De nouveau cet Ă©tĂ©, je n’ai pas pu rĂ©sister Ă  tendre mon micro du cĂŽtĂ© des chiens d’assistance pour de nouveaux hors-sĂ©rie de l’Ă©tĂ© ! Pour ce troisiĂšme hors-sĂ©rie, je ne vous prĂ©sente ni un bĂ©nĂ©ficiaire, ni un bĂ©nĂ©vole, mais StĂ©phanie qui est la rĂ©fĂ©rente de Mayotte, une chienne d’assistance mĂ©diateur formĂ©e par l’association des chiens mĂ©diateurs et d’utilitĂ© de l’Est. Cette chienne vous dit quelque chose ? Il s’agit en effet de l’élĂšve chien guide qui Ă©tait en famille d’accueil chez Audrey de l’épisode 8, qui comme elle nous avait expliquĂ© avait Ă©tĂ© finalement rĂ©orientĂ©e. Ainsi, depuis quelques annĂ©es maintenant Mayotte agit aux cĂŽtĂ©s de StĂ©phanie et de son Ă©quipe en tant que chien mĂ©diateur. Mais quel est son rĂŽle finalement ? StĂ©phanie nous raconte comment elle a essayĂ© de mettre en place ce projet avec son chien de famille tout d’abord, puis suite Ă  l’incompatibilitĂ© de son chien avec ce rĂŽle, comment elle a dĂ©couvert l’association des chiens mĂ©diateurs et d’utilitĂ© de l’Est. Elle nous raconte aussi comment Mayotte intervient au quotidien dans la rĂ©solution des conflits mise en place au sein de leur structure associative Impulsion 54.

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Transcription intégrale

 

Estelle

Bonjour et bienvenue sur le podcast futur chien guide, le seul podcast sur l’univers des chiens guides d’aveugles soutenu depuis cette annĂ©e par la FFAC et l’ANM Chiens Guides. Je m’appelle Estelle. Je suis passionnĂ©e par les chiens guides d’aveugles et bĂ©nĂ©voles pour cette cause Ă  Paris. Je suis d’ailleurs persuadĂ©e que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’ĂȘtre mieux connu. En tant qu’amoureux des chiens, futurs bĂ©nĂ©ficiaires ou autres curieux comme moi, vous croisez parfois des chiens guides d’aveugles et leurs maĂźtres en vous demandant : « Mais comment font-ils pour se dĂ©placer dans nos rues toujours plus agitĂ©es ? ». Ce podcast est le seul qui vous propose, au fil de rencontres enrichissantes, de dĂ©crypter l’univers des chiens guides d’aveugles pour comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi de dĂ©couvrir leur rĂŽle dans le quotidien de leur maĂźtre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, ou encore comment agir quand vous croisez un tel binĂŽme ? De nouveau, cet Ă©tĂ©, je n’ai pas pu rĂ©sister Ă  tendre mon micro du cĂŽtĂ© des chiens d’assistance pour de nouveaux hors sĂ©rie de l’Ă©tĂ©. Pour ce troisiĂšme hors sĂ©rie, je ne vous prĂ©sente ni un bĂ©nĂ©ficiaire, ni un bĂ©nĂ©vole, mais StĂ©phanie, qui est la rĂ©fĂ©rente de Mayotte, une chienne d’assistance mĂ©diateur formĂ©e par l’Association des Chiens MĂ©diateurs et d’UtilitĂ© de l’Est.

Cette chienne vous dit quelque chose ? Il s’agit en effet de l’Ă©lĂšve chien guide qui Ă©tait en famille d’accueil chez Audrey de l’Ă©pisode 8 qui, comme elle nous l’avait expliquĂ©, avait Ă©tĂ© finalement rĂ©orientĂ©. Ainsi, depuis quelques annĂ©es maintenant, Mayotte agit aux cĂŽtĂ©s de StĂ©phanie et de son Ă©quipe en tant que chien mĂ©diateur. Mais quel est son rĂŽle finalement ? StĂ©phanie nous raconte comment elle a essayĂ© de mettre en place ce projet, avec son chien de famille tout d’abord, puis suite Ă  l’incompatibilitĂ© de son chien avec ce rĂŽle, comment elle a dĂ©couvert l’Association des Chiens MĂ©diateurs et d’UtilitĂ© de l’Est. Elle nous raconte aussi comment Mayotte intervient au quotidien au sein de leur structure associative, Impulsion 54. Bonjour StĂ©phanie.

Stéphanie

Oui, bonjour Estelle.

E.

Merci d’avoir acceptĂ© cette invitation sur mon podcast Futur Chien Guide, mĂȘme si aujourd’hui on va parler un peu de chien guide, mais pas forcĂ©ment. Est-ce que tu peux pour commencer te prĂ©senter ?

S.

