oui. Et comment tu as d√©couvert l’ANM ? Est-ce que c’est √† ce moment-l√† aussi que tu as d√©couvert l’ANM ?

 

D.

J’√©tais adh√©rente en 1987, quand j’ai eu mon chien de limoche. Apr√®s, je ne l’ai plus √©t√©, je ne sais pas, par flemme ou je ne sais pas. Et je l’ai √©t√© √† nouveau en 2006, quand j’ai eu mon premier Australien, comme je travaillais, quand j’ai pris ma retraite, j’ai √©t√© contact√©e par un ami qui m’a convaincu de me pr√©senter en 2012.

 

E.

Donc oui, √ßa s’est fait dans l’√©volution aussi des diff√©rents chiens que tu as eus. Et l√†, Nathalie, j’imagine que tu n’es pas rentr√©e tout de suite par la porte de la pr√©sidence. Comment √ßa s’est pass√© pour toi ?

 

D.

Quand je suis rentr√©e en 2012, je suis devenue tr√©sori√®re et je suis rest√©e tr√©sori√®re jusqu’en 2017.

 

E.

Et l√†, c’est l√† o√Ļ tu as pass√© le cap de la pr√©sidence ?

 

D.

L√† aussi, j’ai √©t√© pouss√©e.

 

E.

Oui. Et au final, ce r√īle de pr√©sidente te convient, te sciait. En tout cas, moi, je vois qu’avec Paupe, vous formez un duo. Parce qu’entre temps, tu as eu ton sixi√®me guide. Oui. Paupe qui t’accompagne dans ton avis. En 2021. En 2021. Et l√† encore, nouvelle aventure, nouvelle √©cole.

 

D.

Et Paupe est le r√©sultat d’une mutualisation.

 

E.

Donc, il t’a √©t√© remis…

 

D.

À Bordeaux. Et maintenant, il est suivi par Toulouse.

 

E.

Et l√†, par rapport √† tout √ßa, sur les √©volutions des √©coles, si on peut revenir deux minutes, parce que moi, je suis passionn√©e par le fait que tu aies v√©cu toute cette histoire. Moi, de ma petite √©chelle. Je connais les √©coles depuis une dizaine d’ann√©es, mais au final, elles se sont structur√©es bien plus les ann√©es d’avant que ces dizaines d’ann√©es, je pense. Comment se sont faites les relations entre les diff√©rentes √©coles, toi, √† ton √©chelle de b√©n√©ficiaire ? Est-ce que c’est quelque chose qui t’int√©ressait ou c’√©tait plut√īt juste d’avoir le chien ?

 

D.

Non, avant d’entrer √† l’ANM, je ne m’int√©ressais pas parce que je manquais d’informations. On ne peut s’im que si on est inform√©. Donc vraiment, je ne savais pas. Et m√™me quand j’ai commenc√© √† participer √† l’√©cole de Toulouse, j’avais des informations venant de l’√©cole de Toulouse, √† la limite de la f√©d√©ration, mais pas des autres √©coles. Je ne peux pas dire si √ßa a beaucoup chang√© actuellement. Peut-√™tre. Je ne m’avancerai pas sur ce terrain.

 

E.

Tu imaginais qu’il y avait autant de personnes impliqu√©es au niveau des √©coles, au niveau du National, o√Ļ tu as Tu as plut√īt d√©couvert tout √ßa avec passion, on va dire ?

 

D.

J’ai d√©couvert tout √ßa avec curiosit√©, int√©r√™t, passion, oui, mod√©r√©ment. Parce que l’ANM repr√©sente d√©j√† beaucoup d’investissement. Et puis parce que je n’ai pas √©t√© tout de suite administratrice de la F√©d√©ration. Je l’ai √©t√© je ne sais plus quand, mais d’ailleurs, je ne sais plus depuis combien de temps.

 

E.

Je me demandais quel √©tait ton quotidien de pr√©sidente √† l’ANM ? Et est-ce que c’est beaucoup de r√©unions, d’√©quipes ou d’ext√©rieurs ?

 

D.

C’est beaucoup de r√©unions, d’expo ou d’ext√©rieur. C’est beaucoup de r√©unions, beaucoup de Zoom. C’est conna√ģtre tous les sujets, tous les dossiers. C’est conna√ģtre tr√®s bien les salari√©s. C’est √™tre r√©active tout le temps, √™tre toujours joignable. Quand je dois partir, je le dis, c’est toujours avoir un fil qui relie √† la NM. Et les salari√©s, c’est pareil, ils savent qu’en Tout le temps, m√™me la nuit, si l’association br√Ľle, ils peuvent m’appeler, je r√©pondrai. Ils savent. C’est un lien. Je suppose que ce lien se nourra avec le pr√©sident suivant.

 

E.

Oui, ce r√īle de pr√©sidente que tu as investi depuis quelques ann√©es maintenant, c’est vraiment √™tre en lien. L√†, aujourd’hui, on est sur Paris. Je sais qu’apr√®s, vous partez dans diverses r√©unions, repr√©sentation, sensibilisation. On a d’ailleurs parl√© avec St√©phane, le directeur maintenant de l’ANM, dans l’√©pisode 76. On a un peu parl√© des missions de l’ANM, donc on ne va pas s’√©tendre aujourd’hui sur la question. Mais en deux mots, cette repr√©sentation et cette d√©fense des droits et de l’acc√®s du chien guide et de la pr√©sence du chien guide aujourd’hui dans notre soci√©t√©, t’occupent du coup aujourd’hui au quotidien. Elle t’occupe plut√īt bien, on va dire. Tu ne t’ennuies pas, je pense. Et puis, vous avez vraiment des missions qui sont tr√®s diverses, l√†, entre les diff√©rentes r√©unions qui arrivent, les sensibilisations, des choses un peu plus administratives et l√©gales aussi, parce que √ßa tourne aussi autour de la loi, j’imagine.

