Dans cet Ă©pisode, je vous prĂ©sente BĂ©rĂ©nice qui a 14 ans et est accompagnĂ©e depuis quelques mois par Opium, son chien guide de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne. Malvoyante de naissance, BĂ©rĂ©nice prend conscience dès ses essais Ă  la canne blanche, qu’elle serait plus Ă  l’aise avec un chien guide d’aveugle, surtout face au regard des gens. Elle dĂ©couvre alors l’existence de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, seule association en France et en Europe Ă  remettre des chiens guides Ă  des moins de 18 ans. Mais comment obtenir un chien guide auprès de la fondation ? Et comment gĂ©rer Opium dans son quotidien de lycĂ©enne ? De ses premiers pas Ă  la canne Ă  sa rentrĂ©e au lycĂ©e, BĂ©rĂ©nice nous raconte les diffĂ©rentes Ă©tapes qui lui ont permis d’ĂŞtre guidĂ©e aujourd’hui par Opium. Elle revient aussi sur l’autonomie que lui apporte son chien guide, mais aussi les Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure en tant qu’adolescente.

Retrouvez la transcription intégrale en fin de page.

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m’appelle Bérénice, j’ai 14 ans, je suis malvoyante de naissance et je viens de rentrer en seconde au lycée avec mon chien guide Opium, un labrador noir de 2 ans qui a été éduqué par la Fondation Frédéric Gaillanne.

Pour bien comprendre, peux-tu revenir sur ton parcours jusqu’au chien guide ?

Malvoyante de naissance, on a détecté ça à mes 3 ou 4 mois, j’ai environ 1/20ème de vue, mais je ne vois pas les reliefs, ni précisément à un mètre car c’est toujours un peu flou, et tout ça dans une vision tubulaire comme dans un tube ou à travers des jumelles. J’ai longtemps tenu la main de mes parents sans sortir toute seule, puis j’ai voulu marcher toute seule avant d’essayer la canne que je n’ai pas appréciée du tout. Vers 12 ans, je voulais trouver un moyen de sortir seule sans tomber, et de me signaler afin que les autres piétons me laissent la place de passer. La canne ne m’a pas plu car tout le monde me regardait, ce qui me dérangeait, alors qu’avec le chien ce sont des regards d’étonnement et bienveillants.

Ainsi, j’ai appris à me déplacer à la canne au SIAM 92 grâce à des cours de locomotion (comme abordé dans l’épisode 27 avec Marion qui est instructrice de locomotion) dans l’optique de pouvoir être autonome et d’avoir un chien guide. C’est d’ailleurs au SIAM que j’ai croisé une psychologue accompagnée d’un chien guide, et je me suis dit que c’était génial ! Elle m’a indiqué que c’était uniquement pour les adultes, ce qui m’a déçue… Mais quelques mois après le SIAM 92 nous a parlé des chiens guides d’aveugles pour les mineurs avec la Fondation Frédéric Gaillanne, et j’étais vraiment contente !

J’ai envoyé mon dossier médical et de motivation, avec toutes les raisons pour lesquelles je souhaitais avoir un chien guide d’aveugle. S’il est accepté, on fait un stage dit “de découverte” le temps d’un week-end afin d’apprendre à marcher avec un chien et à s’en occuper. Je l’ai fait en janvier 2019, avec des chiens qui ont fini d’être éduqués, mais que la Fondation garde pour les stages et les sensibilisations/démonstrations, et qui retournent en famille d’accueil. J’ai eu Mooz, un Saint-Pierre qui est le croisement entre deux labernois, eux-mêmes issus d’un croisement entre un bouvier bernois et un labrador, une race qui vient de Mira (Canada).

J’ai ensuite fait le stage de prĂ©-classe qui dure une semaine avec hĂ©bergement et pendant lequel j’ai testĂ© 2 chiens : News puis Loft, afin de voir encore plus de chiens diffĂ©rents Ă  nouveau parmi les chiens prĂ©vus par la Fondation. On va apprendre Ă  marcher en ville, Ă  s’en occuper totalement (jouer avec lui, gĂ©rer ses besoins, lui donner Ă  manger, etc.). 

Après un an de dĂ©calage du fait de la crise sanitaire, j’ai fait mon stage de remise de trois semaines, appelĂ© « classe » en avril 2021. La première journĂ©e j’ai testĂ© 3 des 6 chiens prĂŞts Ă  ĂŞtre remis, et Ă  nouveau plusieurs le lendemain matin, puis la fondation nous attribue le nĂ´tre lors de cette deuxième journĂ©e. J’ai pu dĂ©finir mes envies et mes coups de cĹ“ur, mĂŞme si ce sont les Ă©ducateurs qui ont le dernier mot. J’ai encore eu deux semaines et demi avec Opium, pour crĂ©er du lien.

