Voici Florian qui est devenu famille d’accueil pour l’école des chiens guides du Nord ! Dans un format INÉDIT, avec des audios enregistrĂ©s par mon invitĂ© les mois prĂ©cĂ©dents notre enregistrement, cette première immersion se passe du cĂ´tĂ© de Lille, avec la complicitĂ© de Florian, qui est devenu famille d’accueil pour l’Ă©cole des chiens guides du Nord Ă  Lille. Mais comment vit-on l’attente avant l’arrivĂ©e de son futur chien guide, et qu’en est-il des premiers jours ? Enfin, quels sont les avantages ou inconvĂ©nients Ă  devenir famille d’accueil ? Entre entreprenariat, salle de sport et voyage, Florian revient sans filtre ni tabou sur ses premiers jours de son aventure de famille d’accueil et sur sa vie chamboulĂ©e par l’arrivĂ©e de Sunday. Il nous raconte aussi l’impact sur sa vie quotidienne qu’il partage avec Arthur et Loya de l’Ă©pisode 11.

Retrouvez la transcription intégrale en fin de page.

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m’appelle Florian, j’ai tout juste 30 ans et je vis Ă  Lille. J’ai fait des Ă©tudes en communication marketing, puis j’ai eu un job Ă  l’Ă©tranger, plus spĂ©cifiquement au Japon. Je suis rentrĂ© Ă  Lille et j’ai ouvert un restaurant japonais Aoyama en 2018. Depuis, j’ai ouvert un deuxième Ă©tablissement Daikanyama en 2021, et j’ai Ă©galement ouvert une agence de conseils pour les restaurateurs. Donc je suis entrepreneur/restaurateur sur Lille.

Comment as-tu découvert les chiens guides d’aveugles et comment sont-ils entrés dans ta vie ?

Alors la première fois, c’est quand j’ai rencontrĂ© Arthur et Loya en 2019 Ă  une soirĂ©e. Je ne connaissais pas Arthur, donc je ne savais pas qu’il Ă©tait malvoyant, ni que Loya Ă©tait son chien guide. On s’est revus, on s’est rapprochĂ©s et c’est lĂ  que j’ai vu Ă  quel point Loya Ă©tait importante pour lui. Ce qui est paradoxal, c’est qu’Ă©tant petit, j’avais toujours voulu avoir un chien parce que j’adore les chiens, mais ma maman m’avait toujours dit que je suis allergique, ce qui s’avère ĂŞtre pas vraiment vrai !

Retrouvez l’’épisode 11 avec Arthur et Loya

Puis, alors qu’on habitait ensemble, on a eu une conversation avec Arthur et on s’est dit que ça pourrait ĂŞtre très intĂ©ressant de prendre un futur chien guide en famille d’accueil puisqu’il pourrait apprendre par mimĂ©tisme de Loya. On a fait une première visite Ă  l’Ă©cole des chiens guides de Roncq en leur exprimant le projet qu’on avait, en leur disant « Est-ce que c’est complètement fou comme idĂ©e ou est-ce que ça se fait ? ». Ils avaient dĂ©jĂ  eu un couple avec une femme qui est atteinte de cĂ©citĂ© qui avait un chien guide et eux ont pris un chien en Ă©ducation en tant que  famille d’accueil, et que ça avait très bien fonctionnĂ©. Donc, on s’est dit « bingo, on fait ça ». Et en mĂŞme temps, on en a parlĂ© Ă  ma mère parce qu’on s’est dit que ça pourrait ĂŞtre une bonne idĂ©e pour elle que de devenir famille d’accueil. Donc on a proposĂ© ça Ă  ma mère et en fait, on a fait la première rĂ©union et on a tous signĂ© pour rejoindre l’aventure.

Ma maman a eu Sunday fin juillet, et on devait avoir le petit ou la petite berger allemand au dĂ©but octobre. Puis au mois d’aoĂ»t, ma maman a eu des problèmes au niveau des genoux. On a pris le relais avec Sunday pour un week-end, et en en discutant avec Arthur, il a Ă©voquĂ© le sujet en premier en disant : « Mais si en fait, on proposait Ă  ta mère de rĂ©cupĂ©rer Sunday si jamais elle ne va pas mieux ?”. On a Ă©voquĂ© la question avec elle et je pense qu’elle a Ă©tĂ© ravie parce qu’en fait, c’Ă©tait la bonne solution. J’ai repris toutes les obligations qui sont liĂ©es Ă  elle, signĂ© le contrat avec l’Ă©cole et fait ma première session d’Ă©ducation Ă  l’Ă©cole.

Finalement j’ai quand mĂŞme de la chance avec une activitĂ© qui me permet d’ĂŞtre libre dans ma manière de m’organiser, et ça, c’est un gros avantage ! Elle me suit partout : en rĂ©unions, dans mes dĂ©placements, etc. Et ça se passe très bien. Mais ce que je n’avais pas pensĂ©, c’est que mes temps de dĂ©placement sont beaucoup plus longs. J’avais l’habitude avant d’ĂŞtre sur mon tĂ©lĂ©phone, très souvent lorsque je suis dans la rue. Ça c’est fini, parce que toute mon attention se porte dorĂ©navant sur Sunday. C’est vrai que c’est un investissement qui est très très important en fait en termes de temps.

Ce qui est drĂ´le, c’est que quand Loya et Sunday se sont rencontrĂ©es la première fois, Loya ne calculait absolument pas Sunday qui Ă©tait vraiment toute petite Ă  l’époque. Et on s’est rendu compte que plus Sunday grandissait, plus Loya avait de l’intĂ©rĂŞt pour elle. Et maintenant, dès qu’elles se retrouvent, c’est la fĂŞte, c’est la samba !

On a fait un petit tour en septembre du cĂ´tĂ© de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, on a eu l’occasion d’aller avec Sunday et Loya Ă  la remise de la nouvelle promotion de chiens guides. C’Ă©tait vraiment un beau week-end, une belle expĂ©rience et de belles rencontres, et c’est très Ă©mouvant de voir justement ce passage entre la famille d’accueil Ă  la personne qui reçoit le chien. D’autant que lĂ , on parle d’enfants, d’adolescents, et de voir Ă  quel point le chien peut bouleverser la vie d’un enfant ou d’un adolescent, c’est incroyable.

Retrouvez l’épisode 28 avec Bérénice et Opium, de la Fondation Frédéric Gaillanne

On a Ă©tĂ© Ă  Rome pour l’anniversaire d’Arthur, on est allĂ©s aux Etats-Unis après et Ă  chaque fois qu’on fait ces dĂ©placements-lĂ  et qu’on ne peut pas prendre Sunday, c’est ma maman qui la retrouve. Elle est ravie puisqu’elle adore Sunday ! Se pose aussi la question pour dĂ©but fĂ©vrier, puisque je retourne Ă  l’hĂ´pital pendant une pĂ©riode qui va ĂŞtre assez longue.

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as découvert avec les chiens guides ?

Je pense que je vais me rĂ©pĂ©ter, mais c’est juste l’investissement en Ă©nergie que ça demande. C’est vraiment ça qui m’a marquĂ© et dont on n’a pas conscience. Dès qu’on se lève – je me lève pour plein de choses – mais la première chose que je fais, c’est de sortir Sunday. Ca ne me dĂ©range pas mais il faut ĂŞtre prĂ©parĂ© Ă  ça, il faut ĂŞtre vraiment prĂ©parĂ©.

Quels sont pour toi les avantages ou au contraire les inconvénients à devenir famille d’accueil ?

Je suis très content de pouvoir m’occuper de Sunday et avoir des moments privilĂ©giĂ©s avec elle. Et c’est très dur de ne pas la prendre dans le lit ou dans le fauteuil mais on respecte. Après, un gros avantage : c’est qu’on peut l’emmener partout, et ça, c’est juste gĂ©nial. Moi, je vais Ă  des rendez-vous Ă  la banque, je vais maintenant Ă  la salle de sport, je vais faire les courses, j’y vais avec Sunday ! L’inconvĂ©nient j’en ai dĂ©jĂ  beaucoup parlĂ© avec le temps et l’énergie Ă  y consacrer, mais j’ai compris maintenant et je m’organise au mieux.

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec les chiens guides ?

Alors le pire, c’est le jour oĂą elle a fait 5 pipis d’affilĂ©e en 2 ou 3 heures. Je me disais « Mais comment elle peut rĂ©ussir encore Ă  faire pipi alors qu’il n’y a pas d’eau qui est entrĂ©e dans son corps ? ». Je crois que c’Ă©tait un soir oĂą j’avais passĂ© la journĂ©e Ă  bosser, et elle n’arrĂŞtait pas de faire pipi et je n’en pouvais plus, on n’avait plus de serpillères, je ne  savais mĂŞme plus comment rĂ©cupĂ©rer, enfin… je crois que c’Ă©tait le pire moment. Et maintenant, on en rigole, c’est ça qui est bien.

Je ne pense pas qu’il y ait un meilleur moment, mais il y a des moments drĂ´les. J’ai un moment oĂą on a regardĂ© un film avec notre projecteur, le son Ă©tait un peu fort et au dĂ©but il y avait un lion qui rugit, et Sunday a fait un bond et nous on a rigolĂ©. La pauvre elle a eu peur. Mais sinon, je dirais tout simplement toute l’affection qu’elle nous apporte. Tous les câlins qu’on peut lui faire et qui font que c’est juste une belle aventure.

Merci Ă  Florian d’avoir acceptĂ© mon invitation un peu folle avec ce nouveau format inĂ©dit ! Et Ă  bientĂ´t sur Lille ?

Transcription intégrale

Estelle

Bonjour et bienvenue sur le podcast Futur Chien Guide, le seul podcast sur l’univers des chiens guides d’aveugles soutenu depuis cette annĂ©e par la FFAC et l’ANM Chien Guide. Je m’appelle Estelle, je suis passionnĂ©e par les chiens guides d’aveugles et bĂ©nĂ©vole pour cette cause Ă  Paris. Je suis d’ailleurs persuadĂ©e que l’univers des chiens guides d’aveugles mĂ©rite d’ĂŞtre mieux connu. En tant qu’amoureux des chiens, futurs bĂ©nĂ©ficiaires ou autres curieux comme moi, vous croisez parfois des chiens guides d’aveugles et leur maĂ®tre en vous demandant : « Mais comment font-ils pour se dĂ©placer dans nos rues toujours plus agitĂ©es ? ». Ce podcast est le seul qui vous propose, au fil de rencontres enrichissantes, de dĂ©crypter l’univers des chiens guides d’aveugles pour comprendre par qui et comment ils sont Ă©duquĂ©s, mais aussi de dĂ©couvrir leur rĂ´le dans le quotidien de leur maĂ®tre et les bouleversements Ă  leur arrivĂ©e. Ou encore comment agir quand vous croisez un tel binĂ´me ?

Aujourd’hui, je suis ravie de vous proposer un format inĂ©dit imaginĂ© depuis plusieurs mois. Puisque vous allez vite le comprendre, il demande un peu plus d’anticipation que les autres.L’idĂ©e d’origine est surtout de vous plonger encore plus dans cet univers des chiens guides d’aveugles en intĂ©grant dans l’Ă©pisode des audios enregistrĂ©s par mon invitĂ© les mois prĂ©cĂ©dant notre enregistrement. Ainsi, cette première immersion se passe du cĂ´tĂ© de Lille, avec la complicitĂ© de Florian, qui est devenu famille d’accueil pour l’Ă©cole des Chiens Guides du Nord. Mais comment vit-on l’attente avant l’arrivĂ©e de son futur chien guide ? Et qu’en est-il des premiers jours ? Enfin, quels sont les avantages ou inconvĂ©nients Ă  devenir famille d’accueil ? Entre entrepreneuriat, salle de sport et voyages, Florian revient sans filtres ni tabous sur ses premiers jours de son aventure de famille d’accueil et sur sa vie chamboulĂ©e par l’arrivĂ©e de Sunday. Il nous raconte aussi l’impact sur sa vie quotidienne, qu’il partage avec Arthur et Loya, de l’Ă©pisode 11. Alors maintenant, place Ă  l’Ă©pisode !