Oui, donc je suis StĂ©phanie Vautier. Donc je suis directrice d’une association qui emploie donc Mayotte, voilĂ , et je suis personnellement maman. On a sept enfants et quatre petits-enfants. Donc Mayotte est en contact rĂ©gulier avec les enfants. VoilĂ .

E.

Et donc dans ton quotidien, en tant que directrice d’association, c’est une association sur quel champ Ă  peu prĂšs ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ses missions ?

S.

Alors nous, notre association travaille avec le conflit familial. Alors dans un premier temps, la mĂ©diation familiale. Donc on suit des familles qui peuvent ĂȘtre en conflit. Donc on fait de la mĂ©diation parent-ado, on fait mĂ©diation de parents. On peut faire des mĂ©diations en situation de vieillissement, donc placement d’un parent ĂągĂ©, hĂ©ritage, succession. Et on a un autre service qui est l’espace rencontre. Donc c’est un espace qui accueille des parents qui ont Ă©tĂ© orientĂ©s par la justice pour reprendre contact avec leurs enfants. Et nous avons un autre service d’accompagnement Ă  la parentalitĂ©. Donc lĂ , c’est pas forcĂ©ment le conflit. C’est essentiellement des parents qui se posent des questions par rapport Ă  leur posture parentale, qui sont en difficultĂ© avec leurs enfants. Et enfin un dernier service de thĂ©rapie de couple pour que le couple puisse avancer, en tout cas prenne confiance en lui pour pouvoir poursuivre sa route ensemble. Donc voilĂ .

E.

Ok, donc plein de missions trĂšs diffĂ©rentes. Et puis si on parle aujourd’hui dans ce hors sĂ©rie de l’Ă©tĂ© de Mayotte, notamment, Mayotte, ça doit dire quelque chose aux auditeurs puisque on a parlĂ© de ce nom-lĂ  dans l’Ă©pisode 8 avec Audrey qui Ă©tait sa famille d’accueil lorsqu’elle Ă©tait Ă©lĂšve chien guide pour l’Ecole des Chiens Guides de Paris. Mais toi, comment tu as connu Mayotte et comment, du coup, elle est arrivĂ©e dans ton quotidien professionnel et personnel ?

S.

Alors en fait, j’ai un autre chien qui est une chienne teckel poil dur et j’ai toujours cru en les bienfaits de l’animal auprĂšs de l’humain pour rester zen. Et donc j’avais une teckel poil dur, enfin j’ai toujours une teckel poil dur, qui avait six mois et je pensais que la prendre au sein de la structure pour pouvoir travailler avec nous, enfin on sait que ça pouvait ĂȘtre intĂ©ressant et en fait, il s’est avĂ©rĂ© qu’elle est complĂštement asociale et que donc les personnes qui venaient Ă  l’association, elle voulait les manger. Enfin les femmes, ça passait, les hommes un peu moins. Donc au bout de trois mois, on a dit on arrĂȘte parce que c’est pas la peine, il va y avoir un accident, donc on arrĂȘte ça tout de suite. Et c’est lĂ  que je me suis mis Ă  rechercher ‘mĂ©diation animale’, qu’est-ce qui pouvait exister, et j’ai, j’ai trouvĂ© sur Internet l’Association des Chiens MĂ©diateurs et d’UtilitĂ© de l’Est. Donc je les ai interpellĂ©s. On est venu m’expliquer qu’il Ă©tait possible en tout cas d’adopter, ou en tout cas d’avoir Ă  disposition, puisque c’est une mise Ă  disposition pour la structure, d’un ancien chien guide ou en tout cas d’un chien guide en formation pour accompagner dans le travail les professionnels. Et donc on a dit bon ben pourquoi pas tenter cette aventure en sachant que ben il fallait quand mĂȘme demander l’accord de ma famille. Ben c’est pas anodin de recevoir un chien, surtout un golden retriever, enfin un gros chien, pas un teckel. C’est un golden retriever ou un labrador, en sachant que nous on avait dĂ©jĂ  un labrador qui est mort au bout de quatorze ans et demi. Donc on sait un peu le volume que ça a et la place que ça peut prendre. Et donc j’ai vu NoĂ©mie, qui s’occupe de l’Association des Chiens MĂ©diateurs, qui nous a expliquĂ© un peu la dĂ©marche. Donc on a montĂ© tout un projet autour de l’animal, surtout pour la reprise de lien entre le parent et l’enfant et pouvoir ĂȘtre zen dans cet espace oĂč on est en conflit. En tout cas que le chien amĂšne, qu’il joue ce rĂŽle de…

E.

de facilitateur un peu….

S.