Bérénice et les autres jeunes de la classe de remise en avril 2021, chacun avec son chien guide de la Fondation Frédéric Gaillanne

Opium et moi avons Ă©tĂ© le 100ème binĂ´me crĂ©Ă© par la fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, ce qui a Ă©tĂ© un peu mĂ©diatisĂ© notamment en vidĂ©o par Brut, pendant la remise et ma première rentrĂ©e au collège avec Opium. D’ailleurs j’Ă©tais très stressĂ©e pour cette rentrĂ©e, notamment pour la cantine.

Dans un prĂ©cĂ©dent Ă©pisode, Capucine et sa maman GĂ©raldine nous racontaient au contraire que Many, son chien d’Ă©veil Handi’Chien n’accompagnait pas Capucine Ă  l’Ă©cole, pour ne pas la perturber. Du cĂ´tĂ© de Naya, la chienne d’assistance Acadia de Romain, jeune diabĂ©tique, il nous confiait espĂ©rer pouvoir l’emmener bientĂ´t au collège.

Depuis l’arrivĂ©e d’Opium, le plus gros changement est de pouvoir sortir, seule ou avec des amies ! Avant je stressais de tomber, mĂŞme d’une petite marche…

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as appris ou découvert avec les chiens guides ?

J’ai dĂ©couvert Ă  quel point les familles d’accueil Ă©taient impliquĂ©es dans l’Ă©ducation du chien guide ! Je pensais que ces familles gardaient juste le chien chez elles, je ne savais pas qu’elles les socialisaient autant. D’ailleurs Nadia, la famille d’accueil d’Opium, l’a vraiment bien socialisĂ© car il n’a peur de rien.

Est-ce qu’il y a des avantages et des inconvĂ©nients Ă  faire cette demande de chien guide d’aveugle très jeune ?

L’avantage est surtout qu’on devient autonome très jeune, et le fait de s’occuper d’un autre ĂŞtre vivant et d’en ĂŞtre responsable nous rend plus mâture. Il faut par contre vraiment ĂŞtre autonome, pas forcĂ©ment dans les dĂ©placements, mais aussi dans  la vie quotidienne (savoir s’habiller, se laver, s’occuper de soi), car on est seul pendant les stages.

Est-ce que dans ces quelques mois tu as été bluffé par Opium ?

Sa famille d’accueil m’avait dit lors de la remise qu’il avait peur des escalators, alors j’ai tentĂ© de voir sa rĂ©action dès notre retour Ă  Paris et il a gĂ©rĂ© en se donnant Ă  fond.

As-tu fait une rencontre exceptionnelle grâce aux chiens guides ?

Je me suis fait plusieurs amies dont Manon pendant mes stages Ă  la fondation, mais aussi Marine qui a Odor, un saint-pierre aussi de la fondation, que je n’ai jamais rencontrĂ© en vrai mais avec qui je discute beaucoup.

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec les chiens guides ?

Le meilleur moment c’est soit la remise d’Opium, soit quand je suis arrivĂ©e avec lui chez moi la première fois, je n’y croyais pas !

Le pire moment a Ă©tĂ© lorsqu’on a perdu de vue Opium au bois de Boulogne lors de notre premier week-end. On Ă©tait sur une pelouse et en un instant on ne savait plus oĂą il Ă©tait alors qu’il y avait une voie rapide Ă  cĂ´tĂ© ! J’ai cru que j’allais tomber dans les pommes, et il est revenu finalement assez vite, et n’Ă©tait pas du tout du cĂ´tĂ© de la route.

Comme nous en a parlé Bérénice, voici le lien vers sa chaîne YouTube “Bérébigleuse” où elle partage ses astuces et adaptation pour suivre en cours, ou comment elle voit dans le noir, etc.

Merci beaucoup Ă  BĂ©rĂ©nice pour sa persĂ©vĂ©rance dans nos pĂ©ripĂ©ties d’enregistrement et son temps en pleine rentrĂ©e au lycĂ©e ! Au plaisir de faire une belle dĂ©tente ensemble !

Transcription intégrale

E.

Bonjour et bienvenue sur le podcast futur Chien guide, le premier podcast sur l’univers des chiens guides d’aveugles. Je suis Estelle, sa crĂ©atrice et Ă©galement famille relais bĂ©nĂ©vole pour l’École de Chiens guides de Paris depuis plus de 4 ans. Je vous donne rendez-vous chaque premier et troisième vendredi du mois pour partager avec vous mes rencontres avec des familles d’accueil, des maĂ®tres chiens guides, mais aussi plein d’autres invitĂ©s engagĂ©s auprès des chiens guides d’aveugles. Dans cet Ă©pisode, je vous prĂ©sente BĂ©rĂ©nice, qui a 14 ans et est accompagnĂ©e depuis quelques mois par Opium, son Chien guide de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne.

