Voici Laurianne qui est guidĂ©e depuis quelques mois par Persia de l’école de Paris. Retour du format EN IMMERSION avec des audios enregistrĂ©s par Laurianne les mois prĂ©cĂ©dents notre enregistrement. Suite Ă  l’acceptation de sa demande de chien guide auprès de l’Ă©cole de Paris, Laurianne rencontre plusieurs Ă©lèves chiens guides avant de matcher avec Persia, qui Ă©tait en famille d’accueil chez Julie et Alex de l’Ă©pisode 29 ! Mais alors comment se passe la remise ? Et quelles sont les Ă©tapes permettant la crĂ©ation de ce binĂ´me ? De sa demande de chien guide Ă  son quotidien avec Persia, Laurianne revient pour nous sur les Ă©motions qui l’ont accompagnĂ©es tout au long de sa remise. Elle nous raconte aussi comment en quelques jours Persia s’est imposĂ©e dans sa vie, la considĂ©rant mĂŞme Ă  ses cĂ´tĂ©s depuis bien plus longtemps qu’en rĂ©alitĂ©.

Retrouvez la transcription intégrale en fin de page.

Épisodes cités :

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m’appelle Laurianne, j’ai 23 ans. Je viens de la CĂ´te d’Azur et je suis arrivĂ©e Ă  Paris il y a 5 ans maintenant, depuis que j’ai Ă©tĂ© reçue Ă  la MaĂ®trise des Hauts-de-Seine pour chanter. Il s’agit d’une grande chorale. 

Je suis Ă©tudiante et actuellement en 3e annĂ©e de licence de psychologie Ă  l’universitĂ© de Paris (ex Paris-Descartes), Ă  l’Institut de psychologie de Boulogne. Donc je fais mes Ă©tudes et j’habite Ă  Boulogne exactement. Je vis dans un foyer d’Ă©tudiants. On habite chacun chez l’habitant autour d’une paroisse dans laquelle on se retrouve. Donc j’ai ma chambre Ă  l’extĂ©rieur et ma vie au foyer.

Comment as-tu découvert les chiens guides d’aveugles et comment sont-ils entrés dans ta vie ?

Je suis aveugle de naissance liĂ© Ă  une maladie gĂ©nĂ©tique donc j’ai Ă©tĂ© depuis le plus jeune âge dans une Ă©cole spĂ©cialisĂ©e pour les enfants malades et dĂ©ficients visuels. Dans un certain sens, j’ai toujours eu connaissance du chien guide dans mon enfance.

Mon premier contact avec un chien guide s’est fait le jour oĂą l’adjointe au maire pour le handicap de la ville de Nice nous a rendu visite Ă  l’Ă©cole avec sa chienne Vacoa. Elle est venue pour nous expliquer ce qu’Ă©tait un chien guide, comment elle se dĂ©plaçait avec. 

J’ai toujours eu d’une certaine manière ce projet inconscient. Pour moi, c’Ă©tait logique : quand je saurai me dĂ©placer toute seule avec ma canne, je demanderais un chien. Mais ça c’est vraiment concrĂ©tisĂ© il y a 3 ou 4 ans quand j’ai commencĂ© Ă  mieux me dĂ©placer toute seule dans la rue. C’est entre 2018 et 2019 que j’ai constituĂ© mon dossier auprès de l’école de Paris, puis en 2020 j’ai reçu une lettre m’annonçant que ma demande avait Ă©tĂ© acceptĂ©e. 

Le premier chien que j’ai pu rencontrer mi-2021 c’Ă©tait Peyo qui malheureusement marchait trop lentement pour moi. Ensuite, j’ai essayĂ© avec la miss Plume, mais elle Ă©tait un peu trop sautillante. Et finalement c’est Persia qui m’a Ă©tĂ© remise la première semaine du mois de novembre 2021 en version un peu accĂ©lĂ©rĂ©e.

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as dĂ©couvert avec les chiens guides ? 

C’est un peu rĂ©cent pour moi, mais je trouve que leur mĂ©moire est phĂ©nomĂ©nale ! Parfois, je suis perdue sur les quais de mĂ©tro quand je vais en stage parce que je suis un peu fatiguĂ©e. Et c’est elle qui me tire vers le bon quai, car elle s’en rappelle. 

Par contre, je trouve ça très drĂ´le de voir leur caractère diffĂ©rent… Quand on va sur le chemin de la fac, elle va vraiment très lentement comme si elle n’aimait pas la fac, comme si ça l’embĂŞtait. Ou parfois, si tu la sermonnes parce qu’elle est a reniflĂ© par exemple, elle soupire, elle souffle ; on dirait une ado. Je la trouve très expressive et pour moi qui n’avais jamais vĂ©cu avec un chien avant, je ne croyais pas qu’ils l’étaient tant que ça.

Est-ce que la miss Persia t’a bluffĂ©e malgrĂ© que ce soit le tout dĂ©but de l’aventure ensemble ? 

L’autre jour, je lui ai dit : « Ă‰coute, Persia, ramène moi Ă  la maison, je ne sais plus oĂą on est lĂ  Â» et elle m’a ramenĂ©e !

Sinon, je pense Ă  ce moment oĂą on a fait Carmina Burana Ă  la MaĂ®trise. Elle Ă©tait en coulisses juste derrière la scène, donc elle entendait tout. Et pendant les rĂ©pĂ©titions, Ă  la fin, en plus du piano, ils ont sorti toutes les percussions. La première fois qu’elle a entendu le gong, elle s’est mise Ă  courir au fond de la salle. Et puis la deuxième, nickel : elle n’a pas eu peur. Et lĂ , franchement, je me suis dit : « Quand mĂŞme ils sont capables de supporter et d’avoir un calme olympien en toutes circonstances Â». MĂŞme les percussionnistes Ă©taient tous gaga de Persia : ils Ă©taient Ă©bahis de son calme.

As-tu fait une rencontre exceptionnelle grâce à Persia ?

Je pense que c’est vraiment la première fois qu’on peut parler du handicap de manière positive avec les gens qu’on rencontre dans la rue parce que le chien donne tout Ă  fait une autre vision des choses. Les gens te voient complètement diffĂ©remment.

Maintenant dans le mĂ©tro, je croise des petits enfants qui ont envie de caresser Persia. C’est impressionnant parce qu’elle adore les enfants. D’ailleurs, je suis allĂ©e prĂ©senter Persia aux enfants du catĂ©chisme de ma paroisse. Au dĂ©but, on parle du chien, puis du chien guide. Et on bifurque après sur plein de questions sur le handicap. En fait, ça permet vraiment d’avoir un outil qui rende la vision du handicap plus “doux“ si on veut, ça met un vecteur au milieu.

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec Persia ?

Je pense que le jour oĂą elle a sautĂ© sur une grand-mère dans la rue, c’Ă©tait extrĂŞmement gĂŞnant et le pire moment pour l’instant. On a croisĂ© cette grand-mère avec son petit chien qu’elle devait tenir dans les bras. Et je ne sais pas ce qu’il s’est passĂ©, mais Persia a sautĂ©. Elle n’a pas sautĂ© mĂ©chamment, mais je me suis fait entendre que mon chien n’Ă©tait “pas obĂ©issant et mal Ă©duquĂ© pour un chien guide“. Et ça, c’est très dur parce que : oui, ce sont des chiens guides, des chiens d’assistance… mais ils restent quand mĂŞme des chiens qui peuvent avoir des comportements de chien, parfois.

Mais ma vie est meilleure avec elle, alors dĂ©finir un meilleur moment est très compliquĂ© parce que j’ai envie de dire tous les moments avec elle sont prĂ©cieux. Et le plus magique est aussi de voir tout ce qu’elle nous apporte Ă  tous. Persia fait partie de la famille : de ma famille, de la famille foyer et de la famille dans laquelle je suis logĂ©e, mĂŞme Ă  la MaĂ®trise. La voir dĂ©ambuler entre tout le monde, je trouve ça beau. Je pense qu’elle nous apporte beaucoup, simplement parce qu’elle est lĂ , parce qu’il y a un chien, elle apporte Ă  l’entourage qui m’entoure et aux lieux qui m’entourent.

Merci Ă  Laurianne d’avoir acceptĂ© mon invitation et jouĂ© le jeu de me partager son quotidien pendant quelques mois, j’espère que cette immersion vous aura permis de saisir tout l’enjeu de ces moments de remise dans la crĂ©ation des binĂ´mes maĂ®tre-chien.

Transcription intégrale

E.

Bonjour et bienvenue sur le podcast futur chien guide, le seul podcast sur l’univers des chiens guides d’aveugles soutenu depuis cette annĂ©e par la FFAC et l’ANM Chiens Guides. Je m’appelle Estelle. Je suis passionnĂ©e par les chiens guides d’aveugles et bĂ©nĂ©voles pour cette cause Ă  Paris. Je suis d’ailleurs persuadĂ©e que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’être mieux connu. En tant qu’amoureux des chiens, futurs bĂ©nĂ©ficiaires ou autres curieux comme moi, vous croisez parfois des chiens guides d’aveugles et leurs maĂ®tres en vous demandant : « Mais comment font-ils pour se dĂ©placer dans nos rues toujours plus agitĂ©es ? ». Ce podcast est le seul qui vous propose, au fil de rencontres enrichissantes, de dĂ©crypter l’univers des chiens guides d’aveugles pour comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi de dĂ©couvrir leur rĂ´le dans le quotidien de leur maĂ®tre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, ou encore comment agir quand vous croisez un tel binĂ´me ? D’ailleurs, si vous aimez ce podcast, le plus simple pour le soutenir est de mettre cinq Ă©toiles sur Apple Podcasts ou Spotify et d’en parler autour de vous.

E.