Intonation
Florian

Salut Estelle, c’est Florian, j’espère que tu vas bien ?  J’ai bien eu ton message sur Instagram, et donc c’est pour ça que je t’envoie un petit message. Qui tombe Ă  pic en fait, puisqu’on a eu des nouvelles hier. En fait, c’est Hubert de l’Ă©cole qui a appelĂ© Arthur pour lui dire qu’ils avaient eu des nouvelles de l’Ă©leveur. Alors, on ne sait pas si c’est un mâle ou une femelle (« surprise »), mais que celui-ci devrait ĂŞtre transportĂ© jusqu’Ă  l’école le 12 octobre prochain. Donc super cool ! Donc voilĂ , on est tout contents, on est super excitĂ©s. On a trop hâte ! Il y a la braderie, qui se prĂ©pare ce week-end Ă  Lille, donc avec deux restaurants, c’est un peu la course.

Intonation

E.

Bonjour Florian !

F.

Salut Estelle.

E.

Merci d’avoir acceptĂ© mon invitation pour cet Ă©pisode sur mon podcast « Futur chien guide ». Épisode un peu particulier puisqu’on inaugure le format en immersion. Un format que j’ai souhaitĂ© pour 2022. Il y en aura quelques uns. L’idĂ©e, c’est qu’on a dĂ©jĂ  entendu un petit extrait de tes notes vocales qu’on s’est Ă©changĂ©es pendant quelques temps et qu’on en aura d’autres pour nourrir un peu notre conversation et avoir vraiment ton ressenti en direct. D’ailleurs, avant, est-ce que tu peux te prĂ©senter, nous dire rapidement qui tu es ?

F.

Bien sĂ»r, donc je m’appelle Florian. J’ai tout juste 30 ans et je vis Ă  Lille. J’ai grandi juste Ă  cĂ´tĂ© d’Ascq et j’ai un parcours assez classique. J’ai fait des Ă©tudes en communication marketing. Après, j’ai eu un job Ă  l’Ă©tranger, plus spĂ©cifiquement au Japon. Et puis, je suis rentrĂ© Ă  Lille et j’ai ouvert un restaurant japonais qui s’appelle Aoyama. Ça, c’Ă©tait en 2018. Depuis, j’ai ouvert un deuxième Ă©tablissement en 2021, donc l’annĂ©e dernière, et j’ai Ă©galement ouvert une agence de conseils pour les restaurateurs. Donc, je suis entrepreneur/ restaurateur sur Lille.

E.

Donc, tout ça t’est venu de ton voyage au Japon dont tu nous as parlĂ©, c’Ă©tait un peu l’idĂ©e ?

F.

Les restaurants sont venus de mon expĂ©rience au Japon. Et l’agence, c’Ă©tait plus parce que j’ai remarquĂ© que les restaurateurs n’ont pas toujours les bonnes habitudes, je dirais, vis Ă  vis de tout ce qui est outils digitaux, et donc je voulais apporter mon expertise Ă  ceux qui en ont besoin.

E.

Et donc, Ă  cĂ´tĂ© de tout ça, on ne va pas dĂ©voiler tout de suite, mais on se connaĂ®t, on s’est dĂ©jĂ  rencontrĂ©s par l’intermĂ©diaire de quelqu’un qui t’est très proche. Parce que, est-ce que tu peux revenir Ă  ton origine, tes premiers contacts avec les chiens guides d’aveugles ? Du coup, ce n’Ă©tait pas forcĂ©ment dans le rĂ´le que tu occupes aujourd’hui. Comment ça c’est passĂ© pour toi la première fois que tu as croisĂ© un chien guide d’aveugle ?

F.

Alors la première fois, et bien c’est quand j’ai rencontrĂ© Arthur. Donc, en 2019. J’ai rencontrĂ© Arthur Ă  une soirĂ©e. Il Ă©tait lĂ  avec Loya. Je ne connaissais pas Arthur. Je n’avais jamais entendu parler de lui, donc je ne savais pas qu’il est malvoyant, enfin qu’il vit avec la malvoyance, et je ne savais pas que Loya Ă©tait son chien guide. Et puis on s’est revus, on s’est rapprochĂ©s et c’est lĂ  que j’ai vu Ă  quel point Loya Ă©tait importante pour lui. Et c’est Ă  partir de lĂ  que j’ai pris conscience en fait de tout ce monde, si je puis dire, qui tourne autour du chien guide. Alors, ce qui est paradoxal, c’est qu’Ă©tant petit, j’avais toujours voulu avoir un chien parce que j’adore les chiens, mais ma maman a toujours dit que je suis allergique, ce qui s’avère ĂŞtre pas vraiment vrai !

E.

Oui, que toi, tu aurais Ă©tĂ© allergique, mais en fait, c’est pas forcĂ©ment ça ?

F.

VoilĂ , parce que c’Ă©tait juste un argument pour que je n’aie pas de chien. Le fait de me rapprocher d’Arthur, ça m’a aussi permis, entre guillemets, de me rapprocher de Loya et de pouvoir avoir un chien dans mon quotidien. Donc c’Ă©tait vraiment cool !

E.

Pour Ă©claircir, tu parles de Arthur et Loya qui sont passĂ©s dans l’Ă©pisode 11 sur mon podcast. Et du coup, c’est un peu comme ça qu’on s’est croisĂ©s. Et en fait, si on Ă©change aujourd’hui, c’est parce que ton lien avec les chiens guides a Ă©voluĂ©, en plus, du coup, de vivre avec Arthur et Loya. Tu as aussi fait le choix d’aller un peu plus loin, toi, en tant que Florian, auprès des chiens guides.

F.

C’est ça ! Je ne sais plus comment est venue cette dĂ©cision. Je pense qu’on a eu la conversation avec Arthur et on s’est dit que ça pourrait ĂŞtre très intĂ©ressant de prendre un chien en Ă©ducation et que le chien pourrait apprendre par mimĂ©tisme de Loya.

E.

Donc de devenir famille d’accueil ?

F.

Ouais. Et donc, on a fait une première visite Ă  l’Ă©cole des chiens guides de Roncq. On leur a exprimĂ© un peu le projet qu’on avait en leur disant « Est-ce que c’est complètement fou comme idĂ©e ou est-ce que ça se fait ? ». Et ils nous ont dit qu’il y avait eu un couple, donc un homme qui est avec une femme qui est atteinte de cĂ©citĂ©, je crois, et qu’il y a donc un chien guide et eux ont pris un chien en Ă©ducation, donc en tant que famille d’accueil, et que ça avait très bien fonctionnĂ©. Donc, on s’est dit « bingo, on fait ça ». Et en mĂŞme temps, on en a parlĂ© Ă  ma mère parce qu’on s’est dit que ça pourrait ĂŞtre une bonne idĂ©e pour elle que de devenir famille d’accueil. Arthur le dit très bien, le chien est un bon vecteur pour faire des rencontres, sortir et parler avec les gens en fait tout simplement. Parce que c’est vrai que dès qu’on a un chien, surtout quand il est très jeune, c’est monstrueux. Il y a tout le monde qui est lĂ  autour, c’est incroyable ! Donc on a proposĂ© ça Ă  ma mère et en fait, on a fait la première rĂ©union. On a tous signĂ© pour rejoindre l’aventure.

E.

Ta maman, du coup, elle a dĂ©posĂ© son propre dossier pour devenir famille d’accueil et toi, en parallèle, en tant que rĂ©fĂ©rent, tu as dĂ©posĂ© aussi pour le devenir avec Arthur, mais c’Ă©tait un peu dĂ©fini que c’Ă©tait plutĂ´t toi, de toute façon, qui allait t’en occuper ?

F.

Exactement !  Et ce qui s’est fait, c’est que Arthur, lui, voulait qu’on ait dans la mesure du possible, un berger allemand.

E.

Une mini Loya ?

F.

Une mini Loya, mĂŞme si ça aurait très bien pu ĂŞtre un mâle. Après, on leur a dit que si ça ne se fait pas, c’est vraiment pas grave, mais c’Ă©tait l’idĂ©e que lui avait derrière la tĂŞte. Au final, il s’avère que tout a Ă©tĂ© chamboulĂ©.

E.

Au final, ta maman avait dĂ©jĂ  eu son Ă©lève chien guide en famille d’accueil puisqu’elle du coup, elle n’avait pas forcĂ©ment ce souhait, en tout cas, d’avoir un berger allemand. Donc, elle a eu une petite labrador.

F.

Exactement.

E.

Et puis, comme tu dis, tout s’est chamboulĂ©.

Intonation
F.

Salut Estelle, j’espère que tu vas bien ? Petit message aujourd’hui, en fait si tu veux hier matin, j’ai reçu un appel de ma maman donc qui s’occupe de Sunday depuis fin juillet. Mais en fait, en ce moment, elle a des problèmes de genou, donc elle avait confiĂ© Sunday cette semaine Ă  Johanne qui est l’Ă©ducatrice de l’Ecole de Chiens guides, qui s’en Ă©tait occupĂ©e. Et en fait Johanne est tombĂ©e malade vendredi. Donc lĂ  on est samedi. Et donc hier, Johanne a appelĂ© ma maman en lui disant qu’elle ne pourrait pas s’occuper de Sunday ce week-end et qu’il fallait qu’elle la rĂ©cupère. Sauf que les problèmes de genou de ma maman ne s’amĂ©liorent pas. Donc, celle-ci m’a appelĂ© et donc nous on s’est proposĂ©s d’aller chercher Sunday et de s’en occuper ce week-end. Donc c’est ce qu’on a fait. Et lĂ  elle est toujours avec nous. En soi, ça se passe bien, il y a eu des petites chamailleries entre Loya et Sunday, mais rien de très important. Il y a aussi le fait que Sunday elle ait un peu de mal Ă  faire ses besoins. Donc au moment ou je la monte pour la remettre dans sa cage, elle commence Ă  faire pipi alors que je la porte. Donc je me suis dis que je vais la redescendre tout de suite ; donc je la redescends. Et bon elle ne veut pas… Donc je la remonte et au final elle a fait pipi dans sa cage. Au final, la nuit s’est bien passĂ©e. On a tout nettoyĂ© et lĂ , ce matin, je l’ai sortie dès que je me suis levĂ©. Ça s’est bien passĂ©. Arthur a eu l’idĂ©e de… En gros, son questionnement, Ă©tait de se dire si cela ne va pas mieux pour ma maman, est-ce que ça ne serait pas mieux que ce soit nous qui nous occupions de Sunday ? Donc voilĂ , on est un peu dans un questionnement vis-Ă -vis de ça. C’est vrai, que nous, ça bouleverserait. C’est un peu exagĂ©rĂ©, mais voila, on s’Ă©tait fixĂ© comme objectif de faire ça aux dates prĂ©vues. Donc lĂ  ça voudrait dire qu’on commence dès maintenant, donc il faudrait changer un peu nos habitudes. Et lĂ  tu vois, dans l’appart on a relevĂ© tout ce qui pourrait ĂŞtre atteint par Sunday pour que justement elle Ă©vite de mordre. Parce qu’elle est encore en train de mordre, (mĂŞme si c’est moins souvent qu’avant), mais de mordre toutes les affaires qu’on peut avoir et qui sont Ă  proximitĂ© du sol.  Donc il faut changer les petites habitudes comme ça et après aussi adapter nos emplois du temps pour que, justement, tout se passe bien pour elle. Parce que c’est vrai qu’on a aussi pas mal de rendez-vous de nos cĂ´tĂ©s respectifs. Enfin voilĂ , c’Ă©tait pour te tenir au courant de ce qu’il se passe sur Lille.