E.

Malvoyante de naissance, BĂ©rĂ©nice prend conscience, dès ses essais Ă  la canne blanche, qu’elle serait plus Ă  l’aise avec un chien guide d’aveugles, surtout face au regard des gens. Elle dĂ©couvre alors l’existence de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, seule association en France et en Europe Ă  remettre des chiens guides Ă  des moins de 18 ans. Mais comment obtenir un chien guide auprès de la Fondation ? Et comment gĂ©rer Opium dans son quotidien de lycĂ©enne ?

E.

De ses premiers pas Ă  la canne, Ă  sa rentrĂ©e au lycĂ©e, BĂ©rĂ©nice nous raconte les diffĂ©rentes Ă©tapes qui lui ont permis d’ĂŞtre guidĂ©e aujourd’hui par Opium. Elle revient aussi sur l’autonomie que lui apporte son chien guide, mais aussi les Ă©lĂ©ments importants Ă  prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure en tant qu’adolescente. Après quelques difficultĂ©s Ă  enregistrer, la qualitĂ© du son n’est pas au rendez-vous cette fois ci. J’espère cependant que l’aventure de BĂ©rĂ©nice vous fera oublier ce dĂ©tail. Et maintenant, place Ă  l’Ă©pisode.

E.

Bonjour Bérénice.

B.

Bonjour Estelle.

E.

Merci de m’accorder un nouveau temps avec toi puisqu’on a eu quelques difficultĂ©s Ă  se trouver connectĂ©es, enregistrer, dĂ©senregistrer, etc. Donc je suis hyper ravie que tu m’accorde encore une petite heure ensemble. Est-ce que pour commencer, tu peux te prĂ©senter ?

B.

Oui, donc, moi, je m’appelle BĂ©rĂ©nice, j’ai 14 ans et je suis malvoyante de naissance. Je suis en seconde, du coup, et j’ai un chien guide, Opium. C’est un labrador noir que j’ai eu Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne il y a environ 4 mois.

E.

OK, alors, est-ce que, pour nous, tu peux revenir un peu sur cette aventure et nous expliquer comment tu es arrivée à avoir Opium ? Est ce que du coup, toi, tu es déficiente visuel depuis longtemps?

B.

Moi, je suis malvoyante de naissance. Donc on a détecté ça environ à mes 3/4 mois.

E.

Donc ça a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© assez tĂ´t. Et comment s’est passĂ©e un peu ton enfance dans tes souvenirs ? Alors, pas Ă  partir de 3 ou 4 mois. Mais comment ça s’est passĂ© en grandissant ? Comment tu l’as vĂ©cu ? Est ce que tu voyais dĂ©jĂ  très, très peu ? Quelle est ta vision ?

B.

J’ai environ un vingtième de vue. Donc c’est assez scientifique quand mĂŞme, mais je ne vois pas les reliefs, je ne vois pas vraiment prĂ©cisĂ©ment Ă  un mètre, ni mĂŞme avant d’un mètre je vois pas prĂ©cisĂ©ment. Et sinon, je vois un peu flou, parfois, c’est très compliquĂ©. Et j’ai une vision tubulaire, donc c’est Ă  dire que je ne vois pas en haut, en bas et sur les cĂ´tĂ©s. En gros, je vois un peu comme dans un tube, quoi.

E.

Comme si tu avais un tube devant et pas de vision périphérique quoi.

B.

Comme dans des jumelles.

E.

Comme dans des jumelles. Et donc, ça, c’est le cas depuis que tu es toute petite ?

B.

Ouais.

E.

Et tu t’es adaptĂ©e, j’imagine, en grandissant ? Comment ça s’est passĂ© dans ton enfance ?

B.

On va dire que quand j’Ă©tais petite, je tenais la main des parents et je ne sortais jamais toute seule. Ce qui est un peu normal, mais j’Ă©tais un peu plus collĂ©e que les autres Ă  mes parents. En grandissant, j’ai voulu essayer de marcher toute seule avec quelques chutes, mais sinon ça a Ă©tĂ©. Et après, j’ai essayĂ© la canne, mais j’ai pas aimĂ© du tout. Donc c’est lĂ  que j’ai essayĂ© de trouver une autre alternative et qu’on a trouvĂ© le Chien guide du coup.

E.