Je vous avais promis un format inĂ©dit que vous avez dĂ©couvert dans l’Ă©pisode 34, en immersion avec Florian lors de ses premiers jours de famille d’accueil. Eh bien, je vous propose aujourd’hui de plonger en immersion dans la remise du premier chien guide de Laurianne, Ă  nouveau grâce Ă  ses nombreux audio envoyĂ©s en amont de notre Ă©pisode. Suite Ă  l’acceptation de sa demande de chien guide auprès de l’École de Paris, Laurianne rencontre plusieurs Ă©lèves chien guide avant de matcher avec Persia, qui Ă©tait en famille d’accueil chez Julie et Alex de l’Ă©pisode 29. Mais alors, comment se passe la remise et quelles sont les Ă©tapes permettant la crĂ©ation de ce binĂ´me ? De sa demande de chien guide Ă  son quotidien avec Persia, Laurianne revient pour nous sur les Ă©motions qui l’ont accompagnĂ©es tout au long de sa remise. Elle nous raconte aussi comment, en quelques jours, Persia s’est imposĂ©e dans sa vie, la considĂ©rant mĂŞme Ă  ses cĂ´tĂ©s depuis bien plus longtemps qu’en rĂ©alitĂ©. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode.

L.

Coucou Estelle. Oui, j’ai vu ton message l’autre fois, je suis dĂ©solĂ©e, j’ai pas… Et voilĂ , j’en peux plus. Je te jure, je fais, je fais qu’y penser… enfin je fais qu’y penser, non, quand mĂŞme pas, mais j’essaie de m’occuper le plus possible pour que les journĂ©es passent vite. Parce que je commence vraiment Ă  avoir vraiment hâte. Et j’essaie de me conditionner un peu parce que je sais que si je vais arriver lĂ -bas, leur dire que j’ai hâte et tout, ils vont me dire, ils vont tout de suite me calmer. Alors j’essaie de me calmer, moi, tout de suite. Mais voilĂ , j’aimerais tellement que ce soit la bonne. En plus, j’avais un faible pour avoir une fille. Alors voilĂ . Ben Ă©coute, passe une bonne journĂ©e et promis, je te raconterai comment ça s’est passĂ©.

E.

Bon jour Laurianne.

L.

Bonjours Estelle.

E.

Merci d’avoir accueilli ma demande d’invitation sur ce podcast avec grande joie quand on s’est rencontrĂ©es.

L.

C’est une joie pour moi aussi.

E.

C’est vrai qu’on s’est rencontrĂ©es dans un contexte un peu particulier, je crois que la première fois que j’ai vu le mot Laurianne qui t’Ă©tait attachĂ©, c’Ă©tait sur un groupe Facebook de notre ville puisqu’on est toutes les deux dans la mĂŞme commune, cĂ´tĂ© Boulogne. D’ailleurs on a un mois de mars très boulonnais. Le dĂ©but du mois de mars, c’Ă©tait avec Christophe qui habite au sud de Boulogne. LĂ , on continue dans la lancĂ©e. Et du coup, est-ce que je peux te demander de te prĂ©senter pour commencer ?

L.

Moi je m’appelle Laurianne, j’ai 23 ans. Je suis Ă©tudiante en 3e annĂ©e de licence de psychologie Ă  l’universitĂ© de Paris, ex Paris-Descartes, Ă  l’Institut de psychologie, du coup, de Boulogne. Etudes Ă  Boulogne, j’habite Ă  Boulogne. Je viens du sud de la France, de la CĂ´te d’Azur prĂ©cisĂ©ment, et je suis sur Paris depuis 5 ans, depuis que j’ai Ă©tĂ© reçue Ă  la MaĂ®trise des Hauts-de-Seine pour chanter. Du coup, c’est une grande chorale. Je vis dans un foyer d’Ă©tudiants. On habite chacun chez l’habitant autour d’une paroisse et on se retrouve tous ensemble dans une salle. On a une salle, une cuisine, une buanderie dans la paroisse pour pouvoir vivre ensemble.

E.

C’est un peu votre lieu de vie, quoi.

L.

VoilĂ , comme des frères et sĹ“urs loin de notre famille. Donc j’ai ma chambre Ă  l’extĂ©rieur et ma vie au foyer.

E.

C’est vrai que quand on s’est rencontrĂ©es, c’Ă©tait un contexte un peu particulier puisque en fait tu n’avais… enfin on va parler de chiens guides hein, c’est bien le sujet quand mĂŞme du podcast… je t’ai proposĂ© de faire un peu comme j’ai proposĂ© avec Floriant dans l’Ă©pisode 34 le mois dernier. C’est-Ă -dire de me partager un petit peu en live tes ressentis, puisque tu Ă©tais en attente de ton premier chien guide. Alors on l’enregistre quelques mois plus tard pour respecter le dĂ©lai de stabilitĂ© de ton binĂ´me avec la miss dont on a parlĂ© tout Ă  l’heure. Mais comment t’en es venue, toi, Ă  te rapprocher des chiens guides ? Est-ce que tu connaissais dĂ©jĂ  quand t’Ă©tais chez tes parents, est-ce que c’Ă©tait dĂ©jĂ  un objectif depuis ta tendre enfance ? Comment ça s’est passĂ© entre la malvoyance jusqu’Ă  l’arrivĂ©e de ton chien guide ?

L.

Je suis aveugle de naissance, j’ai une maladie gĂ©nĂ©tique donc j’ai Ă©tĂ© depuis le plus jeune âge dans une Ă©cole spĂ©cialisĂ©e pour les enfants malades et dĂ©ficients visuels. Et puis un jour, une dame qui Ă©tait adjointe au maire pour le handicap de la ville de Nice est venue nous visiter Ă  l’Ă©cole pour nous faire rencontrer sa chienne qui s’appelait Vacoa. J’avais dĂ©jĂ  dĂ» entendre parler des chiens guides avant, et c’est la première fois que je voyais un chien guide.

E.

Donc cette dame était accompagnée, guidée par cette chienne ?

L.

C’est ça,  tout a fait. Elle est venue Ă  l’Ă©cole pour nous expliquer ce qu’Ă©tait un chien guide, comment elle se dĂ©plaçait avec elle. C’Ă©tait ma première vue d’un chien guide et après j’ai eu une professeure de solfège et de piano qui Ă©tait non voyante et qui avait aussi son chien guide. Entre guillemets, j’ai toujours connu l’univers, enfin, le chien guide dans mon enfance, après c’est vrai que dans ma famille, chez maman on n’a jamais pu avoir d’animaux parce qu’elle est allergique aux poils. Donc, les chiens, tout ça, je ne connaissais pas. Enfin j’en ai jamais eu quoi. Chez papa on a un chat, mais c’est très diffĂ©rent. Papa Ă©tait plus rĂ©ticent du fait que j’aie un chien. Maman est plus ouverte, beaucoup plus ok avec ce projet.

E.

Et du coup tu as eu ce projet à quelle période ?

L.

J’ai toujours eu un peu le projet inconscient. Pour moi, c’Ă©tait logique : quand je saurai me dĂ©placer toute seule avec ma canne, ben j’aurai mon chien, je demanderai un chien. Mais c’est vrai que ça s’est beaucoup plus concrĂ©tisĂ© il y a 3 ou 4 ans, quoi. Quand j’ai commencĂ© Ă  vraiment mieux me dĂ©placer toute seule dans la rue est que l’instructrice en locomotion que j’avais paris, du SAVSDV Paris m’a dit ‘ben si vous voulez Laurianne, on peut commencer votre dossier pour votre demande de chien guide’. Et j’ai commencĂ© le dossier en 2018.

E.

Tu avais toujours ça un peu dans un coin de ta tĂŞte, mĂŞme si tu ne l’avais pas forcĂ©ment formalisĂ©, on va dire, comme projet, mais le projet a commencĂ© avec ton instructrice de locomotion qui t’a dit ‘ben lĂ , toutes les bases de la locomotion sont OK’. On rappelle que de toute façon le chien guide est une aide au guidage, mais qu’il faut savoir se dĂ©placer tout seul avec une canne, pas tout Ă  fait tout seul, de fait, dans la rue. C’est ce que nous avait expliquĂ© Marion, qui est aussi instructrice de locomotion, dans l’Ă©pisode 27 pour justement expliquer que voilĂ , c’est une Ă©tape pour aller jusqu’au chien guide, qu’on ne pouvait pas avoir un chien guide comme ça du jour au lendemain, sans pouvoir se dĂ©placer seul Ă  la canne.

L.

Tout Ă  fait. Il y a beaucoup de gens dĂ©ficients visuels qui commencent Ă  perdre la vue, je vois sur des groupes, qui demandent tout de suite comment on peut avoir un chien guide parce qu’ils n’acceptent pas la canne alors que malheureusement d’abord, il faut au moins passer par lĂ , parce que mon trajet, c’est moi qui le connais, mĂŞme si Persia, Ă©videmment, on le verra après, elle commence Ă  retenir des choses elle-mĂŞme par cĹ“ur. Il faut quand mĂŞme pouvoir lui dire Ă  gauche, Ă  droite, lĂ  oĂą on va quoi.

E.

C’est une aide au guidage, c’est pas un pilotage automatique.

L.

Non, c’est pas un GPS.

L.

Alors du coup quand tu as commencĂ© ton dossier en 2018, comment ça s’est passĂ© pour toi ? T’Ă©tais donc dĂ©jĂ  en rĂ©gion parisienne, donc tu t’es tournĂ©e vers l’Ă©cole parisienne, donc l’Ecole des Chiens Guides de Paris pour laquelle je suis Ă©galement bĂ©nĂ©vole. Comment ça s’est passĂ©, tu as eu plusieurs rendez vous, j’imagine ?

L.

ça a plutĂ´t commencĂ© vers 2019 en fait parce que oui, j’ai eu des rendez-vous locomotion, psychologue, Laurence du pĂ´le attribution du chien guide. D’abord Ă  l’Ă©cole et ensuite elle est venue me voir dans le foyer de jeunes filles oĂą j’Ă©tais pour voir le lieu et voir aussi un peu comment je me dĂ©plaçais avec un Ă©trier. Quelqu’un qui tient… Comme un harnais de chien guide mais avec une personne en fait qui le tient devant et toi derrière pour savoir si tu as assez d’aisance Ă  te laisser guider, en fait.

E.

Assez de lâcher prise. Donc en fait c’est comme un chien guide, sauf que c’est une personne qui tient le harnais, il n’y a pas de chien dedans.

L.

Non c’est ça et puis c’est pas tellement un harnais, c’est plus la partie haute du harnais en fait.

E.

Oui, la poignée quoi.

L.