 

D.

Oui, c’est vrai que les missions sont tr√®s diversifi√©es. Les missions administratives, √©videmment, pour faire tourner l’association, le cŇďur du m√©tier de l’association, c’est quand m√™me la d√©fense des utilisateurs, surtout dans la d√©fense du droit d’acc√®s. Apr√®s, c’est un la marche d’une entit√© qui s’occupe d’une population de 1 400 personnes. Donc, c’est les appels t√©l√©phoniques aux adh√©rents. Il y a aussi des relations politiques qui ne sont pas les plus faciles. Avec peut-√™tre les √©coles et puis avec les associations externes comme justement Andy Chien, les chiens du silence. Toutes les entit√©s qui peuvent avoir les m√™mes buts, je ne peux pas dire que nous, mais les m√™mes buts de remises de chien √† des personnes qui en ont besoin. Et nous avons deux conventions, une avec Handi-Chien et une avec les chiens du silence. Et d’apr√®s ces conventions, nous d√©fendons aussi les droits des ressortissants d’Andy Chien et du chien du silence.

 

E.

√áa, c’est vrai que c’est une vraie √©volution. Et en m√™me temps, c’est C’est quelque chose que vous faisiez d√©j√†, mais sans qu’il y ait de convention. Parce que quand on parle de chien-gui, de chien d’assistance, derri√®re, les lois, elles ne vont pas cibler que les chien-guis.

 

D.

C’est les m√™mes.

 

E.

Voil√†, c’est les m√™mes lois. √áa me fait faire un parall√®le avec mon ancien m√©tier. Moi, je d√©fends C’est les √©leveurs de ch√®vres, les producteurs fermiers. Donc, on √©tait sur 3 000 dans la population, 3 000 producteurs fermiers de ch√®vres. Et au final, on d√©fendait la r√©glementation pour la transformation √† la ferme. Et de fait qu’il y ait des ch√®vres, des brebis ou des vaches dans la ferme, √ßa ne changeait pas grand-chose sur cette partie r√©glementaire. √áa me fait toujours penser √† cette situation que j’ai v√©cue au quotidien pendant de nombreuses ann√©es, o√Ļ on parle pour tous et en m√™me temps, les gens en face, des fois, ont du mal √† comprendre que de toute fa√ßon, la l√©gislation, elle s’applique √† tous les chiens d’assistance et chiens guides de la m√™me mani√®re. Elle ne va pas discriminer √† la porte un chien guide vs un chien d’assistance, malgr√© ce qu’on peut voir parfois sur les petites lignes des √©criteaux qui ne sont pas tout √† fait raccord avec cette r√©glementation.

 

D.

C’est vrai, C’est vrai. Nous avons eu un exemple o√Ļ un chauffeur de bus, je ne sais plus quelle soci√©t√© c’√©tait, disait que oui, d’accord, pour les chiens guides, mais pour les chiens d’autres personnes handicap√©es, c’√©tait non, pas d’acc√®s.

 

E.

Et l√†, du coup, il faut ramener un petit peu dans le bon sens. Mais c’est le quotidien d’une association qui repr√©sente justement des personnes. C’est une fois qu’on a mis le pied, et je le dis souvent dans mes √©changes que j’ai des fois, avec les auditeurs. Justement, des fois, certains s’offusquent de dire: C’est bien, il y a les chiens guides, mais il n’y a pas les chiens d’assistance. De mon point de vue, en tout cas, c’est plus simple de continuer la discussion une fois qu’on a fait accepter une partie de la population, on va dire, que la marche est plus grande pour tout ce qui √©tait les lois d’acc√®s, les lois refus d’acc√®s, etc. Tout √ßa, je pense que c’est plus difficile, mais √ßa, c’est √† toi de me le confirmer, d’√©crire noir sur blanc que les chiens guides peuvent aller quelque part, que de rajouter le mot chien d’assistance √† c√īt√© chien pour pr√©ciser la loi ou dans la discussion.

 

D.

Dans la loi, c’est √©crit: Les chiens accompagnant une personne handicap√©e. Voil√†.

 

E.

Et ensuite, c’est les gens, comment ils la transcrivent dans leur r√©alit√© qui peut √™tre un peu diff√©rente. Et c’est l√† tout le m√©tier, justement.

 

D.

Mais les chiens guides ont quand m√™me des si√®cles, voire des mill√©naires d’existence. Et donc c’est vrai que c’√©tait le bon moment pour les chiens guides. C’√©tait peut trop t√īt pour les chiens d’assistance. Un des chiens est n√© en 1992.

 

E.

Oui, c’est vrai qu’au regard de l’histoire des chiens d’assistance… Je continue mon parall√®le dans ma t√™te, c’est que les √©leveurs de ch√®vres sont toujours connus depuis tr√®s longtemps pour faire du fromage √† la ferme. Et les √©leveurs de vaches et de brebis en ont toujours fait aussi, mais sont un peu moins dans les mŇďurs. Et du coup, on embarquait tout le temps tout le monde dans nos discussions. Et pourtant, on √©tait la F√©d√©ration des √©leveurs de ch√®vres. J’adore faire ce parall√®le et moi, je le fais au quotidien quand je vous √©coute, parce que √ßa permet de montrer que ce n’est pas le nom qui fait la mission. Ce n’est pas que le nom qui fait la mission, en tout cas. Enfin, si tu es d’accord avec moi.

