DĂ©couvrez comment Mathilde, famille d’accueil pour les chiens guides, est devenue animalière pour cette mĂŞme association du cĂ´tĂ© de Lille 🦮

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Transcription intégrale

 

Transcription générée automatiquement par Happy Scribe

E.
Salut Ă  tous, je m’appelle Estelle et je suis passionnĂ©e depuis toujours par les chiens guides d’aveugles. BĂ©nĂ©vole pour cette cause Ă  Paris depuis des annĂ©es et aujourd’hui Ă  Lyon, j’ai lancĂ© le podcast Se dire un chien-guide Ă©tant persuadĂ© que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’ĂŞtre mieux connu par tous afin que chacun puisse y trouver sa place. Mais savez-vous que seuls 1% des dĂ©ficients visuels sont accompagnĂ©s d’un chien-guide ? Alors, pour mieux comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi pour dĂ©couvrir leur rĂ´le dans le quotidien de leur maĂ®tre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e, je vous partage deux fois par mois mes Ă©changes avec un invitĂ© issu de cet univers, maĂ®tre de chien-guide, bĂ©nĂ©vole et tant d’autres. Pour en savoir encore plus, n’oubliez pas de vous inscrire Ă  ma newsletter mensuelle pour dĂ©couvrir les coulisses du podcast, les actualitĂ©s des chiens guides et bien sĂ»r, des nouvelles de mes invitĂ©s. Quand on dĂ©couvre l’univers des chiens guides ou d’assistances, ça peut ĂŞtre une vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation. Mais ce n’est pas tout Ă  fait comme cela que ça s’est passĂ© pour Mathilde. Après s’ĂŞtre engagĂ©e en tant que famille d’accueil inspirĂ©e par sa sĹ“ur et sa mère, elle-mĂŞme engagĂ©e pour indigents, elle continue Ă  se chercher professionnellement après une pĂ©riode de pause.

E.
C’est Ă  ce moment que l’expĂ©rience de famille d’accueil et tout le plaisir qu’elle y a trouvĂ© devient une Ă©vidence. Elle veut travailler pour les chiens guides d’aveugles et devenir Ă©ducatrice. Mais comment est-elle finalement arrivĂ©e au poste d’animalière ? C’est ce qu’elle nous raconte tout en nous dĂ©crivant les missions qui l’occupent Ă  ce poste au quotidien. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode. Bonjour Mathilde.

M.
Bonjour Estelle.

E.
Merci d’avoir acceptĂ© mon invitation sur mon podcast Futur Chien Guide pour ces premiers Ă©pisodes de 2024. Est-ce que tu pourrais, pour commencer, te prĂ©senter rapidement ?

M.
Oui, je m’appelle Mathilde, j’ai 24 ans et actuellement, je travaille dans une Ă©cole de chien guide oĂą je suis animalière depuis un petit mois.

E.
Justement, animalière, c’est un peu ce qui m’a attirĂ© dans ton profil que je suis depuis longtemps, parce qu’on va le dire tout de suite, tu as Ă©tĂ© famille d’accueil et tu viens de rentrer chez les chiens-guides. Et lĂ , je me suis dit: C’est hyper intĂ©ressant d’avoir les deux cĂ´tĂ©s, famille d’accueil. Et puis lĂ , en tant que salariĂ©, tu vas nous raconter tout ça. Est-ce que tu pourrais, avant tout, nous donner trois mots pour te dĂ©crire toi, comme on me prenne un peu plus sur toi, et trois mots pour dĂ©crire les chiens qui t’entourent aujourd’hui en tant qu’animalière.

M.
Je suis quelqu’un de curieux, très adaptable, bonne capacitĂ© d’adaptation et je suis quelqu’un qui a le goĂ»t du challenge.

E.
Ça, c’est intĂ©ressant. Quand tu dis le goĂ»t du challenge, c’est parce que tu as fait quand mĂŞme pas mal de choses dans la vie. On a parlĂ© de ton bĂ©nĂ©volat de famille d’accueil. Tu vas revenir tout de suite sur ta petite carrière. Les chiens, tu disais que tu y avais rĂ©flĂ©chi. Quels sont les mots pour dĂ©crire les chiens qui qui sont autour ?

M.
Ils sont affectueux, ils sont très sensibles et très volontaires.

E.
Est-ce que c’est des mots que tu aurais mis avant d’ĂŞtre animalier il y a un mois ? En tant que famille d’accueil, tu avais dĂ©jĂ  cette vision-lĂ  des chiens ou pas ?

M.
Je pense que j’avais cette vision pour Thales, Thales qui Ă©tait le chien que j’avais chez moi, mais pas forcĂ©ment pour les chiens en gĂ©nĂ©ral. Et que lĂ , je m’aperçois que c’est quelque chose qui correspond au chien dans l’ensemble, en tout cas au futur chien guide avec lesquels je travaille.

E.
Justement, ce travail, parle nous en un petit peu. On me brĂ»le de savoir un peu qu’est-ce que fait un animalier dans une association de chien guide. Toi, tu es du cĂ´tĂ© du Nord, Ă  cĂ´tĂ© de Lille. Il y en a dans toutes les associations ou presque. C’est quoi ton rĂ´le au quotidien ?

M.
Mon rĂ´le au quotidien, moi, je travaille dans l’Ă©cole de Ronque. Ça s’appelle le Centre Paul Corteville, mais il y en a deux. Il y en a un en Normandie et un Ă  Ronque, pas très loin de Lille. Moi, je travaille dans l’Ă©cole de Ronque et mon rĂ´le, c’est, on va dire, globalement, de faire en sorte que les chiens soient dans une situation de bien-ĂŞtre et de faciliter le travail des Ă©ducateurs et Ă©ducatrices. Concrètement, ça consiste Ă  l’entretien des box du chenil, pour qu’il soit dans des bonnes conditions. Ça consiste aussi Ă  faire la dĂ©tente des chiens, notamment le matin et le soir, on est les premiers et les derniers Ă  les sortir. Et puis faire le lien, Ă©videmment, avec les Ă©ducateurs et Ă©ducatrices, ne serait-ce qu’un chien qui a Ă©tĂ© malpropre dans son box la nuit, va pouvoir les prĂ©venir, pouvoir voir comment ça Ă©volue, peut-ĂŞtre adapter la nuit en fonction des besoins du chien. Et puis ensuite, il y a du soutien, on va dire, matĂ©riel. C’est nous qui rĂ©ceptionnons tout le matĂ©riel, tous les croquettes, etc. Et qui les distribuons Ă  la fois aux familles d’accueil, mais aussi aux Ă©ducateurs et Ă©ducatrices quand ils en ont besoin.

M.
Et nous, Ă  Ronque, je ne sais pas si c’est comme ça dans toutes les associations, parce que je suis toute nouvelle lĂ -dedans. Mais on a aussi envolĂ© l’entretien des locaux de manière plus gĂ©nĂ©rale, tout simplement parce qu’on une agent d’entretien qui a des problèmes de dos et donc on l’aide dans son travail pour lui faciliter un peu la vie.

E.
Et donc nous, on brĂ»le de savoir comment tu es arrivĂ© jusque-lĂ . Comment, du jour au lendemain, on se dit: Tiens, le poste d’animalier Et pour moi ?

M.
Moi, je n’Ă©tais pas du tout dans ce secteur Ă  la base, mais cette phrase fonctionne avec l’ensemble des emplois que j’ai occupĂ©s. Ce n’Ă©tait pas du tout quelque chose vers lequel je me serais tournĂ©e. D’autant plus qu’avant d’avoir Thales en tant que famille d’accueil, je n’ai jamais eu de chez moi. Donc c’est vraiment un univers que je connais très peu. Et en fait, lĂ , ça faisait deux ans que j’Ă©tais au chĂ´mage. Je donnais juste des cours de DJing, parce que je suis aussi DJ, dans une Ă©cole de musique. Et en fait, Je commençais Ă  chercher sĂ©rieusement du travail depuis quelques mois sans rĂ©ussir Ă  trouver, jusqu’Ă  ce que j’ai une discussion avec ma petite sĹ“ur oĂą je lui parlais un peu de ce qui me plaisait et elle me disait: Ça, si ça te plaĂ®t, c’est trop bien, tu peux le faire, il faut le faire maintenant, etc. On parlait de reprendre mes Ă©tudes qui sont des Ă©tudes d’espagnol. Elle me dit: Si c’est ça qui te fait vibrer, il faut que tu fasses ça. Je me suis effondrĂ©e en larmes. Je me suis effondrĂ©e en larmes et je me suis rendue compte que j’avais besoin que quelqu’un me dise: Fais ce que tu as envie de faire et que ce que j’Ă©tais en train de faire, en tout cas les emplois auxquels je postulais, ce n’Ă©tait pas ce que j’avais envie de faire vraiment, en tout cas pas en ce moment.

