DĂ©couvrez les challenges quotidiens de Marina, chargĂ©e de communication Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne. Communiquer pour une Ă©cole de chiens guides est un vrai dĂ©fi avec diffĂ©rents publics Ă  toucher, mais surtout diffĂ©rents messages Ă  dĂ©livrer ! Marina nous confie comment elle relĂšve ce challenge de sensibilisation du public et souligne l’importance des bĂ©nĂ©voles et familles d’accueil dans la communication.

Transcription intégrale

 

Transcription générée automatiquement par Happy Scribe

E.
Salut Ă  tous, je m’appelle Estelle et je suis passionnĂ©e depuis toujours par les chiens guides d’aveugles. BĂ©nĂ©vole pour cette cause Ă  Paris depuis des annĂ©es et aujourd’hui Ă  Lyon, j’ai lancĂ© le podcast Seuture Chien Guide, Ă©tant persuadĂ© que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’ĂȘtre mieux connu par tous afin que chacun puisse y trouver sa place. Mais savez-vous que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d’un chien-guide ? Alors, pour mieux comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi pour dĂ©couvrir leur rĂŽle dans le quotidien de leur maĂźtre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, je vous partage deux fois par mois mes Ă©changes avec un invitĂ© issu de cet univers, maĂźtre de chien-guide, bĂ©nĂ©vole et tant d’autres. Pour en savoir encore plus, n’oubliez pas de vous inscrire Ă  ma newsletter mensuelle pour dĂ©couvrir les coulisses du podcast, les actualitĂ©s des chien-guides et bien sĂ»r, des nouvelles de mes invitĂ©s. Et avant de passer Ă  l’Ă©pisode du jour, je voulais vous souhaiter Ă  tous une trĂšs belle annĂ©e 2024. Que vos projets s’accomplissent dans la joie et les rires entourĂ©s de toutou. Pour commencer cette nouvelle saison en beautĂ©, quoi de mieux que de dĂ©couvrir les dessous de la communication d’une Ă©cole de Shanguids ?

E.
Comment faire passer les bons messages ? Quels sont les principaux dĂ©fis des Ă©coles de Schengen face au grand public ? Comment jongler avec les communications de papier Ă  l’heure des rĂ©seaux sociaux. Pour vous, je me suis rendu Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne pour Ă©changer avec Marina, leur chargĂ©e de communication qui m’a passionnĂ©ment confiĂ© ce challenge au quotidien. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode.

M.
Bonjour Marina.

E.
Bonjour Estelle. Merci de m’accueillir aujourd’hui Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne pour un enregistrement pour cette saison 2024. Je suis ravie, en tout cas, d’ĂȘtre lĂ .

M.
Moi aussi. Je suis ravie que tu sois lĂ .

E.
Écoute, est-ce que pour commencer, tu peux te prĂ©senter ?

M.
Oui, moi, c’est Marina. Je suis responsable de la communication de l’organisation des Ă©vĂ©nements Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillard, la seule Ă©cole en Europe Ă  Ă©duquer et offrir des chiennes guides aux enfants aveugles et malvoyants.

E.
C’est un beau programme. Est-ce que pour un peu nous en dire plus sur toi, tu pourrais te dĂ©crire en trois mots, me donner trois mots qui te reprĂ©sentent et trois mots qui reprĂ©sentent les chiens que tu cĂŽtoies.

M.
Ouh lĂ  lĂ  ! Tu aurais dĂ» m’envoyer les infos avant que notre travail.

E.
J’inaugure ma question 2024. Je travaille ça.

M.
Tu m’as dit trois mots pour me dĂ©crire, c’est ça ? Et trois mots pour dĂ©crire les chiens que je cĂŽtoie ? On va commencer par les chiens, ça va ĂȘtre plus simple. Les chiens, on va dire nounours. Les chiens qu’on a Ă  la fondation, c’est vraiment des boules d’amour. On ne peut pas faire plus plus adorable que ces chiens-lĂ . Je dirais bienveillant aussi et joueur. TrĂšs joueur. VoilĂ , joueur. Et pour moi, je dirais perfectionniste. C’est dit perfectionniste, je dirais aussi exigeante et enfin passionnĂ©e.

E.
Écoute, trois mots qui, d’aprĂšs notre connaissance mutuelle, te reflĂštent assez bien. Je ne connais pas la carte perfectionniste, mais tu nous en diras plus. Et tu nous parlais de ton rĂŽle au sein de la fondation. Est-ce qu’on peut revenir au tout dĂ©but de l’histoire, Ă  ta premiĂšre rencontre avec les Chiennes Guides ? Comment ça s’est passĂ© ? Est-ce que tu connaissais les Chiennes Guides ? Comment tu es arrivĂ© Ă  ce poste-lĂ  aujourd’hui ? Si on rembobine un petit peu tout ça.

M.
Alors, c’est un pur hasard, mais c’est un bel hasard. C’est-Ă -dire que dĂ©jĂ  de base, je ne suis pas du sud, je suis de Normandie et j’ai atterri ici par un stage que j’ai fait quand j’Ă©tais en bachelor, qui s’est trĂšs bien passĂ© Ă  Cavaillon. Et en fait, au fur et Ă  mesure des annĂ©es, je venais pour un Ă©vĂ©nement bien prĂ©cis qui s’appelle le Grand Prix des personnalitĂ©s, qui Ă©tait sur Avignon et ensuite sur l’Ăźle, sur la Sorgue. Et je revenais tous les ans. Quand je n’avais pas de stage Ă  cette pĂ©riode-lĂ , l’agence Ă©vĂ©nementielle me prenait en CDD pour que je puisse travailler dessus. Et aprĂšs, dernier stage de master, j’ai atterri Ă  Salon de Provence. Mais pareil, il y avait toujours un lien. C’Ă©tait la femme de Gilbert, qui tenait cette agence Ă©vĂ©nementielle, qui, elle, travaillait dans cette boite sur Salon de Provence, qui m’en a parlĂ©. J’ai atterri lĂ -bas, je suis restĂ©e. Et il s’avĂšre que j’ai voulu changer un petit peu d’horizon et donc j’Ă©tais au chĂŽmage. Je cherchais un nouveau travail et je un marchĂ© de travail qui avait du sens. C’est quelque chose qui me manquait cruellement dans mon ancien boulot.

M.
Il faut savoir que je suis team chien depuis toujours. C’est vrai que c’Ă©tait vraiment un plus quand on m’a proposĂ© ici, parce que c’est l’environnement rĂȘvĂ© pour la folle d’animaux comme moi. Et donc, au dĂ©tour d’une conversation, justement, avec Gilbert, mon ancien patron, il y a plus de 10 ans maintenant, il me parle de cette fondation et il me dit: Tu ne te souviens pas, sur la derniĂšre annĂ©e de l’Ă©vĂ©nement, ils Ă©taient partenaires. Je dis: J’ai dĂ» traiter avec eux, je ne comprends pas, ça, je ne m’en souvient pas. Il me dit: Si, tu ne te souviens pas, FrĂ©dĂ©ric, il est comme ci, il est comme ça. Non, je ne voyais pas. Il me dit: Il me semble qu’il cherche quelqu’un Ă  la com, ça t’intĂ©resse. Je dis: Écoute, go, Je me fais passer mon CV, je vais en apprendre plus. Et donc j’arrive ici pour un entretien et ça matche de suite avec FrĂ©dĂ©ric Gaillanne. On s’entend trĂšs bien, on avait les mĂȘmes objectifs, en tout cas. Je suis submergĂ©e J’ai d’Ă©motion par le projet de la fondation. Vraiment, c’est un coup de cƓur.

E.
Tu connaissais un peu les chiennes guides ou pas du tout ? Du tout.

M.
Et j’Ă©tais pas du tout familiarisĂ©e, en plus, avec le handicap visuel. Je n’avais jamais cĂŽtoyĂ© de personnes dĂ©ficientes visuelles. C’Ă©tait vraiment quelque chose de tout Ă  fait nouveau pour moi. Et j’ai atterri ici trĂšs rapidement. On a fait l’entretien, je crois qu’une semaine aprĂšs, on me disait que c’Ă©tait bon. Et la semaine suivante, on me disait: Tu commences.

E.
C’Ă©tait en quelle annĂ©e tout ça ?

M.
C’Ă©tait il y a quasiment trois ans maintenant. Et Ă©coute, j’adore ce que je fais. C’est un beau projet, c’est une belle cause, c’est du concret. C’est ça aussi qui me change beaucoup de mon ancienne job. C’est-Ă -dire que lĂ , tout ce que tu fais, tu sais que tu le fais pour des bonnes raisons. Et surtout, tu vois le changement, l’impact qu’a le chien sur l’enfant. Et ça, c’est la meilleure des motivations.

E.
Oui, parce que quand tu es arrivĂ©, il y avait quoi qui Ă©tait en place sur la communication et c’Ă©tait quoi les nouveaux challenges pour toi ?

M.
Il y avait beaucoup de challenges, puisque la fondation est quand mĂȘme assez rĂ©cente, le projet de la fondation date de 2003, mais la fondation a vu le jour en 2008, sous une association, et ensuite fondation en 2014. Et la communication, il n’y avait encore rien de trĂšs prĂ©cis de fait, puisque c’Ă©tait un poste qui Ă©tait uniquement fait par des alternants jusque-lĂ . Il y avait une alternante qui Ă©tait en place quand je suis arrivĂ©e et lĂ , qui est parmi nous aujourd’hui. Et donc moi, je suis arrivĂ©e et l’idĂ©e, c’Ă©tait que je puisse un petit peu plus professionnaliser ce qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mis en place Et donc, il y avait tout Ă  faire. Parce qu’il y avait plein de petites actions par ci, par lĂ  qui avaient Ă©tĂ© faites, mais il n’y avait pas encore de rĂ©elle stratĂ©gie mise en place. Donc, ça a Ă©tĂ© vraiment la premiĂšre Ă©tape, c’Ă©tait de faire un peu l’Ă©tat des lieux de ce qui avait Ă©tĂ© mis en place. Qu’est-ce qu’on avait besoin ? Qui est-ce qu’on voulait toucher ? Quels Ă©taient les objectifs ? Et puis ensuite, dĂ©rouler le plan d’action.