T’as essayĂ© la canne Ă  partir de quel âge, du coup ?

B.

Je dirais 12 ans. C’est assez tard quand mĂŞme. Je voulais trouver un moyen de sortir toute seule sans tomber et de me faire repĂ©rer aussi par les autres. Pour qu’ils fassent plus attention et qu’ils me laissent un peu le chemin. La canne, ça ne m’a pas plu parce que, premièrement, tout le monde te regarde. Dans mon cas, ça me dĂ©range un peu. Alors qu’avec le chien c’est plus des regards d’Ă©tonnement plus que la canne, je trouve. Plus des regards bienveillants. Enfin, dans mon cas, je dirais.

E.

Et du coup, tu n’as pas du tout employĂ© la canne ?

B.

En fait, j’ai juste employĂ© la canne pour la travailler un peu. Parce qu’en fait,  quand on a un chien, il faut avoir un plan B si le chien est malade. Du coup, j’ai travaillĂ© la canne au cas oĂą si Opium tombe malade ou s’il ne peut pas travailler avec moi pour dĂ©panner pendant un ou deux jours.

E.

Donc, tu as quand mĂŞme pris un petit peu la canne et je pense que tu as pris des cours de locomotion aussi ? On en parlait juste l’Ă©pisode d’avant avec Marion qui est instructrice en locomotion. En effet, parce que que ce soit la canne ou le chien guide, il y a, un peu comme elle nous disait, le code de la route du dĂ©placement Ă  avoir. Je ne sais pas si toi, du coup, tu as pris des cours de locomotion dans la structure qui accompagnait ? Je crois qu’on en avait parlĂ©…

B.

Oui j’en ai pris au SIAM dès mon plus jeune âge vers… Je dirais 8/9 ans, j’ai commencĂ© assez tĂ´t quand mĂŞme.

E.

 Le Siam, tu peux nous rappeler ce que c’est ?

B.

Le SIAM, c’est une association qui encadre des jeunes dĂ©ficients visuels. Qui les accompagne dans leur vie scolaire et dans leur quotidien en leur donnant plein d’astuces et en essayant d’adapter au maximum les supports Ă  l’Ă©cole. Et de sensibiliser les professeurs et de donner des astuces pour le quotidien. Par exemple : faire Ă  manger quand on voit pas ou traverser sans voir les feux, des choses comme ça.

E.

Ce qu’on appelle l’adaptation Ă  la vie journalière, c’est ça ?

B.

Oui.

E.

C’est tout ce qui encadre… du coup. Y compris avec le dĂ©placement, mais des fois, il y a des instructeurs en locomotion dont c’est le mĂ©tier tout particulièrement. Du coup, toi, tu a appris tout ça, ce qui a permis de continuer l’Ă©cole. Le mĂŞme cursus scolaire que tes amis, j’imagine?

B.

Oui, j’ai fait un an Ă  l’INDJA, donc l’Institut national des jeunes aveugles Ă  Paris. Ça ne m’a pas plu parce que je trouvais qu’ils encadraient trop les jeunes. Donc, suis retournĂ© au bout de 6/7 mois dans le euh..

E.

Oui dans l’enseignement classique ?

B.

Oui voilĂ , c’est ça.

E.

Et ça n’a pas Ă©tĂ© trop dur pour toi, du coup ? Ce retour dans le collège classique vis-Ă -vis de l’environnement protecteur de l’INDJA.

B.

Ben non, parce que les profs dans le collège classique Ă©taient vraiment très… Enfin, ils m’entouraient vraiment Ă©normĂ©ment parce que je suis arrivĂ©e en milieu d’annĂ©e, donc j’Ă©tais complètement perdue. Je n’ai pas eu de prĂ©rentrĂ©e ni rien pour visiter le collège. Tous les Ă©lèves de ma classe Ă©taient prĂ©venus et sensibilisĂ©s, donc j’ai Ă©tĂ© vraiment bien accueillie.

E.

Oui donc ton retour, finalement, Ă©tait mieux que ton dĂ©part Ă  l’INDJA de ta propre perception. Ça peut ĂŞtre diffĂ©rent selon les personnes, bien sĂ»r.

B.

 Il y a beaucoup de jeunes qui adorent l’INDJA et qui y restent.

E.

Oui, c’est fait pour ça aussi.

B.

Oui.

E.

Mais en effet, toi, ça ne t’as pas tout Ă  fait convenu. Et c’est en sortant de l’INDJA que tu as du coup rĂ©flĂ©chi Ă  aussi te dĂ©placer autrement. Et c’est lĂ -bas que tu avais appris, un peu, l’existence du Chien guide. Comment ça s’est passĂ© ?