M.
J’avais rĂ©flĂ©chi Ă  reprendre mes Ă©tudes d’espagnol, mais j’avais aussi rĂ©flĂ©chi Ă  la possibilitĂ© de devenir Ă©ducatrice canin. En gros, ce que j’avais envie de faire, c’Ă©tait reprendre des Ă©tudes. C’Ă©tait les secteurs qui m’intĂ©ressaient et sur lesquels c’Ă©tait possible de faire quelque chose. Du coup, je me suis tournĂ©e vers la possibilitĂ© de devenir Ă©ducatrice canin au sein d’une Ă©cole de chien guide d’aveugles, parce que ce qui m’intĂ©resse, ce n’est pas de le faire en libre comme ça, c’est vraiment de le faire dans ce cadre-lĂ . Du coup, j’ai contactĂ© deux Ă©ducateurs, un moniteur et une Ă©ducatrice, ceux avec qui j’avais Ă©tĂ© en lien quand je me suis occupĂ©e de Thales, pour leur demander un peu des conseils, savoir s’il y avait des postes qui Ă©taient ouverts ou qui allaient s’ouvrir Ă  l’Ă©cole. Et il se trouve que quand j’ai fait mon deuxième appel avec l’Ă©ducatrice de Thales, elle m’a dit: Écoute, il y a un poste d’animalier qui vient de s’ouvrir. Si tu veux, tu peux postuler. Donc, elle m’a envoyĂ© les infos. Effectivement, le poste avait Ă©tĂ© fait sur LinkedIn, genre deux heures avant, un truc comme ça. Et je me disais: OK, je ne connais pas le mĂ©tier d’animalier, mais Ă  priori, ça peut m’intĂ©resser et ça peut ĂŞtre une bonne porte d’entrĂ©e dans l’Ă©cole, Ă  la fois pour avoir les informations et avoir des contacts, mais aussi pour moi me rendre compte de qu’est-ce que c’est vraiment le mĂ©tier d’Ă©ducateur ou de moniteur et est-ce que ça me plaĂ®t et est-ce que j’ai envie de me tourner vers ça.

M.
Donc, j’ai postulĂ© et j’ai Ă©tĂ© prise. Et donc, du coup, ça fait maintenant près d’un mois que je travaille lĂ -bas. Je fais un remplacement, donc je suis assez incertaine sur la suite de manière gĂ©nĂ©rale de mon contrat. Mais en tout cas, pour l’instant, je me rĂ©gale.

E.
Donc, en fait, en deux heures de temps de discussion avec ta petite sĹ“ur, tu t’es rendue compte que toutes les pistes auxquelles tu avais pensĂ©, ce n’Ă©tait pas forcĂ©ment tes pistes de cĹ“ur, on va dire. Donc, tu es repartie, forte de cette discussion, Ă  te dire l’Espagnol ou les chiens, alors qu’il y a quelques annĂ©es, tu n’aurais peut-ĂŞtre pas pariĂ© sur ces deux pistes-lĂ .

M.
Oui, l’espagnol, ça a toujours Ă©tĂ© quelque chose parce que moi, j’ai fait une licence d’espagnol. Ă€ la base, je voulais ĂŞtre prof en collège et lycĂ©e ou enseignant de chercheuse Ă  l’universitĂ©. Et donc j’ai fini ma licence, j’avais 19 ans parce que j’ai pris un peu d’avance. J’avais sautĂ© trois classes Ă  l’Ă©cole. Quand j’ai terminĂ© ma licence, j’ai eu une opportunitĂ© pro Ă  Paris qui n’avait rien Ă  voir avec mes Ă©tudes, Ă©videmment, sinon ce n’est pas drĂ´le. Je me suis dit: Écoute, tu as 19 ans, tu as un diplĂ´me. S’il y a un moment pour tout plaquer et tenter autre chose, quitte Ă  revenir aux Ă©tudes après, c’est maintenant. Donc, j’ai fait ça. Et ensuite, d’opportunitĂ© en opportunitĂ©, j’ai trouvĂ© d’autres tafs et donc je n’ai pas repris mes Ă©tudes d’espagnol. Mais ça a toujours Ă©tĂ© quelque chose qui me trottait dans la tĂŞte. Et en fait, les chiens guides, ça commençait Ă  me trotter dans la tĂŞte et j’avais des amis qui commençaient Ă  me dire: Ouais, tu as l’air quand mĂŞme vachement bien dans ce milieu-lĂ . Tu galères Ă  trouver du travail. Est-ce qu’il n’y aurait pas quelque chose Ă  construire de ce cĂ´tĂ©-lĂ  ?

M.
Donc, ça a fait son petit bout de chemin. Et puis, effectivement, c’est la discussion avec ma sĹ“ur qui m’a permis de me dire: Mais en fait, ouais, c’est ça. En tout cas, je ne sais pas si la discussion m’a permis de me dire: C’est ça que je veux faire. Mais ça m’a permis de me dire: Ce n’est pas ça que je veux faire. Et donc, du coup, de pouvoir ensuite ouvrir des portes et me renseigner par ailleurs.

E.
Et tu nous parlais de ton parcours. Nos parcours se croisent sur d’autres univers que les chiens, puisque quand tu Ă©tais Ă  Paris, tu travaillais dans le milieu du podcast ?

M.
Absolument.

E.
Donc, tu Ă©tais chez Acast. Alors, pour les auditeurs, moi, je parle souvent de Ocha. C’est un hĂ©bergeur. C’est la plateforme qui me permet d’ĂŞtre diffusĂ©e. C’est-Ă -dire que je mets le fichier son et les informations, la petite photo, la description sur un seul logiciel en ligne. Et ensuite derrière, les auditeurs le retrouvent sur Spotify, sur Apple Podcasts, sur Google Podcasts, etc. Toi, tu travaillais pour Acast, qui fait Ă  peu près la mĂŞme chose. Tu faisais quoi chez ACAST ?

M.
Chez ACAST, j’Ă©tais Content Development Manager. En En gros, je m’occupais du lien avec les podcasteurs et podcasteuses. Acast, c’est un peu plus qu’un hĂ©bergeur. C’est effectivement un hĂ©bergeur distributeur, mais c’est aussi un espace de conseil pour les crĂ©ateurs et crĂ©atrices, et puis une rĂ©gie commerciale parce que le but premier d’ACAS, c’est de permettre aux crĂ©ateurs et crĂ©atrices de contenus, podcasts, de pouvoir gĂ©nĂ©rer de l’argent, gĂ©nĂ©rer des revenus avec leurs contenus. Moi, j’Ă©tais du cĂ´tĂ© Ă©dito, du cĂ´tĂ© crĂ©ation de contenus. De contenu. Je ne faisais pas de crĂ©ation de contenu, mais par contre, je faisais du conseil. Je faisais, comme je disais, le lien avec les podcasteurs et les podcasteuses, donc les aider Ă  dĂ©velopper leur contenu, Ă  dĂ©velopper leur audience, surtout qu’au dĂ©but, quand j’ai commencĂ© Ă  bosser lĂ -bas, le monde du podcast français n’Ă©tait pas encore très structurĂ©, pas encore complètement dĂ©veloppĂ©. Aujourd’hui, je ne saurais pas te dire, mais je pense qu’en tout cas, ça a bien avancĂ©. Et puis, de les aider Ă©ventuellement Ă  dĂ©velopper leurs revenus si c’Ă©tait leur souhait.

E.
C’est vrai qu’on en a discutĂ© de toi il n’y a pas longtemps avec Anne-Claire d’Ecofactory. Anne-claire, j’ai suivi sa formation pour un peu consolider le podcast il y a deux ans maintenant. C’est vrai qu’elle me dit: Tu sais, Mathilde, il semblerait qu’elle soit plutĂ´t du cĂ´tĂ© des chiens maintenant. Elle pourrait te parler de son aventure. Je dis: Oui, c’est prĂ©vu. C’est dans ma wishlist, il y avait bien Mathilde. En plus, quand tu es devenue animalière, j’ai dit: Il faut y aller, il faut vraiment rĂ©flĂ©chir et comprendre comment on passe, justement, de ce monde du podcast Ă  famille d’accueil Ă  animalière. Ailleurs. Donc, tu quittes Ă  Cast après deux ans de bons et loyaux services, parce que tu avais d’autres projets pour monter, notamment sur l’Ă®le. Et lĂ , en combien de temps tu te retrouves, famille d’accueil ? Comment tu dĂ©couvres tout ça ? Parce que tu me disais que tu avais très peur des chiens, tu n’avais jamais Il y avait trop de chiens chez toi.