E.
Du coup, tu avais plein de challenges en arrivant. C’est vrai que dans le podcast, on n’a pas abordĂ© cette partie communication encore. Et en venant ici, en discutant avec toi, je me suis Il faut absolument que tu passes Ă  mon micro. En fait, tout ce qu’on voit des Ă©coles, il y a les familles qui communiquent, mais il y a aussi un peu de coaching selon les Ă©coles pour dire comment un peu communiquer et pour les aider. Du cĂŽtĂ© des bĂ©nĂ©ficiaires aussi, je sais qu’Ă  la Fondation, ça fait partie aussi de vos missions Mais c’est vrai qu’on entend beaucoup de choses. Il y a les newsletters, il y a les infos et derriĂšre, il y a une vraie stratĂ©gie de com. Aujourd’hui, si tu devais dĂ©finir un petit peu votre stratĂ©gie, c’est quoi vos principaux canaux de communication ? C’est quoi ce que vous souhaitez dĂ©velopper ? Et c’est quoi l’objectif de la communication ? Est-ce que c’est remettre plus de chien ? Est-ce que c’est avoir plus de don ? Ou est-ce que c’est juste se faire connaĂźtre ? C’est peut-ĂȘtre un mĂ©lange de tout ça, tu viens de dire.

M.
C’est ça. On a deux objectifs principaux. Le premier, ça va ĂȘtre la notoriĂ©tĂ©. Du fait qu’on se noie Ă  la seule Ă©cole en France et en Europe, c’est vrai qu’on a un public qui est trĂšs, trĂšs large. Et en fait, aujourd’hui, on a encore trĂšs peu de familles qui sont au courant de notre existence. Donc, c’est vraiment un des objectifs principaux que l’on a, c’est pouvoir nous faire connaĂźtre auprĂšs de tous les futurs possibles bĂ©nĂ©ficiaires. Et ensuite, en effet, le nerf de la guerre, Ă  collecter des fonds. Comme toutes les associations de Chien Guide, on ne vit uniquement que de dons, donc il faut qu’on puisse communiquer pour pouvoir attirer de nouveaux donateurs vers nous et puis fidĂ©liser aussi ce qu’on a dĂ©jĂ .

E.
Et en termes de canaux de communication, c’est quoi votre stratĂ©gie ?Papier, plus papier ?C’est.

M.
Un peu de tout. Quand je suis arrivĂ©e, c’Ă©tait principalement papier, avec un bulletin de gĂ©nĂ©rositĂ© qui Ă©tait envoyĂ© deux fois par an et une petite carte de vƓux. Et ensuite, il y avait un petit peu de communication sur les rĂ©seaux par ci, par lĂ . L’idĂ©e quand je suis arrivĂ©, c’Ă©tait dĂ©jĂ  de remettre un peu tout Ă  plat Donc, on a essayĂ© de ce qui Ă©tait dĂ©jĂ  en place, de le professionnaliser un petit peu plus et ensuite d’aller plus loin. Donc, par exemple, sur les rĂ©seaux, c’est vrai qu’on a une position aujourd’hui sur les rĂ©seaux qui est quand mĂȘme beaucoup plus marquĂ©e qu’avant. On s’est mis Ă  l’algorithme, on s’est mis Ă  faire des vidĂ©os, beaucoup de vidĂ©os. Ça, c’est sĂ»r, on a Ă©normĂ©ment de vidĂ©os, que ce soit sur Instagram, sur YouTube, sur Facebook. On s’est mis aussi Ă  faire un petit peu de sponsorisation, par exemple, ce qu’on ne faisait pas du tout avant. Et pour tout ce qui est papier, on s’est un peu plus dĂ©veloppĂ© aussi, c’est-Ă -dire qu’on va, par exemple, en plus du bulletin de gĂ©nĂ©rositĂ© qui est aujourd’hui beaucoup plus unique. Chaque bulletin de gĂ©nĂ©rositĂ© est unique, on le retravaille Ă  chaque fois.

M.
On va aussi l’accompagner d’une revue, un peu comme un magazine, qui va reprendre toutes les actualitĂ©s. Il y en a deux par an, donc on va dire un par semestre, qui va reprendre de, notamment, tous les portraits de nos bĂ©nĂ©ficiaires qu’il y a eu dans le semestre, de nos chiens, des activitĂ©s mis en place et manifestations par nos dĂ©lĂ©gations. Et on va toujours faire un petit focus pour en apprendre un peu plus, soit sur la dĂ©ficience visuelle, soit sur les chiens guides en gĂ©nĂ©ral. Et ça, c’est vraiment des destinations, on va dire, des personnes qui n’ont pas les rĂ©seaux et qui, justement, souhaitent aussi en savoir un peu plus. C’est vrai que ça permet d’avoir des informations concrĂštes pour toutes les personnes qui ne sont pas trop connectĂ©es.

E.
Oui, ou mĂȘme qui ont loupĂ© des infos. Exactement. On a beau ĂȘtre connectĂ©, on manque des postes. Comme tu disais, l’algorithme ne nous donne pas tout le temps tout Ă  regarder. Donc c’est hyper important aussi d’avoir ce magazine qui va avec. Donc oui, gros challenge de rĂ©organiser un petit peu tout ça, d’ĂȘtre sur les deux tableaux. Parce que la particularitĂ© de l’Ă©cole, comme tu le disais, c’est qu’on est dans une association qui a une vocation gĂ©ographiquement Ă  ĂȘtre sur toute la France, mĂȘme sur toute l’Europe. Mira Europe, Mira France ont Ă©tĂ© les noms de la fondation avant. Et donc, vous avez des bĂ©nĂ©ficiaires aussi au-delĂ  des frontiĂšres françaises qui viennent faire une classe de remises ici. Et avant qu’ils viennent, il faut bien se faire connaĂźtre. En termes de communication, justement, est-ce qu’on en parlait ce matin quand j’ai visitĂ© la fondation, vous me parliez des relations un petit peu que vous aviez avec les diffĂ©rents centres qui peuvent accueillir ces adolescents ou ces jeunes futurs Ă©ventuels bĂ©nĂ©ficiaires. LĂ -dessus, il y a une communication particuliĂšre qui est faite auprĂšs de ces des instituts ou ça se fait par les Ă©ducateurs au fur et Ă  mesure des classes de remises ?

E.
Comment vous vous organisez ?

M.
Ça, c’est quelque chose qui se fait au fur et Ă  mesure. On n’a pas de personne dĂ©diĂ©e pour le moment qui s’occupe de ce type de communication. On va avoir le pĂŽle enfants qui est reprĂ©sentĂ© par Chantal, qui est directrice du pĂŽle enfants, mais aussi co-directrice gĂ©nĂ©rale de la fondation, et Christelle, son assistante, qui vont se mettre en relation avec diffĂ©rents centres d’accueil de dĂ©ficience visuelle en France. L’idĂ©e, c’est de leur exposer un petit peu notre projet, les faire venir Ă  la Fondation pour qu’ils se rendent compte, parce que beaucoup ont ce vieil a priori de: Les enfants sont trop jeunes, ils ne sont pas assez responsables, ils ne sont pas assez autonomes. Nous, ce qu’on veut, c’est vraiment leur montrer ce qu’on fait, que ce soit concret et que si on arrive Ă  les dĂ©cider, Ă  ce qu’eux aussi soient convaincus du projet, automatiquement, ils vont parler de nous auprĂšs des familles qui les accompagnent et potentiellement, on peut avoir des enfants qui ne sont pas au courant de cette possibilitĂ©, qui sont gĂȘnĂ©s par la canne. Parce que c’est vrai que ce qui revient rĂ©guliĂšrement par nos bĂ©nĂ©ficiaires, c’est que la canne, ça Ă©loigne.

M.
Le but du jeu de la canne, c’est de cogner pour pouvoir voir qu’il y a un obstacle. Et en fait, beaucoup ont peur de cogner leur camarade, beaucoup ont peur de faire mal Ă  quelqu’un. Et donc, ils se renferment sur eux, beaucoup sont dĂ©scolarisĂ©s. Et donc, c’est vrai que l’arrivĂ©e du chien, c’est incroyable chez le jeune, vraiment, nous, on le voit entre le premier stage dĂ©couverte, la classe de remise ou mĂȘme le premier jour de la classe de remise et le dernier jour de la classe de remise. En gĂ©nĂ©ral, ce n’est pas les mĂȘmes enfants.

E.
Oui, carrĂ©ment. Et on en parlait, du coup, pour revenir un petit peu sur les diffĂ©rentes Ă©tapes pour avoir un chien en tant que jeune pour la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillonne. C’est vrai que j’en ai beaucoup parlĂ©. On ne va pas dĂ©velopper aujourd’hui Ă  nouveau tout ça, mais j’encourage du coup les auditeurs Ă  retourner Ă©couter l’histoire de BĂ©rĂ©nice et d’Opium dans l’Ă©pisode de 28. BĂ©rĂ©nice, cette heure en plus, la bĂ©nĂ©ficiaire de votre 100Ăšme Chien Guide.