 

D.

Tout à fait.

 

E.

Je me demandais, on a parl√© pas mal de ton lien avec les chiens guides d’aveugles, avec tes nombreux compagnons qui t’ont guid√©, avec POP aujourd’hui. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu as pris ou d√©couvert dans cette aventure aupr√®s des chiens guides d’aveugles dont tu nous ne doutais pas du tout quand vous √™tes all√© chercher ce petit chiot dans une ferme dans les ann√©es 70 ?

 

D.

Je savais que le chien me guiderait, que je ne me posais pas de questions. Et je savais surtout que je pourrais emmener mon chien de compagnie partout. Et √ßa me suffisait Apr√®s, le reste, je savais que je le d√©couvrirais comme je savais que je d√©couvrirais tout, tout ce que j’avais √† d√©couvrir.

 

E.

Donc, autant l’univers, les √©coles, tout ce qui t’am√®ne aujourd’hui.

 

D.

Oui, mais l’important √† l’√©poque, c’√©tait le chien. Les structures, Je n’√©tais pas en √©tat, √ßa ne m’int√©ressait pas. De toute fa√ßon, je pense que les structures existent. Quelques √©coles existaient.

 

E.

C’est vrai que c’est bien plus tard que tu as appris et d√©couvert, au final, comment √ßa fonctionnait ?

 

D.

Oui, autrement, l√†, soit premier, deuxi√®me ou troisi√®me chien, je n’avais pas assez de temps, ni d’√©nergie, ni de disponibilit√© pour m’impliquer.

 

E.

Oui, je pense que c’est aussi en fonction du quotidien de la personne. Tout √† fait. Ce n’est pas une obligation de devenir pr√©sident ou administrateur d’une structure et de se renseigner sur les moindres d√©tails de la structure. Et c’est ce qu’on peut voir. Il y a beaucoup de gens avec qui je discute qui sont b√©n√©ficiaires de chien-guide, de chien-assistance.

 

D.

Et qui n’y connaissent rien, oui.

 

E.

Et ce n’est pas grave.Non.

 

D.

Ce n’est pas grave. Du moment qu’il y a les vieux pour s’en occuper, √ßa va.

 

E.

Heureusement que les vieux sont dynamiques. Alors si je reprends ton expression. Et c’est vrai qu’en g√©n√©ral, c’est aussi dans la vie. Des fois, on b√©n√©ficie de choses et on s’int√©resse qu’un peu plus tard, on se pose des questions qu’un peu plus tard et puis on s’implique aussi quand on a du temps. C’est ce que tu disais, au tout d√©but, ce n’√©tait pas la priorit√©. La priorit√©, c’√©tait d’avoir un chien √† tes c√īt√©s pour te guider.

 

D.

Je me souviens de la premi√®re sortie avec mon premier chien. J’ai encore dans les oreilles le vent et j’avais l’impression de voler. J’avais l’impression d’√™tre un oiseau, un volatil quelconque. Et je me disais: Cet oiseau doit ressentir ce que je ressens. Il doit ressentir le vent qu’il traverse, le vent de la vitesse. Parce qu’on allait tr√®s vite et c’√©tait merveilleux. Et cet √©merveillement, je le ressens encore chaque fois que je sors avec mon chien guide. Et chaque fois que je sors avec mon chien guide, que je circule sur le trottoir, je repense. J’ai toujours une pens√©e pour cette premi√®re sortie avec mon premier chien guide, parce que c’est toujours la m√™me sensation. Je ne peux pas dire de libert√©, parce que la libert√©, c’est beaucoup plus grand que √ßa, mais la sensation de vitesse, oui, de vitesse, m√™me si on ne marche pas trop pas trop vite avec POP, mais de pouvoir circuler seul, sans assistance humaine. Alors apr√®s, je circule beaucoup avec assistance humaine, √ßa ne me d√©range pas. Mais le fait de me dire que Je suis l√†, seule avec mon chien. Je vais o√Ļ je veux. Je n’ai m√™me plus besoin de lui donner d’indication: Va √† droite, va √† gauche.

 

D.

Il le sait rien qu’avec mon attitude. Si je lui donne les ordres pour les lignes, parce que √ßa, il tendance lui √† vouloir aller tout droit. Donc, quand il y a des passages pi√©tons et que je veux le traverser, il faut que je lui dise. Mais je peux lui parler doucement, sans crier. Il est √† l’√©coute. Nous ne faisons qu’un. Nous ne faisons qu’un individu circulant. Et √ßa, c’est une sensation d’un pr√©cieux ind√©finissable. Et pour moi, c’est √ßa le chien guide. C’est ce qui me restera du chien guide quand je ne pourrai plus en utiliser, c’est cette facult√© d’autonomie dans la circulation et de pouvoir aller au bout du monde.

 

E.

Tu me parles des lieux un petit peu… Tu me parles du bout du monde. Est-ce qu’il y a des lieux un peu exceptionnels o√Ļ tu es all√©e, o√Ļ tu ne serais jamais all√©e si tu n’avais pas √©t√© accompagn√©e d’un chien guide ?