Intonation

E.

Donc, vous, vous attendiez votre berger allemand il me semble ?

F.

Ma maman a eu Sunday, je crois que c’Ă©tait fin juillet. Et nous, on devait avoir le petit ou la petite berger allemand au dĂ©but octobre, c’est ce qui Ă©tait prĂ©vu. Au mois d’aoĂ»t, ma maman a eu des problèmes au niveau des genoux. Elle m’a appelĂ© un matin : « Je ne peux plus m’occuper de Sunday, est-ce que vous pourriez faire quelque chose ? ». Donc je lui dis : « Ecoute, pas de souci. On la prend ce week-end, tu vois comment ça Ă©volue ». Donc je vais chercher Sunday. On la ramène Ă  la maison. Elle avait dĂ©jĂ  rencontrĂ© Loya, donc c’Ă©tait un terrain pas si inconnu que ça pour elle. Et donc, elle passe la première nuit ici. Et puis, on en discute avec Arthur et je crois que c’est Arthur qui a Ă©voquĂ© le sujet en premier en disant : « Mais si en fait, on proposait Ă  ta mère de rĂ©cupĂ©rer Sunday si jamais elle ne va pas mieux ? Puisque Sunday connaĂ®t dĂ©jĂ  Loya. Nous, on connaĂ®t dĂ©jĂ  Sunday. On est dĂ©jĂ  un peu attachĂ©s Ă  elle et au final, ce berger allemand on ne le connaĂ®t pas encore et il aura forcĂ©ment une autre famille donc ce n’est pas très grave alors que si Sunday se retrouve affectĂ©e Ă  une autre famille, ta mère va avoir de la peine. C’est dommage parce qu’on sait dĂ©jĂ  le lien qu’elle peut avoir avec Loya. Est-ce qu’on ne peut pas en discuter avec ta maman et puis en discuter avec l’Ă©cole si jamais, elle, elle accepte ? ».

Intonation
F.

Salut Estelle. J’espère que tu vas bien. Je t’envoie un petit message parce qu’il s’est Ă©coulĂ© quelques jours depuis mon dernier message justement. Et au final, on est tombĂ©s d’accord avec ma maman et l’Ă©cole des chiens guides de Roncq pour que l’on garde Sunday qui fait maintenant partie de notre petite famille avec Loya et Arthur. Donc Ă©videmment on a dĂ» renoncer Ă  la prise du berger allemand qu’on espĂ©rait dĂ©couvrir le 12 octobre prochain. Parce que c’Ă©tait pas possible de tout cumuler Ă©videmment et maintenant, donc on s’occupe de Sunday. Donc lĂ , cet après-midi, j’ai ma première session d’Ă©ducation Ă  l’Ă©cole. Et puis, il y a son Ă©ducatrice qui va venir vendredi pour qu’on fasse un point ensemble et que je rĂ©cupère Ă©galement tous les dossiers et que j’en sache un peu plus puisqu’au final, c’est vrai qu’on avait fait des rĂ©unions avec le rĂ©fĂ©rent famille. C’est vrai que ça remonte Ă  pas mal de temps maintenant. Donc lĂ , depuis que l’on a Sunday depuis le week-end dernier.

Mais Ă©coute, sinon tout va bien. Elle se comporte de mieux en mieux. Donc ça, c’est vraiment cool. Elle a des bons rĂ©flexes et j’espère que ça ira Ă©videmment que dans le bon sens ! En tout cas, on est quand mĂŞme très, très contents. Ça se passe bien aussi avec Loya, bon elles se cherchent un peu, mais je pense qu’au moins, il y a un bon feeling. Et ça, c’est quand mĂŞme cool !

Intonation

F.

Le week-end est passĂ© et donc je pense que ma maman avait toujours ses douleurs Ă  son genou. On a Ă©voquĂ© la question avec elle et je pense qu’elle a Ă©tĂ© ravie parce qu’en fait, c’Ă©tait la bonne solution. Elle, ça lui permettait de continuer Ă  voir Sunday. Elle Ă©tait dĂ©jĂ  très attachĂ©e Ă  Sunday. Donc, c’Ă©tait le plan idĂ©al pour elle. Pour l’Ă©cole, c’Ă©tait aussi une facilitĂ© dans le sens oĂą il n’y avait pas besoin de trouver en effet une autre famille pour Sunday. Donc, c’est comme ça que les choses ont un peu basculĂ©.

E.

Donc en quelques jours en fait, c’est ce que tu me tĂ©moignais en notes vocales. Vous venez d’avoir quelques nouvelles de l’Ă©leveur de bergers allemands, puis finalement, Sunday allait peut-ĂŞtre ĂŞtre votre Ă©lève chien guide. Et quelques jours après, ça c’est vraiment fait en une semaine. Finalement, vous vous ĂŞtes dit oui ! Bon, peu importe le berger allemand. C’est vrai qu’entre l’histoire de Sunday et ta maman et la vĂ´tre, c’Ă©tait dĂ©jĂ  très liĂ©. Et puis Sunday est arrivĂ©e, alors elle n’Ă©tait pas toute petite, mais elle restait quand mĂŞme petite puisque ça fait que quelques semaines que ta maman l’avait avec elle. Et lĂ , pour toi, ça a Ă©tĂ© la dĂ©couverte. Pour Arthur aussi. Mais c’est quand mĂŞme toi qui avait la responsabilitĂ©. C’Ă©tait un peu l’idĂ©e.

F.

C’est exactement ça. Elle est arrivĂ©e et en fait, ma maman vit en appartement, comme nous. Sauf que la grosse diffĂ©rence, c’est que ma maman vit dans un appartement au rez-de-chaussĂ©e et que donc elle a un jardin. Donc elle n’a absolument pas appris Ă  se retenir. Donc elle est arrivĂ©e Ă  l’appartement et c’Ă©tait un peu un carnage parce qu’elle faisait pipi, mais, je ne vais pas dire de bĂŞtise, mais peut ĂŞtre toutes les deux heures Ă  l’intĂ©rieur. Un moment, je n’avais plus de serpillière, je ne savais plus quoi faire, je devenais dingue !

E.

Ha ! Ha ! ce qui est une situation qu’on peut avoir dans les premiers temps, mĂŞme sans le passage de l’appartement au rez-de-chaussĂ©e. Puisque en fait, la propretĂ©, c’est vraiment le premier challenge qu’on a avec les chiots. Pour ça, je pense que l’Ă©ducatrice vous a bien sĂ»r aidĂ©s avec des tips, etc. Mais on se dit ‘est-ce que ça va vraiment ĂŞtre comme ça pendant un an ?’

A.

Et donc dès le lendemain, je me suis dit qu’il faut que je mette en place une technique, un process pour savoir comment la gĂ©rer. Donc, ce que je faisais, c’est que je la descendais toutes les heures environ et Ă  chaque fois, dans mon tĂ©lĂ©phone, je notais quand elle faisait pipi, quand elle faisait caca, enfin quand elle faisait ses besoins. Et comme ça, j’avais un repère en me disant « à cette heure-lĂ , il faut que je la descende, Ă  cette heure-lĂ , il faut que je la descende ». Et l’idĂ©e, c’Ă©tait après d’espacer un peu plus le temps, justement, entre les moments oĂą elle a besoin de faire ses besoins pour qu’elle apprenne Ă  se retenir. Et c’est vrai que c’est Ă  ce moment-lĂ  aussi oĂą je me suis rendu compte de l’investissement que ça demande. Parce que c’est vrai que j’Ă©tais peut-ĂŞtre un peu trop… Je ne sais pas quel mot employer, mais peut ĂŞtre « naĂŻf » par rapport Ă  la charge de travail que ça demande.

Intonation
F.

Salut Estelle, j’espère que tu vas bien ! Le quotidien est un peu dĂ©bordĂ© en ce moment entre les restaurants, le manque de personnel et Sunday qui me prend Ă©videmment beaucoup, beaucoup de mon temps et de mon Ă©nergie. Je dois t’avouer que je m’attendais Ă  ce que ce soit du travail, mais sans doute pas autant. Mais ça se passe bien. LĂ  elle est en face de moi. Elle est en train de jouer et elle fĂŞte aujourd’hui ses quatre mois. J’ai repris toutes les obligations, je dirais, qui sont liĂ©es Ă  elle, et j’ai signĂ© mon contrat vendredi dernier avec Johanne de l’Ă©cole. J’ai eu la session d’Ă©ducation mercredi d’avant Ă  l’Ă©cole. Ça s’est bien passĂ©, mĂŞme si elle m’a un peu foutu la honte devant tout le monde puisque c’Ă©tait la seule qui, Ă  l’exercice du rappel, n’est pas du tout revenue vers moi et a prĂ©fĂ©rĂ© foutre le boxon avec les autres chiens. Mais sinon, tout se passe bien. Je dirais mĂŞme qu’elle travaille de mieux en mieux. On gère de mieux en mieux aussi ses besoins, qu’elle ne fait presque plus Ă  l’intĂ©rieur, sauf parfois quand elle est trop excitĂ©e avec Loya.

Nous, on part Ă  la fin du mois dans le sud et Ă  la montagne. Donc on va emmener Sunday avec nous pour la faire voyager un petit peu parce qu’au final, elle n’est jamais sortie de la rĂ©gion pour le moment. Donc ça va ĂŞtre une grande première pour elle. Mais voilĂ , dans l’ensemble, tout se passe bien. C’est quand mĂŞme du taf. C’est bien parce qu’en mĂŞme temps, Ă  la fin de la journĂ©e, je suis assez fatiguĂ©, donc je trouve le sommeil assez rapidement. Ça, c’est le gros point positif. Puis ça m’apporte aussi quand mĂŞme beaucoup, beaucoup de joie. Je suis très content d’ĂŞtre avec elle et de la voir grandir aussi. C’est vrai que c’est drĂ´le, mais en fait, j’ai du mal Ă  la voir grandir. Et quand je regarde les photos, je me dis : « C’est dingue Ă  quel point elle grandit vite ». Je retourne travailler et je te souhaite une belle fin d’après midi.

Intonation

F.

Après, j’ai quand mĂŞme la chance d’avoir un emploi… J’ai quand mĂŞme une activitĂ© qui me permet d’ĂŞtre libre dans ma manière de m’organiser. Donc, ça, c’est un gros avantage ! Et je ne n’ai pas Ă  demander Ă  mon employeur : « Maintenant j’ai un chien en Ă©ducation, donc elle va venir avec moi ». Non, je n’ai rien Ă  demander Ă  personne. Elle me suit partout, point. Quand je vais Ă  des rĂ©unions, elle me suit, quand je vais dans mes dĂ©placements, elle me suit et ça se passe très bien. Mais ce que je n’avais pas pensĂ©, c’est que mes temps de dĂ©placement sont beaucoup plus longs. J’avais l’habitude avant d’ĂŞtre sur mon tĂ©lĂ©phone, très souvent lorsque je suis dans la rue. Ça c’est fini. Rien que le fait de mettre de la musique dans mes oreilles, c’Ă©tait fini. Parce que toute mon attention dorĂ©navant se porte sur Sunday. Et dans la rue, je ne parle qu’Ă  Sunday parce qu’il faut tout le temps que je sois sur elle. Il faut que je lui dise tout ce qu’elle fait bien, ce qu’elle ne fait pas bien. Tu dois très bien le savoir.

E.

Exactement.

F.