M.
C’est ça, avec son beau opium.

E.
VoilĂ . Il y a aussi AnaĂŻs et Mozart, que j’ai eu l’occasion d’avoir dans ma vie professionnelle en stage pour les chĂšvres. Et puis, Ă  mon micro, cette mĂȘme semaine, pendant qu’elle Ă©tait en stage avec moi dans l’Ă©pisode 35. Et derniĂšrement, j’ai aussi eu Marine et Odor, que je vais croiser cet aprĂšs-midi. Dans l’Ă©pisode 43, qui nous ont parlĂ© justement de ces diffĂ©rentes Ă©tapes entre la stage dĂ©couverte, l’aprĂšs-classe, et qui nous ont racontĂ© comment elles, elles l’ont vĂ©cu, puisque ce n’est que des filles. Mais je tenais quand mĂȘme Ă  prĂ©ciser aussi qu’il y a une partie un petit peu particuliĂšre encore dans toutes les particularitĂ©s de la fondation, qui est que, comme nous l’a racontĂ© Guillaume avec Sabelle OmĂ©ga, dans l’Ă©pisode 45, vous remettez aussi des chiens Ă  des enfants qui naviguent dans le spectre autistique. Et ça, c’est une activitĂ© un petit peu annexe au sein de la fondation, qui est aussi en marche et dans la communication. Comment ça s’organise pour vous ?

M.
C’est une activitĂ© qu’on a stoppĂ©e suite au COVID, qu’on a mis en stand-by. Ça nous demandait Ă©normĂ©ment de ressources, ressources qu’on commençait Ă  manquer. Donc, on s’est posĂ© la question de qu’est-ce qui nous importait le plus ? Est-ce que c’Ă©tait de former des chiens d’assistance pour les enfants atteints de TSA, du trouble du spectre autistique, ou pour les chiens guides ? Et il s’avĂšre qu’aprĂšs rĂ©flexion, on a dĂ©jĂ  des associations comme Andy Chien, par exemple, qui peuvent le faire pour les chiens d’assistance. Et nous, les chiens guides, il n’y avait vraiment personne. Donc aujourd’hui, on s’est recentrĂ©s sur cette activitĂ©-lĂ  uniquement. On n’a pas abandonnĂ© le programme pour les enfants autistes, mais pour l’instant, il est en stand-by.

E.
Ok. C’est bien aussi de savoir un petit peu que parmi toutes les orientations, comme tu dis, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  dans une particularitĂ© d’une particularitĂ© et du coup, de se recentrer. Aujourd’hui, ce n’est plus d’actualitĂ©, c’est Andy Chien. On en a vu d’autres tĂ©moignages sur le podcast avec Andy Chien, qui gĂšre toujours ce genre de remises. Et vous, vous ĂȘtes restĂ© sur cette niche un petit peu, on va dire, des enfants de moins de 18 ans. Et c’est ce que voulait FrĂ©dĂ©ric Cayenne dans l’histoire de la fondation. En tant que fondateur, lui, c’est vraiment ce qu’il voulait, c’Ă©tait donner l’opportunitĂ© Ă  ces jeunes d’avoir un chien avant leurs 18 ans.

M.
Exactement. En fait, ce que j’ai toujours entendu de la part de Fred, c’Ă©tait que d’ĂȘtre un enfant, d’avoir ce handicap visuel, c’Ă©tait une double peine. DĂ©jĂ  parce que vous n’y voyez pas. Donc c’Ă©tait trĂšs compliquĂ© de pouvoir aborder certaines choses dans la vie quand on est adolescent et qu’on a des soucis visuels. Et en plus de ça, on vous impose cette canne qui, comme je l’ai dit tout Ă  l’heure, Ă©loigne, qui est quand mĂȘme trĂšs visuelle et qui, parfois, peut faire peur, notamment aux autres adolescents. On sait, c’est une pĂ©riode qui est quand mĂȘme trĂšs compliquĂ©e oĂč ils ne sont pas forcĂ©ment tous trĂšs sympathiques les uns envers les autres. Alors que le chien, la diffĂ©rence, c’est que tout de suite, les gens vont ĂȘtre attirĂ©s par le chien avant d’ĂȘtre attirĂ©s par la personne. C’est un fait. Mais ça va rapprocher. C’est un vecteur de lien social qui est incroyable. On en a beaucoup qui avaient des soucis Ă  l’Ă©cole, avant mĂȘme d’ĂȘtre dĂ©scolarisĂ©s, et qui aujourd’hui, le chien, c’est devenu un peu la mascotte. Ils ont plein d’amis parce que les gens avaient peur de leur parler, parce que peur de cette canne, peur un petit peu du handicap, etc.

M.
Le Chien, ça a Ă©tĂ© le moyen de discussion, d’entrer en conversation. Et aujourd’hui, ils ont une vie sociale qui est bien plus riche.

E.
Oui. Et toi, au quotidien, comment ça s’organise ? Est-ce que vous avez des missions un petit peu par semaine ? LĂ , je sais qu’il y a des jeunes qui sont sur le site depuis hier soir, qui sont arrivĂ©s pour trois semaines de classes de remises. Donc c’est vraiment le moment qu’ils attendent tous, plus ou moins stressant aussi, comme on en discutait tout Ă  l’heure. Mais toi, comment ça s’organise ? Est-ce que du coup, il y a des grands Ă©vĂ©nements ? Je pense qu’il y en a un en mois de septembre que j’ai loupĂ© pour cette annĂ©e chez vous, mais l’annĂ©e prochaine, on s’est dit. Tu as un calendrier annuel. Comment tu gĂšres ton poste de chargĂ© de com lĂ -dessus ?

M.
Alors, la question piĂšge. DĂ©jĂ , il faut venir au JPO l’annĂ©e prochaine parce que ce sera les 10 ans de la fondation.

E.
Si il y a un moment Ă  venir, c’est l’annĂ©e prochaine.

M.
C’est vrai qu’on a des Ă©vĂ©nements, on va dire, qui sont annuels, qui sont des grosses pĂ©riodes oĂč on sait que ça va ĂȘtre rechargĂ©, notamment les JPO en septembre. Septembre, ça va ĂȘtre nos deux classes de remises, donc ça va ĂȘtre octobre et avril. On sait que c’est des pĂ©riodes qui vont ĂȘtre trĂšs chargĂ©es parce qu’il va falloir Ă  la fois couvrir les classes. En gĂ©nĂ©ral, on essaie de faire Ă©normĂ©ment de contenu vidĂ©o qui puisse aprĂšs nous tenir sur toute l’annĂ©e. Et on va avoir aprĂšs plusieurs petits Ă©vĂ©nements qui vont se griffer. LĂ , par exemple, cette annĂ©e, on s’est lancĂ© le challenge de rĂ©aliser un dĂźner dans le noir, un dĂźner gastronomique et caritatif au Palais des Papes Ă  Avignon.

E.
J’ai vu la date, le 16 novembre.

M.
Exactement, par un chef Ă©toilĂ©. Ça, c’est pareil, c’est quelque chose qui ajoute un peu de piquant Ă  mon quotidien, mais c’est des beaux challenges. AprĂšs, on va avoir aussi tout ce qui est les pĂ©riodes d’appel Ă  don. En gĂ©nĂ©ral, ça va ĂȘtre courant novembre, dĂ©cembre et ensuite, ça va ĂȘtre mai. Ça, on le sait que c’est des pĂ©riodes qui sont dĂ©jĂ  de base trĂšs chargĂ©es. Et ensuite, tu as tous les autres projets, on va dire, qui sont plus ou moins annuels, qui vont venir se greffer Ă  ça. Donc chaque journĂ©e est diffĂ©rente. Ça aussi, c’est mon cĂŽtĂ© un peu persĂ©lectionniste et exigeante, c’est-Ă -dire que j’aime que les choses soient carrĂ©es et en mĂȘme temps, pour faire un boulot comme le nĂŽtre, il faut que ce soit carrĂ©, parce que sinon, tu as tellement de possibilitĂ©s que tu t’y perds.

E.
Et les chiens dans tout ça ?

M.
Les chiens, ils se sont ressentent de tout.

E.
Tu les vois au quotidien ? C’est ça. Tu les prends en photo au quotidien ?

M.
Absolument. Ils viennent dans mon bureau. Oui, ça, c’est le petit cĂŽtĂ© plaisir du travail. C’est que je suis au contact des chiens quasiment tous les jours, qu’on essaie aussi que les salariĂ©s Ă  la fondation soient famille d’accueil relaie. On a trĂšs rĂ©guliĂšrement des chiens chez nous. Toi aussi. Moi aussi. Notamment, il y a un chien qui est proposĂ© sur cette classe que j’ai eu quelques week-ends en septembre. On les a aussi dans le bureau et c’est quelque chose que moi, que j’apprĂ©cie tout particuliĂšrement. DĂ©jĂ  parce que ça te rappelle dans les moments qui parfois sont peut-ĂȘtre un peu plus compliquĂ©s, un peu plus stressants, oĂč tu as un peu plus de pression, ça t’apaise. Et ça te rappelle de pourquoi tu es lĂ . Moi, c’est vraiment… J’aime les chiens, je suis admirative de ce qu’ils font, de ce qu’ils peuvent faire. C’est ce que j’ai envie de communiquer, c’est regarder ce qu’ils savent faire. Ils sont incroyables et ils mĂ©ritent d’ĂȘtre mis en avant.

E.
Oui, donc c’est un peu la motivation. Ce que tu disais par rapport Ă  ton ancien mĂ©tier, c’est qu’il y avait peut-ĂȘtre moins de liens. Tu nous en as dit sans nous dire. Qu’est-ce que tu faisais avant ?