M.
Je n’avais pas peur des chiens, mais je ne connaissais pas. Quand j’Ă©tais petite, je devais avoir 10, 11 ans. Comme Ă  peu près tous les enfants, je voulais un chien, mais je ne savais pas ce que ça voulait dire. Clairement, j’en avais très peu dans mon entourage. Je ne connaissais pas plus que ça, mais comme tous les enfants, on se dit: Maman, est-ce que je pourrais avoir un chien ? Et tout ça. Et ma mère ne voulait pas, parce que sinon, ce n’est pas drĂ´le. Je pense que j’avais lu dans un astrapi ou un truc comme ça, des infos sur l’association Andy Chien. J’avais parlĂ© Ă  ma mère d’Andy Chien et je lui avais dit: Écoute, si tu ne veux pas qu’on ait un chien, est-ce qu’on peut ĂŞtre famille d’accueil pour Andy Chien ? Regarde, c’est des chiens d’assistance, c’est super et tout ça. Et elle avait dit: Pourquoi pas ? Donc, on s’Ă©tait renseignĂ©s, on Ă©tait allĂ© il y a quelques cours pour voir un peu comment ça se passait. Et puis, ma mère a compris que c’Ă©tait beaucoup d’investissement et qu’Ă  ce moment-lĂ , elle ne pouvait pas le donner et elle ne pouvait pas encore compter sur ma sĹ“ur et moi pour le faire parce qu’on Ă©tait trop petites.

M.
Donc, on ne l’a pas fait. Mais je connaissais dĂ©jĂ . Après ça, l’ellipse se passe plusieurs annĂ©es et puis ma mère et ma sĹ“ur se lancent dans l’aventure en 10 chiens. Il y a tout rĂ©cemment, elles ont accueilli un chien qui s’appelait Saphire. Donc, je commence Ă  voir un peu ça de loin. Et c’Ă©tait juste après le Covid, moi, je me renseigne. J’Ă©tais encore Ă  Paris, je me renseigne auprès de l’Ă©cole de chien-guide d’aveugle de Paris, qui en plus se trouvait dans l’arrondissement dans lequel je vivais. Donc je me dis: Je vais les contacter, on va voir. J’avais un petit appartement, Ă©videmment, mais je voulais me renseigner. Et comme il y avait eu le Covid, il n’y avait pas de visite de l’Ă©cole. C’Ă©tait la pĂ©riode oĂą on ne savait pas trop comment ça allait se passer, etc. Donc, je n’ai pas eu trop de nouvelles. Et quand je suis arrivĂ© sur Lille, j’ai trouvĂ© un super appart qui fait 70 mètres carrĂ©s, dans lequel je vivais seule, sachant qu’Ă  Paris, j’Ă©tais dans 40 mètres carrĂ©s et on Ă©tait Ă  deux. Donc, je me suis dit: Cet appart est super, je suis trop contente, mais je vais me sentir un peu seule ici.

M.
Pourquoi pas tenter l’aventure famille d’accueil ? Et s’ils me prennent pas, je prendrais un chat. En gros, c’est un peu ce que je me suis dit. Et donc, j’ai contactĂ© Andy Chien et j’ai contactĂ© les Ă©coles de chiens guides. Andy Chien ne m’a pas rĂ©pondu, me semble-t-il. Par contre, les chiens guides, oui. Je suis allĂ© faire une première après-midi, voir une sĂ©ance d’Ă©ducation et puis faire un peu la visite, qu’on m’explique comment ça se etc. Sachant que je connaissais un petit peu parce que je connaissais le fonctionnement d’Andy Chien. Ce n’est pas du tout le mĂŞme, mais il y a des similaritĂ©s. J’ai fait cette visite-lĂ , j’ai Ă©tĂ© mise sur liste d’attente et puis, quelques mois après, on m’a contactĂ©e pour me dire: Écoute, on a un chiot, est-ce que tu veux ? Est-ce que c’est toujours OK pour toi ? Et c’est lĂ  que l’aventure a commencĂ©.

E.
De ton cĂ´tĂ©, tu avais dĂ©jĂ  suivi l’aventure Andy Chien par ta mère et ta sĹ“ur. Et c’est ce qu’on a vu au dĂ©but sur ton compte Instagram, qu’on peut donner, matild. Trg. On a vu justement ce chiot Andy chien, pour commencer. Ça a Ă©tĂ© le premier chien qui est apparu sur ton compte, si je me trompe pas ?

M.
Oui, très certainement. Très certainement, parce qu’elles l’ont eu quelques mois avant que moi, j’ai ta laisse. Donc, j’ai suivi ça de loin, parce qu’elles, elles vivent dans le sud de la France. Mais j’ai pu voir un peu comment ça se passait pour elle. Elles m’ont racontĂ©. Et ce qui res it beaucoup, c’Ă©tait le besoin de disponibilitĂ©. DĂ©jĂ  parce qu’elles, elles Ă©taient deux Ă  s’occuper du chien, en tout cas au dĂ©but. Ma mère avait une maison, ce qui simplifiait les choses parce qu’elle avait un petit jardin aussi. Mais quand j’ai compris qu’il fallait ĂŞtre vraiment disponible et je voulais m’investir correctement, j’ai profitĂ© du fait que j’Ă©tais au chĂ´mage en me disant: On ne sait pas ce qui va se passer les prochains mois, mais en attendant que je suis au chĂ´mage, donc j’ai le temps de m’investir et de m’occuper de ce chien. J’avais pas mal d’obstacles parce que moi, j’Ă©tais en appartement, je n’avais pas de voiture et l’Ă©cole de Chien Guide de Ronc, elle est Ă  25 minutes en voiture de chez moi et 1h30 en transport. Donc c’Ă©tait difficile pour me rendre au cours d’obĂ©issance, etc. C’Ă©tait compliquĂ©. Donc, je n’avais pas mal de bâtons dans les roues, on va dire.

M.
Mais j’ai voulu le faire quand mĂŞme. Et ça a d’ailleurs Ă©tĂ© un petit sujet de discorde avec ma mère, parce qu’elle, elle avait Saphire, qui Saphire, petit, c’Ă©tait une tornade. Il Ă©tait assez compliquĂ©. C’Ă©tait son premier chien aussi. Et du coup, elle Ă©tait inquiète du fait que moi, ce soit trop pour moi en Ă©tant seule, en ayant pas de voiture, en ayant pas de jardin, etc. Et plusieurs fois, elle m’a dit des choses qui me dĂ©courageaient un petit peu et j’ai fini par lui dire: Écoute, arrĂŞte de me dĂ©courager dans mon projet, tu ne sais pas comment ça va se passer, laisse-moi le faire. Et elle a fini par comprendre qu’effectivement, elle projetait des craintes sur moi, mais qu’elle ne savait pas ce que ça donnerait et qu’au final, j’avais envie de faire ce projet, donc autant le faire. C’est quelque chose qu’elle a reconnu ensuite, c’Ă©tait pas du tout malveillant de sa part ou quoi que ce soit. Mais en tout cas, ça a Ă©tĂ© un petit sujet d’inquiĂ©tude, plus pour elle que pour moi.

E.
Tu sais, c’est un peu… Moi, je l’ai racontĂ© dans l’Ă©pisode 50 oĂą je me raconte. Et c’est un peu pareil du fait que moi, j’ai souhaitĂ© ĂŞtre famille d’accueil très jeune et que mes parents m’ont dit: Non, Pareil, on Ă©tait trois, on avait plein d’activitĂ©s. Et mes parents, dĂ©jĂ , l’Ă©cole Ă©tait trop loin. Maintenant que je suis revenue dans la rĂ©gion lyonnaise, on s’est mis plus proche de l’Ă©cole, personnellement. Mais c’est vrai que c’Ă©tait un peu loin. Et puis, ils m’avaient dit: Grandis, grandis et tu verras. Et c’est vrai que tu as dĂ» voir l’engagement que ça nĂ©cessitait pour ta maman et pour ta sĹ“ur. Et c’est un vrai challenge, mais ça fait partie des trois mots que tu m’as dit en introduction. Le fait que tu aimes ĂŞtre challengĂ©. Et je pense que c’est quelque chose aussi que tu voulais relever dans cette de chĂ´mage, d’inactivitĂ© ou du moins de, je ne dirais pas de vide, mais en tout cas de pause, qui est assez, pas inattendue, mais assez exceptionnelle dans une carrière. Comme tu le disais, autant en profiter pour s’engager. Absolument.

M.
Et en fait, quand j’Ă©tais Ă  la fac, j’Ă©tais dans les associations Ă©tudiantes, mais très, très investie en tant que bĂ©nĂ©vole Ă  la fois, membre de plusieurs bureaux. Et puis j’Ă©tais Ă©lue dans mon universitĂ© et mĂŞme Ă©lue au niveau national. Donc, je faisais beaucoup de choses associatives autour de mes Ă©tudes et j’avais beaucoup aimĂ© faire ça et j’avais envie de continuer Ă  m’investir dans une asso. Je suis assez sensibilisĂ©e au handicap aussi depuis petite, donc ça me permettait de garder effectivement une activitĂ©, de garder un lien. Ça permet quand mĂŞme des rencontres sociales, des choses comme ça, puis d’apprendre beaucoup, de tester quelque chose de nouveau, de m’investir et puis d’ĂŞtre utile, de me sentir utile. Parce qu’effectivement, quand on est au chĂ´mage et qu’on est seul chez soi, on peut vite avoir l’impression de servir Ă  rien et dĂ©primer un peu. Surtout que je suis bien sujette facilement Ă  la dĂ©prime. Donc l’idĂ©e, c’Ă©tait de faire quelque chose, faire quelque chose d’utile et de tenter une nouvelle aventure et de voir, tout simplement.