 

D.

Non, non, non, non, je ne suis pas une aventurière. Non, non, non, non.

 

E.

Mais rien que de prendre le train toute seule et tout, peut-√™tre que…

 

D.

Je le prenais. J’ai pris le train toute ma vie. Quand j’√©tais √©tudiante, je n’avais pas de chien, donc je prenais quand m√™me le train. Non, non. Le chien, non. Il n’y a pas de lieu. L√†, tu en trouveras des utilisateurs de chien-guide qui font des tas de choses avec leur chien. Et moi, je ne suis pas une aventuri√®re.

 

E.

Mais tu vas quand même au bout du monde avec pop.

 

D.

Oui, c’est dans un cadre d√©fini. C’est vrai, on fait beaucoup de choses. J’ai Il y a beaucoup de choses avec mes chiens guides.

 

E.

Tu es all√©e o√Ļ avec eux ?

 

D.

Je suis all√©e en montagne, avec des potes quand m√™me. Je suis all√©e en montagne, je suis all√©e en bateau avec mes chiens guides, mais je l’aurais fait sans aussi. Ce n’est pas le chien-guide, le Le chien guide ne m’a pas, disons, pouss√©. Si je n’avais pas eu de chien guide, je l’aurais fait quand m√™me. Je serais all√© en bateau, j’aurais fait de la montagne, j’aurais fait tout ce que j’ai fait avec chien guide. Il ne m’a pas ouvert ce genre d’horizon parce que je n’en ai pas besoin. Par contre, il m’a donn√© des ailes dans ce que je faisais.

 

E.

C’est vrai que le faire avec eux, √ßa n’a pas la m√™me sensation ?

 

D.

Non, ce n’est pas du tout la m√™me chose. Ce n’est pas du tout la m√™me chose.

 

E.

Et est-ce qu’avec l’ANM, par contre, tu as d√Ľ aller dans des lieux un peu… Je ne sais pas, des minist√®res, des choses o√Ļ l√†, pour le coup, quand tu en veux ton chien √† tes c√īt√©s, chien de guide imaginaire, je ne sais pas comment tu veux l’appeler, quand tu √©tais jeune, tu n’avais pas envisag√© de les emmener jusqu’√† ces lieux un peu de discussion, de n√©gociations parfois, de sensibilisation ?

 

D.

On m’aurait dit quand j’√©tais jeune: Tu iras au minist√®re de la Sant√©, tu iras √† l’Assembl√©e J’aurais dit: Bon, soit. J’irai. √áa m’aurait pas impressionn√© plus que √ßa, non. J’y vais pour la cause, pas pour moi.

 

E.

Du coup, √ßa te para√ģt logique ?

 

D.

C’est logique.

 

E.

Je me demandais s’il y a quand m√™me un moment o√Ļ il y a un de tes chiens, ou POP, si tu le veux, o√Ļ t’as √©t√© bluff√©e, qui reste un souvenir marquant √† un moment o√Ļ tu es un peu rest√©e sans voix dans ton aventure avec tes chiens.

 

D.

Oui, mais ce n’est pas un moment, c’est plusieurs moments et avec tous mes chiens, c’est quand on traverse les travaux. Parce que les travaux, √ßa bouleverse le paysage, le paysage quotidien. Il faut qu’on passe soit sur des passerelles, soit sur la route, soit qu’on contourne un grand p√©rim√®tre. Et l√†, les chiens, ils savent. Et m√™me si on doit faire demi-tour parce qu’on s’est fourvoy√©, qu’il y a une barri√®re, qu’on ne peut pas passer. S’il faut qu’on fasse demi-tour pour retrouver notre sens de circulation, ils retrouvent le sens de circulation parce qu’ils savent o√Ļ on va. Et √ßa, √ßa m’a toujours bluff√©. Le chien soit √† ce point force de proposition et souvent de proposition √† bon escient.

 

E.

Oui, il ne se plante pas quand ils font ça.

 

D.

Non, il ne se plante pas. Il peut y avoir du bruit. On peut passer √† 5 centim√®tres d’un marteau-piqueur ou d’un camion, d’une remorque. Les chiens, enfin du moins les miens, ils ont toujours g√©r√©. Et √ßa, je trouve que c’est bluffant. Et c’est de l’h√©ro√Įsme au quotidien. Alors, je ne sais pas si tous le font. Quand on arrive √† former une √©quipe avec son on obtient quasiment tout ce qu’on veut. Enfin, quasiment. Parce que parfois, il y a des petits… Moi, je n’ai jamais eu de clash particulier. Je sais qu’il en existe.

 

E.

Et toi, en tout cas, ça a matché avec chacun de tes chiens ?

 

D.

Oui, mais parce que √ßa a match√©, parce que c’est moi qui m’adapte √† eux. Et au final, c’est eux qui s’adaptent √† moi. Et voil√†, on fait chacun une partie du chemin, mais c’est toujours moi qui commence. C’est toujours le ma√ģtre qui doit commencer.

 

E.

C’est vrai que tu vois, les travaux, je pense que √ßa, c’est une grande diff√©rence entre l’emploi de la canne et du chien. C’est ces situations un peu inhabituelles, un peu, je n’ai pas envie de dire, spontan√©es, parce que les travaux n’apparaissent pas en un claquement de doigts. Mais en tout cas, ils apparaissent sur un trajet d’un jour √† l’autre, ou presque. Tout √† fait. Et √ßa, j’imagine que quand tu es parfois √† la canne, si √ßa t’arrive de temps en temps…

 

D.