A chaque passage piĂ©ton, tu la fĂ©licites. Lorsqu’elle fait ses besoins c’est dans le caniveau. Donc, il y a tous ces petits dĂ©tails qui font que les temps de trajet sont multipliĂ©s par trois ou quatre. Et un jour, j’ai quand mĂŞme hallucinĂ© parce que en soi, je vis Ă  10 minutes max du restaurant. Et un jour, j’ai dĂ» aller en bas de la rue du restaurant, vraiment proche de l’appartement. J’ai dĂ» aller en bas de la rue, chercher des courses, remonter au restaurant et revenir chez moi. Et j’ai mis entre 1 heure et demi et 2 heures pour faire ça !

Intonation
F.

Regarde l’autre jour, je vais au restaurant qui est Ă  dix minutes Ă  pied. Je vais chercher une course qui se trouve en bas de la rue, donc trois minutes Ă  pied. Je remonte au resto, je reviens. Ça m’a pris 1 heure et demi alors que habituellement j’aurais fait ça en vingt minutes… Ouais, parce que lĂ  tu sais qu’Ă  chaque passage piĂ©ton, il faut que tu t’arrĂŞtes. Il faut que tu fasses gaffe Ă  tout ce qu’elle peut mettre dans sa bouche. C’est vrai, c’est non-stop et c’est ça qui fait que c’est compliquĂ© parce que associĂ© avec mon emploi du temps, c’est chaud.

Intonation

F.

Et quand je me suis rendu compte du temps qu’il me fallait pour faire des choses si simples parce que justement, il fallait que je fasse l’Ă©ducation de Sunday en parallèle, je me dit wow ! En fait, c’est vrai que les dĂ©buts, ça va ĂŞtre difficile. Et ça, je l’avais pas du tout anticipĂ©, je ne l’avais pas pris en compte.

E.

Tu ne l’avais pas du tout envisagĂ© et c’est ce que tu me racontais aussi je crois, sur ta pratique du vĂ©lo.

F.

Y’a plus de vĂ©lo.

E.

Plus de vélo ! Ahah.

Intonation
F.

Moi, je n’ai pas l’habitude que ça me prenne du temps. Un trajet pour moi, il dure 5 minutes maxi et d’habitude, je fais tout Ă  vĂ©lo. LĂ , j’ai reçu une notification par mail me disant « Votre abonnement arrive Ă  expiration. Merci de renouveler votre paiement ». Mais est-ce que ça sert vraiment Ă  quelque chose que je le renouvelle ? Alors qu’en soi, utiliser un vĂ©lo, je ne peux pas.

Arthur

Enfin pas pour l’instant…

Intonation

E.

Tu n’as pas renouvelĂ© ton abonnement vĂ©lo ?!

A.

Non, je ne l’ai pas renouvelĂ©. Ce n’est pas grave, je fais tout Ă  pied. Et c’est comme la salle de sport. J’avais l’habitude d’aller très souvent Ă  la salle de sport parce que, on pourra en reparler, mais j’ai des problèmes de santĂ©. C’est important pour moi d’aller Ă  la salle de sport. Et ça fait très peu de temps que je retourne Ă  la salle de sport parce qu’avant, je me disais avec Sunday… Enfin, c’est idiot parce que je projetais une crainte sans mĂŞme l’avoir testĂ©. Et un jour, je me suis dit « Tu sais quoi ? On va prendre Sunday. On va Ă  la salle de sport voir comment ça va se passer. » Et en fait, ça s’est super bien passĂ©. En ce moment, comme je l’ai dit un peu avant, je vais Ă  la salle de sport assez souvent et Sunday me suit et ça se passe super bien. Donc c’est cool !

E.

Mais c’est vrai que ce que tu dis, c’est important de l’avoir en tĂŞte. C’est un peu ça quand on est dans les dessous et coulisses de tout cet univers des chiens guides. C’est que, d’une part, quand tu es famille d’accueil, c’est pas juste… Et moi, j’ai eu un peu ces rĂ©flexions des gens autour de moi quand j’ai commencĂ© Ă  ĂŞtre famille relais, de gens qui disent : « Ah c’est sympa, t’as un chien ! ». Ouais, enfin : oui, t’as un chien au bureau, oui t’as un chien dans le mĂ©tro, oui t’as un chien dans la rue. Mais c’est pas juste ‘avoir un chien’. C’est avoir un Ă©lève chien guide, un futur chien guide. Autour, ça veut dire en effet, et je crois que tu le disais aussi dans une de tes notes vocales, qu’on parle au chien en permanence.

Intonation
F.

Après, je dis pas qu’il n’y a pas du positif. Il y a du positif aussi Ă©videmment ! Mais c’est vrai que c’est très demandant. Et ce que je disais tout Ă  l’heure Ă  Romuald. Moi, je peux… je ne peux pas sortir avec Sunday et quelqu’un d’autre. Ou alors je peux… et c’est ce qu’on a essayĂ© de faire parce que j’ai marchĂ© jusqu’Ă  la gare avec Romuald… je peux mais en gros, quand quelqu’un me parle, je regarde Sunday et quand je rĂ©ponds c’est Ă  Sunday. Et en gros je ne fais que complimenter, Sunday ou la rĂ©primander. Et je ne fais que ça.

Intonation

E.

Et ça, moi c’est mon copain ClĂ©ment qui m’avait fait la rĂ©flexion en me disant « Mais c’est insupportable quand je suis avec elle et qu’on est avec des collègues… Juste pour sortir du bâtiment de bureau et aller Ă  la cantine qui doit se trouver Ă  mĂŞme pas 500 mètres, tu ne peux pas avoir une conversation. » Et encore aujourd’hui, je reviens de 2 heures de dĂ©tente avec la miss Saga, mĂŞme en dĂ©tente t’es toujours sur le chien. C’est compliquĂ© de tenir une conversation. Bon, par contre, j’en ai pour quelques heures de sieste maintenant, après la dĂ©tente, donc tout va bien ! Mais c’est vrai que c’est quelque chose qu’on n’anticipe pas forcĂ©ment et c’est beaucoup plus simple pour moi de faire des balades et de se croiser dans la rue avec d’autres familles d’accueil ou autres. Parce que les gens, ils le savent en fait et personne ne s’interrompt quand tu parles au chien. Parce que c’est vraiment comme tu le dis : tu commences Ă  dire « oui », Ă  dire « non », « c’est bien »… tu donnes une croquette… C’est vrai que quand on s’Ă©tait croisĂ©s au mois d’aoĂ»t, vous l’aviez vu aussi avec la petite miss Salsa que j’avais. Quand les gens savent, ils ne s’interrompent pas et on continue la conversation malgrĂ© tous les « Salsa ! » ou « Saga ! » etc… Quand les gens ne le savent pas, c’est très compliquĂ© de continuer une conversation. Parce qu’en fait, ils ne savent pas s’ils ont le droit ou pas de te parler si t’es concentrĂ©, alors qu’en fait, il y a beaucoup de choses. Je pense que maintenant, quelques mois après l’arrivĂ©e de Sunday, pour toi, c’est des automatismes. Et tu es tout Ă  fait capable de lui parler et de continuer une conversation si bien tant que la personne en face, veuille bien avoir cette conversation.

F.

Oui, c’est ça ! Et au dĂ©marrage je disais tout simplement aux gens « Non, ça ne sert Ă  rien parce que je sais que je vais porter toute mon attention sur elle. » C’est mĂŞme pas la peine. Je prĂ©fère ĂŞtre focus sur elle plutĂ´t que d’ĂŞtre avec quelqu’un qui va en fait juste nous suivre et avec qui il n’y aura mĂŞme pas un Ă©change en fait. Tant pis, on se verra Ă  une autre occasion.

E.

« Quand elle sera posĂ©e Ă  mes pieds et qu’on pourra discuter. »

F.

C’est vrai que c’est un investissement qui est très très important en fait. En termes de temps, en termes d’investissement et c’est vraiment pas facile. Et je m’attendais pas Ă  ce que ce soit, entre guillemets, si difficile. En soi, si je veux m’Ă©couter moi, je n’aurais pas le temps de la sortir. Mais je sais que ce n’est pas possible parce qu’il faut que je fasse. Il faut que la sorte parce qu’elle en a besoin. Donc on fait la sortie et parfois on fait des ballades avec Loya. Mais si je m’Ă©coutais, je sais que je peux travailler toute la journĂ©e sans m’arrĂŞter parce que j’ai beaucoup de travail. Et depuis que Sunday est lĂ , il a fallu que je mette un peu le pied sur la pĂ©dale en me disant : « Maintenant, il y a Sunday. Donc, il faut aussi trouver une autre organisation et trouver du temps pour elle. »

E.

Et c’est pour ça que pas mal de familles d’accueil disent aussi que finalement, ça te rythme un peu.

F.

Ah oui !

E.

Après, je pense que lĂ , avec le temps, Sunday, maintenant, tu la connais bien. Tu connais bien ses habitudes aussi, mais en tout cas, c’est très intĂ©ressant. Et mĂŞme Arthur, je crois dans une note disait qu’il a pris conscience de l’investissement. Parce que lui, il a eu une chienne « clĂ© en main », et c’est bien l’objectif.

F.

C’est exactement ça !

E.

Mais lĂ , il a vu les dessous.

Intonation
F.

Oui, mais ça, c’est gĂ©nial parce que Loya elle est dĂ©jĂ … tu vois !

A.

Ha ha ha ha oui, mais ça c’est un truc de ouf ! J’en parlĂ© avec Robin et ElĂ©onore tout Ă  l’heure qui sont passĂ©s Ă  la maison : mais je conscientise Ă  quel point c’est de la crème ce qu’on a, nous ! Non, parce que le dĂ©but c’est quand mĂŞme le bordel.

F.

Ah oui ça n’a rien Ă  voir.

A.

Et d’un coup, tu commences Ă  conscientiser : « je suis reconnaissant pour ça ».

Intonation

F.

Ouais, c’est totalement diffĂ©rent. Quand tu reçois un chien Ă©duquĂ© et qui sait, entre guillemets, tout faire ; tu dis « c’est gĂ©nial ! ». Sauf que nous quand on a reçu Sunday, on partait peut-ĂŞtre pas de zĂ©ro…

E.

Presque !

F.

On partait peut-ĂŞtre de ‘1’, ha ha ha. Il y avait toute l’Ă©ducation Ă  faire et c’est vrai que ça lui a permis de rĂ©aliser qu’il y a du travail. Et c’est vrai qu’on a vĂ©cu des moments on va dire difficiles entre guillemets. Parce que : oui, Ă©lever un chien, c’est du travail. Et quand on rentre du travail et qu’il y a ça Ă  faire  en plus, ça en rajoute et c’est pas forcĂ©ment facile.

E.

Mais en tout cas, c’est vrai que c’Ă©tait hyper intĂ©ressant d’avoir le point de vue d’Arthur. Et je sais que dans mes Ă©changes et les retours que j’ai par rapport au podcast, c’est autant des retours de maĂ®tres de chien qui sont contents de savoir comment ça se passe ‘avant’, que de familles d’accueil qui sont contentes de savoir comment ça se passe ‘après. Parce qu’en fait, chacun est dans son quotidien et entre-temps, il y a quand mĂŞme la pĂ©riode d’Ă©ducation Ă  l’Ă©cole avec les Ă©ducateurs de chiens guides dont c’est le mĂ©tier. Mais il n’est pas au mĂŞme stade d’Ă©ducation. Toi, quand tu as eu Sunday, mĂŞme si elle avait dĂ©jĂ  fait quelques semaines chez ta maman, comme tu dis, elle n’Ă©tait peut ĂŞtre pas au niveau zĂ©ro, mais elle Ă©tait au niveau 1. C’Ă©tait quand mĂŞme un chiot de 4 mois quand vous l’avez eu.

F.