E.
Et donc, tu as laissĂ© Tu nous en as parlĂ© plusieurs fois. Tu nous as teasĂ© un peu les inquiĂ©tudes de ta maman sur la charge que ça pouvait reprĂ©senter. Comment ça s’est passĂ© ? Dis-nous tout. Tu es allĂ© chercher ce petit chiot. Quel âge avait Thales ? Ă€ quoi il ressemblait Ă  Ă  l’Ă©poque. Dis-nous tout.

M.
Je suis allĂ©e chercher Thales avec une amie qui avait une voiture, avec ma petite sĹ“ur et avec Safir. Ma petite sĹ“ur Ă©tait venue avec Safir Ă  la maison Ă  cette pĂ©riode-lĂ . On est allĂ© chercher Thales avec Safir. Thales avait deux mois, moins un jour. Il a eu deux mois le lendemain du jour oĂą je l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©. Et j’Ă©tais flippĂ©e qu’il pisse dans la voiture de ma pote. C’Ă©tait vraiment parce qu’en plus, on a mis un peu longtemps Ă  rentrer. Donc ma première crainte, c’Ă©tait ça. Oui, DĂ©jĂ , Ă  l’Ă©cole, c’Ă©tait bien parce que je suis arrivĂ©e sur la fin, donc c’Ă©tait le dernier qui restait. Et du coup, on a pu le dĂ©tendre avec Saphire dans un petit parc prĂ©vu Ă  cet effet. Donc, leur permettre une rencontre la plus sereine possible. Parce que comme je disais, Saphire Ă©tait une tornade. Ă€ ce moment-lĂ , il Ă©tait encore petit et c’Ă©tait difficile de le canaliser. Il se trouve que j’apprendrai plus tard que ta laisse avec les copains, c’est aussi un peu une tornade. Mais Ă  ce moment-lĂ , il Ă©tait tout calme. Je suis arrivĂ©e chez moi avec ce bĂ©bĂ© de deux mois dans les bras et vraiment cette impression…

M.
Je n’ai pas d’enfant, mais vraiment cette impression de: Tu rentres de la maternitĂ© avec ton premier gamin, tu l’as dans les bras et tu es lĂ : Maintenant, quoi ? Du coup, j’ai eu un peu ce truc de je ne sais pas quoi faire. Il Ă©tait mignon comme tout. Après, il dormait beaucoup, c’Ă©tait un bĂ©bĂ©. Saphire le pourchassait dans tout l’appartement, donc on devait un petit peu mettre le holĂ . Et ma première difficultĂ© avec lui, ça a Ă©tĂ© la première fois que je l’ai nourri. Il ne voulait pas manger ses croquettes, il n’Ă©tait pas intĂ©ressĂ©. Et heureusement, ma petite sĹ“ur Ă©tait lĂ  et elle lui Il a fait l’avion avec chacune des croquettes une par une et il a mangĂ©. Et elle m’a bien aidĂ© sur les dĂ©buts parce qu’il y a eu plusieurs petites situations comme ça oĂą je n’aurais pas su quoi faire. Notamment la première fois que j’ai passĂ© l’aspirateur, il aboyait comme un fou sur l’aspirateur. Moi, je ne savais Il n’y a pas quoi faire d’autre que lui dire non. Et en mĂŞme temps, je comprenais qu’il avait peut-ĂŞtre peur, donc je ne voulais pas l’engueuler. Et ma sĹ“ur, elle s’est mis dans son parc avec elle.

M.
Elle lui a fait des câlins et elle lui a chantĂ©: L’aspirateur, ça ne fait pas peur. La deuxième fois, elle a chantĂ©: L’aspireau, c’est rigolo. Et la troisième fois, il avait eu plus peur de l’aspirateur.

E.
C’est une magicienne, ta sĹ“ur. D’ailleurs, c’est rigolo parce que vous ĂŞtes un peu team labrador noir, non ?

M.
Oui, c’est une magicienne. Elle est très forte avec les chiens et je pense que Elle aussi, ça l’intĂ©resserait peut-ĂŞtre d’en faire son mĂ©tier. Oui, effectivement, Saphire, c’est un labrador croisĂ© Golden. Mais effectivement, c’est un lab noir. Thales, c’est un lab noir. Et puis lĂ , ma mère a retentĂ© l’aventure Andy-Chien avec avec la petite Unis. Unis, c’est une lab noire. Donc effectivement, ce n’est pas choisi, mais on est un petit lab noir.

E.
Du coup, grâce Ă  ta sĹ“ur, les premiers temps ont Ă©tĂ© un peu plus doux. Vous avez su vous apprivoiser. J’imagine que Thales t’a fait fondre un peu.

M.
Oui. En fait, Thales Ă©tait vraiment le chiot idĂ©al. C’est-Ă -dire que toutes les craintes de ma mère sur: Il va faire des bĂŞtises, il va courir partout, il va ĂŞtre une tornade comme sa fille, etc, ça ne s’est pas rĂ©alisĂ© parce que Thales a Ă©tĂ© un chiot extrĂŞmement calme calme, extrĂŞmement Ă  l’Ă©coute, qui faisait très peu de bĂŞtises. Évidemment, il en a fait quelques unes, ça reste un chiot. Tu vois, par exemple, il est montĂ© sur le canapĂ© une fois, je lui ai dit non, il n’est plus jamais remontĂ©. Et vraiment, ça a Ă©tĂ© un chien exceptionnel, en tout cas pour ĂŞtre famille d’accueil. Aujourd’hui, il est un peu plus filou parce que c’est un chien très intelligent et donc du coup, il est malin et donc du coup, il sait faire des bĂŞtises, il sait pourquoi et quand et comment les faire. Donc voilĂ , il est un peu plus speed. Mais quand il Ă©tait petit, vraiment, il m’a facilitĂ©e la tâche sur plein de choses. Il Ă©tait très Ă  l’Ă©coute, très en demande et en mĂŞme temps très autonome, capable de jouer tout seul, capable de rester tranquille tout seul sans aucun problème. Donc oui, j’ai eu beaucoup de chance et ça faisait partie des raisons d’ailleurs pour lesquelles je n’ai pas repris le jeu tout de suite après.

M.
Parce que je me suis dit: Thales, il Ă©tait tellement exceptionnel quand il Ă©tait petit que je vais forcĂ©ment ĂŞtre dans la comparaison et ça sera bon ni pour moi ni pour le chien. Donc j’ai besoin de prendre une pause. LĂ , je suis famille relais, donc du coup, ça me permet de voir des chiens diffĂ©rents, mais un peu moins longtemps. Et ça me permet aussi de dĂ©couvrir d’autres caractères de chien parce que Thales, c’Ă©tait un petit joyau.

E.
Et justement, ce petit joyau aujourd’hui, il en est oĂą ? Il est en Ă©ducation, j’imagine ?

M.
Ouais, il est rentrĂ© en Ă©ducation en juin. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir le voir tous les jours quand je vais au travail. Donc c’est chouette. Puis de voir son Ă©ducatrice, donc de pouvoir avoir des nouvelles. J’ai rencontrĂ© aussi sa famille week-end. Donc je peux voir un peu comment ça se passe avec sa famille week-end. Et puis, en En septembre, j’avais demandĂ© Ă  son Ă©ducatrice, je ne travaillais pas encore Ă  l’Ă©cole, j’avais demandĂ© Ă  son Ă©ducatrice si je pouvais venir le voir, peut-ĂŞtre faire juste une dĂ©tente avec lui, lui faire un coucou parce qu’il me manquait un peu. Et elle m’a dit: Écoute, je suis en vacances une semaine. Est-ce que tu peux le rĂ©cupĂ©rer pendant la semaine ? Et puis, Ă  la fin de la semaine, quand tu le ramènes, je te fais une dĂ©mo de travail en rue pour que tu vois oĂą il en est. Donc, j’ai eu vraiment la chance de pouvoir Ă  la fois l’avoir Ă  la maison et c’Ă©tait une vraie joie, et Ă  la fois, pouvoir voir comment il travaille, comment ça se passe, pouvoir poser toutes mes questions Ă  l’Ă©ducatrice. Ça a Ă©tĂ© un super moment. En plus, elle a Ă©tĂ© vraiment chouette.

M.
Elle a pris une heure, une heure et demie pour rĂ©pondre Ă  toutes mes questions, pour me montrer tout ce qu’il sait faire, etc. C’est quelque chose qu’elle fait normalement, qu’elle propose aux familles, mais plutĂ´t en fin de formation. Et lĂ , ça m’a permis vraiment de voir une Ă©tape. Et après, en ce moment, il est un peu speed et il recommence un peu Ă  faire des bĂŞtises qu’il avait arrĂŞtĂ©es de faire. Comme je te dis, c’est un filou. C’est un bon chien, c’est vraiment un bon chien, mais c’est un filou, il faut le recadrer un peu. Et ça, je n’ai pas d’inquiĂ©tude sur le fait que la famille Week-end et l’Ă©ducatrice vont très bien savoir faire pour qu’il soit un super chien ensuite.