…de relation, voilĂ . Et donc on a montĂ© ce projet, il a Ă©tĂ© validĂ©. Et NoĂ©mie est venue nous prĂ©senter Mayotte, qui est arrivĂ©e, elle avait trois ans, dĂ©cembre 2018 qu’elle est chez nous. Et donc ça a tout de suite matchĂ© et on l’a prĂ©sentĂ©e Ă  ma famille aussi. Et puis, aux collĂšgues aussi, elle s’est adaptĂ©e. Donc ils nous l’ont laissĂ©e un mois dĂ©jĂ  pour voir comment elle pouvait ĂȘtre dans les espaces, quand il y avait le ton qui montait, quand les personnes pleuraient, parce que Ă©tant donnĂ© qu’on travaille avec le conflit et les difficultĂ©s parentales, c’est vrai qu’on a des personnes qui sont Ă©normĂ©ment en Ă©motion. Et donc elle nous avait dit NoĂ©mie, que Mayotte avait Ă©tĂ© rĂ©orientĂ©e pour ĂȘtre formĂ©e Ă  la reconnaissance des Ă©motions chez l’ĂȘtre humain et donc justement faciliter la relation et pouvoir ĂȘtre aussi Ă  l’Ă©coute dans tout ce que les personnes pouvaient exposer ou en tout cas ce qu’ils pouvaient ressentir. Et c’est vrai que dans les espaces ben, du coup, ça a trĂšs bien fonctionnĂ©. Donc oui, elle Ă©tait, ben, Ă  l’Ă©coute. Elle venait quand le ton montait, elle vient poser sa gueule sur les genoux, les personnes la caressent, le ton baisse. Les personnes vont parler, beaucoup parler, ben elle va souffler. Des personnes pleurent, elle peut pleurer avec elles. Donc elle se met Ă  pleurer. Et donc les personnes verbalisent beaucoup plus facilement leurs Ă©motions en disant : ‘Le chien se rend compte, Mayotte se rend compte que je suis triste. Ah, je me rends compte quand elle souffle ben mĂȘme le chien je le saoule’. Donc voilĂ . Donc c’est vrai que c’est des rĂ©actions qui permettent aussi les Ă©changes. Alors aprĂšs c’est pas une baguette magique non plus, hein. Mayotte, des fois elle a rien envie de faire et elle est couchĂ©e et elle ne va pas bouger. VoilĂ . Ou quand quelqu’un vient la chercher, puisqu’on est neuf professionnels, donc elle est dans les espaces avec les diffĂ©rents professionnels et des fois, quand elle a pas envie, elle se cache dans mon bureau pour dire ‘venez pas me dĂ©ranger, j’ai pas envie’.

E.

Est-ce que du coup son rĂŽle au sein de la structure, il n’est pas uniquement auprĂšs de toi ? Tu nous parlais un petit peu de l’implication de ta famille parce que de fait, Mayotte ne dort pas au bureau. Elle rentre chez toi le soir et comme tu disais, c’est une mise Ă  disposition, c’est-Ă -dire qu’elle n’est pas, vous n’ĂȘtes pas propriĂ©taires de Mayotte. C’est un petit peu comme les chiens guides, c’est toujours l’Association des Chiens MĂ©diateurs de l’Est, dont NoĂ©mie est la responsable, qui est donc propriĂ©taire de Mayotte. Et pour le coup, le soir, elle a quand mĂȘme une maison et pour le coup, c’est chez toi.

S.

VoilĂ . Et c’est vrai que du coup, on a vraiment totalement confiance en elle puisque, alors par rapport Ă  notre autre chienne qui est une teckel, le vĂ©to nous disait toujours ‘il y a les chiens, et puis il y a les teckels’. C’est des races trĂšs butĂ©es, voilĂ , qui ont un caractĂšre vraiment Ă  part. Et c’est vrai que vis-Ă -vis de nos enfants, alors qui sont grands, mais des derniers qui ont deux et quatre ans et les petits-enfants qui ont entre deux, enfin non trois semaines, et mais bon trois semaines, je la compte pas puisqu’elle pas en relation avec Mayotte, mĂȘme si Mayotte est venue la sentir et tout. Mais les autres, c’est vrai qu’on a totalement confiance. Comme les enfants ici Ă  la structure. Les enfants, c’est un repĂšre, Mayotte. C’est vrai que, Ă  la maison, voilĂ , Mayotte, elle est trĂšs demandĂ©e et elle est trĂšs Ă  l’Ă©coute de tout le monde. Et au travail, ben c’est vrai qu’elle passe dans les diffĂ©rents espaces. Nous, on a mis des affiches partout de Mayotte expliquant ce qu’est Mayotte, quel chien c’est, que bien entendu, il faut nous dire si les personnes ont peur, si elles peuvent ne pas l’accepter, si… Mais en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on a peut-ĂȘtre une ou deux personnes par an qui nous disent ‘non, attention, j’ai peur’ ou voilĂ . C’est vrai que sinon les enfants rĂ©clament beaucoup Mayotte en sachant qu’elle a un brassard, donc des chiens mĂ©diateurs, et que donc ben les enfants, certains demandent mĂȘme Ă  avoir Mayotte Ă  cĂŽtĂ© d’eux, tiennent le brassard et vont dans l’espace rejoindre le parent avec lequel ils n’ont plus contact, avec Mayotte. Et ça les aide Ă  pouvoir aller vers l’autre, ce parent-lĂ  qu’ils ne connaissent pas. Et dans l’espace on nous demande aussi Ă  avoir Mayotte puisque en fonction des difficultĂ©s que rencontrent les personnes, ben Mayotte, elle va ĂȘtre Ă  leur cĂŽtĂ© et c’est vrai qu’ils se sentent soutenus par la prĂ©sence de Mayotte qui va pouvoir poser sa gueule, qui va pouvoir rĂ©agir en fonction des chiens, c’est un chien hein, mais elle peut souffler, pleurer, etc. Et c’est vrai que ça leur apporte beaucoup aux personnes. Oui.