VoilĂ , la poignĂ©e. Au dĂ©but c’Ă©tait pas si facile que ça parce que je suis quelqu’un qui a un peu de mal Ă  lâcher prise, qui aimerait bien tout contrĂ´ler. Alors j’avais envie de faire confiance mais j’avais quand mĂŞme un peu de mal, j’avais quand mĂŞme un peu peur. ça s’est amĂ©liorĂ© avec de la loco, tout ça quoi. Après c’est en 2020 que j’ai reçu une lettre pour me dire que ma demande de chien guide avait Ă©tĂ© acceptĂ©e.

E.

Tu reçois cette lettre en 2020 parce qu’en fait, le dossier, il doit ĂŞtre validĂ© avec tous les rendez-vous que tu as eus avant, quoi.

L.

C’est ça et après, il y a, je crois que c’est une genre de commission, ça peut mettre du temps.

E.

Alors Ă  partir du moment ou tu reçois que ta demande de chien guide est acceptĂ©e, l’Ă©tape d’après, c’est de rencontrer les Ă©ventuels chiens guides que tu pourrais avoir, c’est ça ?

L.

Oui, c’est ça, tout Ă  fait et ça a Ă©tĂ© plutĂ´t long, entre guillemets ben il y a eu la pandĂ©mie aussi en 2020. Le premier chien que j’ai pu rencontrer c’Ă©tait mi-2021, quoi.

E.

Oui, donc c’est un an…

L.

Un an après, ouais. Et c’est la première fois que j’ai essayĂ© vraiment un chien guide.

E.

Et donc cette première rencontre, c’Ă©tait avec un chien qui aurait pu te convenir ?

L.

Alors au niveau du caractère, il aurait pu. Après il Ă©tait un petit peu trop lent quand mĂŞme, donc au bout de 3 essais, j’avais essayĂ© une autre chienne pour voir…

E.

Une comparaison, un peu.

L.

Par contre du coup c’Ă©tait une chienne qui Ă©tait un petit peu trop rapide pour moi, un peu trop…

E.

Donc il y en avait un qui marchait trop lentement, c’est ça ?

L.

C’est ça, un mâle qui s’appeler Peyo. Et ensuite la miss Plume avec qui j’ai pu essayer pour voir si effectivement plus vite, ce serait pas plus mal.

E.

D’accord.

L.

Je ne l’ai vue qu’une fois Plume, elle Ă©tait un peu trop sautillante.

E.

C’est rigolo, tu sais, pour moi, Plume, c’est une des petites de Night que j’ai eue en relais quand elle avait Ă  peine six mois, donc c’est vrai que je les ai un peu suivis, ces petits chiots. J’avais eu l’occasion de les rencontrer tous jeunes. C’est rigolo de voir qu’ils poursuivent, et c’est ce que je leur souhaite hein, leur carrière de futur chien guide, voire de chien guide.

L.

Elle a Ă©tĂ© remise, d’ailleurs.

E.

Yes, ça y est, elle est une grande maintenant.

L.

C’est vers aoĂ»t 2021 que j’ai reçu un mail pour me dire ‘ben voilĂ , on aimerait faire des essais avec une autre chienne qui s’appelle Persia. On pense qu’elle pourrait vous convenir. Qu’elle fasse un trajet ou trois par jour, elle s’en fiche un peu. C’est vraiment une adorable petite chienne’.

E.

Et donc, cette Persia, si ce nom de chien vous dit quelque chose du cĂ´tĂ© de l’École de Paris, c’est aussi parce que je connais sa famille d’accueil et j’ai eu l’occasion de l’interviewer dans l’Ă©pisode 29. C’Ă©tait Julie et Alex qui avaient cette petite chienne adorable.

L.

Je viens de l’Ă©couter en entier au foyer. Ça m’a fait rire. Ça m’a fait trop rire quand tu leur a dit ‘oui, quand vous dĂ©couvrirez peut-ĂŞtre Persia avec son ou sa, je pense, bĂ©nĂ©ficiaire. Bravo, franchement, t’as failli te… C’Ă©tait mignon, vraiment, c’Ă©tait trop mignon. Mais euh, mais moi aussi j’espère vraiment que ce sera la bonne. Mais je pense qu’on est quand mĂŞme beaucoup mieux partis que PĂ©o et… Non, moi j’y crois.

E.

Vos histoires se sont croisĂ©es puisque c’est Ă  partir un petit peu de ce moment-lĂ  qu’on a commencĂ© Ă  Ă©changer sur un peu ton ressenti depuis mi-septembre. Et donc, comment ça s’est passĂ© pour toi les jours avant la rencontre ?

L.

Coucou Estelle, merci pour ton petit message. Comme tu vois, je ne dors pas encore. VoilĂ  moi, quand je suis un peu excitĂ©e, dĂ©jĂ  j’ai du mal Ă  dormir en gĂ©nĂ©ral, mais lĂ  c’est encore pire, heureusement, c’est pour un truc pas mal. Donc ça va. Mais bon, je pense que je vais rĂ©ussir Ă  m’endormir quand mĂŞme. Je vais lire un peu et je vais m’endormir tard comme d’habitude. VoilĂ . Ecoute, moi aussi j’espère que ça va bien se passer, je t’embrasse et promis, je te donnerai des nouvelles demain. Pense Ă  moi Ă  10 heures et demie. VoilĂ . Allez, je t’embrasse. Bonne nuit.

E.

Tu Ă©tais dans quel Ă©tat d’esprit, t’Ă©tais convaincue que c’Ă©tait celle-lĂ , il me semble.

L.

Je pense qu’il y avait une partie de moi-mĂŞme oĂą j’Ă©tais convaincue et de l’autre oĂą je voulais pas trop trop l’admettre et oĂą j’essayais de modĂ©rer quand mĂŞme mes sentiments parce que je suis une jeune fille qui s’attache assez vite aux gens et aux animaux. Puis dĂ©jĂ  quand on m’avait prĂ©sentĂ© Peyo, je m’Ă©tais dĂ©jĂ  un peu projetĂ©e, tout ça, donc il fallait que je me protège un peu. Et si ce n’Ă©tait pas elle, il fallait savoir modĂ©rer les Ă©motions. Peyo ça a Ă©tĂ© un chien qui est venu tout de suite vers moi, se faire câliner, tout ça. Miss Persia, elle a Ă©tĂ© beaucoup plus timide.

L.

Salut Estelle, j’espère que ça va. Écoute, moi je suis revenue de ma rencontre avec la Miss Persia. Ecoute, ça, c’est hyper bien passĂ©. Au dĂ©but, c’Ă©tait un peu difficile parce qu’en fait, Persia, apparemment, est très fusionnelle avec son Ă©ducatrice, donc ils m’ont laissĂ©e un petit peu toute seule avec elle et tout, ils voulaient la faire venir vers moi et il n’y avait rien Ă  faire. Elle voulait rester Ă  cĂ´tĂ© de la porte pour attendre ClĂ©mence. Bon, voilĂ . Mais Ă  partir d’un moment, ça a commencĂ© Ă  se faire. C’est plutĂ´t bien parti. Rien n’est jouĂ© encore, mais je suis plutĂ´t contente parce que c’est plutĂ´t bon.

L.

C’est vrai qu’il a fallu un peu de temps. C’Ă©tait pas forcĂ©ment un chien qui te saute dessus tout de suite, comme Plume qui Ă©tait venue me faire des bisous, me lĂ©chouiller, tout ça, ou Peyo, quoi. Je la trouve pas si timide aujourd’hui, mais bon.

E.

Mais au début, il a fallu gagner un peu sa confiance, en fait.

L.

Oui, c’est ça. C’est ce que Laurence m’avait dit, elle m’avait dit ‘vous savez, pour l’instant, cette chienne elle est amoureuse, elle adore ClĂ©mence, son Ă©ducatrice. C’est normal qu’elle vous aime pas. Elle ne vous connaĂ®t pas. OK, elle va vous aimer, mais il va falloir du temps.

E.

Ça avait le mĂ©rite d’ĂŞtre très clair et je crois que ça ne t’a pas non plus dĂ©couragĂ©e pour la suite de l’aventure.

L.

Ah non, non, non, non, non. Parce que quand je suis retournĂ©e la voir Ă  Buc, cette fois, lĂ  elle Ă©tait un peu plus proche. Chaque fois qu’on se revoyait, elle Ă©tait de plus en plus contente.

E.

Et justement, ces diffĂ©rentes Ă©tapes dans le cadre de la remise de Persia, enfin, tu l’as rencontrĂ©e plusieurs fois. Je crois qu’elle est venue aussi avec son Ă©ducateur passer un peu de temps chez toi ?

L.

Salut Estelle, j’espère que tu vas bien. Écoute, aujourd’hui, c’est le deuxième grand jour. C’est le jour oĂą Persia vient visiter la maison. VoilĂ , j’ai super hâte. VoilĂ , j’espère que ça va bien se passer, que ce rendez-vous de confirmation va nous permettre de confirmer des choses. Ciao ciao.

L.

Ensuite, je suis allĂ©e passer une journĂ©e complète Ă  l’Ă©cole.

E.

Et je crois qu’après, c’est elle qui est venue passer une nuit, pour le coup, Ă  la maison ?

L.

En fait on m’avait dit au dĂ©but, vous viendrez passer une nuit dans l’Ă©cole et après, on vous la laissera une nuit Ă  la maison. Et au final, on est passĂ© tout de suite par une nuit Ă  la maison. Parce que je pense que ça devait bien se passer.

L.

Salut Estelle, j’espère que tu vas bien. Persia, elle vient d’avoir son diplĂ´me. Ça y est, elle est diplĂ´mĂ©e, elle a son certificat d’aptitude Ă  guider. J’y vais jeudi matin, du coup, Ă  Buc, et ensuite ce sera la maison. Et je pense que ça va vite s’enchaĂ®ner. Et voilĂ . En tout cas, je suis super contente qu’elle a eu son certificat. Parce que ça veut dire qu’il n’y a plus grand chose qui bloque, quoi, maintenant.

L.

Effectivement, Persia est venue passer une nuit Ă  la maison.

L.