B.

Oui, en fait la première fois que j’ai vu un Chien guide, je me rappelle, on avait des cours d’orthoptie (c’est pour travailler la vision). On devait monter Ă  l’Ă©tage, un Ă©tage au dessus de notre salle de classe. Et il y avait une dame, je crois que c’Ă©tait une psychologue ou un truc comme ça. Et elle avait Chien guide et je l’avais vu dans le couloir et je me suis dit  » Mais c’est gĂ©nial ce truc ! ».  Ha ! Ha ! Je lui ai posĂ© plein de questions et tout. Et elle m’a dit que c’Ă©tait pour les majeurs, du coup, j’Ă©tais un peu déçue. Et 2/3 mois après, le SIAM nous a parlĂ© des chiens guides pour les mineurs. Du coup, j’Ă©tais assez contente.

E.

Alors quand le SIAM t’a parlĂ© de tout ça, il t’a parlĂ© d’une structure unique en France qui s’appelle la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, dont on va un peu parler. D’oĂą vient ton bel Opium et qui remet donc des chiens Ă  des personnes, des enfants, enfin des adolescents – je vais peut-ĂŞtre plutĂ´t dire – puisque vous devez avoir entre 12 et 18 ans, il me semble, pour recevoir un chien. Alors c’est le mĂŞme principe que dans les autres Ă©coles de Chiens guides : le chien vous est confiĂ© gratuitement et il y a quelques sensibilisations et quelques cours, on va dire, que toi, tu as dĂ» faire. Comment ça s’est fait ton approche avec la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne ? Qui n’est pas forcĂ©ment tout Ă  fait proche de chez toi puisqu’on est toutes les deux en rĂ©gion parisienne – il me semble dans le 92 – alors que la Fondation, elle, est plutĂ´t dans le sud de la France.

B.

Premièrement, il faut remplir un dossier mĂ©dical et un dossier de motivation pour donner toutes les raisons pour lesquelles on aimerait avoir un Chien guide. Il faut l’approbation de tous nos mĂ©decins, donc : orthoptiste, pĂ©diatres ou mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes. Après, on envoie notre dossier et la fondation nous rĂ©pond soit positivement, soit nĂ©gativement. Et elle planifie un premier stage de deux jours. Donc, c’est le week end de dĂ©couverte. On va apprendre Ă  marcher Ă  cĂ´tĂ© d’un chien, Ă  s’en occuper. C’est les premiers soins qu’on va donner un chien et apprendre Ă  cohabiter avec un chien.

E.

Et toi, c’Ă©tait quand pour toi, ce stage de dĂ©couverte ?

B.

Le 18 janvier, je crois.. 2019 ou 2018 je ne sais plus.

E.

Et donc ça, c’est la première fois que t’as mis les pieds Ă  l’association ?

B.

Oui.

E.

Et tu avais, donc pour ce stage de dĂ©couverte…C’est un stage qui se passe pas du tout avec, enfin, c’Ă©tait pas du tout avec Opium ?

B.

Non.

E.

C’est des chiens, du coup, qui sont spĂ©cifiques ou qui sont en cours d’Ă©ducation ?

B.

C’est des chiens que la Fondation a fini d’Ă©duquer, mais qui n’ont pas Ă©tĂ© remis parce que la Fondation estimait qu’ils voulaient les garder pour tous les stages. Donc, c’est des chiens qui retournent en famille d’accueil quand il n’y a pas de stage ou de dĂ©monstrations, de portes ouvertes, ou des choses comme ça… Quand il y a des stages, lui viennent Ă  la fondation et ils passent soit 2 jours, soit une semaine pour accompagner les jeunes.

E.

Tu te souviens un peu de ton premier contact, justement avec le chien dans le cadre de ton stage de découverte ?

B.

Oui, j’ai eu Mouse, je me rappelle, c’est un Saint-Pierre.

E.

Est ce que tu peux nous expliquer ce qu’est un Saint-Pierre ?

B.

Oui. Un Saint-Pierre c’est un croisĂ© entre un labrador et un bouvier bernois, ce qui donne un l’abernois. Et après c’est un croisĂ© entre deux l’Abernois. C’est une race venue du Canada spĂ©cifique pour les Chiens guides.

E.

Parce que, du coup, on parle du Canada, pour ceux qui connaissent un peu ce qui se passe au Canada, on parle de la Fondation Mira au niveau du Canada. Et en fait, la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne est une entitĂ©, ou du moins le prolongement – qui s’appelait avant, d’ailleurs, Mira France, je crois ou mĂŞme Mira Europe – on en parlait l’autre jour. C’est maintenant la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, mais c’est très liĂ© Ă  l’enseignement et l’apprentissage qui a Ă©tĂ© fait. Toute l’expĂ©rience qu’a la Fondation Mira au Canada, et notamment ces magnifiques St-Pierre ! Qui sont du coup très majestueux, noirs et avec un liserĂ© blanc sur le poitrail et le museau, c’est ça ?