E.

C’est vrai que moi je me souviens de Mayotte parce que alors on a fait l’Ă©pisode 8 avec Audrey, sa famille d’accueil qui l’avait eue elle en juin 2007 en deuxiĂšme famille d’accueil, comme ça peut ĂȘtre le cas, et j’avais eu l’occasion de la prendre en relais un ou deux week-ends, je crois que c’Ă©tait, c’est sĂ»r, en juillet 2017, et puis un autre week-end Ă©galement. Et elle m’avait vraiment Ă©patĂ©e parce que j’Ă©tais allĂ©e dans le Sud, dans ma famille et pour le coup, mon cousin venait d’avoir un chiot et elle avait Ă©tĂ© tellement adorable avec ce chien-lĂ  alors qu’elle pouvait tout Ă  fait jouer normalement avec d’autres chiens. Mais elle Ă©tait vraiment tolĂ©rante et consciencieuse avec ce petit chiot, Ă  partager les jouets alors qu’elle ne le faisait pas forcĂ©ment avec tous les autres chiens, mais vraiment dans la comprĂ©hension dĂ©jĂ  canine et ensuite oui comme tu le dis, humaine. Donc voilĂ , c’est vrai que quand elle a pas pu finir son cursus au niveau des chiens guides, mais elle a eu une formation complĂ©mentaire auprĂšs des Chiens Guides MĂ©diateurs de l’Est, des Chiens MĂ©diateurs, pardon, de l’Est, auprĂšs de NoĂ©mie et ses collĂšgues, parce que c’est pas un mĂ©tier non plus, le mĂ©tier de chien mĂ©diateur on va dire, tu disais qu’elle travaille pour toi, c’est des choses qu’elle a appris aussi. Il y a des choses qui sont innĂ©es, mais il y a des choses qu’on a renforcĂ© et qu’on a positivĂ©, ce qui fait qu’elle permet aujourd’hui aussi un meilleur contact avec l’humain.

S.

Oui, tout Ă  fait, c’est ça. Alors aprĂšs le gros problĂšme qu’on a avec Mayotte et que tout le monde sait, c’est un peu compliquĂ© de gĂ©rer, c’est qu’elle est gourmande. Donc elle a dĂ©couvert autre chose que les croquettes. Et en fait, notre gros souci, c’est qu’elle a pris Ă©normĂ©ment de poids, donc elle a pris dix kilos. Donc autant dire que ça a Ă©tĂ© compliquĂ©. Mon vĂ©tĂ©rinaire dit ‘il vaut mieux un chien bien dans sa tĂȘte qu’un chien frustrĂ©’, donc bon, ok. L’Association des Chiens MĂ©diateurs, c’est pas ce qu’ils nous disent, mais du coup, c’est vrai que c’est compliquĂ© parce que Mayotte fait Ă©galement des groupes de parole pour les seniors, elle participe. C’est essentiellement des mamies du coup, et ils lui ramĂšnent Ă  manger. Donc c’est compliquĂ©. Et les enfants, ben ils aiment bien la gĂąter et partager avec elle leur petit goĂ»ter. Donc gĂ©rer ça, c’est trĂšs trĂšs difficile. On essaie le plus possible. On avait rĂ©ussi Ă  lui faire perdre huit kilos, ce qui Ă©tait pas mal vu qu’elle est en croquettes allĂ©gĂ©es et tout. Mais elle a repris quand mĂȘme. Donc je pense qu’il y a des petites choses, voilĂ , qui sont faites sous le manteau parce qu’on a du mal Ă  rĂ©guler ça. Donc c’est vrai que c’est compliquĂ©, mais elle fait partie, comme Ă©tant un membre entier de l’Ă©quipe, et c’est vrai que mĂȘme l’Ă©quipe ben voilĂ , quand c’est difficile ou quand on a des situations complexes, ils vont sortir avec elle, ils vont jouer avec elle ou ils vont la brosser. Et c’est vrai que ça permet aussi Ă  l’Ă©quipe d’ĂȘtre bien dans le travail. Parce que moi, je peux partir en vacances ou des choses comme ça. Et plutĂŽt que de la donner aux Chiens MĂ©diateurs puisqu’il y a une possibilitĂ© pendant les vacances, ben elle va chez d’autres membres de l’Ă©quipe. Euh, on est deux autres membres de l’Ă©quipe Ă  la prendre. Donc il y a une de nos mĂ©diatrices familiales qui la prend chez elle, et une des secrĂ©taires qui la prend aussi chez elle pour justement pouvoir permettre qu’elle reste dans l’environnement oĂč elle a l’habitude d’aller. AprĂšs, je reste quand mĂȘme, c’est vrai, malgrĂ© tout, la fonction…