M.
Avant, j’Ă©tais responsable Ă©vĂ©nementiel dans un trĂšs gros groupe français qui est leader sur tout ce qui est implantologie. Implantologie. Donc les implants dentaires. Ok. Et donc, je m’occupais de toute l’organisation de leurs gros Ă©vĂ©nements en France et de tous les Ă©vĂ©nements Ă  l’international. Ok. Parce que c’est un gros groupe qui a Ă©normĂ©ment de filiales. Donc, ça veut dire beaucoup de congrĂšs, de lancement de produits, de sĂ©minaires, ce genre de choses, de symposium. C’Ă©tait un job qui Ă©tait incroyablement riche, trĂšs stressant, qui Ă©tait vraiment trĂšs sympa et que j’adorais. Mais c’est vrai que ça manquait de concret. Si tu veux, ça ne vend pas du rĂȘve de dire que tu fais un Ă©vĂ©nement pour vendre des implants dentaires. Tandis que faire un Ă©vĂ©nement pour rĂ©colter des fonds, pour que tu vois des enfants qui ont une vie complĂštement changĂ©e grĂące au chien, la question ne se pose mĂȘme pas.

E.
La question vient de rĂ©pondre, comme dirait ça. Exactement. Et justement, parmi tous ces grands moments, la JPO, on note l’annĂ©e prochaine, donc dernier week-end de septembre, si tout va bien, les 10 ans. C’est ça. Comment vous vous organisez ? Parce que du coup, tu n’es pas toute seule Ă  faire la communication. Sinon lĂ , tu serais un peu sous l’eau quand mĂȘme. On est deux. Vous ĂȘtes deux. Comment vous organisez toutes les deux ? Est-ce qu’il y en a une qui est plutĂŽt spĂ©cialisĂ©e en crĂ©ation de contenu vidĂ©o, l’autre qui poste. Comment vous faites ?

M.
C’est exactement ça. Donc moi, je vais ĂȘtre plutĂŽt sur tout ce qui est stratĂ©gie rĂ©dactionnelle. Et lĂ , elle va ĂȘtre plutĂŽt sur tout ce qui est contenu photo et vidĂ©o. C’est quelque chose sur lequel elle excelle et qui, moi, m’intĂ©resse un petit peu moins. Et Ă  l’inverse, tout ce qui est rĂ©dactionnelle, par exemple, c’est quelque chose oĂč elle pĂȘche un petit peu et que moi, j’adore. On est assez complĂ©mentaires, on se rĂ©partit bien les tĂąches et tout ce qui est Ă©vĂ©nementiel aussi que j’ai gardĂ©.

E.
Oui, quand mĂȘme C’est mon petit truc d’avant. C’est ça. Oui, et donc Ella, moi, je l’ai quand mĂȘme vue Ă  l’accueil aussi. Ce matin, elle m’a dit: DĂ©solĂ©e, j’ai eu un petit coup de fil. Mais en mĂȘme temps, elle gĂšre aussi les appels au niveau de l’accueil. Donc, elle est aussi multicasquette comme il faut l’ĂȘtre dans ces petites associations quand mĂȘme.

M.
Exactement.

E.
Parce qu’au niveau de la fondation, il y a combien de salariĂ©s ?

M.
Aujourd’hui, il me semble qu’on est 16 salariĂ©s. On est une petite Ă©quipe vis-Ă -vis des autres Ă©coles. Et justement, quand je suis arrivĂ©e, l’idĂ©e, c’est d’avoir qu’une seule personne Ă  la communication. Et en fait, j’avais demandĂ© Ă  garder Ella avec nous parce que je trouvais qu’elle avait des qualitĂ©s que moi, je n’avais pas forcĂ©ment et qu’on Ă©tait trĂšs complĂ©mentaires toutes les deux. Sauf qu’en termes de ressources, c’Ă©tait compliquĂ© d’avoir deux personnes Ă  la communication. Et vu qu’il y avait un poste qui se libĂ©rait Ă  l’accueil, l’idĂ©e, c’Ă©tait justement de faire double casquette, aller Ă  la fois assistante administrative et Ă  la fois chargĂ©e de communication.

E.
Parfait. Et lĂ , et lĂ .

M.
Exactement.

E.
Je me demandais si dans toute cette aventure, un petit peu, il y avait des choses que tu avais dĂ©couvert, parce qu’au final, tu ne connaissais rien des chiens guides. Non. Comment on dĂ©barque dans ce milieu ? Alors moi, c’est bizarre, on en discutait tout ce matin. Moi, ça infuse depuis le collĂšge. J’ai un peu grandi avec cette idĂ©e d’y avoir ma place quelque que je pense avoir trouvĂ©, mĂȘme si ça va encore se complĂ©ter cet automne. Comment se crĂ©e sa place ? Comment on arrive dans ce milieu des chiens guides ? Et qu’est-ce qu’on dĂ©couvre quand on arrive ? Qu’est-ce que sont les choses qui t’ont un peu surpris dans le bon, dans le positif, dans le nĂ©gatif ? Des choses que tu n’imaginais vraiment pas avant d’ĂȘtre lĂ , au milieu de cette fondation, en tant que chargĂ© de com’ ?

M.
DĂ©jĂ , tu te prends une claque. La premiĂšre fois que tu mets le pied dedans, je trouve que tu te prends une vraie bonne claque qui te remet les idĂ©es un peu en place sur qu’est-ce qui est important dans ta vie ou pas. Nous, notre systĂšme de classes de remises, deux fois par an pendant trois semaines, ça nous permet d’ĂȘtre vraiment en immersion avec ces jeunes pendant trois semaines, oĂč tu apprends Ă  les connaĂźtre, tu apprends Ă  avoir aussi la diffĂ©rence au quotidien de qu’est-ce que va leur apporter leur chien. En fait, encore une fois, tu te reprends une claque. C’est systĂ©matique, de toute maniĂšre. Je suis Ă©merveillĂ©e Ă  chaque classe sur Ă  quel point ces enfants ont de la rĂ©silience Ă  quel point ils sont incroyables. Ils voient gĂ©nĂ©ralement toujours la vie du bon cĂŽtĂ©. Ils ont des sens qui sont incroyablement dĂ©veloppĂ©s en dehors de la vue. En fait, ils t’Ă©patent. Et aux cĂŽtĂ©s des chiens, c’est comme si c’est le petit bourgeon, ça y est, il devient fleur. Ils ont leur plein potentiel. Et c’est vraiment ça qui me motive et qui me met une claque, clairement, systĂ©matiquement. Et sinon, ce qui m’a aprĂšs bien surpris quand je suis arrivĂ© aussi, c’est tous les ordres que peuvent apprendre les chiens, par exemple.

M.
J’ai toujours su que les chiens Ă©taient trĂšs intelligents et qu’ils aimaient ça, mais c’est vrai que vraiment, c’est quelque chose Ă  laquelle je ne m’attendais pas Ă  cet entraĂźnement aussi bienveillant qui a des rĂ©sultats incroyables. Je veux dire, le chien, en gĂ©nĂ©ral, quand il voit le harnais, tout de suite, il a la queue qui se met Ă  balancer de tous les cĂŽtĂ©s, il nous fait le plumeau. Et en fait, il n’attend qu’une chose, c’est de mettre le harnais et de se mettre au travail. Et c’est vrai qu’en gĂ©nĂ©ral, j’essaie de dire aux familles d’accueil de ne pas parler de travail parce que ça a une connotation un petit peu nĂ©gative, mais en mĂȘme temps, eux, ils ne le prennent pas comme un travail. Tu le vois, ils sont contents, ils n’attendent que ça. Ils veulent ĂȘtre avec toi, ils veulent te guider, ils veulent ĂȘtre prĂ©sents et ils apprennent les ordres au fur et Ă  mesure. C’est un peu comme si toi, tu as trouvĂ© ta passion et tu veux en apprendre plus, plus, plus, plus. En fait, c’est pareil. Et ça, c’est quelque chose qui m’a Je me suis beaucoup Ă©patĂ©e. Et encore aujourd’hui, quand je vois Ă  quel point c’est facile pour eux d’apprendre ça et comment ils l’apprennent en plus avec plaisir, je suis Ă©patĂ©e.

E.
Et tu disais les jeunes qui sont lĂ  aujourd’hui en classe de surmise, etc. Et du cĂŽtĂ© des chiens, comment ça se passe ? Est-ce que les chiens y passent, ils repassent ? Toi, tu en as un peu en relais. Tu en as eu beaucoup en relais ?

M.
Non, pas tant. AprĂšs, c’est un peu compliquĂ© aussi parce que je fais un peu de tĂ©lĂ©travail. Donc, selon les pĂ©riodes oĂč il y a besoin de relais, je ne suis pas forcĂ©ment tous les jours Ă  la fondation. Donc, en gĂ©nĂ©ral, ça va ĂȘtre plus le week-end. C’est quelque chose que je vais faire un peu plus prochainement, en tout cas.

E.
Tu vas t’engager plus.

M.
VoilĂ , voilĂ .

E.
Et lĂ , Ă  craquer, je crois.

M.
J’avais un chĂ©ri Ă  convaincre, mais ça y est, il est convaincu.

E.
Yes, trois ans.

M.
VoilĂ , c’est ça. C’est un travail de longue haleine. Je les connais tous. C’est quelque chose aussi oĂč j’essaie en permanence, en tout cas, d’ĂȘtre un peu en relation avec tout le monde. Je suis rĂ©guliĂšrement prĂ©sente, par exemple, sur les rĂ©unions des bĂ©nĂ©voles de la dĂ©lĂ©gation PACA. J’essaie aussi d’ĂȘtre au contact des familles d’accueil quand il y a des cours du chien, quand il y a des remises. En gĂ©nĂ©ral, j’essaie toujours d’ĂȘtre prĂ©sente, me prĂ©senter, donner mon contact pour encourager ces familles Ă  me tenir au courant, m’envoyer des photos, m’envoyer des vidĂ©os, ce genre de choses. Et ça me permet aussi de garder un peu un lien Ă  la fois avec le chien, Ă  la fois avec la famille. Et quand on est prĂ©sents ici, par exemple, le dĂ©jeuner, on le fait au chenil, donc on est au contact des chiens. C’est combien de fois tu as un petit coup de blues, un petit coup de down ou je ne sais pas, tu es un peu fĂąchĂ© ou quoi, tu atterris dans un box pendant ta pause dĂ©jeuner et Ă  14h00, c’est reparti.