B.

Oui.

E.

Donc, tu as rencontré Mouse ?

B.

Oui.

E.

Comment ça s’est passĂ© pour toi?

B.

Je la trouvais un peu molle. Mais en plus, plus on fait des stages et plus on dĂ©finit un peu nos envies de notre futur chien guide. Par exemple, je savais Ă  travers le stage que j’avais fait avec Mouse, que je ne voulais pas un chien mou. Donc du coup, ça Ă©cartait tous les chiens mous, on va dire, des idĂ©es des Ă©ducateurs. Avant mĂŞme qu’on vienne au stage de remise, ils savent Ă  peu près quels chiens ils vont donner.

E.

Sachant que tu fais ton stage de dĂ©couverte de deux jours que tu as fait en janvier 2019, on a dit… Euh 2018 peut-ĂŞtre ! Parce qu’il y a un stage intermĂ©diaire avant la remise, mais qu’on appelle une prĂ©-classe, c’est ça ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

B.

Oui. On fait une classe d’une semaine. On va changer deux fois de chien, pour tester encore plus de chiens. Donc on va apprendre Ă  plus marcher en ville et on va aller en ville concrète avec des passants, des voitures, des carrefours. On va apprendre Ă  s’en occuper totalement. C’est-Ă -dire, jouer avec lui,lui faire faire ses besoins, lui donner Ă  manger. En fait, on va vraiment faire comme si c’Ă©tait notre chien et s’en occuper 24h/24.

E.

Sauf que lĂ , c’est Ă  nouveau, du coup, les chiens prĂ©vus pour le stage. Donc, ces chiens dont tu nous a parlĂ© et qui restent dans les familles d’accueil et qui sont Ă  disposition, qui sont au bout de leur Ă©ducation, mais qui sont lĂ  pour les sensibilisations et les dĂ©monstrations… et donc, vos classes.  Et lĂ , t’avais eu qui en prĂ©-classe ?

B.

J’avais eu News que j’avais adorĂ© parce qu’elle Ă©tait vraiment hyperactiv et elle guidait assez bien. Et j’avais eu Loft qui guidait très bien, mais il Ă©tait un peu un peu mou.

E.

Encore un petit mou. Ha ! Ha ! Ha ! Ok, et donc lĂ , tu as pu dĂ©couvrir encore plus et apprendre un peu comment ĂŞtre en binĂ´me avec un chien guide dans la vie de tous les jours, c’est ça ?

B.

Oui.

E.

Et vous ĂŞtes accueillis, je crois, directement sur le site de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne. Puisqu’on a dit que tu Ă©tais assez loin et c’est le cas de beaucoup de jeunes qui viennent faire ces stages dĂ©couverte/ces prĂ©-classe. Du coup, vous ĂŞtes tous logĂ©s sur place ?

B.

Oui, il y a une dizaine de chambres sur place avec un salon, une cuisine et des douches. Et des toilettes.

E.

Bien sûr. Donc, vous êtes une dizaine pendant que, ce soit le stage de découverte pour la pré-classe?

B.

Pour la découverte, nous, on était trois.

E.

D’accord.

B.

Pour la prĂ©-classe, on Ă©tait 5… Non, on Ă©tait 4, pardon. Et pour le stage de remise, pour la ‘classe’ du coup, on Ă©tait 5.

E.

Et comment tu t’es senti, toi, entre les diffĂ©rents stages ? Du coup, tu continuais Ă  aller au collège en parallèle ?

B.

Oui, les stages se dĂ©roulent le week end pour le stage de dĂ©couverte. Pour la prĂ©-classe c’est pendant les vacances.

E.

Bien sûr.

B.

Et la classe… Avant, il le faisait en juin/juillet et maintenant ils l’ont dĂ©calĂ© en avril parce que comme c’est dans le Sud, il fait vraiment très, très chaud. Donc c’est pas agrĂ©able pour marcher en ville avec un chien. Donc maintenant c’est en avril pendant deux semaines de vacances et ça dĂ©borde une semaine sur les cours.

E.

Et donc cette classe tant attendue, ce stage de remise : il s’est passĂ© comment pour toi ? C’Ă©tait quand ?

B.

C’Ă©tait en avril dernier, du coup.

E.

Il me semble que le Covid est passĂ© par lĂ  et du coup, ça a un peu retardĂ© ton projet, c’est ça ?