E.

La référente.

S.

La rĂ©fĂ©rente, voilĂ . MĂȘme si nous on dit ‘va chez ta maman’. LĂ , voilĂ , lĂ  elle est Ă  cĂŽtĂ© de mon bureau, Ă  cĂŽtĂ© de moi, mĂȘme avec Ă  mon mari, il la sort beaucoup, il peut jouer beaucoup avec elle, ou les enfants. Et c’est vrai que du coup, elle est dans son Ă©lĂ©ment. On se rend compte que c’est vraiment une chienne bienveillante qui est Ă  l’Ă©coute, qui nous pose vraiment aucune difficultĂ©.

E.

Et pour le coup, comment ça s’organise son emploi du temps, entre guillemets, entre vous ? Est-ce que vous faites le planning de Mayotte dans la semaine comme vous le faites pour vous, pour savoir oĂč est-ce qu’elle vous accompagne ? Est-ce qu’elle vous accompagne Ă©galement Ă  l’extĂ©rieur de la structure ou pas du tout ?

S.

Oui. Alors, en extĂ©rieur, elle nous accompagne surtout pour les groupes de parole seniors, avec la collĂšgue en maison en foyer d’autonomie. Et on a pu le faire aussi en maison de retraite, en EHPAD, et aprĂšs elle peut aller Ă  des rendez-vous extĂ©rieurs quand je suis une formation elle me suit, oĂč je peux pas l’amener Ă  la structure avant ou aprĂšs. Du coup, elle vient avec moi durant la formation. Et c’est vrai que ça a toujours un effet assez incroyable sur les Ă©tudiants qui vont ĂȘtre beaucoup plus Ă  l’Ă©coute, beaucoup plus bienveillants. Donc ça, c’est intĂ©ressant.

E.

C’est vrai qu’elle allait, elle allait dĂ©jĂ  beaucoup en cours puisque Audrey Ă©tait prof cĂŽtĂ© artistique, mais c’est vrai qu’elle avait aussi cette relation avec des Ă©tudiants en fait, donc elle en retrouve parfois. C’est rigolo.

S.

Oui et aprĂšs par rapport Ă  la semaine, alors au niveau de l’espace rencontre, lĂ  elle y est. Donc quand il y a espace rencontre, elle est au sein de l’espace rencontre parce que c’est plus qu’une plus-value. Les enfants sont demandeurs, voilĂ . Donc moi je l’amĂšne mĂȘme les samedis au travail pour qu’elle puisse ĂȘtre prĂ©sente au niveau de l’espace rencontre en sachant qu’elle a quand mĂȘme des espaces dĂ©diĂ©s sans les enfants. Parce que ça c’est important aussi parce qu’il y a Ă©normĂ©ment d’Ă©motion. Et si elle a pas de possibilitĂ© de pouvoir s’en Ă©carter un peu, c’est compliquĂ©. Et aprĂšs dans la semaine, ben, c’est en fonction de comment elle est, si elle va… C’est vrai qu’il y a certaines personnes, elle y va pas, donc elle ne va pas dans l’entrĂ©e quand ça sonne, elle n’y va pas, ou quand elle les croise, elle s’arrĂȘte mĂȘme pas. Et d’autres, elle va ĂȘtre vraiment collĂ©e Ă  eux. Alors on sait pas trop si c’est l’Ă©motion qu’ils dĂ©gage ou ce qu’ils peuvent, voilĂ , renvoyer, qui fait qu’elle va s’en approcher plus ou moins. C’est vrai qu’on a pu remarquer ça… Pareil chez moi, mon voisin, j’espĂšre qu’il Ă©coutera pas le podcast, elle ne peut pas, elle l’aime pas trop, elle va pas s’en approcher, alors que sa femme, elle va y aller complĂštement. VoilĂ , on a des personnes comme ça qui…

E.