Et puis en fait, ce qui nous a un peu, alors peut-ĂŞtre pas ‘perturbĂ©s’, c’est pas le bon mot, peut-ĂŞtre ‘surpris’… Évidemment, on s’Ă©tait renseignĂ©s sur le sujet des familles d’accueil. On a vu un parallèle avec, par exemple, la grossesse que peut vivre une femme dans le sens oĂą on a le sentiment qu’il y a certaines choses qui ne se disent pas. Comme la difficultĂ© que peut ĂŞtre l’Ă©ducation d’un chien. Donc, on se disait que c’est important aussi d’ĂŞtre transparents dans ce qu’on vit et de ne pas dire que « ouais c’est gĂ©nial d’avoir un chien parce qu’on fait des câlins et elle est trop mignonne. » Oui, elle est trop mignonne. Oui on fait des câlins et on adore ça. Mais, tout n’est pas rose et tout n’est pas beau. Il y a aussi des moments plus difficiles et ça nous paraissait important, justement, de les partager.  *Ah elle ronfle*

E.

*Moi ça ronfle aussi derrière*

F.

Ça tombait super bien, justement, de par les audios qu’on a pu faire : partager ces moments-lĂ .

E.

Et comme tu dis, c’est vrai que montrer que c’est plus nuancĂ©. Et c’est aussi pour ça que ce format en immersion, c’est quelque chose auquel je tenais beaucoup. Parce que quand on fait un Ă©change – lĂ  on enregistre en ce moment – on est un peu **lisses** d’Ă©motion. Parce que mĂŞme si on peut avoir des Ă©motions pendant l’Ă©change, c’est pas les Ă©motions de quand t’es au fond de… avoir ramassĂ© je ne sais combien de pipis dans la journĂ©e, ce qui peut arriver. Et deux mois plus tard, ça n’arrive plus parce que tout Ă©volue, tout progresse. Il y a des moments aussi plus compliquĂ©s : quand tu reviens d’une balade oĂą le chien n’en a fait qu’Ă  sa tĂŞte, et que toi tu as essayĂ© juste qu’il ne saute pas sur les uns et sur les autres, pour qu’il soit le meilleur chien guide du monde – parce que c’est le souhait de tout le monde – pour les dĂ©ficients visuels derrière. Bah, il y a du boulot et c’est vrai que c’est important de le montrer. Et tu vois, mes collègues au dĂ©but, quand ils m’ont dit « en fait t’as un chien, il a juste un dossard… » VoilĂ . J’ai eu aussi des rĂ©actions un peu comme ça. Et comme tu dis dans le mĂ©tro les gens ils pensent que c’est facile. Mais c’est bien de montrer aussi le quotidien et on se dĂ©voile un peu. Mais c’est l’objectif aussi de montrer que ce n’est pas forcĂ©ment tout rose. Il y a par contre quelque chose qui vous a surpris. Je crois que vous ne vous attendiez pas, par rapport Ă  Loya, Ă  ce qu’il y ait une relation amicale entre les deux. Parce que Loya Ă©tait un peu la reine de la maison, je crois.

F.

Ha! Ha! Ha! Ha!

E.

Et ça, c’Ă©tait intĂ©ressant de voir l’Ă©volution de cette relation-lĂ  que vous ne soupçonniez pas tant que ça. Je pense que vous aviez justement envie, et c’est normal, de protĂ©ger Loya de cette intrusion d’une toute petite bouille dans sa vie. Et au final, aujourd’hui, quelques mois plus tard…

F.

Ce qui est drĂ´le, c’est que quand elles se sont rencontrĂ©es, la première fois, c’Ă©tait juste derrière chez nous, dans un petit parc. Loya ne calculait absolument pas Sunday. Mais Sunday, Ă  l’Ă©poque, Ă©tait vraiment toute petite. Je crois que ma maman venait de l’avoir, donc elle devait avoir 2/3 mois, par lĂ . Elle ne la calculait pas ; Loya, dès qu’elle a un bâton dans la bouche, c’est plus la peine de la distraire. Et on s’est rendu compte que plus Sunday grandissait, plus Loya avait de l’intĂ©rĂŞt pour elle.

Intonation
F.

Ce matin, trop mignonne, Loya est partie avec Arthur au travail. Et Sunday s’est mise derrière la porte et elle a pleurĂ©. Ça m’a fait trop de la peine… C’est cool parce que ça, ça montre bien qu’il y a un lien qui se crĂ©e entre entre elles deux, mĂŞme si elles se chamaillent beaucoup. Mais je pense que ça fait partie du jeu entre elles.

Intonation

A.

Et donc, c’est comme ça que les choses se sont mises en place et qu’elles ont commencĂ© Ă  avoir une relation. Et maintenant, dès qu’elles se retrouvent, c’est la fĂŞte, c’est la samba !

E.

C’est la salsa, Ha! Ha! Ha! Ha!

A.

Et de manière parfois assez.. Pas violente, parce qu’elles se font pas mal.

E.

 Ă‰nergique ?

A.

Ouais, voilĂ , c’est très Ă©nergique ! Et ce qui est vraiment gĂ©nial, c’est quand on les voit l’une Ă  cĂ´tĂ© de l’autre, dormir. Par exemple, Sunday va mettre sa patte sur la patte de Loya et elles vont dormir comme ça : adorable, adorable !

E.

Ha! Ha! Et tu disais que vous Ă©tiez un peu partis en vadrouille. Tu nous as un peu racontĂ© du coup votre sĂ©jour Ă  la montagne et vous avez fait un petit tour aussi du cĂ´tĂ© de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne. C’Ă©tait très rigolo pour moi de voir ça. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’y mettre les pieds. On a beaucoup Ă©changĂ© sur la fondation avec BĂ©rĂ©nice – du coup, dans l’Ă©pisode 28. Et vous, vous avez eu l’occasion d’aller avec Sunday et Loya Ă  la remise de la nouvelle promotion de chiens guides, du coup.

Intonation
F.

Salut Estelle. DĂ©solĂ© d’avoir mis si longtemps Ă  te rĂ©pondre et d’avoir mis si longtemps a Ă©coutĂ© ton message. Je t’avoue que c’est un peu la course. Sinon, par rapport Ă  notre visite Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne c’Ă©tait vraiment cool. On y est allĂ©s le samedi et c’Ă©tait drĂ´le parce que eux n’ont pas l’habitude de voir une race de chien comme Loya. Ils Ă©taient tous un peu surpris de voir un berger allemand ĂŞtre chien guide. C’Ă©tait drĂ´le. Et puis tout le monde Ă©tait un peu gaga de Sunday. Le petit labrador a fait sensation sur place. C’Ă©tait vraiment cool : on a passĂ© une bonne journĂ©e, on a Ă©tĂ© super bien accueillis. C’Ă©tait super Ă©mouvant de voir toutes ces remises de chiens et de voir comment, justement, ça peut impacter le quotidien de ces personnes.

Intonation

F.

C’Ă©tait vraiment un beau week-end, une belle expĂ©rience et de belles rencontres.  Les chiens qu’ils ont sont lĂ -bas sont incroyables. C’Ă©tait vraiment un bel Ă©vĂ©nement et, je pense que Arthur comme moi, on Ă©tait très contents d’y ĂŞtre. Et c’est vrai que c’est très Ă©mouvant aussi de voir la cĂ©rĂ©monie de remise des chiens. Et de voir justement ce passage entre la famille d’accueil Ă  la personne qui reçoit le chien. D’autant que lĂ , on parle d’enfants, d’adolescents, et de voir Ă  quel point le chien peut bouleverser la vie d’un enfant ou d’un adolescent, c’est incroyable.

E.

C’est rigolo parce que je crois que c’Ă©tait en septembre, donc c’Ă©tait vraiment tout en mĂŞme temps que j’ai diffusĂ© l’Ă©pisode avec BĂ©rĂ©nice (l’Ă©pisode 28). Et c’est vrai que quand j’ai vu ça, j’ai fait : « Ah il y a encore du lien, c’est trop bien, entre tout le monde ! », les connexions, les hyper-connexions ou les coĂŻncidences, – on les appelle comme on veut. Et après, vous, vous avez filĂ© Ă  la montagne et lĂ  Sunday, c’Ă©tait un peu la fĂŞte pour elle.

F.

On l’a emmenĂ©e Ă  la montagne. En fait, c’est un chalet qui appartient Ă  la famille d’Arthur. Et donc, on a passĂ© peut-ĂŞtre une semaine, quelque chose comme ça, Ă  la montagne. C’Ă©tait bien parce que ça permettait aussi Ă  Sunday de sortir un peu, d’aller dans quelque chose de plus nature, de pouvoir faire des balades avec elle. Donc, c’Ă©tait vraiment un beau moment. On avait prĂ©vu sa petite cage en se disant qu’au moins la nuit, on risquait pas d’avoir des soucis. Et tout s’est très bien passĂ©, donc on Ă©tait ravis.

Intonation
F.

Et lĂ , on est maintenant Ă  la montagne, les filles s’entendent super bien. De mieux en mieux. Elles sont super mignonnes parce qu’elles ont de plus en plus d’affection l’une envers l’autre. C’est vraiment trop mignon, elles se posent l’une sur l’autre pour se faire des câlins ou pour s’endormir. Arthur est le premier choquĂ©, et aussi parce que Loya est de plus en plus permissive avec Sunday. Par exemple, l’autre jour, Sunday – malencontreusement on a loupĂ© de vigilance – et elle est allĂ©e manger dans la gamelle de Loya, alors que Loya Ă©tait en train de manger. Chose qu’on n’aurait jamais cru possible, mais qui s’est avĂ©rĂ©e possible. Donc, voilĂ .

Intonation

F.

Et puis, au final, on est rentrés à Lille.

E.

En tout cas, c’Ă©tait un moment encore plus sympathique puisqu’il y avait Loya et il y avait vous 2. En fait, c’Ă©tait des vraies vacances.

F.

C’est vrai que c’est peut-ĂŞtre ce qui est le plus dommage je dirais, dans les expĂ©riences qu’on a pu avoir. Parce qu’on a pas mal bougĂ© quand mĂŞme depuis qu’on a Sunday. On a Ă©tĂ© Ă  Rome pour l’anniversaire d’Arthur. Et lĂ , on n’avait pas pris Sunday non plus. Bon c’Ă©tait 3/4 jours, mais bon… Et après, on est allĂ©s aux Etats-Unis… Puis, on a passĂ© les fĂŞtes Ă  la montagne et comme les parents d’Arthur Ă©taient lĂ , on n’a pas pu prendre Sunday. Donc, Ă  chaque fois qu’on fait ces dĂ©placements-lĂ  et qu’on ne peut pas prendre Sunday, c’est ma maman qui la retrouve. Elle, elle est ravie puisqu’elle adore Sunday. Bon lĂ , je l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©e il y a 2/3 jours et au final, ça se passe super bien.

E.

Au final, c’est un peu une chance pour vous. C’est un peu la deuxième famille d’accueil ou la famille relais attitrĂ©e, on va dire, de Sunday.

F.

C’est ça.

E.

Ça vous permet de vous organiser aussi en fonction des dĂ©placements. Et c’est vrai que c’est quelque chose qu’il faut aussi prĂ©voir. Pour les Etats-Unis, elle Ă©tait très petite, etc. Mais c’est vrai, quand on fait des grands voyages comme ça… Je sais que, tu vois, Salsa – quand on s’est rencontrĂ©s – que j’avais cet Ă©tĂ©, c’Ă©tait un peu pareil. Une petite miss de 4 mois et demi : passer un mois sous la tente avec des grosses chaleurs et des grosses randonnĂ©es surtout, c’Ă©tait pas du tout adaptĂ©. Et c’est aussi pour ça qu’en tant que famille relais, on est lĂ  et que l’École fait appel Ă  nous, les familles relais. Dans l’ensemble, pour justement que les familles d’accueil aient quand mĂŞme une vie : c’est l’objectif. Et que de temps en temps, elles puissent passer le relais pour profiter de leur vie de famille avant tout, sans ĂŞtre familles d’accueil.