Non, √ßa ne m’arrive pas.

 

E.

√áa ne t’arrive plus. Mais moi, je sais que √ßa m’arrive d’aider des gens, que je vois que l√†, √ßa va √™tre compliqu√© √† la canne, parce que tu as des travaux avec des barri√®res, des barri√®res et des barri√®res Et oui, le chien, l√†-dessus, est absolument bluffant, comme tu dis, parce que pour lui, c’est un petit challenge en plus, mais au final, c’est toujours la r√©ussite au bout. Il te m√®ne toujours au bon endroit.

 

D.

Il am√®ne toujours √† un endroit s√©curis√©. C’est Et il am√®ne g√©n√©ralement au bon endroit, dans le bon prolongement du chemin que l’on √©tait en train de parcourir.

 

E.

Il te corrige la trajectoire, entre guillemets.

 

D.

Il √©vite les obstacles. En fait, √ßa fait partie des deux missions du chien: √©viter les obstacles et pointer les √©l√©ments dans l’espace. Et c’est vrai que quand les b√©n√©ficiaires sont √† la canne, c’est un peu plus compliqu√© de savoir s’il faut partir √† droite, √† gauche.

 

E.

Et l√†, moi, je sais que quand les gens croisent, je propose mon aide, en tout cas, mon coude surtout, pour orienter, parce que nous, on voit un peu comment s’organisent les travaux dans l’espace, ce qui est tr√®s difficile de d√©tecter √† la canne.

 

D.

C’est une vue… C’est cit√©, c’est une vue analytique.

 

E.

Oui, c’est √ßa. L√†, le chien… Il en parle global. Oui, le chien, lui, il voit √† peu pr√®s d’o√Ļ √ßa commence et o√Ļ √ßa finit ou au moins, o√Ļ √ßa continue, parce que des fois, il n’y a pas forc√©ment de fin dans le bon sens o√Ļ on voudrait aller. Mais comme tu dis, il trouve une solution et souvent, il te met au bon endroit. Et √ßa, Pop le fait aussi bien que les autres, j’imagine.

 

D.

Oui, Pop le fait bien, d’autant plus qu’il travaille avec la t√™te en l’air et qu’il est grand. Donc, il a peut-√™tre un meilleur angle de vue que certains qui travaillent avec la t√™te baiss√©e.

 

E.

Oui, et puis il est imposant. Comme tu le disais, 70 au garot C’est un petit bonnet, un peu, non ? C’est quoi ses petits surnoms √† Pop ?

 

D.

C’est gar√ßon. Gar√ßon ? Gar√ßon. Oui.

 

E.

Un gros garçon, en tout cas. Ou Popop.

 

D.

Popop. Ou Potpote. Potpote aussi ?

 

E.

C’est vrai que dans toute ton histoire, tu nous as pas trop parl√©. Je sais pas si tu veux nous en parler de ce que tu faisais un peu dans la vie. Parce que pour moi, √ßa a aussi un sens par rapport √† ton histoire, √† ton v√©cu. Tu nous as parl√© de ton premier boulot, mais sans nous dire trop ce que tu faisais. Quand tu m’en as parl√© en pr√©parant cet √©pisode, j’ai √©t√© absolument admirative de comment √ßa s’est pass√©. Parce que toi, tu as fait des √©tudes en sciences √©co, si je me trompe pas.En droit.En droit. Et puis finalement, le poste que tu as appris au tout d√©but et qui t’a anim√© tout au long de ta carri√®re √©tait un petit peu diff√©rent que ce que tu avais peut-√™tre envisag√©.

 

D.

J’ai postul√© pour enseigner les sciences √©co. J’ai postul√© dans ma r√©gion, en Auvergne. Avant d’avoir la r√©ponse, j’ai eu une proposition de du lyc√©e o√Ļ j’avais fait mes √©tudes et une proposition de travailler avec des √©l√®ves d√©ficients visuels. Donc, pour moi, √ßa faisait sens parce qu’en plus, c’est ce que je voulais faire quand j’√©tais ado, m’occuper des personnes d√©ficientes visuelles. Donc, je me suis empress√©e d’annuler ma demande au niveau des sciences √©co et j’ai √©t√© prof de sciences √©co, mais d√©tach√©e √† l’enseignement des d√©ficients visuels, √† l’enseignement des aides techniques pour les d√©ficients visuels.

 

E.

√áa, c’√©tait une cr√©ation de postes ?

 

D.

C’√©tait une cr√©ation de poste et √ßa a √©t√© une cr√©ation dans la vie, comme tout enseignement d’ailleurs, parce que pendant toute ma carri√®re, j’ai aid√© des ados, plus ou moins en souffrance, √† acqu√©rir les moyens qui les rendraient autonomes. Il y en a beaucoup, quelques-uns, pas mal d’ailleurs, ont fait beaucoup mieux que moi dans la vie.

 

E.

C’est vrai ?

 

D.

Oui, j’en suis tr√®s contente.

 

E.

Tu as des beaux exemples de Il y en a un, par exemple, qui est Sophian, qui est patron d’une succursale de vente de mat√©riel sp√©cialis√© √† Toulouse.

 

D.

Il est très fort en informatique. Une élève aussi qui est prof de maths. Moi, je suis très contente pour eux.

 

E.

Tu peux être super fière.

 

D.