E.
Le départ a dû être un peu difficile quand même.

M.
Oui, le dĂ©part a Ă©tĂ© très difficile. Alors pas le dĂ©part en lui-mĂŞme, en rĂ©alitĂ©, mais l’anticipation du dĂ©part. Il a eu une place en Ă©ducation dans des circonstances un peu particulières, puisqu’en fait, c’Ă©tait un autre chien qui Ă©tait en Ă©ducation, c’Ă©tait Tokyo. Et Tokyo a eu un problème Ă  l’Ĺ“il dont on ne savait pas s’il allait la faire rĂ©former ou pas. Et pour Ă©viter Ă  l’Ă©ducatrice de travailler Tokyo pendant six mois et ensuite, qu’on se rende compte qu’elle ne peut pas devenir chien guide, ils ont ouvert une place, ils ont remis Tokyo en famille d’accueil pendant les six mois, ils ont ouvert une place. Donc, Thales, qui devait partir un petit peu plus tard, finalement partait Ă  ce moment-lĂ . Et moi, je l’ai su environ un mois avant son dĂ©part. Et en fait, l’anticipation du dĂ©part a Ă©tĂ© très compliquĂ©e, sachant que moi, de manière gĂ©nĂ©rale, j’ai un problème avec les au revoir. Ça a toujours Ă©tĂ© compliquĂ© pour moi. LĂ , ça a Ă©tĂ© difficile. Il y avait des moments oĂą je rentrais chez moi, je le voyais, j’Ă©tais contente et je me disais: Oh lĂ  lĂ , tu m’as manquĂ©. Et puis d’un seul coup, je me rappelais que bientĂ´t, il ne serait plus lĂ .

M.
Et je fondais en larmes et j’ai prĂ©venu mes amis Ă  ce moment-lĂ , mon entourage. Je me mettais Ă  pleurer pour rien n’importe quand dans la journĂ©e parce que j’y repensais, parce que je voyais un chien, parce que Thales venait me faire des câlins et du coup, je me disais: Mais après, il ne me fera plus de câlins. Cette partie a Ă©tĂ© très compliquĂ©e. Après le dĂ©part en lui-mĂŞme, ça s’est bien passĂ©. J’avais très confiance en l’Ă©ducatrice. J’ai eu la chance de pouvoir le rĂ©cupĂ©rer les deux premiers week-ends, donc ça a pu se faire aussi en douceur. Ensuite, je savais qu’il Ă©tait en trop de bonnes mains. Je savais que je pouvais demander des nouvelles si j’en avais besoin. Et effectivement, j’ai mĂŞme pu le voir et le rĂ©cupĂ©rer. LĂ , c’est possible qu’Ă  NoĂ«l, il y ait une pĂ©riode oĂą je le rĂ©cupère aussi, ce n’est pas encore sĂ»r. Mais ça s’est bien passĂ© finalement.

E.
Oui, et puis cette entrĂ©e en Ă©ducation, on en avait largement parlĂ© avec Marjolaine dans l’Ă©pisode 48, avec qui on avait fait un Ă©pisode en immersion. Elle qu’on avait partagĂ© en direct pendant les mois qui prĂ©cĂ©daient notre enregistrement. C’est ressenti, justement, comme tu le disais, c’est la dernière balade, c’est le dernier ci. Et puis finalement, safran devait partir plus tard. Puis finalement, il est parti plus tĂ´t, puis il est reparti plus tard. Ce n’Ă©tait pas une science exacte. Et comme tu nous l’as bien dit, l’entrĂ©e en Ă©ducation, elle se fait en fonction de la disponibilitĂ© des Ă©ducateurs. Et puis, au dĂ©but, on n’a pas forcĂ©ment de date, après, on en a une. Puis, ce n’est pas forcĂ©ment la date dĂ©finitive. Elle peut s’avancer ou reculer. Et c’est vrai que j’avais souhaitĂ© avec Marjolaine qu’on creuse un peu cette pĂ©riode-lĂ  parce qu’elle n’est pas simple. Comme je dis toujours, on va le faire, ce T-shirt, oui, je vais pleurer quand il va partir. Parce que ce n’est pas parce qu’on s’engage dans cette magnifique aventure qu’on ne garantit pas des larmes au bout, au contraire. Mais bon, ce n’est pas des larmes. C’est un peu des larmes de tristesse, mais on sait pourquoi on le fait, on connaĂ®t un peu les règles du jeu.

E.
Mais c’est toujours un peu difficile. Tu as souhaitĂ©, toi, continuer, tu disais, pas en tant que famille d’accueil, pour ne pas comparer avec ce petit talais idĂ©al. Mais comment ça s’est passĂ© ? Tu as enchaĂ®nĂ© tout de suite sur des relais ou ça a Ă©tĂ© plus ponctuel ?

M.
Ce n’Ă©tait pas la seule raison pour laquelle je ne voulais pas ĂŞtre Ă  nouveau famille d’accueil. C’Ă©tait aussi que j’arrivais Ă  la fin de mon chĂ´mage et que je savais qu’il fallait une disponibilitĂ© complète et je n’avais pas de certitude sur la suite. Et puis, j’avais besoin d’une pause aussi parce qu’encore une fois, c’est quelque chose que j’ai fait toute seule. Ça a Ă©tĂ© parfois très difficile, mĂŞme si j’en parle avec beaucoup de positif aujourd’hui. Il y a eu des moments très difficiles. J’avais besoin de pouvoir sortir le soir sans me dire: Putain, il faut que je rentre vite, il y a le chien. Et d’ailleurs, je me le disais encore quelques fois, puis ensuite, je me rappelais qu’il n’y avait plus le chien. Mais voilĂ , ça a Ă©tĂ© pour plusieurs raisons. Par contre, effectivement, j’ai Ă©tĂ© assez vite famille relais. Moi, j’avais prĂ©venu le moniteur qui me suivait que je voulais pas tout de suite ĂŞtre famille d’accueil Ă  nouveau, mais par contre qu’il n’y avait pas de souci pour ĂŞtre famille relais. Et il se trouve qu’assez peu de temps après les deux week-ends oĂą je l’ai eu Ă  nouveau, il y a Tatou qui avait besoin d’une famille relaie pendant quelque temps.

M.
Il se trouve que Tatou, c’Ă©tait un grand copain de Thales, que je le connaissais bien, que je connaissais bien la famille aussi. On avait dĂ©jĂ  fait des balades ensemble, mĂŞme en dehors de l’Ă©cole et tout ça, parce qu’on s’apprĂ©ciait. Et donc, du coup, j’ai eu Tatou, peut-ĂŞtre un week-end ou un peu plus, mais juste le week-end qui a suivi le dernier week-end de Thales. Ça m’a permis vraiment de faire une transition en douceur parce que de l’avoir plus que les week-ends, puis ensuite avoir un autre chien les week-ends, et puis ensuite, parfois plus rien. Ça a Ă©tĂ© assez idĂ©al et assez rapide, effectivement.

E.
Oui, et alors, tu as tous été un labrador noir ?

M.
C’Ă©tait un labrador noir, oui.

E.
Tu vois, j’ai posĂ© la question sans le savoir. C’est le labrador noir. Je pense que ce n’est pas immuable, mais lĂ , tu travailles avec tous aujourd’hui Ă  l’Ă©cole. Justement, tu nous parlais de la chance de pouvoir avoir ta laisse un peu tous les jours. J’imagine que ce n’est pas pour ça, particulièrement, que tu as postulĂ© Ă  l’Ă©cole. Tu nous l’as prĂ©cisĂ© dans tous tes choix. Qu’est-ce que ça te fait aujourd’hui d’ĂŞtre passĂ© de l’autre cĂ´tĂ© ? MĂŞme si, comme tu nous le disais, c’est un peu temporaire, on ne sait pas ce que ça va devenir. C’est quand mĂŞme intĂ©ressant d’avoir ton ressenti sur, voilĂ , maintenant en tant que salariĂ©. Est-ce que tu vois des avantages, des inconvĂ©nients Ă  avoir Ă©tĂ© famille d’accueil ? Comment tu envisages tout ça ?

M.
C’est une question difficile. De toute manière, c’est passionnant parce que j’apprends Ă©normĂ©ment des chiens, des autres salariĂ©s, des bĂ©nĂ©voles que je croise. Donc c’est hyper intĂ©ressant. D’ailleurs, par exemple, je te disais, moi, j’ai des horaires assez particuliers. J’ai une grosse pause dans la journĂ©e et donc il y a toute une partie de la journĂ©e oĂą normalement, je ne suis pas lĂ , je rentre chez moi. Mais je reste quand il y a des sĂ©ances d’obĂ©issance et pourtant, je sais Ă  quoi ça ressemble. J’en ai fait beaucoup avec Thales. Mais lĂ , c’est intĂ©ressant de regarder un peu comment les Ă©ducateurs, les moniteurs les mènent, puis ensuite pouvoir dĂ©briefer avec eux et elles, pouvoir leur poser des questions, pouvoir peut-ĂŞtre mieux voir depuis l’extĂ©rieur aussi comment se comportent les familles, comment se comportent les chiens. Et puis, c’est marrant parce que j’ai discutĂ© avec un Ă©ducateur il n’y a pas très longtemps qui se souvenait de moi en tant que famille d’accueil pendant les sĂ©ances d’ObĂ© et qui m’a fait un retour sur la manière dont je travaillais et tout ça et sur la manière dont on se comportait, d’aller chez moi pendant ces sĂ©ances. C’est hyper intĂ©ressant d’avoir cet Ĺ“il-lĂ , ce regard-lĂ  sur tout ça.