F.

Et lĂ  se pose la question, en plus, de l’organisation justement qu’il va y avoir, parce que dĂ©but fĂ©vrier, je retourne Ă  l’hĂ´pital pendant une pĂ©riode qui va ĂŞtre assez longue. Donc la semaine prochaine, je dois voir son Ă©ducatrice pour savoir comment on s’organise. Parce que lĂ , pour le coup, Sunday je ne vais sans doute pas pouvoir m’en occuper avant le mois d’avril. Et ça fait long quand mĂŞme, ça fait 2 mois… Donc Ă  voir ce qui est le mieux pour Sunday tout simplement.

E.

Et aussi pour ta maman.

F.

Oui, voilĂ .  Donc, Ă  voir comment ça va se dĂ©rouler.

E.

Et je me demandais si, dans toute cette aventure – on a dĂ©jĂ  beaucoup parlĂ© – tu avais appris ou dĂ©couvert quelque chose de plus significatif que le reste dans le fait de devenir famille d’accueil ? On a bien entendu dans les diffĂ©rents vocaux que tu m’as envoyĂ©s, qu’il y avait eu dĂ©jĂ  beaucoup de dĂ©couvertes. Mais quelle est la chose qui t’a quand mĂŞme le plus marquĂ© ?

F.

Je pense que je vais me rĂ©pĂ©ter, mais c’est juste l’investissement que ça me demande. Ha! Ha! C’est vraiment ça qui m’a marquĂ© et dont on n’a pas conscience. Dès qu’on se lève – je me lève pour plein de choses – mais la première chose que je fais au final, c’est de sortir Sunday. Et ça me dĂ©range pas mais il faut ĂŞtre prĂ©parĂ© Ă  ça, en fait. Il faut ĂŞtre vraiment prĂ©parĂ©.

E.

Oui quand tu parles d’investissement, c’est de l’investissement ‘temps’ surtout et ‘Ă©nergie’. Pas forcĂ©ment financière, on est d’accord.

F.

Non, non ce n’est pas un investissement financier. C’est vraiment un investissement de temps et d’Ă©nergie. C’est juste ça. Et aussi ĂŞtre conscient que au dĂ©but, il y aura des moments difficiles effectivement.

E.

Oui, tu nous en a parlĂ© : les besoins…

F.

Ouais.

E.

Les moments : alors, il y a le début. Mais Sunday elle a quel âge là ?

F.

 LĂ , elle a 7 mois. BientĂ´t..

E.

Hum bientĂ´t 8, donc il y a aussi la pĂ©riode de l’adolescence. He ! He ! Tu vas voir, je te souhaite une faible adolescence chez Sunday. Mais ça fait partie aussi des moments oĂą tu te dis ça y est, c’est acquis et il peut y avoir quelques rechutes – ou peut ĂŞtre pas des rechutes – mais ils deviennent un peu plus tĂŞtus. Et c’est vrai que ça fluctue. Et c’est bien aussi, on ne s’ennuie jamais, en tous cas.

F.

Ah ça c’est sĂ»r : on ne s’ennuie jamais. Ha ! Ha !

E.

Ha ! Ha ! C’est peut ĂŞtre quelque chose pour laquelle tu avais Ă©tĂ© un peu biaisĂ© parce que finalement, toi, tu vis avec un chien guide, mais un chien guide en activitĂ©, formĂ© ! Donc, est-ce que Loya ne t’aurais pas biaisĂ© un peu sur le fait de devenir famille d’accueil, tu penses ?

F.

Peut ĂŞtre. Et puis, c’est vrai que je n’avais jamais eu de chien auparavant. Donc, c’est mĂŞme pas comme si je pouvais me baser sur quelque chose de connu. Mais quand mĂŞme, le cerveau est bien fait, je trouve. Par exemple, l’annĂ©e dernière j’Ă©tais Ă  l’hĂ´pital et je sais que j’ai eu atrocement mal. Et au final, je ne me souviens pas spĂ©cialement de cette douleur-lĂ . De la mĂŞme manière, il y a eu des moments difficiles avec Sunday pour x raisons et au final, on ne garde que le meilleur. Et c’est ça qui est gĂ©nial, c’est ça qui est top. Parce qu’au final, tu te dis : « Oui c’Ă©tait pas si mal ! » Ha ! Ha ! Au final, tu te souviens que des bons moments et heureusement, dans un sens.

E.

Oui et c’est vrai que dans le fait que Loya t’ait biaisĂ© ou pas. Je pense aussi que dans l’Ă©change que tu as eu avec Arthur, c’Ă©tait assez intĂ©ressant. Tu me disais aussi que, en fait, vous avez chacun pris conscience de la responsabilitĂ© de l’autre vis-Ă -vis de son chien, entre guillemets, de Sunday et de Loya. Parce que du coup, c’est vrai que c’est pas comme un gamin, mais c’est quand mĂŞme une responsabilitĂ© et une charge au sens positif autant que nĂ©gatif selon les moments. Et c’est vrai que ça, c’est quelque chose dont toi, tu n’avais pas forcĂ©ment conscience.

Intonation
F.

Il faut ĂŞtre un peu plus transparent avec toi. On n’en a pas parlĂ© avant, mais j’avais un peu l’impression d’ĂŞtre un peu genre ‘le papa cĂ©libataire’. Ha ! Ha !

A.

Pourquoi ?

F.

Bah, j’ai l’impression d’assumer beaucoup, en fait, et je sais que c’est moi qui ai ces contrats et qui suis un peu son papa quoi.

A.

Le jour oĂą j’ai signĂ© le contrat de Loya j’ai pleurĂ©, parce que d’un coup j’avais une responsabilitĂ©.

F.

Mais lĂ , j’ai l’impression d’assumer 95 pourcents du truc.

Intonation

E.

Arthur, ça n’a Ă©tĂ© que du bonheur, on va dire. Le cerveau est bien fait encore une fois. Je pense qu’il y a eu aussi des moments (dont le moment Ă  Monoprix, qu’il nous avait racontĂ© dans l’Ă©pisode 11) qui Ă©taient quand mĂŞme pas trop du bonheur. Mais sinon, dans l’ensemble, l’expĂ©rience, c’est que du bonheur et ça facilite la vie. Sinon, les chiens guides n’existeraient pas. Si ce n’Ă©tait que du mal, personne n’en voudrait. L’objectif, c’est que ça fluidifie quand mĂŞme le quotidien. Mais lĂ , ce qui Ă©tait fou dans votre conversation, c’est que justement, vous Ă©tiez vraiment Ă  vous dire : « VoilĂ , quand Sunday est arrivĂ©e, en fait, je me suis rendu compte de ce que ça voulait dire d’ĂŞtre responsable de Sunday » et Arthur t’a rĂ©pliquĂ© : « Mais c’est un peu comme quand j’ai eu Loya ». Et c’Ă©tait rigolo, de voir, d’entendre du coup votre rĂ©flexion un peu en parallèle de dire : « Ah ouais, en fait, t’avais dĂ©jĂ  cette responsabilitĂ©-lĂ . Mais moi, je n’en avais pas forcĂ©ment conscience parce que je ne l’avais pas moi-mĂŞme, si tu vois ce que je veux dire ? »

F.

Oui, bien sûr. Au-delà de ça, je ne sais plus si Arthur avait évoqué ce sujet là, mais ça a permis aussi à Arthur de réaliser les fondamentaux, de reprendre un peu les fondamentaux.

Intonation
A.

Moi, Ă  l’inverse, j’avoue que ça a Ă©tĂ© hyper cool. Parce que moi, je n’ai pas la mĂŞme charge mentale que toi et au contraire, l’arrivĂ©e de Sunday, ça m’a rappelĂ© aux basiques. Ton chien, tu le fais travailler comme ça : Ă  la croquette. C’est très exigeant, mais au fond, tu vas en rĂ©compensant le chien et on sent des choses bien avec le chien. Toi t’es content de faire des choses bien et t’as un espèce de cercle vertueux. Et depuis 10 jours qu’on a le chien, ça a vĂ©ritablement changĂ© ma façon de travailler avec le chien.

Intonation

E.

Hyper intĂ©ressant parce qu’en fait, on ne donne pas autant de friandises Ă  un chien guide Ă©duquĂ© qu’Ă  un futur chien guide. C’est de l’Ă©ducation, donc on est Ă  fond sur la patience, la rĂ©pĂ©tition, etc. Mais ce n’est pas pour autant – je pense qu’on peut carrĂ©ment faire le parallèle avec nous, adultes – qu’il faut oublier de se fĂ©liciter et de savourer/ fĂŞter nos victoires. Tout ce vocabulaire qui est très ‘dĂ©veloppement personnel’, mais qu’on peut tout Ă  fait calquer sur les chiens, sur l’Ă©ducation positive. Ce n’est pas parce qu’ils sont adultes qu’on ne doit plus leur dire : « c’est bien » et leur filer, de temps en temps, des friandises ou des câlins. Parce que moi, je marche beaucoup Ă  la friandise, mais les câlins ils kiffent aussi. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas que l’alimentation. Il y a aussi tout le positif dans la voix, etc. C’est vrai qu’au dĂ©but, on le fait beaucoup. C’est un peu comme quand on est dans un nouveau taf, on va le faire beaucoup. Et toi, en tant que manager, j’imagine que ça peut aussi faire Ă©cho Ă  tes Ă©quipes, etc.

F.

Totalement !

E.

On le fait beaucoup et puis, la routine fait qu’on le fait un peu moins. Et l’arrivĂ©e de Sunday a un peu cassĂ© la routine de la relation entre Arthur et Loya. Mais on peut remettre des choses en place. C’Ă©tait vraiment hyper intĂ©ressant de voir que ça n’a pas remis en question ni remis en cause, mais ça a remis en Ă©vidence qu’on pouvait continuer et se fĂ©liciter. LĂ , clairement, c’est transfĂ©rable aux humains Ă  100%, je pense. Alors pas avec des friandises, s’il vous plaĂ®t. Mais le chocolat, quoique, moi je ne dis jamais non Ă  une tablette de chocolat. He ! He !

F.

Totalement, remercier et juste récompenser pour le travail qui est effectué en fait, tout simplement.

E.

On est très dĂ©veloppement personnel aujourd’hui. He ! He !

F.

Au final, ça fait toujours plaisir, dans un sens comme dans l’autre. Parce que moi, je le remarque bien sur Sunday, dès qu’elle fait quelque chose et que c’est un acquis, j’ai l’impression, d’une part, d’ĂŞtre soulagĂ© mais aussi de me dire : « Waouh ça marche ». Et ça, c’est gĂ©nial !

E.

Oui, donc, lĂ , Ă  7/8 mois, toutes les Ă©tapes sont passĂ©es et du coup, c’est peut ĂŞtre plus du bonheur en barre que ce que tu disais au dĂ©but. Il y a moins de tabous, je pense qu’Ă  partir d’un certain moment quand mĂŞme la relation… et puis, tu connais le chien aussi. C’est la grosse diffĂ©rence. C’est que vous vous cĂ´toyez depuis plusieurs mois.

F.

Je pense qu’il y a des choses qui ont effectivement Ă©voluĂ©. On est aussi beaucoup plus prudents, entre guillemets. On sait qu’il y a certaines choses qui sont dangereuses, entre ‘gros guillemets’ aussi. Dans le sens oĂą, pour le moment, malheureusement, si on lui met un tapis pour dormir ou si on lui met une serviette pour dormir ou si on lui met un lit, il ne fera pas la semaine…

E.