Il y en a beaucoup qui sont venus au chien guide, parce qu’ils avaient toujours un chien qui ronflait dans la salle, donc √ßa les a incit√©s √† trouver que c’√©tait apaisant.

 

E.

Tu penses que tes chiens guides ont eu un r√īle tout particulier dans leur propre aventure avec les chiens guides ?

 

D.

Je pense, oui. Ils aiment avoir un chien, mais la présence des chiens est bénéfique partout dans les maisons de retraite. Je suppose que dans les classes, ça pourrait être pareil.

 

E.

C’est vrai que les chiens d’accompagnement scolaire, √ßa commence un peu √† se d√©velopper sans pour autant qu’il y ait de la d√©ficience visuelle en face. √áa aide aussi les √©l√®ves. Ces chiens-l√†, il n’y en a pas un par classe dans les lyc√©es ou les coll√®ges, mais il peut y en avoir un dans le lyc√©e-coll√®ge, c’est d√©j√† beaucoup. On a encore du progr√®s √† faire, mais l√†, c’est vrai que toi, tu enseignais…

 

D.

J’enseignais tout ce qui pouvait les aider.

 

E.

Tu as d√Ľ un peu cr√©er ton programme.

 

D.

Je n’ai pas cr√©√© mon programme. Si, un peu, mais j’ai fait en fonction de ce dont les coll√®gues avaient besoin. C’est-√†-dire, il fallait tout conna√ģtre: le braille math√©matique, le braille scientifique, le braille litt√©raire. Il fallait aussi conna√ģtre l’abr√©g√©, qui est une mani√®re d’√©crire le braille, mais c’est un peu comme une st√©no. √áa, il fallait qu’ils le connaissent en fin de sixi√®me pour pouvoir prendre des notes plus vite. Il fallait leur apprendre la g√©om√©trie, √† d√©crypter les figures et √† les repr√©senter, les figures. Il fallait qu’ils connaissent aussi l’√©criture en noir, des voyants, pour pouvoir, par exemple, nommer les angles des figures. Et puis, les cartes de g√©ographie, je me souviens d’une s√©ance m√©morable o√Ļ on a d√©crypt√©, parce que moi, je ne la connaissais pas bien non plus, la carte de l’Asie du Sud-Est. Parce que l’Asie du Sud-Est, c’est plein de tout petits pays minuscules. Et sur une carte en relief qui a un format A4, ce n’est pas √©vident.C’est.

 

E.

Un gros challenge.

 

D.

Oui, et puis surtout l’informatique.

 

E.

√áa, tu t’y es int√©ress√©e d√©j√† ou c’est vraiment via ce poste-l√† ?

 

D.

À partir des années 80.

 

E.

Toi, c’√©tait quelque chose qui a vraiment √©t√©… C’√©tait l’avenir. Et tu l’utilises… L√†, on enregistre, tu es √† l’informatique devant toi aussi. √áa fait partie de ton plus que ton quotidien. √áa t’a permis de faire de grandes choses.

 

D.

Des grandes choses ? Seigneur, je n’y vais pas jusque-l√†. J’ai fait mon m√©tier tr√®s modestement. Je pratique ma mission de pr√©sidente tr√®s modestement aussi. Je n’aime pas les repr√©sentations. Donc, je ne parle pas de grandes choses.

 

E.

Non, mais ce que je veux dire, c’est qu’en effet, d√®s ton premier poste, qui t’a men√© toute ta vie, tu as d√Ľ trouver des outils pour aider ces jeunes. Et tu parlais de curiosit√© tout √† l’heure. Je suis extr√™mement curieuse aussi et je pense que tu l’as compris dans mes questions de toute fa√ßon. Mais c’est vrai qu’il a fallu aller chercher des moyens. Tu nous parlais des diff√©rents brailles qui sont en fait… Dis-moi, si je me trompe, des alphab√®ts un peu annexes du braille.

 

D.

Non, c’est la m√™me chose, mais c’est comme l’√©criture en noir. Il y a un signe diff√©rent pour chaque √©l√©ment. En maths, il y a sup√©rieur, inf√©rieur, sup√©rieur ou √©gal. En braille, c’est pareil. Le braille √©tant un syst√®me de combinaison de points, on les combine comme on veut.

 

E.

Tu as le alpha, le bêta et tout.

 

D.

Oui, on met un signe devant, devant le a, √ßa devient alpha. L’alphabet h√©bra√Įque aussi. Alors, quant √† l’alphabet Cyrillique, japonais, je sais que √ßa existe, mais je ne l’ai jamais vu.

 

E.

Et donc, tout √ßa, tu as d√Ľ un peu mettre √† disposition des jeunes en fonction de leurs besoins. Oui. Et puis, j’imagine, travailler, comme tu le disais, avec √† tes coll√®gues enseignants.

 

D.

En fait, tu √©tais une multi-preuve. Oui, de la sixi√®me √† la terminale. Alors, les maths de terminale, parfois, je demandais √† l’√©l√®ve: √áa veut dire quoi, √ßa ? En m√™me temps, si tu devais tout savoir, c’est d√©j√† exceptionnel.

 

E.

Il y a d√Ľ avoir plein de choses √† ing√©rer et √† adapter, surtout.

 

D.

C’√©tait tr√®s diversifi√©. C’√©tait int√©ressant. Apr√®s, les √©l√®ves √©taient contents de venir parce qu’avoir un prof pour tout seul ou pour deux, c’√©tait bien aussi.