Coucou Estelle, j’espère que tu vas bien. Ecoute, moi ce matin, je me suis levĂ©e tĂ´t, comme tu dois l’entendre je n’ai pas une voix très rĂ©veillĂ©e. J’ai bu un cafĂ©, mais voilĂ . Donc j’attends la petite louloute. J’ai vraiment hâte de l’avoir avec moi sans personne, sans Ă©ducateur pendant la journĂ©e, la nuit. Puis elle ne voulait pas trop repartir de la maison mercredi donc bon, avec un peu de chance, ça se passera bien. Je pense que je vais aller lui mettre, lui remplir au moins sa gamelle d’eau. Parce que quand elle va arriver, elle aura pas mangĂ©, elle aura pas fait ses besoins non plus. On va la faire manger, mais Ă©coute, j’ai hâte de te raconter la suite.

L.

J’ai Ă©tĂ© très Ă©tonnĂ©e parce que franchement, on aurait dit que c’Ă©tait dĂ©jĂ  chez elle. Elle n’a jamais couinĂ©, jamais chouinĂ©.

L.

Coucou Estelle. Ben Ă©coute, ça se passe hyper bien pour l’instant. LĂ , on est toutes les deux au foyer. Je viens de manger. Elle a mĂŞme quasiment pas testĂ© d’aller dans la cuisine. En fait juste une fois. Et puis lĂ , je viens de manger dans la cuisine, alors elle s’est quand mĂŞme levĂ©e de sa place pour venir se coucher juste devant la porte, histoire de me voir. VoilĂ , on lui a fait sa petite place sous l’escalier. On a mis sa petite serviette. Je lui ai mis une gamelle d’eau et elle est toute sage. VoilĂ , elle vient de soupirer. Je ne sais pas si t’as entendu.

L.

Dans la nuit, elle s’est allongĂ©e sur le tapis Ă  cĂ´tĂ© de mon lit, nickel. Franchement, on aurait dit que c’Ă©tait dĂ©jĂ  chez elle, quoi.

L.

Coucou Estelle. Moi ça va très bien. Je viens de me rĂ©veiller. Il y a petite Persia juste Ă  cĂ´tĂ© de moi, ça va louloute, hein ? Et elle a bien dormi aussi. Elle a dormi Ă  cĂ´tĂ© de moi toute la nuit, Ă  cĂ´tĂ© de mon lit. VoilĂ . Et hier soir, on est allĂ©es Ă  la MaĂ®trise. Ça c’est hyper bien passĂ©. Elle a Ă©tĂ© sage comme une image. Elle n’a pas eu peur ni rien.

L.

On m’avait dit, ben voilĂ  elle risque d’ĂŞtre un peu angoissĂ©e. Moi, je m’Ă©tais prĂ©parĂ©e et rien du tout. Le soir, elle est mĂŞme venue Ă  la MaĂ®trise avec moi. Elle nous a Ă©coutĂ©s chanter. On Ă©tait en train de prĂ©parer un oratorio qui s’appelle Carmina Burana, qui  envoie beaucoup.

E.

Je tĂ©moigne. C’est un chant qu’on chante… ça a du caractère.

L.

Eh ben pareil, comme si elle l’avait entendu toute sa vie, elle s’est couchĂ©e Ă  mes pieds. Et puis, elle a dit bonjour Ă  tout le monde Ă  la MaĂ®trise, elle Ă©tait contente. Et ce que j’ai trouvĂ© hyper mignon, hyper drĂ´le, c’est que je l’ai rendue le mardi, du coup Ă  l’Ă©ducateur. Et puis il m’a dit ‘Bon ben puisque ça se passe bien, vendredi, tu viens passer la journĂ©e Ă  l’Ă©cole et puis je te la donne, enfin je te la confie pour le week-end. Quand je reviens Ă  l’Ă©cole, le vendredi matin, elle me saute dessus, mais elle me saute dessus littĂ©ralement quoi, vraiment.

E.

Oui sans rĂ©serve lĂ , c’Ă©tait bon.

L.

Ah oui lĂ , on dirait qu’on ne s’Ă©tait pas vues depuis un mois. Pour le coup, son Ă©ducatrice Ă©tait pas loin. Elle s’est quand mĂŞme jetĂ©e.. et je me dis ça y est, elle commence un peu Ă  se dĂ©tacher de… enfin Ă  se dĂ©tacher, je sais pas, mais Ă  comprendre que…

E.

Elle s’attachait aussi Ă  toi.

L.

Ă€ s’attacher aussi, quoi.

E.

Oui, donc, là, tu repasses une journée et tu repars avec Persia.

L.

C’est ça, je repars avec Persia, et en plus ce que je savais pas trop trop Ă  ce moment-lĂ , c’est que je suis allĂ©e passer la journĂ©e, une journĂ©e Ă  l’Ă©cole le mardi, je devais laisser Persia. Et en fait, c’Ă©tait avant ma semaine de remise. L’Ă©cole m’a dit bon puisque ça se passe bien, l’Ă©ducateur m’a dit ‘De toute façon, j’aurai pas le temps de la faire travailler. Elle va rester en box et tout ça. Si ça te vas, tu peux la garder avec toi, et moi, je dis bien sĂ»r, je la garde. Pas de problème’. Et donc, en fait, Persia n’a plus quittĂ© la maison depuis, voilĂ , depuis octobre, en fait. Ou en fait, au dĂ©but, je l’avais en tant que chien de compagnie. Pour comprendre que lĂ , Ă  ce moment-lĂ , quand je me dĂ©plaçais dehors, c’Ă©tait avec ma canne et avec Persia en laisse de l’autre cĂ´tĂ© en fait.

E.

Ce petit point de prĂ©cision que je voulais faire : tant que tu n’as pas passĂ© la remise avec ton chien, avec l’Ă©ducateur, etc. qui est validĂ©e par l’Ă©cole, tu n’as pas le harnais de guidage, donc tu as le chien en laisse. Mais pour le coup, il n’a pas le rĂ´le de te guider. Il est avec toi et c’est pour renforcer les liens entre vous. Et comme tu dis, ça reste un chien de compagnie avec le petit plus quand mĂŞme de l’accès de partout, etc. parce que ça reste un chien en Ă©ducation. VoilĂ , en fait, toi, quand tu l’as eue au tout dĂ©but et c’est ça qui est intĂ©ressant Ă  dĂ©cortiquer dans la remise parce que souvent, on parle de l’Ă©lève chien guide, on parle du chien guide et au milieu, la jonction. DĂ©jĂ , il y a les 6 mois Ă  l’Ă©cole, mais le passage d’Ă©lève chien guide Ă  chien guide, il se fait en quelque temps quand mĂŞme. Et toi, quand tu l’as eue les premières fois, la première nuit Ă  la maison, quand tu l’a emmenĂ©e la première fois Ă  la Maitrise, elle n’avait pas son harnais de guidage en cuir, mais elle avait son dossard bleu que moi je peux avoir sur les chiens que j’ai en relais, Ă  savoir son dossard bleu d’Ă©lève chien guide, en tout cas.

L.

VoilĂ , c’est ça, je devais juste la faire asseoir aux lignes, aux portes et tout ça, pour qu’elle n’oublie pas quand mĂŞme les bons rĂ©flexes.

E.

Bien sĂ»r. En fait, tu as entretenu son Ă©ducation d’Ă©lève chien guide, mais pour le coup, tu ne l’as pas sollicitĂ©e sur des Ă©lĂ©ments de guidage pur et simple comme tu as pu le faire une fois la remise passĂ©e. Tu l’as eue quelque temps et elle ne t’a jamais quittĂ©e. Entre-temps, du coup, elle a changĂ© de statut puisqu’il y a eu cette fameuse remise. Comment ça s’est passĂ© pour toi ?

L.

Persia m’a Ă©tĂ© remise la première semaine du mois de novembre en version un peu accĂ©lĂ©rĂ©e.

L.

C’est un peu particulier. En fait, ils vont me l’Ă©taler un peu pour pas que je loupe deux semaines de cours en bloc. J’irai certainement une semaine dans l’Ă©cole, mais le reste, ce sera plus petit Ă  petit, Ă  domicile, tu vois, pour passer une semaine dans l’Ă©cole et j’avoue que pour moi, ce serait plus simple la première semaine de novembre parce que c’est la seule semaine que j’ai de vacances avec la fac et au moins, je suis sĂ»re de pas louper de cours. Et moi aussi, j’ai hâte, vraiment hâte de la dĂ©couvrir plus et de dĂ©couvrir plus cette aventure.

L.

On a fait ce qu’on appelle une remise en individuel et en accĂ©lĂ©rĂ©. En fait la journĂ©e, j’allais Ă  Buc pour la remise et je rentrais chez moi tous les soirs parce que j’avais un stage Ă  la MaĂ®trise, donc du concert pour Carmina Burana, qui Ă©tait obligatoire. Et si je n’allais pas au stage, je n’avais pas le droit de faire le concert.

E.

OK, donc, en fait, il a fallu concilier les deux. Contrairement Ă  certaines remises ou tu restes sur place jour et nuit Ă  l’Ă©cole. LĂ  pour le coup t’as fait de la demi-pension.

L.

C’est ça, il fallait concilier les deux.

L.

Bonjour Estelle, c’est Laurianne. Ecoute, j’espère que tu vas bien. On est dans le PAM, Persia et moi, pour aller Ă  l’Ă©cole pour notre deuxième jour de remise. Alors hier ça s’est très bien passĂ©. Mais bon, c’est très fatiguant, que ce soit pour Persia ou pour moi. En plus, j’ai la MaĂ®trise le soir jusqu’Ă  22 heures, donc je suis assez fatiguĂ©e. Ça va ĂŞtre une semaine intense et donc on a vu plusieurs obstacles.

L.

E il y a juste l’avant-dernier soir oĂą j’ai dit Ă  la MaĂ®trise ‘Écoutez, je suis Ă©puisĂ©e, c’est pas possible, j’en peux plus, il ne faut pas m’attendre ce soir, quoi’.

L.