Elle détruit.. ?

F.

Elle le dĂ©truit. On s’est rĂ©signĂ©. Et, malheureusement, elle dort Ă  mĂŞme le sol. Donc j’ai l’impression d’ĂŞtre quelqu’un qui la torture. Mais bon, on rĂ©essaiera plus tard.

E.

Elle ne se plaint pas plus que ça ?

F.

Ah non, non elle ne se plaint pas du tout. Mais moi, oui, je prĂ©fèrerais qu’elle ait plus de confort. Bon tant pis. La journĂ©e, ça se passe super bien. Elle est sur un pouf et elle ne dĂ©truit pas, donc c’est gĂ©nial. Et on garde toujours certaines choses en hauteur pour Ă©viter qu’il puisse se passer un accident.

E.

Pour sa sécurité.

F.

Oui voilĂ , pour sa sĂ©curitĂ©. Mais sinon, au-delĂ  de ça, ça se passe quand mĂŞme super bien. Les besoins, franchement, ça, c’est le top.

E.

Acquis.

F.

Je crois que ça c’est un moment qui est mĂ©morable aussi pour moi. La première fois qu’elle a fait pipi dans le caniveau, Arthur Ă©tait dans le salon, j’Ă©tais dans la rue. Il m’a entendu au deuxième Ă©tage tellement j’ai criĂ©. J’Ă©tais tellement heureux, c’Ă©tait incroyable.

E.

Mais qu’est-ce que je te comprends. Ha ! Ha !

F.

D’avoir des pipis Ă  l’intĂ©rieur et lĂ  elle me l’a fait dans le caniveau ! J’Ă©tais maĂ®tre du monde. C’Ă©tait vraiment un grand moment pour moi.

E.

Bon, dans l’ensemble, tout va très bien.

F.

Dans l’ensemble, tout va bien.

E.

Quand on parlait un peu du fait de devenir famille d’accueil, si on pouvait reciter les avantages et les inconvĂ©nients. Enfin, les avantages, je pense que l’aventure est quand mĂŞme folle. Je pense que les notes vocales nous l’ont bien tĂ©moignĂ©. Ça a apportĂ© quelque chose en plus, je pense, Ă  votre vie.

F.

Ah oui, oui ! Et moi qui ai toujours voulu avoir un chien, je n’ai jamais pensĂ© que Loya Ă©tait mon chien puisque c’est le chien d’Arthur. Donc, ce n’est pas mon chien. Et puis, ils ont une relation quand mĂŞme, qui est très particulière. Alors certes, on vit tous ensemble et certes, il y a des moments oĂą je me rapproche un peu de Loya. Mais pour autant, Loya, c’est le chien d’Arthur, donc je n’irai pas m’immiscer plus que ça dans leur relation. Donc lĂ , j’Ă©tais quand mĂŞme très content de pouvoir m’occuper de Sunday et avoir des moments privilĂ©giĂ©s avec elle. Et c’est très dur de ne pas la prendre dans le lit ou dans le fauteuil mais on respecte. J’ai un comportement, peut ĂŞtre, un peu spĂ©cial, je ne sais pas. Mais j’ai tendance Ă  m’allonger Ă  cĂ´tĂ© d’elle par terre.

E.

T’inquiète, je passe ma vie par terre. Ha ! Ha ! C’est ce que je dis souvent, c’est qu’avec les futurs chiens guides –  je le rappelle encore aujourd’hui – pour laisser le choix au maĂ®tre (comme Arthur, par exemple) de les faire ou non monter sur le canapĂ© ou non monter sur le lit, c’est plus simple de ne pas les autoriser quand ils sont Ă©lèves et de leur permettre ensuite. C’est ce qu’a choisi, je crois, de faire Arthur, mais ce que ne sont pas obligĂ©s de faire les autres maĂ®tres. Donc c’est plus simple de leur interdire. Et du coup, bah oui, moi, je passe mon temps sur le coussin du chien. Ils ont le mĂŞme coussin, les Ă©lèves que j’accueille. Donc les futurs chiens guides sont sur leur coussin et moi aussi ! Heureusement, il est confortable et on rentre Ă  2. Ha ! Ha ! Le chien et moi par terre ! Enfin, il y a un moment… moi je suis hyper ‘câlins’ aussi avec les chiens et tu ne peux pas les faire monter sur quoi que ce soit.

F.

C’est que Loya n’est pas très ‘câlins’, donc en fait, Arthur des fois lui demande de venir, par exemple dans le lit, mais elle vient deux minutes et elle se barre parce que c’est mieux par terre

E.

C’est sa vie.

F.

Et donc, alors que Sunday, on sait que potentiellement, si on la mettait dans le lit, la connaissant, elle resterait des heures. Et il y a un gros **dĂ©bat** entre les deux chiens qu’on remarque. Et Arthur a Ă©voquĂ© le fait que peut ĂŞtre que quand Loya partira Ă  la retraite, ce serait intĂ©ressant d’avoir un chien qui soit un peu plus affectueux dans le sens oĂą il sera peut ĂŞtre plus en demande de câlins et d’attention.

E.

C’est sĂ»r que ça, moi, c’est le challenge, enfin, la question que j’ai Ă  chaque fois, c’est, « mais est-ce qu’il va me plaire le chien que je vais avoir en relais, est-ce qu’il va ĂŞtre câlin ? ». Et au dĂ©but, tous ne le sont pas. Je sais que la miss Saga qui est avec nous, je faisais encore la rĂ©flexion avec ClĂ©ment l’autre jour, elle ne va pas venir te chercher un câlin, elle ne va pas… mais c’est pas une miss ‘câlins’. Alors qu’il y en a certains, ils sont tout le temps collĂ©s Ă  nos pieds, etc. C’est vrai que c’est quelque chose qu’on adore et du coup, on fait avec les chiens qu’on nous confie. Mais c’est vrai que quand ils sont câlins, c’est encore mieux. On les rend surement un peu plus chamallow Ă  la fin qu’au dĂ©but du relais ! C’est bien aussi.

F.

Ah ouais, c’est très bien. Moi, je suis très content de cet aspect-lĂ . Après, un gros avantage : c’est qu’on peut l’emmener partout. Et ça, c’est juste gĂ©nial. Moi, je vais Ă  des rendez-vous Ă  la banque, j’y vais avec Sunday. Je vais maintenant Ă  la salle de sport, j’y vais avec Sunday. Dès que je me dĂ©place, je la prends avec moi. Je vais faire les courses en plus dans des endroits, parfois un peu pour des professionnels et enfin, ça s’Ă©tait toujours bien passĂ©. Donc c’est cool. Il y a juste une fois oĂą on m’a refusĂ© l’accès et au final, j’ai dĂ» un peu batailler avec le vigile et au final, c’est passĂ©. Et lĂ , il y a deux jours aussi, ah ça me mets en rage en fait quand ça m’arrive. J’Ă©tais dans un supermarchĂ© et le monsieur me demande si je suis aveugle. Donc, je lui explique que non et je lui demande, lui, s’il est aveugle. Il me rĂ©pond que non et je lui dis « dans ce cas-lĂ , vous pouvez lire ce qui est Ă©crit sur le dossard du chien ».

E.

Oui, je me souviens, tu l’as communiquĂ©.

F.

Bref, après, je lui ai montrĂ© sa carte et il n’en dĂ©mordait pas, bref. Au final on a appelĂ© le manager du magasin et j’ai pu faire mes courses. Mais c’est vrai qu’il y a des moments comme ça oĂą moi, je monte très vite dans les tours. J’ai connu l’histoire de ce qui est arrivĂ© Ă  Arthur lorsque j’ai connu Arthur, parce que c’est vrai que ce n’est pas quelque chose dont j’avais eu Ă©cho avant. Et maintenant, ça m’indigne en fait. Ça me rĂ©volte et quand il y a un refus d’accès, mais je deviens vite dingue, en fait.

E.

C’est compliquĂ© de garder son calme.

F.

C’est ça, donc il faut que j’apprenne Ă  me maĂ®triser un peu Ă  ce niveau-lĂ , mais ça m’apprend aussi Ă  me maitriser justement.

E.

C’est sĂ»r que dans les choses Ă  prendre en compte avant de devenir famille d’accueil, on en parle souvent sur les Ă©pisodes avec les familles d’accueil ou les familles relais : on devient ambassadeur de la cause et du mouvement chiens guides et on ne peut pas se laisser faire. Il faut Ă  la fois ĂŞtre poli, respectueux, alors que certains ne le sont pas en face de nous, tout en Ă©tant calme et constructif. Et c’est compliquĂ©. Parfois, c’est compliquĂ©

F.

Arthur il est super calme, il explique aux gens… Moi je vais expliquer mais je vais très rapidement ĂŞtre sur la dĂ©fensive et un peu sur l’attaque, donc j’ai Ă  apprendre un peu de lui. Enfin, ça fait maintenant un peu plus de deux ans que je connais Arthur et qu’on a vĂ©cu des moments, et c’est pas toujours du refus d’entrer en fait, c’est parfois juste des gens qui sont dans un Ă©tablissement et qui vont nous dire « vous n’avez rien Ă  faire lĂ  avec votre chien ». Et lĂ  c’est encore plus dingue parce que tu te dis « mais vous n’avez rien Ă  dire parce que ce n’est pas votre Ă©tablissement. Soyez un client comme tous les autres et allez-vous-en si ça ne vous plaĂ®t pas. ». Mais oui, il y a des moments un peu hallucinants. Mais bon, on se bat justement pour la cause, si je puis dire. Et c’est intĂ©ressant aussi de faire connaĂ®tre tout ça. Par exemple, tout Ă  l’heure j’Ă©tais Ă  la salle de sport, il y a un monsieur qui est venu me voir et qui me dit : « Comment ça se fait que vous avez un chien ? ». Et puis je lui explique, il me dit : « ah mais c’est gĂ©nial ». Donc, il y a aussi des supers, des bons moments comme ça oĂą, justement, on a l’occasion de faire connaĂ®tre l’existence des chiens d’assistance et de leur Ă©ducation justement.

E.

C’est pas tout le temps des moments de « qu’est-ce que tu fais avec ton chien ? », etc. Des fois, c’est des questionnements très neutres et il faut ĂŞtre carrĂ©ment… Enfin moi je sais que, voilĂ , dans ces cas-lĂ , il faut aussi accepter, et c’est des choses Ă  prendre en compte quand on devient famille d’accueil, c’est que les gens, ils nous parlent plus, quoi.

F.

Oui, il y a plein de moments aussi oĂą il y a des gens dans la rue qui vont vous dire « mais c’est gĂ©nial ce que vous faites ». On a l’impression d’avoir des supporters !

E.

« Vous pourrez jamais le rendre », etc. Je pense que tu as eu cette phrase 15 fois déjà.

F.

Oui oui, et tout Ă  l’heure par exemple, en chemin vers la salle de sport, il y a un monsieur qui me dit « et vous faites son Ă©ducation, alors ? ». Je lui dis « Ben je ne suis pas son Ă©ducateur, je suis sa famille d’accueil ». Il me dit « ça ne doit pas ĂŞtre facile ». Non, ce n’est pas facile tous les jours, mais heureusement, il y a des super bons moments. Ça compense. Mais en effet, oui, c’est un investissement. Et il me dit « bon courage Ă  vous ». Mais voilĂ , c’est des petites conversations comme ça cordiales et très sympas et qui sont Ă©videmment beaucoup plus nombreuses que les moments oĂą on a des refus. Et heureusement.

E.

Et lĂ , le cerveau est mal fait parce que pour le coup, sur les douleurs et les tabous, ça s’en va vite. Mais sur les attaques des uns et des autres, tu as plus ça en tĂŞte alors qu’il y en a beaucoup moins que des gens qui te complimentent.