M.
Après, je pense que j’ai encore beaucoup Ă  apprendre, mais c’est chouette aussi de voir comment les choses s’organisent. Le travail d’animalier, c’est un travail qui est très dur et qui est assez ingrat, mais qui rend humble aussi et qui permet de mieux comprendre les chiens. On est censĂ© tous les connaĂ®tre, ils les connaissent très bien, de savoir lesquels on peut sortir sans laisse. Savoir lesquels sont coprophages, lesquels s’entendent bien les uns avec les autres, qu’on peut sortir ensemble ou pas. Lesquels sont suivis par quel moniteur, quel Ă©ducateur pour pouvoir faire les retours, etc. Donc, il y a beaucoup Ă  savoir. C’est assez difficile, mais ça permet de voir aussi la finalitĂ©. Il y en a qui passent leur C. A. G. Est-ce que ça s’est bien passĂ© ?

E.
Le certificat d’aptitude Ă  guider. Oui, c’est ça, c’est leur diplĂ´me.

M.
C’est leur diplĂ´me. Et puis, il y en a qui ne rĂ©ussissent pas. Donc pourquoi ils ne l’ont pas rĂ©ussi ? Les retours des Ă©ducateurs, etc. C’est hyper intĂ©ressant et c’est très complĂ©mentaire de ce que j’ai appris en tant que famille d’accueil. Par contre, c’est certain que je n’aurais jamais pu travailler lĂ  si je n’avais pas Ă©tĂ© famille d’accueil, ne serait-ce parce que, encore une fois, je ne connaissais pas du tout les chiens et que lĂ , il ne faut pas en avoir peur. On n’a pas des chiens mĂ©chants, mais on des chiens qui sont impressionnants, notamment les bergers allemands, qui sont dĂ©jĂ  des chiens impressionnants de base, mais en plus, comme c’est des chiens qui sont très sensibles et qui ont du mal Ă  gĂ©rer leurs Ă©motions, c’est les premiers Ă  aboyer, Ă  pleurer, Ă  s’agiter, etc. Et ça m’est arrivĂ©, moi-mĂŞme, dans mes premiers jours, de me dire: Celui-ci, je me sens peut-ĂŞtre pas trop de le sortir. Et ensuite de me dire: Tu veux devenir Ă©ducatrice, donc tu vas y aller et tu vas voir comment ça se passe. Encore une fois, c’est que des chiens gentils. Il n’y a jamais aucun problème avec les chiens qu’on rĂ©cupère, mais C’est clair que je n’aurais pas pu faire ça si je n’avais pas connu les chiens un peu avant.

E.
Oui, ce n’est pas un mĂ©tier dans lequel on arrive sans avoir un quotidien avec un chien, peut-ĂŞtre.

M.
Oui, je ne sais pas. Après, tous les cas sont particuliers, mais en tout cas, moi, c’est quelque chose que je n’aurais pas Ă©tĂ© capable de faire avant d’avoir ta laisse.

E.
Et le fait d’avoir Ă©tĂ© famille d’accueil, est-ce que tu penses que tu agis diffĂ©remment sur certains points en te projetant Ă  la place des familles d’accueil que tu croises ? Je sais qu’on s’est eus hier soir au tĂ©lĂ©phone, par exemple, pour prĂ©parer l’enregistrement. Tu remettais au compte-goutte les chiens pour le dĂ©part. Aujourd’hui, on est fĂ©riĂ©s, du coup, pour le dĂ©part en famille pour un ou deux jours. Tu as peut-ĂŞtre un sentiment un peu diffĂ©rent, un peu particulier par rapport Ă  ce que tu as vĂ©cu toi, non ?

M.
Je pense que j’essaie particulièrement d’ĂŞtre rassurante et Ă  l’Ă©coute, surtout pour les familles qui ont un chien pour la première fois, soit parce que c’est un chien qu’ils ne connaissent pas, ils ont dĂ©jĂ  eu d’autres chiens, soit parce qu’ils n’ont jamais eu de chien avant. Et puis d’ĂŞtre un peu compatissante quand ils galèrent avec les chiens. Et puis, c’est très important pour moi, notamment… Quand ils viennent les chercher, ils nous demandent un peu comment s’est passĂ©e la semaine, etc, ça, je n’ai pas toujours les infos, mais quand ils viennent les ramener, c’est très important pour moi de prendre un temps avec les familles pour leur demander comment ça s’est passĂ©. C’est plus pour les familles que pour les chiens que je fais ça, parce que je sais que gĂ©nĂ©ralement, ça se passe bien et qu’il y a peu de points Ă  faire remonter aux Ă©ducateurs. Mais pour les familles, je trouve ça important qu’elles se sentent Ă©couter. Et puis, peut-ĂŞtre que si elles ont des difficultĂ©s, qu’elles se sentent d’en parler et si possible, de trouver ensemble une solution ou en tout cas de les rassurer sur le fait qu’elles font bien leur travail et qu’on les remercie vraiment pour ça.

E.
Oui, d’instaurer un climat de confiance en tant qu’animalier, qu’il ne peut pas juste rĂ©cupĂ©rer le chien, donner des chiens et des croquettes.

M.
Oui, c’est ça, exactement.

E.
Et ça, je pense que tu le fais, peut-ĂŞtre sans t’en apercevoir, parce que tu as Ă©tĂ© Ă  la place de ces familles-lĂ .

M.
Oui, je pense que c’est le fait d’avoir Ă©tĂ© Ă  cette place. Et puis, comme je te disais, j’ai fait beaucoup d’associatives, donc je sais aussi que le bĂ©nĂ©volat, ça fonctionne de manière bĂ©nĂ©vole, donc on ne rĂ©cupère pas de l’argent. Mais par contre, ce qu’on peut rĂ©cupĂ©rer, c’est de la reconnaissance et c’est très important pour garder des bĂ©nĂ©voles, de faire en sorte qu’ils aient de la reconnaissance et qu’ils le sentent. C’est aussi important pour moi d’avoir ce volet-lĂ .

E.
Justement, je me demandais s’il y avait quelque chose que tu avais appris ou dĂ©couvert dans toute cette aventure auprès des Chiennes guides, que ce soit en tant que famille d’accueil jusqu’Ă  aujourd’hui animalière. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu retiendrais, que tu n’avais pas du tout envisagĂ© avant de faire ce bout de chemin avec les Chiennes guides ?

M.
J’ai tout appris. J’ai Tout Ă  fait, franchement. Tu l’as certainement vu, j’avais fait une vidĂ©o pour le dĂ©part de Thales oĂą il y a beaucoup de larmes. Thales m’a tout appris. DĂ©jĂ , d’ĂŞtre responsable d’un autre ĂŞtre vivant, c’est quelque chose qui chamboule complètement son monde. Et cet autre ĂŞtre vivant, surtout quand il Ă©tait tout petit, c’est devenu ma prioritĂ© numĂ©ro un. Donc, je faisais un peu tout en fonction de lui. Après, Ă©videmment, quand il a grandi, j’ai pu commencer Ă  le laisser un peu seul, etc. Mais c’Ă©tait quand mĂŞme un niveau de prioritĂ© Ă©levĂ©. Donc ça, ça a beaucoup changĂ© les choses pour moi. Et puis, moi, je suis quelqu’un de très sujet Ă  la dĂ©pression et Ă  des dĂ©pressions assez importantes. Et en fait, quand on est en dĂ©pression, on n’a pas d’Ă©nergie pour se lever, on n’a pas d’Ă©nergie pour faire des choses. Et sauf que quand on est responsable d’un autre ĂŞtre vivant, on ne peut pas ne pas faire ça. Moi, mon chien, il a besoin d’aller faire ses besoins le matin. Que je sois en dĂ©pression ou pas, il faut qu’il sorte. Donc du coup, ça m’a poussĂ© Ă  me lever le matin, tout simplement, et Ă  structurer mes journĂ©es.

M.
C’est pareil quand on est au chĂ´mage et qu’on est un peu dans la dĂ©prime et qu’on ne cherche pas trop forcĂ©ment encore de travail parce qu’on a du temps, on a tendance Ă … Moi, en tout cas, j’aurais pu avoir tendance Ă  me laisser un peu aller, pas faire grand-chose, regarder des sĂ©ries. Ce que j’ai fait aussi, bien Ă©videmment. Mais avec un chien, on ne peut pas faire que ça. Donc, j’ai appris ça, dĂ©jĂ . Et puis, j’ai appris beaucoup sur la relation Ă  l’autre. Thales, c’est un chien qui aimait beaucoup les humains. Et donc, j’ai rencontrĂ© beaucoup de gens grâce Ă  lui et des gens avec qui je suis encore en relation. Mais quand je dis des gens, ce n’est pas forcĂ©ment que les gens de l’Ă©cole. Il y a des voisins maintenant qui me saluent et on est super content de se voir. Il y a des voisins chez qui je vais quasiment tous les jours parce que maintenant, on a une relation d’amitiĂ© hyper forte grâce Ă  Thales. J’ai mĂŞme repris contact avec mon ancien prof de maths de sixième qui avait complètement changĂ© ma vie Ă  l’Ă©poque grâce Ă  Thales. Donc oui, ça m’a appris Ă©normĂ©ment.