Coucou Estelle. Écoute, oui, j’ai Persia avec moi Ă  la maison ce week-end. Elle est sur mon tapis, elle dort comme un loir, elle est crevĂ©e et moi aussi. La MaĂ®trise, ça s’est bien passĂ©, mais c’est vrai que j’Ă©tais Ă©puisĂ©e, fatiguĂ©e. Donc, hier soir, j’y suis pas allĂ©e. Je me suis prĂ©servĂ©e un peu. Et le stage de remise, pour l’instant, ça se passe bien, ça va. Elle commence Ă  bien s’y faire quand mĂŞme. Elle commence Ă  bien gĂ©rer, voilĂ . Et puis nous toutes les deux, on a un bon feeling quand on marche ensemble. Elle anticipe vachement bien les obstacles. Donc, c’est plutĂ´t cool. Et voilĂ , la semaine prochaine, j’ai la remise Ă  domicile, donc ça va plutĂ´t se passer sur mes trajets du quotidien, Ă  savoir un trajet de dĂ©tente, regarder le vĂ©to, tout ça, tout ça.

E.

Oui, la remise en journĂ©e, c’Ă©tait pas rien non plus, ce n’est pas un parcours de santĂ© hein, cette histoire de remise ?

L.

Non, pas du tout. MĂŞme si en soi, on va sur des trajets que le chien connaĂ®t. On va dans des endroits que le chien connaĂ®t et que moi je ne connais pas par contre. Par contre, il faut emmagasiner beaucoup de choses. Pour le chien aussi d’ailleurs, c’est pareil, Persia, dès qu’on mangeait le midi, elle Ă©tait affalĂ©e dans son panier. Elle ronflait, elle rĂŞvait.

E.

C’est du travail intellectuel et physique pour toutes les deux en fait, pendant cette remise.

L.

Oui, c’est tout Ă  fait ça. Il y a mĂŞme des moments oĂą on peut craquer un peu. Parce que, parce que c’est fatigant, parce qu’on a peur, on a l’impression de mal faire. Moi, par exemple, mon plus gros souci, c’est par exemple… Je ne suis pas assez, dans mes reprises, je suis pas assez ferme, je n’ai pas trop un caractère très autoritaire, tout ça. Donc moi, j’ai l’impression que je la reprends, mais en fait, ce n’est pas assez. Elle elle s’en fiche, quoi.

E.

Oui, parce que quand tu parles de ce que vous avez fait en journĂ©e, des choses un peu plus concrètes parce que pour toi, du coup tu es passĂ©e par lĂ , mais c’est vrai que c’est encore un mot un peu flou, tu vois, pour l’ensemble des gens, la remise, pour tous les gens qui n’y sont pas passĂ©s, en dehors des Ă©ducateurs qui sont aux cĂ´tĂ©s, etc., en fait, ces journĂ©es-lĂ , vous passez du temps Ă  vous apprivoiser dans le guidage. Parce que du coup, comme on l’a dit, avant tu l’as apprivoisĂ©e en tant que chien de compagnie, c’Ă©tait l’objectif de l’avoir un petit peu en amont, de crĂ©er des liens. Et lĂ , vous passez des journĂ©es entières, plus ou moins, Ă  marcher, Ă  vous guider du coup en compagnie aussi de l’Ă©ducateur. Pas tout seul, bien sĂ»r.

L.

Effectivement, c’est beaucoup de guidage. On va voir tous les obstacles qu’on pourrait rencontrer dans la rue. On va travailler sur la piste de l’Ă©cole, bien sĂ»r, mais que Persia, elle connaissait dĂ©jĂ . Mais on va rajouter des obstacles en plus. Par exemple, on va lui mettre des contournements lĂ  oĂą elle peut pas passer. Du coup, il faut qu’elle me fasse passer sur le cĂ´tĂ©, comme s’il y avait des travaux sur un trottoir. Après, on va le refaire, mais dans des endroits oĂą il y a un vrai trottoir. En ville, on va mettre un obstacle en plein milieu qui va faire qu’elle va me faire descendre sur la route et me faire remonter sur le trottoir après. On va faire des recherches de sièges. On va faire des recherches de ligne. On va apprendre Ă  prendre l’escalator avec son chien, Ă  voir le mĂ©tro, le train, le bus. Jusqu’Ă  quand je m’assois dans le mĂ©tro et que je demande Ă  Persia d’aller Ă  sa place, c’est Ă  dire sous le siège. C’est du travail en fait, pour que je sache comment.

E.

C’est le mode d’emploi. L’idĂ©e c’est d’apprendre le fonctionnement mutuel, pour elle d’apprendre comment toi tu fonctionnes avec l’aide de l’Ă©ducateur. Et pour toi, de voir comment elle, elle fonctionne avec l’aide de l’Ă©ducateur. En fait, l’Ă©ducateur, il est un peu le mĂ©diateur entre vous parce que lui, il connaĂ®t la mĂ©thode de guidage qu’il a appris Ă  Persia et il connaĂ®t les mĂ©thodes qu’il doit t’apprendre en transmission en fait, c’est vraiment ça.

L.

En fait, l’Ă©ducateur qui a vu notre remise, ce n’est pas lui qui a Ă©duquĂ© Persia, donc lui non plus ne la connaissait pas forcĂ©ment parfaitement.

E.

Oui, puis des fois, ça se passe comme ça aussi. Je sais qu’on en avait parlĂ© avec Audrey, qui est Ă©ducatrice, justement, de chien guide du cĂ´tĂ© de Lille et qui elle disait dans l’Ă©pisode 31 qu’elle faisait justement des remises de chiens qui n’Ă©taient pas forcĂ©ment Ă©duquĂ©s par elle-mĂŞme aussi. Ils ont ce fonctionnement parfois en routine aussi dans d’autres Ă©coles parce que c’est un travail, la transmission, c’est encore autre chose que l’apprendre au chien, quoi. Et donc ces journĂ©es-lĂ  ont Ă©tĂ© intenses. Toi le soir, en plus tu chantais, mĂŞme si la miss Persia, elle Ă©tait Ă  tes pieds pour dormir pendant le Carmina Burana, toi, c’Ă©tait encore des heures d’Ă©veil, on va dire, ce qui fait que oui, comme tu nous le disais, le dernier soir de rĂ©pĂ©tition finalement, t’es allĂ©e te reposer. C’Ă©tait largement plus raisonnable au final, vu tout ce que tu avais engendrĂ© dans la semaine. Et donc après cette remise en express et en individuel… juste le mot ‘individuel’, c’est parce que souvent, les remises se font quand mĂŞme avec plusieurs binĂ´mes maĂ®tre-chien.

L.

Quatre ou cinq, ça peut se faire avec quatre ou cinq.

E.

Mais c’est ce qu’on voit un petit peu… Si vous suivez l’École des Chiens Guides de Paris, on a l’occasion de voir sur les photos, souvent, il y a un, deux ou trois binĂ´mes. Alors avec le Covid, je crois que c’est redescendu. Je crois qu’il y a eu aussi des adaptations dans ce sens-lĂ , mais en effet, c’est plus en petit groupe, normalement, que ça se passe, que en un Ă  un en tout cas dans l’organisation de l’Ă©cole. Et donc après cette grosse semaine bien dense, qu’est ce qui s’est passĂ© pour toi ?

L.

Depuis, il s’est passĂ© pas mal de choses. Alors, on revoit l’Ă©ducateur assez rĂ©gulièrement, si j’ai des questions, des trajets Ă  revoir parce qu’on a des petits comportements qui peuvent revenir un peu, revoir comment les rĂ©gler, tout ça.

E.

Oui, parce que tu n’es pas lâchĂ©e dans la nature pour les dix prochaines annĂ©es avec Persia.

L.

Non, non. En tout cas, pour la première annĂ©e, c’est très suivi. Après, je crois que ça s’espace un peu. En tout cas, pendant un an, c’est avec le mĂŞme Ă©ducateur et après, ça peut changer pour revoir certains trajets aussi. J’ai eu un stage Ă  faire et il fallait voir le trajet, donc on l’a fait la première fois avec l’Ă©ducateur.

E.

Tu as eu un stage dans le cadre de tes Ă©tudes, c’est ça ?

L.

Pardon, oui, un stage dans le cadre de mes Ă©tudes dans le XIVe et je ne pouvais pas faire le chemin sans l’avoir fait voir et moi-mĂŞme vu, fait voir Ă  Persia et moi-mĂŞme vu. Donc on l’a fait avec l’Ă©ducateur, avec un système de friandises sur les rambardes du mĂ©tro ou des bons escaliers pour qu’elle puisse dĂ©jĂ  l’avoir vu, avoir Ă©tĂ© rassurĂ©e, tout ça.

E.

Oui, donc, c’est en cas de nouveaux trajets.

L.

C’est ça, de gros trajets, en tout cas.

E.

Oui, c’est pas le trajet que tu vas faire une fois oĂą tu vas demander Ă  l’Ă©ducateur de venir t’aider, c’est plus sur des trajets rĂ©currents et qui vont durer un certain moment que tu vas prendre tout ça en cause. Donc, tu as fait ton stage dans le XIVe, toujours accompagnĂ©e de Persia.

L.

Je le fais toujours, c’est une fois par semaine, donc…

E.

OK, oui, c’est pour ça que tu disais que c’Ă©tait beaucoup plus long sur la durĂ©e. Et je crois que vous avez aussi profitĂ© un peu des vacances avec Persia, depuis ?

L.

On a fait pas mal de choses avec Persia en l’espace de mĂŞme pas 6 mois, en fait. Elle est venue Ă  un spectacle de Gad Elmaleh avec moi. Elle a Ă©tĂ© Ă  ce fameux concert de Carmina Burana. En fait, elle Ă©tait dans les coulisses de la Seine Musicale. C’Ă©tait trop drĂ´le.

L.