F.

Mais je ne sais pas si Arthur l’Ă©voquait dans l’Ă©pisode avec toi, parce que ça fait un petit moment que je l’ai Ă©coutĂ©, mais quand on Ă©tait aux Etats-Unis, on a vu un changement radical sur le fait d’avoir un chien, un chien d’assistance, parce que lĂ -bas, c’est mĂŞme pas…

E.

Il n’y a pas de question.

F.

Il y a peut ĂŞtre la question, la question va parfois se poser. Ils vont peut ĂŞtre vous dire « c’est un chien d’assistance que vous avez ? » -« Oui » -« OK ». VoilĂ . Mais ça ne va pas ĂŞtre « monsieur, votre chien : non ». Non, on pose la question et en effet si on rĂ©pond par la positive, « Allez-y ». Mais en France, c’est très, très diffĂ©rent en fait, parce que dès qu’il y a un refus, on ne pose pas la question et on ne s’excuse jamais ou très rarement. Et c’est ça qui est dommage, en fait. On a l’impression de faire quelque chose de mal alors qu’en soi, pas du tout, bien au contraire. Donc il y a encore du travail.

E.

C’est sĂ»r qu’il y a encore du travail et du coup tout ce travail de vulgarisation auquel tu participes aujourd’hui dans l’Ă©pisode, c’est aussi l’objectif. C’est d’expliquer les dessous de cet univers mĂ©connu pour aussi que quand les gens croisent dans la rue ou dans les magasins puissent comprendre et tilter en se disant « ah oui, c’est vrai ». Et en plus, maintenant, on a des affichettes. Il y a une affichette qui est très bien faite, qui a Ă©tĂ© faite par les associations nationales qui permettent bien de voir, alors pas sur le chien, mais sur les devantures des magasins, et c’est hyper utile… Devantures des magasins et aussi l’autre jour oĂą ça m’est arrivĂ©, dans le bus, le chauffeur de bus qui me dit : « Par contre, le chien… Bon, je vais peut-ĂŞtre faire une exception ». J’Ă©tais lĂ  « c’est Ă©crit, juste là ». Et du coup, c’est hyper utile parce que c’est vrai que c’est une exception qui n’est pas souvent connue. Moi, ce que je dis souvent, c’est que ce n’est pas grave qu’elle ne soit pas connue tant que les gens la comprennent quand je leur explique. Ce n’est pas un problème. Et quand c’est marquĂ© en devanture du magasin, c’est tellement plus simple de dire : « Mais c’est marquĂ© devant ». Et lĂ , il fait : « Ah bon ? Ah ok. ». Et du coup, je trouve que, voilĂ . En fait, les affichettes sont aussi pour les clients, pour les responsables et pour nous pour y aller sereinement. Pour **??** l’image, mais c’est vrai. L’image, c’est un chien barrĂ©, avec marquĂ©, du coup, ça veut dire interdit aux chiens, et il y a un chien blanc sur bleu avec, du coup, le harnais, avec marquĂ© « sauf chien guide ou d’assistance uniquement », d’ailleurs, je crois que c’est marquĂ© comme ça. Je voulais te demander, vraiment, toute dernière question, si tu avais un pire et un meilleur moment dans ton aventure avec Sunday en tant que famille d’accueil.

F.

Alors le pire, je pense que c’est le jour oĂą elle a fait 5 pipis d’affilĂ©e, en mĂŞme temps, mais très, très court. Je crois que c’Ă©tait en 2 ou 3 heures, quelque chose comme ça. Et je me disais « Mais comment elle peut rĂ©ussir encore Ă  faire pipi alors qu’il n’y a pas d’eau qui est entrĂ©e dans son corps ? ». Je ne comprenais pas. Je crois que c’Ă©tait un soir oĂą j’avais passĂ© la journĂ©e Ă  bosser, Arthur, je crois, venait de rentrer. On Ă©tait tous les deux claquĂ©s et elle n’arrĂŞtait pas de faire pipi et je n’en pouvais plus. Je n’en pouvais plus, on n’avait plus de serpillères, je ne  savais mĂŞme plus comment rĂ©cupĂ©rer, enfin… je crois que c’Ă©tait le pire moment. Et maintenant, on en rigole, c’est ça qui est bien. Et le meilleur moment ? Je ne pense pas qu’il y ait un meilleur moment. Il y a des moments drĂ´les. J’ai un moment oĂą on a regardĂ© un film et en fait, on a un projecteur. Donc le son Ă©tait un peu fort. Et c’Ă©tait un film, et au dĂ©but, il y a un lion, tu sais, qui rugit, et Sunday a fait un bond et nous on a rigolĂ©. La pauvre elle a eu peur. Mais sinon, je dirais tout simplement toute l’affection qu’elle nous apporte. Tous les câlins qu’on peut lui faire et qui font que c’est juste une belle aventure.

E.

Bon ben Ă©coute, c’est une bonne conclusion. Ce dont on retient, c’est que devenir famille d’accueil, c’est une belle aventure, comme tu viens de le dire. Ça demande de l’investissement, du temps…

F.

Oui, bien réfléchir à la chose.

E.

Que c’est faisable et qu’il faut aussi prĂ©voir, anticiper, envisager, je ne sais pas comment il faut le dire, qu’en endossant ce rĂ´le de bĂ©nĂ©vole en tant que famille d’accueil, on endosse aussi un rĂ´le ‘d’ambassadeur’. Mais c’est vraiment le fait qu’on est un peu reprĂ©sentant et acteur au sein du mouvement des chiens guides en Ă©tant bĂ©nĂ©vole. Et du coup, on devient aussi une tĂŞte Ă … voilĂ , plein de questions, plein de discussions, qui s’engrangent, c’est pas juste… Il faut avoir un petit peu conscience de cette dynamique collective. D’une part, parce qu’on appartient au mouvement des chiens guides, mais aussi parce qu’on va avoir beaucoup plus d’interaction avec le monde extĂ©rieur aux chiens guides, ou mĂŞme intĂ©rieur parfois. « Oui, moi, je donne aux chiens guides, etc » , « moi j’ai Ă©tĂ© famille d’accueil, etc ». Et c’est vrai que c’est quelque chose qu’il faut avoir en tĂŞte. C’est pas tout le temps agrĂ©able, souvent ça l’est quand mĂŞme. On devient une image, on devient un acteur de ce mouvement chiens guides.

F.

Exactement, mais comme tu dis très bien, c’est des bons moments et c’est aussi parfois des belles rencontres. Et ça rend toute cette aventure encore plus belle.

E.

Écoute, sur ces belles paroles, je te remercie, Florian, pour cette heure avec toi. Merci d’avoir acceptĂ© mon invitation un peu folle avec ce nouveau format qui, j’espère, plaira aux auditeurs parce que c’est un peu de l’inĂ©dit. Je trouvais que c’Ă©tait important, comme je disais en introduction, d’avoir ton ressenti Ă  chaud parce que quand on enregistre, on est posĂ©, on est derrière notre ordinateur, on prend le temps, mais on n’a pas les mĂŞmes Ă©motions que quand on vit le moment. Et je trouvais ça intĂ©ressant quand mĂŞme de se plonger et d’ĂŞtre en immersion dans votre quotidien.

F.

En tout cas, nous, on a trouvĂ© ça super intĂ©ressant Ă©galement. Et puis, Arthur a une formation en audiovisuel, donc pour lui, c’Ă©tait super cool de pouvoir le faire comme ça. Et puis, effectivement, on pouvait rĂ©agir Ă  chaud quand il se passait certaines choses. Donc, c’est cool.

E.

Et bien merci. Merci beaucoup, Florian. Et Ă  bientĂ´t sur Lille ?

F.

Avec plaisir.

Intonation
A.

J’en ai parlĂ© Ă  tous mes collègues en arrivant au boulot, en mode ‘oui ça va’. Par contre, j’ai failli mourir. Et donc, pour raconter l’histoire du tapis de bain quand tu sors de la douche, que tu sais pas que le chien a emmenĂ© le tapis de bain, que tu peux pas voir que le tapis de bain est parti parce que tu es malvoyant et que tu te rĂ©tames – et sans dĂ©conner, je me suis senti partir. J’ai vraiment eu l’impression d’ĂŞtre une espèce de banane gĂ©ante et de faire pfff, comme ça, tu vois, genre en forme de… un peu d’arc de cercle dans la salle de bains.

F.

Est-ce que tu as vu ta vie défiler ?

A.

Non, sinon, **???** C’est ta mère. Mais je me suis fais mal au bras et j’aurais pu mettre la gueule dans la marche.

F.

Oui bien sĂ»r, t’aurais pu te faire super mal.

A.

La marche de 15 cm quand on sort de la douche, quand t’es avec tes pieds, ça va, mais quand tu te la prends dans la tempe… Et après, tu sais que j’ai mis deux secondes en mode « putain, mais qu’est-ce que j’ai fait ? ». Et au dĂ©but, je me suis culpabilisĂ© parce que je me suis mis dit « ah mais quel con, j’ai oubliĂ© le tapis de bain », tu vois. Et je me suis revu remettre le tapis de bain ce matin et de toucher parce que j’aime bien ce tapis de bain en plus ! Il est tactile un peu le tapis de bain, tu vois, il a une forme un peu, je sais pas…

F.

J’aime bien la couleur aussi !

A.

Oui, joli, un peu mastic gris, feu le tapis de bain. Et je me suis revu en train de penser « mais non, il y Ă©tait ». Et après je me suis dit « Mais qui ? ». Le premier truc, j’avais  pensĂ© Ă  toi : « Mais putain Flo, qu’est-ce que tu as fait ? ».

F.

Mais pourquoi j’aurais pris ça ?

A.

Je ne sais pas, parce que tu Ă©tais lĂ … Et après je me suis dit « Mais non, c’est elle ! ». Je pense qu’on tiltĂ© tous les deux en mĂŞme temps.

F.

Mais moi je n’Ă©tais mĂŞme pas conscient, en fait, de ce qu’il s’Ă©tait passĂ©. Et je n’Ă©tais mĂŞme pas conscient que la porte de la salle de bain Ă©tait ouverte. DĂ©jĂ  une grosse première erreur.

A.

Ah non, il ne faut jamais laisser la porte de la salle de bain ouverte.

F.

Il ne faut jamais laisser aucune porte ouverte. Là le bureau est fermé, la chambre est fermée. Tout est fermé.

A.

Fermés à double tour, une porte blindée.

Intonation

E.

Et voilĂ , après ce dernier audio que je tenais Ă  vous partager, c’est la fin de cet Ă©pisode. Merci Ă  vous de l’avoir Ă©coutĂ©, en espĂ©rant que ce nouveau format vous aura plus. En tout cas, un grand merci Ă  Florian qui a Ă©tĂ© partant tout de suite pour cette folle immersion et aussi avec Arthur, pour leur partage sans filtre ni tabou et leurs Ă©changes fort intĂ©ressants. Pour complĂ©ter votre Ă©coute, vous pouvez retrouver sur mon site tout rĂ©novĂ© futurchienguide.fr des photos de Florian et Sunday, Arthur et Loya, mais aussi de la maman de Florian, dont nous avons beaucoup parlĂ©. Et bientĂ´t, dĂ©couvrez la transcription intĂ©grale de cet Ă©pisode pour toujours plus d’accessibilitĂ©. D’ailleurs, n’hĂ©sitez pas Ă  m’envoyer vos retours sur mon Instagram @futurchienguide ou via des Ă©toiles sur Apple podcast, ou maintenant Ă©galement sur Spotify. J’ai tellement hâte de les dĂ©couvrir. Alors Ă  très bientĂ´t pour un prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles.

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