ça matche pas pas quoi.

S.

Ouais, ça matche pas. Pareil en sĂ©ance, elle aura la possibilitĂ©, oĂč toute la sĂ©ance elle va ĂȘtre vraiment alerte et monter sur eux mĂȘme quand il y a beaucoup, beaucoup d’Ă©motion, et d’autres oĂč elle va ronfler. Et elle en a strictement rien Ă  faire de ce qui se passe dans cet espace-lĂ , voilĂ . Donc c’est vrai que gĂ©nĂ©ralement elle est assez active, mais il peut y avoir des fois oĂč elle a pas envie.

E.

Et est-ce que depuis 2018 du coup dans tes pratiques, il y a des choses qui ont changĂ© de par l’accueil de Mayotte et la prĂ©sence de Mayotte dans ton quotidien professionnel, par exemple ?

S.

On s’Ă©coute un peu plus parce que, Mayotte, elle peut aller vers les personnes, mais elle peut aller aussi vers nous quand on est plus en Ă©motion. Donc ça nous aide aussi Ă  verbaliser ce qui se passe dans l’espace. Et ça, c’est vraiment, vraiment une plus-value. Ma collĂšgue mĂ©diatrice familiale aussi le dit. C’est que vraiment, elle aide Ă  pouvoir verbaliser ce qui se passe lĂ  dans cet espace-lĂ , tant pour nous que pour les personnes. Donc ça, c’est vrai que c’est une plus-value. Et au niveau de l’espace rencontre, ben, beaucoup au niveau des enfants. C’est vrai qu’on se rend compte qu’elle est vraiment facilitatrice du dialogue, de l’Ă©change et de la rencontre. L’enfant il va ĂȘtre beaucoup plus facilement Ă  l’Ă©coute et il va se sentir beaucoup plus en confiance Ă  cĂŽtĂ© de Mayotte que seul. MĂȘme si un adulte qui est prĂ©sent, hein, puisque l’animal, il n’y a pas de barriĂšre en fait, c’est vraiment ce qui facilite la relation. Nous, on a pu voir, c’est vraiment quelque chose d’efficient.

E.

Tu as des histoires ou des anecdotes comme ça oĂč Mayotte a dĂ©bloquĂ©, entre guillemets, des situations ?

S.

Ah oui, il y a une petite fille. Enfin, une petite fille, si une petite fille quand mĂȘme, de neuf ans, qui avait pas vu son papa depuis plus d’un an et demi et oĂč la rencontre Ă©tait difficile. Et Mayotte est venue tout de suite dĂšs l’entrĂ©e avec cette petite fille. Donc elles ont jouĂ© ensemble une bonne dizaine de minutes et aprĂšs le papa est venu lui. La petite fille voulait pas bouger de l’entrĂ©e. Le papa est venu et en fait, ils ont commencĂ© Ă  caresser tous les deux, alors on a des paniers avec des jeux dedans, des brosses, etc., et le papa a entamĂ© la conversation avec cette petite fille grĂące Ă  Mayotte en disant ‘ben, tu vois, t’aimes bien les chiens, tu le sais, moi j’en ai un, il s’appelle comme ça, alors je fais ça avec…’. Et du coup, ils ont commencĂ© tous les deux Ă  Ă©changer par rapport au chien, ce qui a permis une rencontre plus facile, en tout cas, elle a Ă©tĂ© mĂ©dia entre les deux. VoilĂ . AprĂšs un mois en thĂ©rapie, un couple qui s’est vraiment effondrĂ© et oĂč Mayotte a pu monter, alors elle est montĂ©e, alors bien entendu, toujours les personnes sont d’accord et on leur dit que si Mayotte fait quelque chose qui ne leur convient pas, ils peuvent le dire. Elle est montĂ©e sur, c’Ă©tait madame, entre autres, qui pleurait beaucoup. Elle s’est mise Ă  pleurer avec elle et elle a dit ‘mĂȘme le chien me comprend, mĂȘme le chien sait que lĂ  je suis en Ă©motion et que c’est difficile pour moi’. Ça l’a aidĂ©e aussi Ă  verbaliser ce qu’elle pouvait ressentir. C’est vrai que c’est vraiment vraiment intĂ©ressant. Et au niveau des groupes de paroles seniors, ils sont en attente toutes les semaines de l’arrivĂ©e de Mayotte pour la caresser, pour la sortir, pour la brosser. C’est assez impressionnant.

E.