Coucou Estelle ! J’espère que tu vas bien, mais Ă©coute nous, ça va avec Persia et j’ai eu un super concert dimanche dernier pour les Carmina Burana. C’Ă©tait gĂ©nial. C’Ă©tait hyper Ă©mouvant. Il y avait plein de monde. En plus, la Seine Musicale, je sais pas si t’es dĂ©jĂ  allĂ©e dans l’auditorium, enfin un jour faudra que t’y ailles, mais c’est vraiment, au niveau acoustique et tout, c’est super et tout et c’est vraiment fait pour la musique et c’est vraiment gĂ©nial. VoilĂ , en fait, t’as du public tout autour de toi, en fait, devant, derrière. C’est un truc de dingue. Et on avait miss Persia dans les coulisses avec LĂ©a et Steven, qui sont les deux personnes qui s’occupaient des entrĂ©es et sorties de la MaĂ®trise, qu’elle connaissait. Et c’Ă©tait trop mignon parce que dès qu’on entrait, on sortait, il y avait Persia dans les coulisses. C’Ă©tait trop chou. Ça s’est super bien passĂ©. Elle a Ă©tĂ© hyper sage pendant… J’ai eu un peu peur parce qu’elle n’a pas voulu faire ses besoins avant qu’on s’en aille. Après, je lui avais proposĂ© vers 15 heures après le raccord, elle n’avait rien voulu faire non plus. Du coup, je m’Ă©tais dit ‘Mon Dieu, j’espère que ça va aller’ parce qu’en plus, c’est la première fois qu’elle fait un concert et tout. VoilĂ , mĂŞme pour le directeur de la salle machin et tout, je voulais pas qu’elle fasse pipi dans les coulisses, je ne sais pas quoi. Eh ben non, en fait, au final, elle a Ă©tĂ© super sage. Elle a dormi. Comme quoi la dĂ©tente a dĂ» bien la crever.

L.

C’Ă©tait sympa, dès qu’on sortait il y avait Persia qui nous attendait. Et effectivement, je suis partie en vacances chez mes parents et donc on a pris l’avion ensemble.

E.

C’est rigolo parce que pour le coup, Julie et Alex, sa famille d’accueil, m’avaient parlĂ© du fait qu’ils avaient pris l’avion. Alors c’Ă©tait pas avec Persia, c’Ă©tait avec Wiko. Ça a fait un peu Ă©cho du coup, quand tu m’as dit ‘oui, je vais prendre l’avion’, etc. Pour rejoindre chez tes parents parce que c’Ă©tait un peu sa première fois Ă  Persia pour le coup.

L.

On fait plein de choses ensemble, on a pris l’avion, ça s’est bien passĂ©, mĂŞme si moi je pense qu’elle kiffe pas Ă  donf l’avion, tu sais, je sais pas, elle halète pendant tout le vol. Elle n’a pas l’air très rassurĂ©e et en mĂŞme temps, elle se colle Ă  moi, me demande plein de câlins. Elle est n’a pas l’air hyper hyper rassurĂ©e. Mais bon, en tout cas, elle reste quand mĂŞme, elle jappe pas, elle aboie pas et tout, donc elle se calme. Elle s’auto-calme bien toute seule, donc il faudrait pas faire un vol genre Paris-Tahiti. Je pense que lĂ , ce serait un petit peu trop long pour elle, mais lĂ , ça va.

L.

En fait, on a pris trois fois l’avion en l’espace de quinze jours et le dernier vol, elle s’est quand mĂŞme couchĂ©e alors que les deux autres, elle Ă©tait restĂ©e assise Ă  haleter. Je pense qu’elle a une grosse capacitĂ© de contrĂ´le et qu’elle n’est pas Ă  l’aise, mais qu’elle se contrĂ´le bien. Et par contre, c’est vrai qu’elle se colle beaucoup Ă  moi et donc c’est, justement c’est beau, lĂ  c’est elle qui a besoin de moi et ce n’est pas moi qui ai besoin d’elle.

E.

Et justement, votre relation, tu disais, par rapport au tout dĂ©but que tu m’avais envoyĂ©, oĂą tu disais justement, t’es rentrĂ©e dans la pièce, elle Ă©tait plutĂ´t loin de toi. Votre relation, elle s’est complètement dĂ©veloppĂ©e autrement maintenant ?

L.

Oui, en fait, elle s’est dĂ©veloppĂ©e très vite du point de vue que j’ai commencĂ© Ă  aller la voir Ă  l’Ă©cole et Ă  l’avoir Ă  la maison tout ça, et maintenant, elle est beaucoup, beaucoup avec moi. En fait, elle me suis beaucoup partout, en fait.

E.

MĂŞme quand tu n’as pas besoin d’elle entre guillemets.

L.

Ah oui, dans la maison, quand je suis au foyer, quand je me lève et que je commence Ă  aller vers une porte, elle commence Ă  se lever, Ă  venir. Mais mĂŞme au tout dĂ©but, c’est vrai que j’ai une petite chambre d’Ă©tudiante. Donc il est vrai que Persia, elle voit tout ce que je fais. Elle me voit tout le temps dans ma chambre. Elle dort avec moi et j’ai qu’une petite pièce pour les toilettes. J’ai fermĂ© la porte des toilettes une fois et je l’ai sentie renifler sous la porte. Et lĂ , je me suis dit ‘Ah oui, elle est très attachĂ©e quand mĂŞme’. NĂ©anmoins, elle aime les gens qui sont autour de moi et elle aime aller les voir, leur faire la fĂŞte. Mes amis du foyer, il y en a avec qui elle adore jouer. Elle me colle partout. Elle est très, on est très fusionnelles, mais elle n’est pas si timide que ça. Elle aime bien aller voir les gens, mĂŞme quand on mange ou des choses comme ça, quand elle vient, elle s’assoit, elle donne la patte. On sent la sĂ©duction, tu vois. Pour moi, ça le fait pas, parce que je la vois pas.

E.

Mais c’est vrai, je te confirme. Je t’ai croisĂ©e plusieurs fois avec elle, que ce soit pour aller faire des dĂ©tentes. Bon lĂ  elle est un peu moins focus sur nous. Mais quand il y a des friandises au bout, elle a quand mĂŞme ce regard. Et puis des fois aussi Ă  la maison, quand tu Ă©tais venue, je me souviens, il y avait un, on avait la petite Tinky qui Ă©tait lĂ  aussi. C’Ă©tait super mignon de voir les… Alors Tinky c’est pas une chienne guide pour le coup, ça faisait vraiment Black and White, Tinky c’est une petite Samoyède, mais elles s’Ă©taient super bien entendues et pour le coup, je me souviens quand tu lui avais dit de faire deux ou trois choses, elle avait un regard complètement… Je pense que tu peux craquer en effet, et il faut tenir parfois. Mais toi, tu n’es pas influencĂ©e au final.

L.

Mais je pense que les deux plus beaux cadeaux que j’ai eus au foyer vis-Ă -vis de Persia, c’est dĂ©jĂ  donc Emmanuel, mon ami du foyer, qui a très peur des chiens. Je lui ai dit d’ailleurs ‘Je suis très fière de toi, bravo’ et tout, parce qu’un soir, on Ă©tait tous les deux Ă  cĂ´tĂ© pour le temps de parole. Et je ne sais mĂŞme pas s’il s’en est bien rendu compte et tout, mais je crois que oui, mais Persia Ă©tait couchĂ©e entre nos deux pieds et elle est restĂ©e couchĂ©e pendant une heure. Et je lui ai dit ‘Tu vois Emmanuel, enfin Manu, parce qu’on l’appelle Manu, tu vois elle est restĂ©e couchĂ©e Ă  tes pieds, et tu vois, je t’ai trouvĂ© calme et tout, et je te trouve, tu vois, t’es moins angoissĂ© qu’avant et tout. Il me dit ‘Oui c’est vrai, t’as peut-ĂŞtre raison. Non, t’as peut-ĂŞtre raison.’ Alors il a un peu de mal Ă  l’avouer, mais…  Il commence Ă  s’y faire quoi, et puis Persia elle aussi, quand il arrive, elle se lève pas, elle va pas le voir. Ça arrive qu’elle remue la queue. Mais voilĂ , elle a compris, je pense.

E.

Ouais, ils ont une relation assez platonique qui leur convient bien.

L.

Et une autre amie Ă  moi du foyer qui s’appelle Camille, qui est un peu allergique aux chiens. Pas trop, je crois, mais qui est venue me voir et qui m’a dit ‘Tu sais, au dĂ©but, c’est vrai, j’en avais un peu rien Ă  faire de Persia. J’en avais… je m’en fichais, quoi. Et en fait, au final, je l’adore. Je l’aime trop. C’est un amour, c’est vrai, elle est toujours joyeuse. Quand on arrive, elle est contente, elle remue la queue, elle est super calme, on l’entend pas’. Ça m’a vraiment fait plaisir ça d’entendre ‘Au dĂ©but, j’Ă©tais pas hyper…, voilĂ , et puis finalement, j’adore ton chien en fait’. Je trouve ça très, très mignon parce que ça convainc les gens en fait.

E.

Et par rapport Ă  ce que tu dis, il y a des choses, justement, que t’as appris ou que t’as dĂ©couvert dans cette aventure auprès de Persia, dont tu te doutais pas quand tu as fait ta demande en 2018 ?

L.

Moi, je dĂ©couvre un peu tous les jours, c’est un peu rĂ©cent en plus pour moi, mais je trouve que leur mĂ©moire est phĂ©nomĂ©nale. Je savais qu’elle allait ĂŞtre intelligente, qu’elle allait avoir une bonne mĂ©moire, tout ça. Mais pas autant quand mĂŞme. Des fois, je suis perdue sur les quais de mĂ©tro quand je vais en stage parce que je suis un peu fatiguĂ©e. C’est elle qui me tire vers le bon quai, elle s’en rappelle. Ou quand on arrive Ă  la maison, quand on arrive dans la rue, c’est très drĂ´le, elle accĂ©lère, quasiment elle court parce que je pense qu’elle doit comprendre qu’on arrive Ă  la maison et elle me tape un sprint. Et par contre, et justement, je trouve ça très drĂ´le de voir leur caractère diffĂ©rent… Quand on va sur le chemin de la fac, elle va Ă  deux Ă  l’heure, mais vraiment Ă  deux Ă  l’heure, mais comme si elle n’aimait pas la fac, comme si ça la saoulait.

E.

Oui sachant que, elle, Ă  la fac elle dort.

L.

Ouais, elle est attachĂ©e, elle dort. Après, voilĂ , c’est sĂ»r, c’est peut-ĂŞtre moins cool pour elle. Elle est attachĂ©e pendant deux heures, elle dort. Il n’y a rien de spĂ©cial.

E.

Et ça doit pas être la même chose quand tu vas au parc ?

L.

Au Bois de Boulogne ou mĂŞme au foyer dĂ©jĂ , c’est diffĂ©rent, on joue avec elle, on la caresse, voilĂ .