 

E.

C’est ce que j’allais te demander, en nombre d’√©l√®ves sur…

 

D.

Il y en avait jusqu’√† cinq. Les √©l√®ves, g√©n√©ralement, c’√©tait un lyc√©e qui accueillait tous les Il doit exister encore ce lyc√©e. Tous les handicaps: les handicaps physiques, les sourds et les d√©ficients visuels. Et les d√©ficients visuels √©taient tr√®s, tr√®s minoritaires. Donc, il y en avait un ou deux par classe. Il fallait que je m’occupe de cela, mais on √©tait deux profs √† faire √ßa. Donc, c’√©tait g√©n√©ralement des petits groupes qui √©taient contents. J’ai m√™me eu parfois des √©l√®ves qui n’avaient pas besoin du braille et qui venaient me dire: Je veux faire du braille, parce qu’ils voulaient √™tre tout seuls avec le prof.

 

E.

Et du coup, oui, √ßa a permis aussi de sensibiliser, j’imagine, les camarades de classe √† l’importance de tout √ßa, tout simplement l’adaptation avec les plages brailles. C’est vrai que moi, √† mon petit niveau, j’ai accueilli Ana√Įs en stage. Ana√Įs qui a Mozart, donc un beau Saint-Pierre de la Fondation Fr√©d√©ric Gaillonne, que tu connais peut-√™tre ou pas. Et on en avait parl√©, pendant qu’elle √©tait en stage avec moi pour Les √©leveurs de ch√®vres, on a fait un √©pisode, l’√©pisode 35. C’est vrai que moi, j’ai aussi d√©couvert, par ma curiosit√©, j’avais plein de petites infos sur la plage braille que tu as, les outils adapt√©s, comme tu l’as dit. Mais l√†, j’avais au quotidien avec moi Ana√Įs et donc c’√©tait un puits de savoir et d’adaptation de comment on fait pour travailler ensemble. Quand on l’a pas v√©cu, je pense que c’est conceptuel par rapport √† la pratique quotidienne.

 

D.

Tout √† fait. En plus, elle avait d√Ľ suivre l’enseignement, le m√™me enseignement que je dispensais, mais dans un autre √©tablissement.

 

E.

Exactement. Moi, je lui ai envoy√© des fichiers. Bien s√Ľr, il y a des limites. Tu disais la carte d’asile, moi, je peux pas faire tous mes documents comme √ßa, en relief, en bosser, etc. Mais c’√©tait tr√®s, tr√®s int√©ressant et c’√©tait aussi l’objet de son stage d’avoir vraiment un regard ext√©rieur sur notre communication, sur les mots qu’on employait, sur les descriptions. Et √ßa nous a beaucoup apport√© sur comment elle percevait tout √ßa. Je vous invite vraiment √† aller √©couter l’√©pisode 35 avec Ana√Įs, parce qu’on a en plus eu l’occasion de le faire en fin de journ√©e, un soir de semaine de son stage. Donc on √©tait vraiment dans l’ambiance. Et voil√†, toute cette technique-l√†, aujourd’hui, Ils le permettent.

 

D.

C’est bien, oui, c’est bien. Parce que ce sont des √©l√®ves qui doivent passer le bac comme tout le monde. Et oui, il n’y a pas du tout d’adaptation √† part le tiers-temps. Mais donc, ils ont les m√™mes sujets que tout le monde.

 

E.

Et puis l√†, moi, je continue de citer Ana√Įs, mais elle, elle devient √©leveuse de ch√®vres. Alors, elle sait tr√®s bien qu’elle ne pourra pas faire le check de l’√©levage, regarder les comportements des ch√®vres, etc. Il y a quand m√™me quelques limites. Mais alors moi, j’ai h√Ęte de go√Ľter ses fromages. Je sais qu’elle a commenc√© √† en faire chez son ma√ģtre de stage. Parce que pour √ßa, tous les autres sens ont une vraie importance. Et au final, la vue, pour moi, avoir fait du fromage, la texture, l’odeur donnent beaucoup plus d’indications que la vue. Et donc franchement, Ana√Įs, si tu nous √©coutes, h√Ęte de manger un jour tes fromages dans ta ferme parce que je sais que ce sera une grande r√©ussite. Comme quoi, comme tu disais, on peut aller au bout du monde.

 

D.

Oui, on Il faut aller au bout du monde, m√™me sans y aller. C’est √ßa. Le tout, c’est de se d√©passer.

 

E.

C’est √ßa. Et Momo est m√™me devenu un chien de berger/cianguy parce qu’il avait tr√®s peur des ch√®vres au d√©but. Et puis, √† force de s’adapter, de s’habituer, et tout en douceur, elle me confiait derni√®rement qu’il allait lui chercher les ch√®vres au pr√©.

 

D.

C’est bien.

 

E.

C’est un labrador ? C’est un Saint-Pierre de la Fondation Fr√©d√©ric Gaillonne. Et moi, j’ai h√Ęte de voir √ßa en vrai. Comme tu dis, il n’y a plus de limite √† partir du moment o√Ļ on s’adapte, on arrive √† faire de…

 

D.

Oui, le bout du monde, il peut √™tre tr√®s, tr√®s proche dans la mesure o√Ļ on se d√©passe.

 

E.

Ça peut être le bout du pré.

 

D.

Oui, c’est √ßa.

 

E.