B.

Oui d’un an.

E.

Ah oui, carrément !

B.

Oui…

E.

Donc, ça devait ĂŞtre en avril 2020. Et puis, en avril 2020, on sait tous oĂą chacun Ă©tait puisqu’on Ă©tait chez soi en gĂ©nĂ©ral.

B.

Enfin, je ne sais pas si ça aurait dĂ» ĂŞtre en avril 2020. Enfin, je sais que mon stage de dĂ©couverte a Ă©tĂ© retardĂ© parce qu’Ă  la base il devait ĂŞtre en novembre, mais il a Ă©tĂ© retardĂ© du 11 janvier au 18 janvier, du coup. Et ma prĂ©-classe, je crois aussi qu’elle a Ă©tĂ© retardĂ©e.

E.

Donc, t’as fait tout ça un petit peu en dĂ©calĂ©. Mais tu es arrivĂ©e en avril dernier Ă  enfin faire ce stage de remise. Et lĂ , donc, Opium n’Ă©tait pas confiĂ© tout Ă  fait tout de suite. C’est ça ?

B.

Oui, il y a deux jours. Donc, on arrive le lundi et toute la journĂ©e, on va tester. Non, on arrive le dimanche pardon… Toute la journĂ©e, on va tester les chiens, du coup, le lundi. Il y en avait 5… Non 6 du coup ! On en a testĂ© 3 environ, je crois, le lundi et on en re-teste le mardi. Et le mardi après-midi, ils nous remettent notre chien.

E.

Donc là, on ne parle plus des chiens qui sont éduqués spécifiquement pour les stages. On parle bien des chiens qui sont éduqués pour vous être remis.

B.

Oui.

E.

LĂ , les 6 chiens dont tu nous parles… Vous Ă©tiez 6 bĂ©nĂ©ficiaires en face du coup ?

B.

Non, on Ă©tait 5, mais il y en a toujours un de plus , je crois.

E.

Ok, pour laisser un petit peu de marge, selon vos relations, quoi ?

B.

Oui.

E.

Et toi alors, ces deux premiers jours de stage/de remise, comment ça s’est passĂ©?

B.

J’ai pu, un peu, dĂ©finir les envies que j’avais, du coup. Je les aimais tous, les chiens, ils Ă©taient vraiment tous adorables et ils guidaient tous super bien. Mais j’avais quelques petits coups de cĹ“ur, quand mĂŞme. J’avais Otop, donc c’est un St-Pierre, du coup. Et j’avais Opium.

E.

Opium qui n’est pas un Saint-Pierre.

B.

C’est un labrador noir.

E.

Un labrador noir… Mais alors, tu as donnĂ©, un peu, ton avis aux Ă©ducateurs. Il me semble que c’est comme ça que ça se passe.

B.

Oui.

E.

Mais c’est eux qui dĂ©cident, hein ?

B.

Ils ont le dernier mot, enfin ils tranchent quoi.

E.

Alors, qu’est ce qu’ils ont tranchĂ© ?

B.

Moi, ils m’ont donnĂ© Opium.

E.

Mais du coup, tous les autres jeunes ont réussi à avoir un petit peu leur choix numéro un ?

B.

Non, parce qu’il y avait un Ă©norme coup de coeur sur Otop. On Ă©tait 3, je crois, Ă  vouloir Otop, sur 4 ! Parce que, du coup, il y a une jeune d’entre nous (dans les 5) qui a une remise un peu particulière, parce qu’elle a eu son chien guide avant.

E.

D’accord.

B.

Donc, on Ă©tait vraiment 4 Ă  ne pas savoir notre chien guide avant d’arriver. Et on Ă©tait 3 sur Otop.

E.

Donc toi, finalement : Opium, t’a Ă©tĂ© confiĂ©. Et je crois savoir que, pour la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, c’est un petit peu un Ă©vĂ©nement cette remise puisque tu es la 100ème. Le 100ème binĂ´me avec Opium Ă  ĂŞtre crĂ©Ă© par la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne depuis sa crĂ©ation.

B.

Oui.

E.

Donc, tu as Ă©tĂ© un petit peu mĂ©diatisĂ©. Je t’ai vu dans diffĂ©rentes vidĂ©os. Est-ce que tu peux nous raconter comment ça s’est passĂ© ? Ces petites vidĂ©os qui ont Ă©tĂ© faites – en dehors de tes vidĂ©os dont on parlera plus tard que tu fais personnellement. Je crois que c’est Brut qui est venu vous voir.

B.