E.
Tu as fait la pause canine, la pause caresse, cĂąlin, tout va bien. C’est ça. Ce n’est pas la ronronthĂ©rapie, c’est la toutout thĂ©rapie ?

M.
Oui, la ronronthĂ©rapie, je l’ai quand je rentre chez moi.

E.
Et du coup, on parlait un petit peu, j’en ai parlĂ© un tout petit peu au dĂ©but, de comment vous aidiez, vous incitiez les familles d’accueil ou les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  communiquer. Parce que ça, c’est quelque chose qui est assez particulier, je crois, Ă  la fondation. Toi, tu disais Ă  l’instant, tu leur demandes de t’envoyer des photos, de t’envoyer des retours, etc. Parce que c’est ce qui nourrit ta communication vers l’extĂ©rieur. En fait, ce n’est pas Marina qui fait la com, c’est Marina qui fait la com. GrĂące Ă  tout ce que tu as autour, tu ne peux pas crĂ©er les photos de chien, mĂȘme si maintenant, on peut le faire avec l’intelligence artificielle. On pourrait, mais du coup, toi, ta base, c’est quand mĂȘme les familles d’accueil et les bĂ©nĂ©ficiaires. Quel rĂŽle vous donnez Ă  ces deux parties d’engagĂ©es, on va dire, au sein de la fondation dans la communication ? Comment toi, tu entretiens ce lien, dĂ©jĂ , avec les bĂ©nĂ©ficiaires, pour commencer ?

M.
Ils sont centrales, ça, c’est un fait. Donc dĂ©jĂ , ce qu’on a mis en place dĂ©sormais, c’est que sur chaque classe, on a un shooting photo avec une photographe animaliĂšre incroyable, ValĂ©rie Chaud-Bagnan, qu’on fait venir de sa voix, qui a pris l’habitude. Maintenant, elle vient sur chaque classe et ça nous permet aussi d’avoir un moment avec les jeunes. En gĂ©nĂ©ral, c’est Ella et moi, plus un Ă©ducateur, qui gĂ©rons ce shooting. Et ça nous permet dĂ©jĂ  d’expliquer aux jeunes en quoi c’est important de faire ce type de photo, en plus de la beautĂ© des photos, etc, pour eux, pour leur famille. Parce que c’est vrai que, par exemple, pour ceux qui sont en cĂ©sitĂ© totale, parfois, faire des photos, ils ne voient pas du tout Ă  quoi ça va servir, ils ne se rendent pas compte. On essaie de leur expliquer, de les sensibiliser aussi Ă  comment ces photos vont ĂȘtre utilisĂ©es, pourquoi il faut les faire ? Quel est le message qu’on va faire passer avec. C’est un petit peu ce qu’on fait aussi avec, par exemple, nos bĂ©nĂ©voles et nos familles d’accueil. Nous, on a mis en place ce qu’on appelle le livret du bĂ©nĂ©vole. C’est un petit document oĂč on explique un petit peu l’histoire de la fondation, l’histoire des diffĂ©rents stages, mais aussi, par exemple, les spĂ©cificitĂ©s du logo, comment on peut l’utiliser, pourquoi il ne faut pas l’utiliser de telle maniĂšre, et par exemple, tout ce qui est comment prĂ©senter la fondation.

M.
La phrase la plus simple, c’est: La seule Ă©cole en Europe pour offrir rĂ©Ă©duquer des chiennes guides pour les enfants avec les malvoyants. Ce genre de choses, c’est quelque chose que je rĂ©pĂšte, rĂ©pĂšte, re-rĂ©pĂšte, re-rĂ©pĂšte, tout le temps, que ce soit sur les rĂ©unions des bĂ©nĂ©voles ou aprĂšs avec les familles d’accueil. Et j’essaie d’ĂȘtre au plus proche. Ils ont tous mon numĂ©ro de portable. Je suis joignable tout le temps, c’est un fait. Et au moins, on a du lien tous ensemble. Et c’est beaucoup plus simple quand j’ai un appel Ă  tĂ©moignage, par exemple, que la fĂ©dĂ©ration m’appelle parce qu’ils aimeraient avoir un petit tĂ©moignage, qu’ils aimeraient avoir une petite photo, qu’ils aimeraient avoir quelque chose. En gĂ©nĂ©ral, les bĂ©nĂ©voles, ils rĂ©pondent toujours prĂ©sents.

E.
Oui, et puis ce que tu dis, c’est que vous insufflez aussi l’importance d’avoir des photos, d’avoir de la communication et que ce n’est pas un rĂŽle passif qu’ils peuvent avoir juste en passant dans la formation, en ayant un chien remis et que ce n’est pas… AprĂšs, on leur souhaite bonne route ensemble. Je crois qu’il y a aussi une particularitĂ©, c’est que vous incitez peut-ĂȘtre les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  crĂ©er une communication autour de leur nouveau binĂŽme avec leur chien. Tu peux nous en dire un peu plus ?

M.
C’est ça. En fait, que ce soient les bĂ©nĂ©voles, famille d’accueil et bĂ©nĂ©ficiaire, en gĂ©nĂ©ral, j’utilise toujours le terme ambassadeur. Pour moi, ce sont eux, nos ambassadeurs en termes de communication. Il y a cette particularitĂ© oĂč on travaille quand mĂȘme en gĂ©nĂ©ral avec des adolescents qui aiment les rĂ©seaux sociaux. Donc, ça va ĂȘtre quelque chose oĂč en gĂ©nĂ©ral, ils sont trĂšs friands de conseils, de qu’est-ce qu’ils peuvent faire comme photo de leur chien, les partager sur les rĂ©seaux, etc. Et donc c’est quelque chose oĂč on peut nous les accompagner de temps en temps. Et on en a beaucoup qui ont crĂ©Ă© leur petit compte Instagram sur leur chien, sur leur dĂ©ficience visuelle, sur leur expĂ©rience. Et c’est vrai que je pense que c’est vraiment aussi liĂ© au fait que ce soit des enfants qui sont en attente de reconnaissance et oĂč lĂ , ils peuvent ĂȘtre mis en avant. Le fait qu’ils aient un chien, c’est quand mĂȘme assez unique. Ils ne sont quand mĂȘme pas beaucoup en France Ă  l’heure actuelle. À en avoir un chien. Et donc, ils se sentent trĂšs valorisĂ©s d’avoir rĂ©ussi Ă  parcourir toutes ces Ă©tapes. Parce qu’il ne faut pas croire, ces Ă©tapes, elles sont quand mĂȘme compliquĂ©es.

M.
Si le stage dĂ©couverte et l’aprĂšs-glace, on peut le faire plusieurs fois, ce n’est pas pour rien. C’est qu’on leur demande quand mĂȘme pas mal de choses, parce que c’est quand mĂȘme trĂšs important qu’ils soient suffisamment autonomes et responsables d’eux-mĂȘmes avant de pouvoir s’occuper d’un chien. Ici, on va leur apprendre Ă  gĂ©rer tous les besoins physiologiques de leur chien. On va leur apprendre Ă  rĂ©cupĂ©rer leurs excrĂ©ments, on va leur apprendre Ă  avec leur chien, on va leur apprendre Ă  comment les nourrir, comment faire attention aux parasites, ce genre de choses. Et donc eux, ils se sentent valorisĂ©s de savoir ça, ils se sentent Ă  part et ils veulent le communiquer. Et c’est vrai que nous, on les encourage fortement, on ne peut pas dire le contraire. De toute maniĂšre, la plupart de nos bĂ©nĂ©ficiaires aujourd’hui qui font partie aussi de nos dĂ©lĂ©gations en rĂ©gion. Ce sont des dĂ©lĂ©gations un petit peu partout en France et ils vont participer Ă  plein d’Ă©vĂ©nements, des fois mĂȘme trois, quatre, cinq ans aprĂšs leur remise ou mĂȘme venir sur nos JPO.

E.
Oui. Et puis lĂ , on l’a vu, ce week-end, il y avait la Whoofest. Effectivement. Parce qu’on a mis octobre et il y avait quand mĂȘme cinq Saint-Pierre. Oui, il y avait du monde.

M.
Il y avait du monde alors qu’on n’Ă©tait pas reprĂ©sentĂ©s officiellement. Parce qu’on Ă©tait reprĂ©sentĂ©s sur la Whoofest de Fly L’Ousk pendant la classe d’avril et on Ă©tait reprĂ©sentĂ©s aussi Ă  la WIFEST Ă  Lyon. On Ă©tait reprĂ©sentĂ©s lĂ  par notre dĂ©lĂ©gation.

E.
LĂ , c’Ă©tait une dĂ©lĂ©gation officieuse. Exactement. Qui s’est organisĂ©e pour rejoindre la WIFEST Ça fait de la communication.