E.

Donc lĂ , elle court un peu plus.

L.

Ben lĂ , elle est moins lente. Et forcĂ©ment, c’est le jour oĂą t’as des partiels ou un truc comme ça qu’elle va tout doucement. Et je pensais pas qu’ils avaient des bons caractères comme ça aussi lĂ , bien… Ou comme des fois, tu l’engueules parce qu’elle est a reniflĂ© ou je sais pas quoi, puis elle fait pffff. Elle soupire, tu sais, elle souffle, on dirait une ado. Je la trouve très expressive, en fait. Et je pensais pas, moi qui n’ai jamais vĂ©cu avec un chien, on m’a dit que c’Ă©tait très expressif, mais je n’y croyais pas tant que ça en fait. Effectivement, oui, après, oui, bien sĂ»r, j’apprends des choses. Elle m’Ă©tonne par son calme. Elle est toujours tellement tranquille pendant des journĂ©es, couchĂ©e Ă  un endroit, et complètement folle quand je l’amène au Bois de Boulogne, c’est sĂ»r que c’est…

E.

Oui elle a un mode d’adaptation. Elle s’adapte très, très bien Ă  la situation.

L.

C’est ça, en fait, mais elle est bien adaptĂ©e pour tout ce que je fais, en fait, parce qu’elle est assez mallĂ©able, en fait.

E.

Vous vous êtes super bien trouvées, en fait.

L.

C’est ça, en tout cas de caractère. Oui, elle aime tout le monde. Elle aime, elle aime tous les chiens. Tous les chiens ne l’aiment pas. Mais je crois qu’elle, elle les aimerait tous.

E.

Est-ce qu’il y a un moment oĂą, justement, tu as Ă©tĂ© bluffĂ©e par Persia et qui reste un souvenir marquant, mĂŞme si ça fait Ă  peine six mois que vous ĂŞtes toutes les deux, que vous vous connaissez, du coup ?

L.

Alors, il y en a deux qui me viennent en tĂŞte. Mais oui, c’est vrai, c’est surtout quand moi je suis fatiguĂ©e. L’autre jour, je lui ai dit ‘Ecoute, Persia, ramène moi Ă  la maison, je ne sais plus oĂą on est lĂ ’ et elle m’a ramenĂ©e. Et sinon, je pense que ça a Ă©tĂ© quand on a fait Carmina Burana. Ils ont sorti toutes les percussions. Alors le gong lui a fait peur une fois, mais pas la deuxième.

E.

ça l’a surpris la première fois. Ce que ce que tu disais, c’est que pendant les rĂ©pĂ©titions, elle est Ă  tes pieds. Par contre, pendant le jour du spectacle, comme tu nous l’as racontĂ© dans le vocal, pour le coup, elle en coulisses.

L.

Elle Ă©tait en coulisses, mais les coulisses Ă©taient derrière la scène. Donc elle a tout entendu. Et pendant les rĂ©pĂ©titions, Ă  la fin, on a rĂ©pĂ©tĂ© avec piano et percussions. Donc, la première fois qu’elle a entendu le gong, elle s’est mise Ă  courir au fond de la salle. Et puis la deuxième, nickel, mais mĂŞme toutes les autres percussions, elle n’a pas eu peur. Et lĂ , franchement, lĂ , ça m’a… Je me suis dit quand mĂŞme ils sont capables de supporter, d’avoir un calme olympien en toutes circonstances.

E.

Oui, parce que pour s’imaginer, ce n’est pas une histoire de batterie, de caisse claire et de tom basse. C’est plutĂ´t une histoire de timbales, les percussions sur Carmina Burana, l’ayant chantĂ© aussi, c’est pas les petites percussions, c’est pas le petit xylophone.

L.

Non, c’est des percussions d’orchestre. Surtout qu’on Ă©tait, moi je suis au premier rang parce que je suis toute petite, alors on Ă©tait juste devant. Et d’ailleurs, les percussionnistes Ă©taient tout gaga de Persia. Ă€ la fin, on est allĂ©s les voir et tout, ils Ă©taient Ă©bahis de son calme.

E.

Des fois, ils font vraiment, ouais, ils sont, ils s’adaptent Ă  tout. C’est ça qui est fou.

L.

Après elle m’Ă©tonne beaucoup avec les petits aussi, avec les bĂ©bĂ©s, les petits. Elle est super douce, super mignonne. C’est impressionnant.

E.

Et tu parlais des rencontres que Persia pour le coup a fait avec les percussionnistes. Est-ce que toi tu as fait une ou plusieurs rencontres assez exceptionnelles que t’aurais jamais fait en l’absence de Persia ?

L.

En l’absence de Persia ? Je pense que ça fait vraiment, c’est vraiment la première fois que je peux parler, qu’on peut parler du handicap de manière positive avec les gens qu’on rencontre dans la rue parce que le chien donne tout Ă  fait une autre vision des choses.

L.

Non, ça se passe vraiment très, très bien, quoi. Et je trouve que les gens, surtout, en fait, te voient complètement diffĂ©remment. Je trouve que, du coup, ils sont moins gĂŞnĂ©s pour te parler. C’est impressionnant. Alors que quand j’avais la canne, ben, ils avaient l’air dĂ©semparĂ©s et maintenant quand j’ai le chien, mĂŞme les enfants qui au dĂ©but plutĂ´t quand j’avais la canne, ils se fixaient plus sur mes yeux qui n’Ă©taient pas très beaux Ă  voir, lĂ  maintenant c’est le chien, tu vois. Et c’est dingue, c’est trop dingue. Maintenant dans le mĂ©tro, je croise des petits enfants qui ont envie de caresser Persia. Du coup, je leur dis qu’ils peuvent caresser la tĂŞte quand on est dans le mĂ©tro et qu’il est en marche, du coup elle travaille pas vraiment, donc voilĂ . Et en plus c’est impressionnant parce qu’elle adore les enfants. C’est un truc de fou. Elle aime bien les enfants, les petits enfants, les bĂ©bĂ©s. Les bĂ©bĂ©s, moi j’ai vu une petite fille de vingt mois Ă  l’aĂ©roport se jeter sur Persia parce qu’elle adorait les chiens. Persia lui a fait des bisous sur le nez. Enfin, c’est trop mignon. Vraiment. En plus elle est douce, c’est pas une brute, quoi. Donc ça va, les petits enfants, elle peut les approcher, quoi, il n’y a pas trop de danger.

L.

Et mĂŞme, je suis allĂ©e prĂ©senter Persia aux enfants du catĂ©chisme de ma paroisse. Et en fait, au dĂ©but, on parle du chien. On parle de comment ça se passe avec un chien guide, je leur explique bien que quand on voit chien guide dans la rue, il ne faut pas le caresser, que si soi-mĂŞme on a un chien il faut surtout pas que le chien aille dire bonjour ou joue avec. Et on bifurque après sur plein de questions sur le handicap. Et ça permet vraiment d’avoir un outil qui rende, entre guillemets, la vision du handicap, je ne sais pas si le mot positif, c’est un bon mot, mais en tout cas d’une autre façon que de la façon ‘victimiser’, quoi.

E.

Hmm, c’est sĂ»r que du coup, c’est beaucoup plus doux. Tu rentres par la discussion autour du chien, quoi.

L.

C’est ça et puis surtout, les gens et les enfants voient que tu as un chien, donc tu as un chien, tu es responsable puisque tu es responsable de ton chien. Donc tu peux ĂŞtre responsable.

E.

C’est vrai ce que tu dis, oui.

L.

Donc, si on peut ĂŞtre responsable d’un chien, c’est qu’on est dĂ©jĂ  une personne, en plus en Ă©tant handicapĂ©, on est une personne assez Ă©quilibrĂ©e et autonome, quoi.

E.

C’est ce que j’allais dire, c’est de l’indĂ©pendance et de l’autonomie. Et en plus de la responsabilitĂ© d’avoir un chien, quoi.

L.

D’avoir un ĂŞtre vivant, de s’occuper d’un ĂŞtre, d’un autre ĂŞtre vivant, quoi. Après, les rencontres dans le milieu du chien guide, les Ă©ducateurs, toi que j’ai pu rencontrer, les gens qui font des dĂ©tentes, tout ça, oui, c’est sĂ»r qu’on rencontre un autre monde, un monde de chiens d’assistance, des chiens guides, des chiens d’assistance. C’est sympa. J’adore aller partout avec mon chien. MĂŞme les hĂ´tesses de l’air dans l’avion. Tout ça, c’est… ah ben moi j’aime bien les chiens, ah ben moi aussi j’en ai un… Houlala ! Le mien est pas aussi sage. VoilĂ , ça peut engager des conversations, en fait.

E.

Et du coup, ça met un vecteur au milieu…

L.

…qui est très diffĂ©rent de quand on a une canne, qui est très diffĂ©rent. Quand j’avais ma canne, on pouvait me tirer par le bras pour m’Ă©viter quelque chose. C’Ă©tait d’un bon sentiment, mais ce n’Ă©tait pas toujours bien fait. Alors qu’avec le chien, on voit que c’est un chien guide, donc on laisse faire parce qu’on sait qu’il ne faut pas dĂ©ranger.

E.

Je recueille ce genre de tĂ©moignages Ă  chaque fois sur la diffĂ©rence entre la canne et le chien vis-Ă -vis du monde extĂ©rieur, en fait. Limite Ă  me dire qu’il faudrait limite plus Ă©duquer sur comment gĂ©rer et comment… Tu vois moi c’est vrai que je parle beaucoup de comment se comporter face au binĂ´me maĂ®tre-chien/chien guide, mais au final, t’es pas forcĂ©ment, j’ai pas l’impression que c’est le plus dur pour les gens, qui prennent un peu plus de prĂ©cautions alors que pour le binĂ´me, entre guillemets, canne-dĂ©ficient visuel, lĂ , pour le coup, il n’y a pas de pitiĂ©. Enfin c’est pas qu’il n’y a pas de pitiĂ©, comme tu le dis, ça part souvent d’un bon sentiment, mais les gens sont un peu plus handicapĂ©s eux-mĂŞmes de savoir comment rĂ©agir face Ă  quelqu’un qui a une canne, quoi.