C’est d√©j√† beaucoup. Je prends un exemple, mais j’imagine que comme tu le disais, les √©l√®ves que tu as pu avoir au cours de ta carri√®re se sont tous d√©pass√©s pour faire justement des projets qui…

 

D.

Tout à fait, oui. Peut-être pas tous, mais beaucoup.

 

E.

Je vois que le temps passe. Je me permets de venir à ma dernière question que je pose à tous mes invités sur: est-ce que tu peux nous confier ton pire et ton meilleur moment avec les chiennes guides, en commençant par le pire pour finir sur le meilleur ?

 

D.

Je crois que le pire, c’est quand j’√©tais dans les Pyr√©n√©es avec une amie, on a d√Ľ traverser un troupeau de vaches. Il y avait deux taureaux. Et √† l’√©poque, j’avais un berger blanc, plus grand que Pop. Et ce berger blanc, il √©tait en libert√©. Mais je ne sais pas pourquoi, les des vaches ont commenc√© √† le charger. Donc, il est parti.

 

E.

Il √©tait en libert√© ? Il n’√©tait pas au harnais ?

 

D.

Il √©tait en gilet. Ok. Non, il √©tait en d√©tente. Il est parti, mais des vaches sont rest√©es et Il y en a une qui est arriv√©e par derri√®re et qui m’a donn√© un grand coup dans le dos. √Ä toi ? Oui. J’ai vals√© en l’air et quand je suis retomb√©e, je me suis cass√©e. J’avais la jambe gauche cass√©e. Et donc, J’ai pass√© quatre mois en fauteuil roulant √† l’h√īpital. Heureusement, on a retrouv√© mon chien. Ce qui me reste, c’est que j’√©tais couch√©e au milieu du chemin avec les vaches autour pendant que mon ami √©tait parti chercher Ninja, mon chien, et chercher du secours. Et j’avais autour de moi les vaches qui tournaient. Je les sentais passer √† peut-√™tre 30 centim√®tres de ma t√™te. Elles tournaient autour de moi et il y avait plus loin le taureau qui soufflait des nazos, qui raclait ses pattes, ses int√©rieurs au sol. Je me disais que j’√©tais peut-√™tre un petit peu mal barr√©e, mais comme j’√©tais couch√©e, je savais qu’elle ne me ferait rien. Mais il n’emp√™che, ce n’est pas un tr√®s bon souvenir. C’est un souvenir que je relativise maintenant parce qu’il y a 20 ans, il y a 22 ans.

 

D.

Et puis tu connais la chute. Voil√†, je connais la fin. Mais sur le moment, j’avoue que c’√©tait un petit peu, disons de plaisant √† vivre.

 

E.

J’imagine.

 

D.

Le meilleur souvenir, de toute fa√ßon, √ßa restera toujours la premi√®re sortie avec mon premier chien. Celle dont tu nous parlais tout √† l’heure. C’√©tait l’aboutissement de mon r√™ve de gamine, de mon obsession de gamine. Et c’est le d√©part de tout. Donc √ßa, √ßa restera toujours le meilleur des souvenirs. Apr√®s, j’ai tellement de bons souvenirs. Je n’ai quasiment que √ßa. Je n’ai pas de mauvais souvenirs. Tu vois, le plus mauvais souvenir que j’ai, c’est quand il √©tait m√™me pas au travail. C’√©tait √† cause de lui, parce que c’est lui qui avait attir√© les vaches, mais il travaillait pas.

 

E.

Oui, mais c’est parce que c’est un chien. √áa aurait √©t√© un chien √† un Le chien, ce que je veux dire, c’est que la situation…

 

D.

Je n’ai pas de mauvais souvenir avec un chien guide.

 

E.

Ils t’ont apport√© que de la joie et on t’esp√®re en tout cas. Que du bon pour la suite avec Pop, mais moi, je sais que c’est relativement tr√®s bien parti. Et que vous formez, comme tu le disais, un. Et que √ßa, c’est l’essentiel pour la suite aussi.

 

D.

Mais √ßa, c’est pareil pour toutes les √©quipes. J’esp√®re.

 

E.

J’esp√®re aussi. Moi, c’est ce que je souhaite, en tout cas. √Čcoute, Dominique, merci beaucoup. Bonne route Dominique pour la suite. Et puis on se recroisera, je le sais. √Ä tr√®s bient√īt.

 

D.

√Ä tr√®s bient√īt, en effet. Moi, je suis toujours ravie de parler du chien guide. Avec l’√©quitation, √ßa a √©t√© les deux passions de ma vie. C’est toujours utile, fructueux de porter la bonne parole.

 

E.

Merci √† toi d’avoir pris ce temps pour cette bonne parole, en tout cas. Et voil√†, c’est la fin de cet √©pisode. J’esp√®re qu’il vous aura plu. J’esp√®re aussi qu’il vous aura permis de prendre du recul sur l’histoire et l’√©volution des Chiennes guides d’Aveugles et aussi de l’AENM Chiennes guides. Et si vous avez appr√©ci√© cet √©pisode c√īt√© pr√©sidente, je vous conseille de d√©couvrir celui avec St√©phane, de l’√©pisode 76, sur son r√īle de directeur de l’AENM Chiennes Guides, diffus√© √† l’occasion du podcast. De mon c√īt√©, je vous dis √† bient√īt pour le prochain √©pisode, non pas sur l’univers m√©connu des Chiennes Guides, mais sur les champs d’assistance, avec le grand retour des Hors√©ries de l’√©t√©.

 

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