M.
C’est ça. Disons qu’ils ne sont pas passĂ©s inaperçus. C’est vrai que dĂ©jĂ , on a cette particularitĂ© du chien, puisqu’on est les seuls Ă  travailler avec le Saint-Pierre. Krass, qui est venu du Canada. Morphotype, mĂȘme, je devrais dire plutĂŽt que race. Et c’est vrai que lĂ , sur cette WhoFest, tu as cinq nounours qui arrivent, noirs et blancs, tout de suite, en plus avec les gilets. Ils ne sont pas passĂ©s inaperçus. Et c’est vrai que je remercie la WhoFest parce qu’ils ont Ă©tĂ© adorables de nous mettre aussi en avant sur leur rĂ©seau, alors qu’on y est allĂ© de maniĂšre officieuse.

E.
Oui, mais du coup, il y avait un lien les deux fois prĂ©cĂ©dentes. Le lien a Ă©tĂ© construit. Puis, quand on les voit, on n’a qu’une envie, c’est de faire des cĂąlins et puis de prendre des photos.

M.
Absolument.

E.
J’ai eu la chance de profiter de deux d’entre eux hier soir, puisque j’Ă©tais hĂ©bergĂ©e chez une de vos bĂ©nĂ©voles, chez ValĂ©rie. C’est vrai que quand on voit Jamy Seynaud, qu’est-ce qu’on veut faire ? MĂȘme mon Babyboy, il Ă©tait conquis lĂ -dessus.

M.
C’est ça. C’est ce que je disais tout Ă  l’heure par rapport aux caractĂ©ristiques de ces chiens. On ne peut pas ne pas les aimer. C’est impossible. Et on en a beaucoup d’enfants qui arrivent ici, qui n’aiment pas les chiens ou du moins ne pensent pas ne pas aimer les chiens ou avoir peur des chiens. Parce que c’est vrai qu’encore une fois, nous, on ne se rend pas compte parce que le chien, on le voit, on voit comment il rĂ©agit, etc. Pour les personnes qui ne peuvent pas voir. Par exemple, ça peut ĂȘtre compliquĂ© de savoir oĂč est la tĂȘte, oĂč est la queue. Ça peut ĂȘtre compliquĂ© de se dire que le chien peut avoir des rĂ©actions qui sont imprĂ©visibles, qu’un chien, ça bave, que ça aboie, qu’on ne sait pas pourquoi ça aboie. Et donc, on en a Ă©normĂ©ment qui arrivent ici, en gĂ©nĂ©ral parce que leurs parents ont dit: Ça serait bien pour toi de voir peut-ĂȘtre le chien guide, etc. Et qui arrivent ici en nous disant: Non, moi, je n’aime pas les chiens. Ne cherchez pas. Je suis lĂ  pour faire plaisir Ă  mes parents, mais je m’en fous. Et en fait, au bout de deux jours, Au bout de deux jours, ils sont en train de pleurer parce qu’ils ne veulent pas rentrer chez eux.

E.
Oui, c’est ce que tu nous disais ce matin, parce que moi, je n’avais pas envisagĂ© qu’il y ait des jeunes qui viennent ici en ayant peur des chiens. Tu vois, je m’Ă©tais dit: Les jeunes qui viennent ici, ils veulent absolument un chien. C’est le rĂȘve de leur vie. Peut-ĂȘtre un chien de compagnie avant tout. Et puis, au final, ils fendent une pierre deux coups. Mais un peu comme avec les chiens guides pour adultes, c’est un peu moins influençable les adultes, mais tu vas avoir des gens qui viennent se renseigner parce que tout le monde leur dit: Peut-ĂȘtre qu’un chien, ça t’irait bien. Et puis, des gens qui en ont marre d’entendre ça. Je sais qu’on en avait parlĂ© dans l’Ă©pisode 40 avec mon invitĂ©e Laetitia Bernard, qui, elle, n’a pas de chien guide, elle n’a pas fait le choix de ne pas en avoir. Ça reste un choix quand mĂȘme. Mais du coup, pour les enfants, c’est un choix qui peut ĂȘtre influencĂ© de maniĂšre tout Ă  fait bienveillante par les proches et les parents. Absolument. Ce n’est pas un taudis de venir ici. Quand tu dis qu’ils viennent, ils ne viennent pas pour une classe de remise pour trois semaines.

E.
Ils commencent par une immersion, ce qu’on appelle la classe dĂ©couverte, pour un week-end. Et en fait, l’idĂ©e, c’est de voir avant tout Ce n’est pas de les faire direct ĂȘtre guidĂ©s par un chien. Je ne crois pas que ce soit l’objectif. L’objectif, c’est de voir comment eux, ils peuvent ĂȘtre Ă  l’aise au contact d’un chien.

M.
Exactement, c’est ça. Et en fait, la diffĂ©rence aussi avec les Ă©coles pour adultes, c’est que ça reste des enfants qui sont dans un environnement familial. Et donc, il faut que l’enfant, ce soit son choix, mais il faut que ce soit un choix qui soit soutenu par la famille. Et ça, on en a des enfants qui, justement, en effet, ont ce projet, qui attendent que ça d’avoir un chien et oĂč leur famille n’est pas pour, par exemple, parce que leur maison est trop petite, ils vivent en appartement. Bref, pour des raisons variĂ©es. Et donc, eux, attendent qu’une chose, c’est d’avoir 18 ans pour pouvoir postuler dans une Ă©cole pour adultes. Et on a des enfants qui ne se rendent pas compte de ce que peut leur apporter le chien guide parce qu’ils ont cette image trĂšs prĂ©cise du chien, parce qu’ils n’ont pas forcĂ©ment beaucoup cĂŽtoyĂ©, parce que ça leur fait peur. Et oĂč, justement, leurs parents bienveillants aimeraient que leur enfant puisse explorer toutes les possibilitĂ©s qu’il peut avoir. Et donc, justement, ce matin, je te racontais l’histoire de LĂ©ana. LĂ©ana, qui nous vient de Marseille, qui est bĂ©nĂ©ficiaire depuis avril. Et LĂ©ana nous expliquait encore lors de sa remise officielle au JPO en septembre, que premier stage dĂ©couverte, Marseille, l’Île-sur-la-Sorgue, elle a pleurĂ© tout le long de la route parce qu’elle n’avait pas envie, elle avait peur des chiens.

M.
Vraiment, elle ne le faisait que parce que sa mĂšre avait insistĂ©. Et puis, elle est arrivĂ©e ici. Le premier truc qu’elle a dit Ă  Anthony, notre Ă©ducateur, c’est ne cherche pas, je n’en veux pas, j’en ai peur, ça aboie, c’est sale, ça bave. Moi, vraiment, je ne veux pas de chien. Et Anthony lui a dit: Écoute, pas de souci, tu en as peur, je le comprends, on va y aller doucement. Et puis on va voir si au bout de deux jours, tu as toujours cette apprĂ©hension ou pas. Et puis, les deux jours se sont passĂ©s. Il me semble qu’elle a mĂȘme fait dormir un chien dans sa chambre le soir mĂȘme. Beaucoup ne le font pas en stage dĂ©couverte. Et quand elle est repartie de ce stage dĂ©couverte, elle a pleurĂ© tout le long de la route lit sur la Sorgue-Marseille parce qu’elle ne voulait plus partir. Et lĂ , elle a dit Ă  sa mĂšre: Je veux un chien. Je veux un chien. Et elle est revenue en stage dĂ©couverte en prĂ©-classe. Et son souhait s’est affirmĂ©. C’Ă©tait un choix qui Ă©tait soutenu par les parents. Et c’est quelque chose qui est trĂšs important pour nous.

M.
Il ne faut pas que ce soit qu’un projet du jeune. Il faut que ce soit un projet familial. Mais il faut aussi que les parents gardent en tĂȘte que ce n’est pas un chien domestique et ce n’est pas le chien de la famille. C’est le chien de l’enfant. Donc, ça signifie que l’enfant doit ĂȘtre le seul Ă  s’occuper du chien sur tous les besoins primaires, etc. C’est l’enfant qui doit s’occuper de le sortir, de jouer avec lui, de lui donner Ă  manger, ce genre de choses, pour qu’il y ait vraiment un lien qui se crĂ©e entre les deux. AprĂšs, en effet, en gĂ©nĂ©ral, ils sont quand mĂȘme attachĂ©s Ă  la famille, les chiens. On ne peut pas dire le contraire.

E.
On ne peut pas non plus rĂ©sister. C’est un peu particulier parce que c’est vrai que c’est des chiens… Tout comme les chiens d’Ă©veil, c’est vrai que quand on avait parlĂ© avec Capucine et son Wendermani dans l’Ă©pisode 21, c’est un chien d’Ă©veil, donc c’est le chien de la petite, mais du coup, la fratrie est trĂšs attachĂ©e au chien-chien. Mais au final, chacun avait trouvĂ© sa place. C’est important de te souligner que ça reste le chien du jeune, mais il navigue dans un environnement familial quand mĂȘme. Exactement. Tu ne vas pas cloisonner les choses non plus. C’est ça. C’est bien de clarifier quand mĂȘme les choses.

M.
VoilĂ , exactement. En fait, on est obligĂ© de mettre les mots sur ça pour qu’aussi tout le monde puisse comprendre que bien sĂ»r, ils peuvent jouer avec le chien, qu’ils peuvent le caresser, etc. Mais si, par exemple, le chien a besoin de recevoir certains ordres, il faut que ce soit l’enfant en prioritĂ© qui donne ces ordres. Il faut que la famille soit prĂ©sente pour pouvoir soutenir le jeune si besoin. Mais il faut que le jeune puisse aussi prendre ses responsabilitĂ©s parce que c’est son chien.

E.
Je me demandais, parmi tous ces moments que tu as vĂ©cu, il y a quand mĂȘme eu des moments trĂšs forts, j’imagine. Est-ce qu’il y a un moment oĂč tu as Ă©tĂ© bluffĂ©, vraiment, par un des chiens que vous avez eu, qui restera un souvenir marquant ou un chien que tu as eu Ă  la maison ?