L.

C’est ça. Mais c’est exactement pareil qu’avec un fauteuil roulant, avec quelqu’un qui dĂ©placerait un fauteuil roulant, quoi.

E.

Les gens en prĂ©sence de l’animal Ă  cĂ´tĂ©, ils osent, c’est pas qu’ils osent moins, c’est que du coup, les rĂ©flexes sont très diffĂ©rents, mais c’est vrai. Je voulais quand mĂŞme te demander si, dans ces quelques mois passĂ©s auprès de Persia, c’est le tout dĂ©but de l’aventure, tu avais eu un moment plus compliquĂ© que les autres pour contrebalancer le meilleur moment que tu nous raconteras Ă  la toute fin.

L.

Je pense que le jour oĂą elle a sautĂ© sur une grand-mère dans la rue, c’Ă©tait extrĂŞmement gĂŞnant. Mon chien est un chien qui adore les chiens. Et on a croisĂ© une petite grand mère avec son petit chien, petit chien de petite grand-mère, voilĂ . Et je ne sais pas ce qui s’est passĂ©, soit elle l’a pris dans ses bras ou j’en sais rien, mais Persia a sautĂ©. Elle a sautĂ©. Alors elle n’a pas sautĂ© mĂ©chamment, mais c’est juste que je me suis fait entendre que mon chien, oui, c’est un chien guide, mais elle n’est pas obĂ©issante et elle est mal Ă©duquĂ©e. Et ça, c’est très dur parce que les gens, alors oui, ce sont des chiens guides, ce sont des chiens d’assistance, c’est des super chiens, mais ça reste quand mĂŞme des chiens qui peuvent avoir des comportements de chien, parfois.

E.

 Ă§a reste un animal.

L.

ça reste un animal et les gens ne le savent pas forcĂ©ment. Moi, j’Ă©tais très gĂŞnĂ©e parce que c’est un comportement qu’on essaie de rĂ©gler avec Persia et des fois, je ne peux pas lutter contre elle. Je ne peux pas… En mĂŞme temps, les gens restent beaucoup fixĂ©s devant elle avec leur chien, donc c’est très difficile Ă  gĂ©rer, quoi.

E.

Oui, au lieu de passer un peu leur chemin. C’est ce que tu veux dire. Les gens restent figĂ©s, la regarde. Ils sont un peu figĂ©s et se demandent un peu comment est-ce qu’ils doivent passer Ă  droite, Ă  gauche ? Est ce qu’ils doivent t’ignorer, est-ce qu’ils doivent changer de trottoir ? C’est vrai que pour le coup, ce serait mieux qu’ils passent leur chemin et que chacun…

L.

C’est ça, tu te bats avec ta laisse, et ton chien… tu dis non Persia, non, devant, devant…

E.

Oui, si toi, tu restes bloquĂ©e et qu’en fait ça reste figĂ©, la situation, il y a un moment oĂą il faut qu’elle avance, quoi.

L.

Mais c’est vrai que se faire entendre dire que ton chien adorĂ©, que tu aimes plus que tout, n’est pas obĂ©issant, mal Ă©duquĂ©, mal machin. C’est pas facile, alors que ce n’est pas vrai.

E.

Oui, puis c’est pas un robot, donc il peut y avoir… C’est pas une machine, le chien guide. Bon et pour contrebalancer tout ça, ton meilleur moment avec elle depuis votre rencontre ?

L.

En fait, je trouve que ma vie est meilleure avec elle. C’est pas Ă©vident comme question parce que j’ai envie de dire tous les moments avec elle sont prĂ©cieux, mais je pense que les meilleurs moments avec elle, c’est dĂ©jĂ  premièrement les moments de douceur et de gros câlins qu’on peut se faire. Et c’est vraiment de la voir Ă©voluer dans le foyer, de voir tout ce qu’elle nous apporte Ă  tous, en fait. Parce que oui, elle m’apporte Ă  moi. Mais Ă  nous 19, elle est partie dĂ©jĂ  en week-end avec nous et tout ça, et mĂŞme vis-Ă -vis de mes parents tout ça, c’est de voir que Persia fait partie de la famille, de la famille, ma famille et la famille foyer, et mĂŞme la famille dans laquelle je suis logĂ©e oĂą les garçons, enfin les enfants l’adorent. Et vraiment, je pense que c’est vraiment de la voir Ă©voluer, c’est vraiment mes meilleurs moments, je pense. Au foyer, quand on avait regardĂ© Charlie et la chocolaterie avec quelques-uns sur un grand Ă©cran et on avait Persia Ă  nos pieds et c’Ă©tait super chouette. VoilĂ  moi j’ai trouvĂ© ça très beau. On commence Ă  avoir pas mal de photos de groupe avec elle aussi.

E.

Oui, elle a intégré ta vie sociale aussi que tu avais, familiale, que tu avais avant.

L.

Oui oui, oui, mĂŞme Ă  la MaĂ®trise. La voir dĂ©ambuler entre tout le monde et tout, moi, je trouve ça, je trouve ça trop beau en fait. Je pense qu’elle apporte, parce qu’elle est lĂ , parce qu’il y a un chien, elle apporte Ă  l’entourage qui m’entoure, enfin, au lieu qui m’entoure.

E.

Le bĂ©nĂ©fice, il n’est pas que pour toi. Si ce n’est le guidage.

L.

C’est ça. Bien sĂ»r, le bĂ©nĂ©fice, c’est le guidage. Elle est lĂ  en soutien parce qu’elle me soutient partout dans tout ce que je fais, elle est lĂ  tout le temps. Quand je ne vais pas bien, elle le sent, elle vient se coller. Ça aussi, je trouve ça dingue. Je trouve ça beau parce qu’on voit qu’elle sent les gens qui ont besoin d’elle, en fait, qui ont besoin de plus de câlins, plus de… Qu’elle leur saute dessus. Je trouve ça beau.

E.

Oui, oui, vous ĂŞtes au tout dĂ©but de votre aventure, de toute façon. C’est vrai que, on s’est rencontrĂ©es, on s’est croisĂ©es avant Persia. Tu as vĂ©cu ta remise et on en a largement parlĂ© et ces petits vocaux Ă©taient très prĂ©cieux et je te remercie d’avoir vraiment jouĂ© le jeu, bien voulu jouer ce jeu-lĂ  de nous plonger avec toi dans ces moments un petit peu de transition en fait entre le ‘avant’ et le ‘après’, avec l’arrivĂ©e de Persia. Et puis mĂŞme avant, avec la rencontre avec Persia aussi. Et puis, on vous souhaite que du meilleur. On va ĂŞtre amenĂ©es Ă  se recroiser, on n’est pas loin de toute façon. On va ĂŞtre amenĂ©es Ă  se recroiser. Je pense que Persia est pas loin de toi, si on a bien compris. Elle doit ĂŞtre tranquillement…

L.

Exactement. Elle est juste Ă  mes pieds sur son petit tapis. Elle n’a pas bougĂ© depuis tout Ă  l’heure. Je pense qu’ils vont l’Ă©couter, mais je remercie grandement la famille d’accueil de Persia pour ce qu’ils ont fait avec elle, parce qu’ils ont fait le chien qu’elle est maintenant. J’ai hâte de les rencontrer. VoilĂ .

E.

Ça va bientĂ´t ĂŞtre le moment. C’est rigolo parce que du coup, j’ai l’impression de faire un peu les interviews croisĂ©es. Et puis après, de toute façon, l’Ă©cole gère le reste et votre rencontre, ce n’est pas de mon revers de toute façon, mĂŞme si je connais les uns d’un cĂ´tĂ© et toi de l’autre. Mais je pense que ça va ĂŞtre de belles retrouvailles. Je vous le souhaite et je te souhaite vraiment plein de bonnes choses pour l’avenir. T’as plein de projets. Je pense que vous ĂŞtes loin d’avoir tout vĂ©cu avec Persia et vous allez encore vivre tellement de choses et vraiment que du bon pour la suite.

L.

Ben merci. Et puis toi aussi, de beaux podcasts et de belles, de belles interviews, de belles rencontres.

E.

Et à très bientôt !

L.

A bientĂ´t, Estelle !

L.

Coucou Estelle. Ben Ă©coute, petit message vocal personnel parce que ça fait longtemps que je t’en ai pas fait juste Ă  toi toute seule pour te raconter un petit peu la suite de notre petit chemin Ă  moi et Ă  la Mistinguett lĂ , qui est sur le tapis de ma chambre, sur son petit tapis gris tout doux lĂ , avec la tĂŞte posĂ©e sur un coussin, parce que sur mon lit, il y a plein de petits coussins et le soir, je les enlève de mon lit pour dormir et un soir, elle s’est rendu compte qu’il y avait un petit tas de coussins par terre et elle a commencĂ© Ă  se faire un nid dans les coussins. Donc, du coup, elle a pris l’habitude de dormir sur des coussins, madame, voilĂ . Comme je vous l’ai dit Ă  et Letteli et Ă  toi, le jour de NoĂ«l, Persia a mangĂ© du foie gras. On avait tous le dos tournĂ©. On avait laissĂ© du foie gras sur la table basse et lĂ , ben, elle lui a fait sa fĂŞte. Elle en a mangĂ© trois tranches. VoilĂ , c’est sa première grosse grosse bĂŞtise, je pense. VoilĂ , c’est quand mĂŞme une chipie.

E.

Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. Merci Ă  vous de l’avoir Ă©coutĂ© en espĂ©rant qu’il vous aura plu. Merci aussi Ă  Laurianne d’avoir acceptĂ© mon invitation et jouĂ© le jeu de me partager son quotidien pendant quelques mois. J’espère que cette immersion vous aura permis de saisir tout l’enjeu de ces moments de remise dans la crĂ©ation des binĂ´mes maĂ®tre-chien. Pour complĂ©ter votre Ă©coute, vous pouvez retrouver sur futurchienguide.fr des photos de Laurianne et Persia et très bientĂ´t la transcription intĂ©grale de cet Ă©pisode. Pour m’envoyer vos retours, Ă©crivez-moi sur Instagram ou Facebook, j’adore Ă©changer sur vos ressentis suite Ă  l’Ă©coute. Alors, Ă  bientĂ´t pour un prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles.

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