M.
Moi, je me suis fait tatouer pour mon chien, Ă©videmment pour lui, mais pas que, pour me souvenir de tout ce qui m’avait appris. Au dĂ©part, je me disais: Un tatouage de chien, c’est un peu… Je crois que j’avais un peu peur de me faire juger surtout sur: La meuf, elle a fait un tatouage pour son chien et en plus, ce n’est mĂŞme pas le sien. Donc, je pense que j’avais un peu peur de ça et toujours maintenant, quand je le montre, je me dis: Je sais pas trop si la personne en face, elle va ĂŞtre rĂ©ceptive Ă  ça ou pas. Mais en fait, j’avais besoin d’avoir une trace pour me souvenir de tout ce qui m’avait appris. Et ce qui m’a appris, c’est tout. C’est s’Ă©merveiller pour le moindre petit truc, c’est avoir une vie simple, ĂŞtre dans rester en prĂ©sent, pas ĂŞtre jugĂ©, ĂŞtre aimĂ©. MĂŞme si on est en pyjama, crade, il y a un chien qui vient nous faire des câlins. Moi, au dĂ©but, il y avait des pĂ©riodes qui Ă©taient un peu compliquĂ©es. Quand je pleurais, il venait se mettre Ă  cĂ´tĂ© de moi et il pleurait littĂ©ralement avec moi. Et en fait, ça a tout changĂ© pour moi.

E.
Ça fait un grand chamboulement dans la vie, selon le rythme, selon… MĂŞme, tu rajoutes une sphère sociale tout entière. Et c’est vrai que je regardais le premier post que tu avais fait avec Thales et j’avais commentĂ© en te disant: Bienvenue Ă  Thales et bienvenue Ă  toi dans l’aventure et dans le monde des chaĂ®nes guides. Et en fait, tu as fait plus qu’un petit pas de famille d’accueil, qui est dĂ©jĂ  un gros pas en termes d’engagement, tu l’as dit, mais derrière, tu as de transformer l’essai pour l’instant en devenant animalière et en faisant ton quotidien. C’est assez fort parce qu’au final, ce que j’ai remarquĂ© avec les diffĂ©rents acteurs du monde des chiennes guides, ceux qui sont salariĂ©s aujourd’hui, certains aussi avaient comme toi une expĂ©rience de famille d’accueil ou l’ont eu dans leur entourage, comme quoi, on ne vient pas forcĂ©ment dans ces associations-lĂ  par la porte, en tout cas, du handicap ou du monde canin, mais aussi par l’engagement bĂ©nĂ©vole et par le geste que ça reprĂ©sente et les consĂ©quences de remettre plus de chiens guides Ă  des dĂ©ficions visuelles qui le souhaitent.

M.
Absolument, oui.

E.
Je vois que le temps tourne. Je me permets de me diriger vers les questions de fin de ce podcast, les questions un peu signatures. Je demande toujours à mes invités le moment où ils ont été bluffés par leur chien et qui reste un souvenir marquant. Est-ce que du côté de Thales, il y en a un qui te reste en tête ?

M.
C’est dur parce qu’il m’a bluffĂ© un paquet de fois. Il y a peut-ĂŞtre eu la première fois oĂą je l’ai lâchĂ© parce qu’Ă©videmment, j’Ă©tais flippĂ©e comme jamais de le lâcher. J’Ă©tais lĂ : Mais s’il s’en va ? Mais qu’est-ce que je fais ? Comment je prĂ©viens l’Ă©ducateur ? Donc peut-ĂŞtre la première fois oĂą je l’ai lâchĂ©, mais je pense que lĂ , pour le coup, c’est plus Ă©gocentrĂ©. Je crois que j’ai plus Ă©tĂ© bluffĂ©e par moi de d’avoir le courage de faire ça que par lui qui me suivait, mais c’Ă©tait un chiot. Aujourd’hui, je sais qu’il m’aurait suivie de toute manière. Mais non, je pense que la fois oĂą il m’a bluffĂ©e, c’est peut-ĂŞtre justement quand on est allĂ© faire la dĂ©monstration avec l’Ă©ducatrice et que j’ai vu ce qu’en trois mois, il avait appris et qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  capable de faire. Et je me suis dit: C’est ça les chiens guides.

E.
Les perspectives d’Ă©ducation, d’Ă©volution, d’apprentissage sont folles.

M.
Oui, absolument. Je crois que je m’en rendais pas compte du tout et de la vitesse Ă  laquelle ça pouvait aller aussi.

E.
Ça, c’est sĂ»r qu’ils apprennent vite. Au final, ils se sont remis Ă  deux ans. Je vais pas comparer avec mon Babyboy qui est Ă  15 mois aujourd’hui. Les chiens, ils apprennent beaucoup aussi, les petits enfants. Mais en deux ans, on leur confie la responsabilitĂ© d’une personne, de sa sĂ©curitĂ©, le guidage et tout. Après, ils ont pas de vie non plus, mais c’est quand mĂŞme assez impressionnant. Ça reste impressionnant. Et dans les questions de fin, je me demandais, j’ai un peu twistĂ© pour 2024, mais je me demandais s’il y avait un ou des lieux exceptionnels oĂą tu as Ă©tĂ© avec Thales via les chiens guides, oĂą tu n’aurais jamais mis les pieds, si Thales n’avait pas Ă©tĂ© Ă  tes cĂ´tĂ©s. Dans la rue ?

M.
Non, il n’y a pas trop eu parce que comme je te disais, je n’avais pas de voiture. Donc, par exemple, j’aurais adorĂ© l’emmener Ă  la mer. Et c’est quelque chose que je n’ai pas pu faire. Et c’est un des petits regrets que j’ai aujourd’hui. Il a Ă©tĂ© Ă  la mer avec l’Ă©cole de Chienguides. Ils ont mĂŞme fait un shooting photo et il s’est rĂ©galĂ©. Et puis, il a compris qu’il faisait chaud et que s’il creusait dans le sable et qu’il se mettait dedans, il faisait plus frais. Donc, il a fait ça. Mais non, il n’y a pas trop d’endroits exceptionnels oĂą je suis allĂ© via ça. Mais par contre, quand je te dis dans la rue, c’est Ă  moitiĂ© une blague. C’est ce que je te disais, c’est que je ne serais pas sortie de chez moi si je n’avais pas eu ta laisse comme ça. Donc, c’est un peu plus ce truc-lĂ  du quotidien. Les sorties du quotidien, je ne les aurais pas faites sans lui.

E.
Tu aurais Ă©tĂ© plus chez toi, comme tu disais, plus tourner vers toi. Vers toi, ce n’est pas nĂ©gatif, mais en tout cas- Oui, bien sĂ»r. Vers ton petit cocon.

M.
Ça, c’est ta position. Oui, c’est ça. Après, il y a quelques endroits sympa que j’ai visitĂ© avec lui, des forĂŞts, des choses comme ça. Ça n’a rien Ă  voir avec les sorties du quotidien.

E.
Ok. Et pour terminer, est-ce que tu peux nous confier, pour commencer ton pire moment avec Thales, pour terminer par le meilleur ?

M.
Des pires, il y en a eu pas mal parce que quand il Ă©tait petit, dĂ©jĂ , il avait l’estomac un peu fragile et Thales, c’est un chien qui bouffe tout ce qu’il trouve. Donc, il y a eu pas mal d’inquiĂ©tudes, puis les premières inquiĂ©tudes. C’est pareil quand tu es maman, les premières fois que ton gamin, il est malade, tu te dis: Mais ce n’est pas possible, j’ai mĂŞme fait quelque chose de mal et puis il va mourir. LĂ , ce n’Ă©tait pas ça. Mais oui, il y a eu des moments compliquĂ©s, mais le pire, je pense, ça a Ă©tĂ© juste après son opĂ©ration, quand il a Ă©tĂ© castrĂ©. Pour une raison qui nous est encore inconnue, il est devenu incontinent. Le vĂ©tĂ©rinaire m’a dit que ça ne pouvait pas ĂŞtre liĂ© Ă  l’opĂ©ration, en tout cas pas physiquement parlant. On a fait des analyses d’urine. C’Ă©tait très marrant. Il faut aller dans un labo normal avec le prĂ©lèvement. MĂŞme eux, au dĂ©part, ne savaient pas trop quoi faire de ce que je leur donnais. Et puis, pour leur fiche mĂ©dicale, parce que j’avais besoin d’une facture, ils m’ont demandĂ© un nom de famille et j’Ă©tais lĂ : C’est Thales, il n’a pas de nom de famille.