M.
Je dirais plus que c’est quelque chose que j’ai observĂ©. Les chiens ont une façon d’ĂȘtre quand ils sont avec les Ă©ducateurs, quand on leur donne des ordres, etc. Ils ont une façon d’ĂȘtre quand c’est toi qui les prend. Et en fait, dĂšs le moment que les enfants arrivent en classe, ils agissent complĂštement diffĂ©remment et c’est comme si tu redĂ©couvrais les chiens. Et en fait, tu en as beaucoup qui sont un petit peu timides, un peu rĂ©servĂ©s, par exemple. Et le jour oĂč il va y avoir un essai avec un enfant et ça va ĂȘtre cet enfant-lĂ , tu le sens, tu le vois que le chien a choisi cet enfant. Il va agir complĂštement diffĂ©remment. Quand toi, par Par exemple, tu as un petit peu de mal Ă  te faire entendre pour certains ordres parce que soit il n’a pas envie, soit il est un peu paresseux, comme nous, ils ont leur jumeur. Oui. Et en fait, avec cet enfant, c’est le jour et la nuit, il lui obĂ©it au doigt et Ă  l’Ɠil et tu le vois, vraiment, il est dĂ©jĂ  avec des cƓurs dans les yeux. Et c’est ça qui… Ça, vraiment, c’est incroyable.

M.
Et c’est quasiment Ă  chaque classe que tu as au moins un ou deux chiens qui sont comme ça, oĂč ils ont choisi leur enfant et c’est comme s’ils avaient le dĂ©clic de se dire: C’est Il y a avec eux que je vais terminer. Et donc, je vais agir diffĂ©remment parce qu’eux, c’est normal. Ça va ĂȘtre ma normalitĂ©.C’est mon quotidien.C’est ça. Alors que quand ils sont avec les Ă©ducateurs, ils aiment les Ă©ducateurs, ils le font pour leur faire plaisir, mais ils le font parce qu’il faut le faire et que ça leur fait plaisir. Vraiment, tu vois la diffĂ©rence avec l’enfant. C’est mĂȘme pas normal, si tu veux. Ils vont le faire vraiment que pour lui faire plaisir et lui montrer qu’il est lĂ  pour lui.C’est.

E.
Fluide, c’est logique.Exactement.

M.
C’est ça.Ils sont lĂ  l’un pour l’autre.C’est ça. C’est un le concept des hamsters. Ça paraĂźt un peu gnangnan comme ça, mais en vrai, je trouve que c’est un petit peu comme ça aussi qu’on pourrait expliquer le lien entre le premier chien guide et son bĂ©nĂ©ficiaire.

E.
Oui, parce qu’en fait, il y a quelque chose, on n’en a pas parlĂ©, mais c’est quasiment que des premiĂšres remises.

M.
Oui, c’est que des premiĂšres remises. On a quelques renouvellements de temps en temps. S’ils ont sous 18 ans, en gĂ©nĂ©ral, c’est parce que le chien a eu un souci de santĂ©.

E.
On en avait parlĂ© avec justement BĂ©rĂ©nice et Opium, c’Ă©tait son cas.

M.
C’est ça. Sinon, on va avoir des renouvellements en partenariat avec les autres Ă©coles quand, par exemple, il n’y a pas forcĂ©ment de chien disponible pour un renouvellement et que nous, on en a. Sinon, en effet, c’est que des premiers chiens guides.

E.
Donc, c’est que des premiĂšres fois.

M.
Exactement.

E.
Et justement, on parlait un petit peu de ces chiens exceptionnels. Alors, j’ai un peu changĂ© mes questions de fin, mais je me demandais s’il y a un lieu exceptionnel oĂč tu as Ă©tĂ©, oĂč tu n’aurais jamais Ă©tĂ© si tu n’avais pas Ă©tĂ© en poste pour les chiens guides.

M.
Pas un lieu en particulier, mais par contre, je n’aurais jamais autant Ă©tĂ© dans la nature. C’est vrai ? Ouais, si je n’avais pas Ă©tĂ© avec les chiens guides. J’ai vĂ©cu en campagne quand j’Ă©tais jeune et en fait, dĂšs que j’ai pu partir de la campagne, j’y suis partie en me disant ciao. C’est ne pas avoir de bus, ne pas avoir de quoi que ce soit, d’avoir juste un quart le matin, un quart le soir. Ce n’Ă©tait pas ton truc. Ce n’Ă©tait pas mon truc. Et justement, j’ai fait des Ă©tudes, etc. Je suis beaucoup partie Ă  l’Ă©tranger dans des endroits trĂšs urbains. Et en fait, la fondation est un petit peu… Je ne vais pas dire au milieu nulle part parce que ce n’est pas vrai, mais elle est quand mĂȘme Ă  la campagne. Et c’est vrai que j’ai rĂ©appris Ă  aimer ce calme et cette sĂ©rĂ©nitĂ©. Et d’ĂȘtre au contact des chiens, ça m’a donnĂ© encore plus envie, justement, de dĂ©couvrir des endroits comme ça pour aller se balader et juste profiter de voir le chien en libre passer du bon temps et juste toi, tu marches, tu profites du soleil sur toi. On a quand mĂȘme cette chance dans le Sud d’avoir pas mal de soleil.

E.
C’est vrai.

M.
Et ça, c’est quelque chose oĂč je pense… Je n’aurais pas autant repris plaisir, je pense que je n’aurais pas autant J’ai trop pris plaisir, je pense Ă  ça.

E.
T’aurais pas kiffĂ© aller te balader tranquille ?

M.
Non, j’ai toujours Ă©tĂ© en mode: Je vois pas le but de marcher s’il n’y a pas quelque chose derriĂšre. Du coup, lĂ , avec un chien, il y a quelqu’un devant. Il y a quelqu’un devant, il a besoin de marcher. C’est dans ses besoins Ă  lui. En fait, tu vas rĂ©pondre Ă  son besoin. Et au final, tu rĂ©ponds Ă  un besoin Ă  toi aussi que tu soupçonnais pas.

E.
Et puis tu découvres des balades ?

M.
Exactement, et de trĂšs beaux lieux.

E.
Parce qu’au final, il y a des fois des choses… Moi, je sais que je n’ai pas fait la mĂȘme dĂ©couverte quand j’Ă©tais Ă  Paris. Et puis lĂ , ça va ĂȘtre la mĂȘme chose autour de mon nouveau chez moi. Mais en fait, tu n’explores pas de la mĂȘme maniĂšre.

M.
C’est ça, exactement.

E.
Tu te dis: On va pousser un peu plus loin, on va découvrir autre chose. Et en fait, il y a plein de balades juste à cÎté de chez soi.

M.
Exactement. Et puis tu prends le temps. En parce que tu vas marcher au rythme du chien, de selon ce qu’il a vu, ce qu’il a envie de faire, etc. Et du coup, tu apprĂ©hendes les lieux pas du tout de la mĂȘme maniĂšre. Et lĂ , c’est vrai que derniĂšrement, par exemple, en septembre, quand j’ai eu ce scan Ă  la maison, je me suis dit: Attends, il faut que je le sorte un peu, je vais en profiter, je vais regarder un petit peu, je peux aller oĂč, tout ça. Et en fait, je me suis rendu compte qu’Ă  mĂȘme pas dix minutes de la maison, il y avait un super chemin de balade avec plusieurs kilomĂštres oĂč c’Ă©tait un long canal, tu as des castors, tu as des tortues. Et en fait, j’Ă©tais lĂ : Mais jamais de la vie j’aurais Ă©tĂ© me balader ici si je n’avais pas eu un chien.

E.
Moi, je vais faire la mĂȘme chose. J’ai hĂąte de dĂ©couvrir les lieux, les balades autour de mon nouveau chez moi Ă  Lyon. Ça fait partie des choses. Je me dis… DĂ©jĂ , avec la poussette, j’en dĂ©couvre un peu. Mais tu n’as pas les mĂȘmes… Comment LĂ , il faut combiner le facteur poussettable, comme je le dis, ou alors par bĂ©bĂ©, mais du coup, lĂ , ça enlĂšve toutes les limites. Mais sinon, tu n’as pas les mĂȘmes envies avec le chien aussi, puis tu as juste envie de croiser parfois d’autres chiens ou pas du tout selon les balades que tu fais.

M.
C’est ça. Oui, parce que mĂȘme nous, on le voit. Je savais que pour les jeunes, c’Ă©tait un vecteur de lien social, mais je ne me rendais pas compte que mĂȘme pour nous, que dĂšs le moment que tu es un chien, les gens te trouvent beaucoup plus abordables. Et mĂȘme toi, les gens qui ont aussi des chiens, tout de suite, tu vas aller vers eux parce que les chiens vont se sentir. Et donc et par consĂ©quent, ça va entamer une conversation.

E.
Que tu aurais jamais eue.

M.
Que j’aurais jamais eue. Et en fait, la premiĂšre balade que j’ai fait, justement, le long du canal, avec Scan, je me suis faite arrĂȘter, je ne sais pas, tous les 10, 15 mĂštres. En plus, je lui ai mis le gilet. Et c’Ă©tait impressionnant. Les gens sont bienveillants, sont vraiment dans la conversation chill. Et c’est quelque chose oĂč j’aurais Ă©tĂ© toute seule. DĂ©jĂ , je n’aurais pas forcĂ©ment fait la balade. Et si je l’aurais faite, j’aurais Ă©tĂ© tunnel vision. Le but aurait Ă©tĂ© de marcher, de peut-ĂȘtre me dĂ©penser. Tandis que lĂ , tu es beaucoup plus dans la relaxation. Et en fait, ça l’oxygĂšne lui, mais toi aussi.