C’est vrai du point de vue des seniors. Moi, j’ai eu l’occasion d’aller, alors de maniĂšre complĂštement personnelle, en EHPAD, voir ma grand-mĂšre qui Ă©tait lĂ -bas ou en maison de repos post-opĂ©ratoire, etc. Et que c’est quelque chose que j’ai vraiment envie de faire un jour dans ma vie, lorsque j’aurai un Ă©lĂšve chien guide sur une durĂ©e un peu plus longue que les relais que je peux me permettre aujourd’hui. Parce que ce temps-lĂ  de contact en tout cas, permet beaucoup de choses et en effet ramĂšne aussi des souvenirs. Et je me souviens avoir fait, c’Ă©tait en Ă©tĂ©, donc on Ă©tait dehors avec mamie et forcĂ©ment il y avait d’autres personnes qui Ă©taient par ici et on a fait le tour avec Nollie. C’Ă©tait il y a tout juste quatre ans et en fait, ben voilĂ , chacun avait une caresse, un mot, alors que les gens ne sont pas forcĂ©ment trĂšs enjouĂ©s d’ĂȘtre dans ces milieux-lĂ  et, de fait, ça ravive un petit peu le quotidien, juste par la prĂ©sence d’un chien.

E.

J’imagine que du cĂŽtĂ© des seniors, c’est un rendez-vous attendu en tout cas.

S.

Oui oui oui, mais mĂȘme aprĂšs, personnellement, nos petits-enfants se couchent sur Mayotte, ils ont la tĂȘte et puis ils la caressent, ils tripotent. Enfin, c’est vraiment attendrissant. Et Mayotte, ben elle est oĂč Mayotte, voilĂ  ils la cherchent et c’est vrai qu’elle est toujours zen, quoi, trĂšs zen. Alors nous on voit la diffĂ©rence avec notre teckel qui elle n’est pas zen. Donc c’est vrai que c’est assez rigolo de voir les enfants ĂȘtre en attente de Mayotte et quand elle n’est pas lĂ , ben elle est oĂč Mayotte, quoi. Donc c’est vrai que c’est bien.

E.

Et mĂȘme dans les histoires de chiens d’Ă©veil-chiens mĂ©diateurs, qui sont des chiens mĂ©diateurs en fait entre la famille et l’enfant, parfois. On l’a vu dans les hors-sĂ©rie cet Ă©tĂ© il y a quelques semaines, et on l’a vu aussi l’an dernier dans les hors-sĂ©rie avec un chien d’Ă©veil cĂŽtĂ© handichiens et les familles disent souvent ben la prĂ©sence fait qu’on raccroche avec, avec l’enfant, alors qu’au final c’est parfois compliquĂ© de se concentrer pour certains enfants et ça permet justement d’avoir l’intermĂ©diaire, comme tu dis en disant, ben voilĂ  le chien, la responsabilitĂ© du chien, mĂȘme si l’enfant est toujours secondĂ© d’un adulte comme j’imagine, tu nous le disais dans l’espace rencontre, c’est toujours le cas aussi.

S.

Oui voilĂ , mais c’est vrai que c’est vraiment un… alors ce qu’on dit c’est un outil de travail rĂ©ellement pour nous et c’est un outil thĂ©rapeutique parce que ça facilite beaucoup de choses. VoilĂ , elle est pas lĂ  par hasard, c’est vraiment quelque chose d’intĂ©ressant et de constructif et de construit aussi avec l’Ă©quipe hein, puisqu’on a Ă©tĂ© formĂ©s six jours en Ă©ducation canine justement pour ĂȘtre Ă  l’Ă©coute. Et l’Ă©quipe a pu faire des petits posters aussi avec les diffĂ©rentes tĂȘtes du chien, ce que ça pouvait reprĂ©senter si elle remue la queue, si elle s’Ă©tire, si les oreilles sont basses. Et c’est vrai que du coup, ça permet aussi de responsabiliser les gens qui sont dans cet espace vis Ă  vis de Mayotte, et d’Ă©couter aussi que des fois, elle a envie de sortir ou elle a envie de boire, ou ou elle a pas envie de rien faire et donc voilĂ , et de le respecter, ça c’est dĂ©jĂ  trĂšs intĂ©ressant.

E.

Et par rapport Ă  la prĂ©sence de Mayotte, ça fait dĂ©jĂ  presque quatre ans qu’elle est Ă  vos cĂŽtĂ©s. Est ce que vous avez des projets qui ont Ă©tĂ© initiĂ©s par sa prĂ©sence ? On va dire des choses qui sont nĂ©es vraiment de sa prĂ©sence ?

S.

Ben les groupes de parole seniors, ça oui. La mĂ©diatrice familiale qui s’en occupe, je pense qu’elle aurait pas voulu le faire, peut-ĂȘtre en tout cas pas simplement, lĂ  le chien il est fĂ©dĂ©rateur et il y a une attente vraiment des personnes qu’elle va voir. AprĂšs, au niveau des espaces, c’est vrai que c’est vraiment trĂšs intĂ©ressant. Et au niveau de l’espace rencontre, on a des enfants qui lĂ , faut… des fois, je peux dire ‘je la ramĂšne pas, je suis fatiguĂ©e’. Et puis j’ai une grosse semaine, donc retourner le samedi au travail, c’est quand mĂȘme… ça me demande beaucoup. Et c’est vrai que des fois, il y a des enfants, c’est obligatoire, il faut que Mayotte soit lĂ , sinon on n’avancera pas, on fera pas, ils s’approcheront pas du parent. Et c’est vrai que ça, c’est vraiment une plus-value. VoilĂ , vraiment quelque chose d’intĂ©ressant.