M.
Et donc, j’ai un papier officiel avec Ă©crit sur le dessus Thales Truong. Mon mon nom de famille. Mais non, il Ă©tait incontinent. Il n’Ă©tait pas incontinent comme un chiot qui fait des petits pipis accidentels, qui sont des petits pipis. LĂ , vraiment, il faisait des gros pipis toute la journĂ©e chez moi, mĂŞme si je le is. C’Ă©tait une pĂ©riode oĂą moi, j’avais des gros troubles du sommeil. Je ne dormais quasiment pas. Je n’ai pas dormi pendant trois semaines, un mois. Lui, il a Ă©tĂ© incontinent pendant deux semaines. Il y a un moment, j’ai craquĂ©. Il y a un moment, j’ai craquĂ©, je n’en pouvais plus, je ne savais plus quoi faire. Je passais mon temps Ă  nettoyer derrière lui et ça a Ă©tĂ© super compliquĂ©. Et puis, ça s’est arrĂŞtĂ© presque du jour au lendemain. Donc, on estime que c’Ă©tait comportemental et on ne sait pas exactement pourquoi. C’est un chien un peu sensible, donc est-ce que l’opĂ©ration l’a un peu perturbĂ© ? Je ne sais pas. Mais oui, je pense que ce serait le pire.

E.
Oui, alors pour finir avec ton meilleur moment.

M.
Mon meilleur moment, je pense qu’il est Ă  venir. Mon meilleur moment, ça va ĂŞtre la remise. J’en ai eu plein des meilleurs moments. Tu as vu comme je t’en parle. Thales, je l’aime de tout mon cĹ“ur et il a changĂ© ma vie. Je pense, après, le fait de le voir tous les jours aussi, ça fait que ça me met pas une fin immĂ©diate Ă  mon travail de famille d’accueil. Donc oui, je pense que ce sera un moment de fiertĂ© incroyable de, j’espère, rencontrer son ou sa bĂ©nĂ©ficiaire Ça va ĂŞtre fou. J’ai hâte de vivre cette aventure-lĂ .

E.
Et c’est pour bientĂ´t, si je me trompe pas ?

M.
Ouais, pas tout de suite. Il est rentrĂ© en juin, c’est Ă  peu près un an l’Ă©ducation. Ça dĂ©pend des chiens, mais ça va jusqu’Ă  un an. Donc Ça devrait ĂŞtre courant mai, juin, quelque chose comme ça. Sachant qu’en mai, c’est son anniversaire. J’ai fĂŞtĂ© son anniversaire, mais tu avais dĂ» le voir, tu as dĂ» le suivre sur mes rĂ©seaux. J’ai fĂŞtĂ© son anniversaire, j’ai invitĂ© son Ă©ducateur et tout. Je me suis dit: Je vais beaucoup trop loin, mais en mĂŞme temps, j’avais envie de faire ça et ça s’est trop bien passĂ©.

E.
On suivra le prochain anniversaire. On peut redonner ton Instagram, c’est Mathilde avec un h. Trg. Et on peut retrouver plein de vidĂ©os parce que tu disais que tu faisais DJ, etc. Mais tu as qui fait plein de vidĂ©os de Thales. Ouais, j’ai fait plein de vidĂ©os sur les chiens guides, comment ça marche, famille d’accueil, etc.

M.
Et puis lĂ , je n’ai pas trop le temps parce que mon taf me prend beaucoup de temps. Puis comme je le disais, je me donne des cours de DJing Ă  cĂ´tĂ©, donc ça me fait beaucoup de travail. Mais j’aimerais bien reprendre les vidĂ©os et justement avec ce prisme d’animalier et pouvoir raconter un peu aussi les coulisses. C’est en projet, ce n’est pas pour tout de suite, mais potentiellement Ă  venir.

E.
Et pour complĂ©ter les coulisses, C’est vrai que moi, j’avais fait une journĂ©e au Chien Guide du Nord. C’Ă©tait il y a un moment maintenant, c’Ă©tait l’Ă©tĂ© 2021. J’avais Ă©tĂ© accueillie, j’avais enregistrĂ© deux Ă©pisodes qu’on peut toujours retrouver avec deux personnes qui ne sont plus, il me semble, au Chien Guide du Nord, qui ont voguer vers d’autres univers, mais avec Marion, qui Ă©tait instructrice de locomotion dans l’Ă©pisode 27. Et dans la foulĂ©e, on avait enregistrĂ© avec Audrey, qui Ă©tait Ă©ducatrice de Chien Guide, mais pas que, dans l’Ă©pisode 31. Donc, pour complĂ©ter l’immersion dans l’École des chiens guides du Nord, on peut quand mĂŞme aller rĂ©Ă©couter ces deux Ă©pisodes-lĂ .

M.
Ouais, Audrey qui, en plus, si je me trompe pas d’Audrey, il me semble qu’elle a adoptĂ© rĂ©cemment, pour la jolie histoire, une chienne retraitĂ©e pour laquelle elle avait Ă©tĂ© famille d’accueil avant.

E.
Exactement, avec sa maman. Elle en parle dans l’Ă©pisode 31, justement, oĂą elle parle de cette expĂ©rience de famille d’accueil. On l’a enregistrĂ©e Ă  l’Ă©tĂ© 2021, donc entre temps, elle a adoptĂ©, comme tu le dis, cette chienne retraitĂ©e. Mais oui, c’est vrai que la boucle est bouclĂ©e. Qui sait, ta laisse un jour, deviendra ton chien quand il aura bien servi.

M.
On verra. Pour l’instant, je veux pas de chien Ă  moi, donc on verra, mais peut-ĂŞtre.

E.
Seul l’avenir nous le dira. C’est ça. C’est les surprises de l’avenir Je pense que s’il y a deux ans, je t’avais demandĂ©… Si on s’Ă©tait croisĂ© en tant que podcasteur, podcasteuse dans le monde du podcast, que tu Ă©tais Ă  la casque, je t’avais un peu demandĂ© ce que tu voudrais faire de ta vie. Je ne pense pas forcĂ©ment qu’on se serait dit qu’on se croiserait sur le podcast.

M.
C’est clair, absolument.

E.
Je ne pense pas qu’on aurait imaginĂ© que je puisse t’avoir Ă  mon micro pour parler de chien-guide aveugle et encore moins que tu sois salariĂ© pour les chiens-guides du Nord. Comme quoi, la vie est pleine de surprises. Et c’est ça que je souhaite Ce qu’on peut montrer aussi par tous ces Ă©pisodes, c’est qu’on y arrive, on peut y arriver par vraiment des billets très diffĂ©rents. Et puis, l’objectif qu’on a tous, c’est qu’il y ait tous plus de chiens-guides, puisqu’il y a quand mĂŞme toujours plus de demandes et faire un petit bout de chemin, plus qui est plus ou moins long, comme on l’a vu, que ce soit avec Audrey ou Marion, dont on parlait juste avant, ou toi, qui ne l’envisageait mĂŞme pas. Je pense qu’on peut retenir que les Sheen Guids peuvent arriver dans notre vie sans crier gare.

M.
Absolument. Et venir tout bouleverser.

E.
Sur ces bonnes paroles. Merci Mathilde d’avoir racontĂ© tout ça. J’avais hâte que tu nous racontes tes diffĂ©rentes casquettes, on se connaĂ®t de diffĂ©rents univers et que tu nous racontes ce nouveau quotidien d’Annie Malière. Qui fera ce que ça fera en promotion des perspectives que tu as au sein de l’association. Et on n’hĂ©sitera pas Ă  suivre. En tout cas, je mettrai quelques infos. Et puis on suit toujours ton Instagram. Tu nous raconteras tout ça peut-ĂŞtre très bientĂ´t cette vidĂ©o.

M.
J’espère, oui, avec plaisir. Merci beaucoup Ă  toi pour ton invitation. Je suis très honorĂ©e. Et merci pour ton travail aussi, parce que je fais partie des gens qui savent Ă  quel point la communication sur ce sujet est importante. Donc merci beaucoup Ă  toi pour la tenue de ce podcast.

E.
Merci Merci Mathilde et Ă  bientĂ´t.

M.
Ă€ bientĂ´t.

E.
Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. J’espère qu’il vous aura permis d’en apprendre plus sur le mĂ©tier central d’animalière dans le fonctionnement des Ă©coles de chiens guides. Depuis, Mathilde a continuĂ© son chemin et vient de rĂ©intĂ©grer, il y a quelques jours, l’École du Nord en tant que monitrice. Si vous avez apprĂ©ciĂ© cet Ă©pisode oĂą Mathilde aborde les dessous des mĂ©tiers peu connus du cĂ´tĂ© des Schengen, je vous conseille d’Ă©couter l’Ă©pisode 27 avec Marion, qui explique que ses missions et son rĂ´le en tant qu’Ă©ducatrice de locomotion. De mon cĂ´tĂ©, je vous dis Ă  bientĂ´t pour le prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles.

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