E.
Allons nous balader.

M.
Exactement. VoilĂ  ce qu’on va garder de ce podcast Ă  la fin.

E.
En Ă©coutant les podcasts. Moi, je sais que c’est aussi pour ça que la durĂ©e de podcast, 45 minutes. Il y a des gens qui m’ont dit: Mais c’est chouette, c’est la durĂ©e de ma balade. Oui, c’est ça. Donc c’est top. Mais allons nous balader. J’ai une derniĂšre question que tu connais. C’est: Quel est ton pire et ton meilleur moment ?

M.
Quand il y a des classes de remises, les salariĂ©s accompagnent les jeunes de 7h00 Ă  21h00. AprĂšs, on a des roulements, etc. Et donc mĂȘme le week-end. Et en fait, le premier week-end oĂč j’ai travaillĂ© Ă  la fondation pour ĂȘtre avec les enfants, j’Ă©tais avec Ella, on n’Ă©tait que toutes les deux. Et en fait, on s’est retrouvĂ©es toutes les deux avec cinq jeunes, on va dire, entre 12 et 18. Et en fait, je me suis retrouvĂ©e, mais bloquĂ©e. C’est-Ă -dire, je me suis dit: Mais moi, je suis encore jeune. Et en fait, j’avais l’impression d’ĂȘtre maman de cinq jeunes. Les cinq jeunes plus, leurs chiens. Et en fait, gĂ©rer des adolescents, cinq, et en plus des chiens, c’est quand mĂȘme compliquĂ©. Et lĂ , j’ai eu un petit coup de panique, je t’avoue. J’ai eu un petit coup de panique et je me suis dit: Mais jamais de la vie, je vais me faire entendre. Je ne sais mĂȘme pas ce que je vais dire. Je ne sais mĂȘme pas comment je vais gĂ©rer. Ils vont me mener par le bout du nez. Ils vont faire d’au moins ce qu’ils veulent. Mais je ne le considĂšre pas comme le pire moment.

M.
C’est juste, ça a Ă©tĂ© un moment un peu compliquĂ© et oĂč vraiment, je me suis dit: Mais qu’est-ce que tu fais lĂ  ? Qu’est-ce que tu fais lĂ  ? Et au final, la journĂ©e s’est trĂšs bien passĂ©e. Les jeunes, ils Ă©taient Ă  fond. Ils ont voulu savoir tout ce qu’on faisait avec Ella. Ils nous ont posĂ© plein de questions. Ils ont Ă©tĂ© hyper intĂ©ressĂ©s et on a eu de trĂšs beaux Ă©changes. C’est aussi ça qui est chouette, c’est qu’en gĂ©nĂ©ral, c’est des jeunes qui… On pense qu’ils pourraient ĂȘtre refermĂ©s totalement sur eux-mĂȘmes et s’intĂ©resser Ă  rien. Et en fait, ce n’est pas vrai du tout. Alors oui, ils peuvent se refermer sur eux-mĂȘmes, notamment scolairement. Mais c’est des qui vont ĂȘtre Ă  la pointe sur tout ce qui est nouvelles technologies, qui vont ĂȘtre Ă  la pointe sur tout ce qui est les rĂ©seaux sociaux, les jeux vidĂ©o. Et en fait, c’est des choses qui, moi, me parlent. Et donc, en gĂ©nĂ©ral, j’arrive toujours Ă  faire mon petit chemin C’est ça, avec eux. Mon meilleur moment, c’est Ă  la remise officielle, lors des JPO, notamment de cette annĂ©e. Mes premiĂšres JPO ont Ă©tĂ© clairement incroyables. J’ai pleurĂ© toutes les larmes de mon corps Ă  la cĂ©rĂ©monie.

M.
Des larmes de joie, je pourrais dire. Bien sĂ»r. Je le dis quand mĂȘme. Mais c’est vrai que celle-ci, cette annĂ©e, j’Ă©tais assez proche de la classe d’avril, notamment, parce que classe d’octobre, j’ai eu des soucis de santĂ©, donc je n’ai pas pu beaucoup passer de temps avec eux. Mais la classe d’avril 2023, il y avait justement LĂ©ana, dont on parlait tout Ă  l’heure de Marseille, qui, lors de cette remise, a pris la parole, a racontĂ© son histoire dont j’ai parlĂ© tout Ă  l’heure et que je connaissais dĂ©jĂ . Et elle a souhaitĂ© chanter une chanson. Elle l’a Ă©crite pour sa chienne. Et alors cette chanson. DĂ©jĂ , elle me chante magnifiquement bien, mais alors vraiment, j’en ai eu les frissons, j’ai pleurĂ©. Vraiment, c’Ă©tait un trĂšs, trĂšs beau moment et je pense que c’est quelque chose qui restera avec moi de pourquoi je fais ça. Et que mĂȘme si un jour, pour X raison, il s’avĂšre que mon chemin part un petit peu et des vides et des chiens guides, je pense que j’aurai toujours une connexion avec les chiens guides parce que ça m’a marquĂ© de maniĂšre indĂ©lible. C’est beaucoup trop positif.

E.
Donc oui, tu es lĂ  aujourd’hui en pause. Peut-ĂȘtre dans un futur, tu changeras, on n’en sait rien, mais les chiens guides rendent toujours une place dans ta vie.

M.
C’est ça. Je pense que je ne pourrais plus, maintenant que je sais Ă  quel point ça apporte du bien Ă  autrui, je pense que je pourrais plus rester Ă  un cĂŽtĂ© et ne rien faire. Si j’Ă©tais amenĂ© peut-ĂȘtre Ă  dĂ©mĂ©nager, par exemple, ce genre de choses, je me renseignerais pour ĂȘtre rien que bĂ©nĂ©vole, famille d’accueil, relais, mais je pourrais pas ne plus avoir un pied dedans. Ça m’a beaucoup trop marquĂ©.

E.
Oui, dans le positif. Exactement. Tu sais, moi, j’ai dĂ©mĂ©nagĂ© et pour ce choix-lĂ , bien sĂ»r, sur la carte, il y avait le point Ă©cole des chiennes guides de Lyon qui Ă©taient indispensables. Parce que quand j’Ă©tais jeune, je n’ai pas pu ĂȘtre famille d’accueil, puisqu’on Ă©tait trop loin avec mes parents. Donc lĂ , il fallait ĂȘtre un peu proche des parents, mais beaucoup proche de l’Ă©cole. C’est ça. Bien sĂ»r, pour justement continuer ce rĂŽle de bĂ©nĂ©voles et s’investir encore plus. C’est ça. Écoute, merci Marina pour tout ça. En tout cas, on voit bien qu’on n’imagine plus trop la Marina d’avant, chargĂ©e de communication pour cette grande entreprise d’implant, en implantologie. Je n’ai pas pris des mots. Mais lĂ , on voit bien qu’il y a quand mĂȘme un sillon qui est bien tracĂ©, qu’il y a une connexion, une rĂ©elle connexion qui s’est faite et que tu n’es pas rentrĂ© par une porte pour en sortir immĂ©diatement de l’autre cĂŽtĂ©, mais que l’histoire ne fait que commencer.

M.
Exactement. Et je pense que dĂšs le moment qu’on veut travailler dans l’univers du chien-guide, que ce soit Ă  la com ou mĂȘme Ă  un autre mĂ©tier, je pense qu’il faut qu’on ait cette passion. C’est beaucoup disent: Un mĂ©tier passion, etc. Mais pas un mĂ©tier passion au sens oĂč on a l’impression qu’on ne travaille jamais, c’est pas du tout ce que je dis, mais plus oĂč on sait pourquoi on le fait, on voit le concret et en fait, c’est ce qui va te porter. Je veux dire, notamment en communication, il y a quand mĂȘme beaucoup de choses Ă  faire, beaucoup de choses Ă  rĂ©diger, beaucoup d’histoires Ă  raconter porter. Et en fait, si tu n’es pas portĂ© toi-mĂȘme par ces histoires, tu n’arriveras jamais Ă  les porter. Tu n’arriveras jamais Ă  les communiquer de la bonne façon, t’arriveras pas Ă  embarquer les gens avec toi. Et moi, c’est ce que j’aime dans mon mĂ©tier aujourd’hui, c’est que je ne communique que sur des choses qui me portent et tout ce que je souhaite, c’est emporter les gens avec moi.Partager.C’est ça.

E.
Mais en tout cas, c’est ce que tu as fait aujourd’hui Ă  mon micro. Partager ton aventure avec les chiens guides et montrer cette nouvelle facette que je n’avais pas encore explorĂ©e de la communication. En fait, c’est ce que je fais Ă  chaque fois que je passe derriĂšre le micro avec un invitĂ©. C’est ça. Mais au cƓur de chaque Ă©cole, vous avez un petit rĂ©seau de sentinelles pour partager. C’est ce mot partage que je rejoins aussi aujourd’hui. Merci beaucoup.

M.
Merci Ă  toi.

E.
Et puis, Ă  trĂšs bientĂŽt. Avec grand plaisir. Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. Si vous avez apprĂ©ciĂ© cet Ă©pisode avec Marina sur la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, je vous invite Ă  Ă©couter l’Ă©pisode 35 avec AnaĂŻs, oĂč elle raconte comment les chiens guides issus de cette Ă©cole lui ont permis de retrouver une confiance en soi et de s’ouvrir Ă  nouveau au monde aprĂšs sa cĂ©citĂ© soudaine Ă  l’Ăąge de neuf ans. Quant Ă  moi, je vous dis Ă  bientĂŽt pour le prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles.

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