E.

Mais en tout cas, on voit que Mayotte a pris et trouvĂ© sa place auprĂšs de toi et de toute l’Ă©quipe au final, mais aussi de toutes les personnes qui ont recours Ă  l’association pour diverses situations. Et qu’elle devient membre Ă  part entiĂšre avec ses quelques kilos en plus. Mais de fait, ça participe aussi Ă  cette envie de la rĂ©compenser, de prendre soin d’elle. Et donc c’est un Ă©quilibre judicieux Ă  trouver entre ces envies-lĂ  et son poids et sa santĂ©. Mais bon, quand tout va bien, c’est de l’embonpoint mais tout va bien quand mĂȘme, il faut y faire attention. Pour terminer, est-ce que tu peux nous raconter ton pire et ton meilleur moment avec Mayotte ?

S.

Je dirais, mon pire, c’est.. ça arrive souvent, c’est quand elle pĂšte en sĂ©ance et lĂ  il y a un blanc et tout le monde se regarde. Et lĂ  on explique que ben voilĂ , Mayotte, c’est comme tout le monde. Donc ça, c’est vrai que c’est dĂ©licat, toujours, voilĂ . Le meilleur moment, bah c’est quand mĂȘme quand les personnes se saisissent de Mayotte et qu’elle peut monter sur eux, ou en tout cas rien que poser sa gueule quand ils sont en Ă©motion, et la caresser, on voit le visage qui s’illumine quoi, il y a quelque chose qui se passe, qui se joue dans cet espace. Et il y a une prise en compte de ce que l’autre peut ressentir. Et ça, c’est vraiment fort.

E.

Et il y en aura encore plein d’autres j’imagine, puisque…

S.

Mais oui.

E.

Sa mission n’est pas finie Ă  vos cĂŽtĂ©s de toute façon.

S.

Du tout, du tout. Ah oui, non lĂ  c’est pas fini encore.

E.

En tout cas, merci beaucoup StĂ©phanie de nous avoir racontĂ© tout ça. J’avais hĂąte de connaĂźtre la suite de l’aventure de Mayotte aprĂšs l’avoir suivie en tant qu’Ă©lĂšve chien guide auprĂšs de Audrey qui nous avait racontĂ© ça dans l’Ă©pisode 8, aprĂšs l’avoir eue aussi personnellement en tant que famille relais Ă  la maison, et puis dans ma famille pour le temps d’un week-end. Je suis ravie. Je savais qu’elle allait bien, je savais qu’elle Ă©tait dans l’Est et qu’elle Ă©tait au service des Chiens MĂ©diateurs de l’Est qui est une association dont je mettrai aussi les coordonnĂ©es puisqu’elle mĂ©rite vraiment d’ĂȘtre connue. Et puis j’ai recroisĂ© NoĂ©mie du coup, dĂ©but juin, et lĂ , je me suis dit, au congrĂšs des chiens guides, NoĂ©mie, il faut vraiment que tu me mettes en contact. Il faut vraiment qu’on sache la suite de l’histoire. Donc je suis ravie en tout cas que tu aies acceptĂ© et je te remercie pour ce temps d’Ă©change avec moi.

S.

Mais merci Ă  toi. En tout cas, c’est toujours trĂšs agrĂ©able de parler de Mayotte et de ce qu’on peut faire avec elle. VoilĂ  donc, merci beaucoup.

E.

Je t’en prie et Ă  trĂšs bientĂŽt.

S.

Oui, au revoir. Merci.

E.

Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. Merci Ă  vous de l’avoir Ă©coutĂ© en espĂ©rant qu’il vous aura plus. Merci Ă  StĂ©phanie pour son temps et son tĂ©moignage. Je suis tellement ravie de vous partager la suite de l’histoire de Mayotte en vous faisant dĂ©couvrir son rĂŽle actuel. Pour complĂ©ter votre Ă©coute, vous pouvez retrouver sur futurchienguide.fr des photos de StĂ©phanie et ses collĂšgues avec Mayotte, mais aussi de Mayotte dans son quotidien et plus d’informations sur l’association Impulsion 54. TrĂšs bientĂŽt, vous aurez aussi la transcription intĂ©grale de cet Ă©pisode. Et moi, je vous dis Ă  bientĂŽt pour un prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles ou d’assistance.

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