Oui, Brut, c’est… La journaliste, du coup, est venue de dimanche Ă  mardi pour filmer toute la remise. Et elle est revenue le 3 mai, je crois, pour ma rentrĂ©e des classes. Enfin ma ‘fausse’ rentrĂ©e, mais la rentrĂ©e avec Opium au collège.

E.

D’accord, ok. Parce que, tu as fait ces deux premiers jours. Au bout des deux jours de remise, on t’a dit que c’Ă©tait opium. Mais lĂ , on ne te lâche pas dans la nature, tout de suite, avec Opium ?

B.

Oui, on a encore trois semaines, du coup. Enfin deux semaines et demi de travail avec notre chien. On va vraiment aller en ville, on va apprendre des trajets et les faire en autonomie. On va s’en occuper du coup vraiment 24h/24 et on va beaucoup aussi prendre le temps de crĂ©er du lien avec notre chien.

E.

Donc du lien dans le jeu, dans les câlins, dans les moments un peu en dehors du guidage, c’est tout ça ?

B.

Oui.

E.

Et comment s’est passĂ© le dĂ©but avec Opium ? Comment tu as ressenti tout ça ?

B.

En fait, l’Ă©ducatrice des chiens guides, du coup, CĂ©line m’a dit que – enfin nous a dit que – les labradors Ă©taient un peu difficiles… que c’Ă©tait un peu difficile de crĂ©er du lien avec eux, mais qu’une une  qu’on en avait, c’Ă©tait indestructible. Donc au dĂ©but, Opium Ă©tait assez ‘distant’, on va dire. Ça a pris bien, quand mĂŞme, deux semaines pour que le lien soit assez fort. Au dĂ©but, il me faisait des câlins, mais c’Ă©tait pas… Enfin, je veux dire, entre le dĂ©but de la classe et maintenant, c’est incomparable. Le lien, maintenant, il est indestructible.

E.

Tu sens la différence ?

B.

Oui, totalement.

E.

Et Ă  la fin de ce stage de remise, tu nous parlais  de ta rentrĂ©e. Alors, c’est pas la rentrĂ©e scolaire de l’annĂ©e, mais ton premier retour après des vacances, en tout cas, avec Opium au collège. Comment ça s’est passĂ© : est-ce que du cĂ´tĂ© du collège, tout le monde Ă©tait sensibilisĂ© ? Vous aviez prĂ©parĂ© un peu le terrain ?

B.

Oui, l’Ă©cole avait mis des affiches, du coup, dans tout le collège. Donc tout le monde avait vu. Et ils avaient vu aussi les vidĂ©os Brut, donc, tout le monde Ă©tait au courant.

E.

Et comment tu as ressenti, toi, à ta première rentrée avec lui?

B.

J’Ă©tais vraiment très stressĂ©e. Je pense que ça peut se voir sur les vidĂ©os Brut, d’ailleurs. Mais non, ça s’est hyper bien passĂ© et comme on Ă©tait en demi-jauge, ça m’a permis de m’adapter avec Opium : de rester le matin Ă  la maison ou l’après midi, du coup. Et de ne pas avoir, tout de suite, la cantine Ă  gĂ©rer parce que c’est assez compliquĂ© de gĂ©rer la cantine. Parce qu’il faut en mĂŞme temps  manger, avoir le temps de sortir, avoir le temps de parler avec ses amis… Donc c’est assez speed ! Du coup, je n’ai pas directement eu la cantine, donc ça m’a permis de m’adapter vraiment tranquillement.

E.

Donc ça, c’Ă©tait du fait des rythmes ‘Covid’, on va dire, ces demi-journĂ©es lĂ . C’Ă©tait pas du tout vis-Ă -vis de l’adaptation d’Opium, mais au final, c’est plutĂ´t bien tombĂ© pour vous.

B.

Oui.

E.

Comment, justement, tu gères la cantine si on essaye de se projeter avec toi en tant que collégienne ? Tu arrives à la cantine : que fait Opium à tes côtés?

B.

Du coup, je prends mon plateau. Ça a Ă©tĂ© assez compliquĂ© de prendre cette organisation quand mĂŞme… Parce qu’en fait, la cantine c’est assez speed ! Donc je prends mon plateau, je vais sur l’espèce de ‘barrière’ lĂ  (oĂą on fait dĂ©filer nos plateaux), et du coup, une amie me dit ce qu’il y a et elle me met en plateau ce que je veux. Et après, on va Ă  table. Je dĂ©jeune, du coup. On dĂ©barrasse…

E.

Et tu fais tout ça avec Opium, du coup, à tes côtés ?

B.

Oui, je le prend en laisse avec moi. Parfois, il me tire un peu pour essayer d’aller manger les choses par terre. Ha ! J’ai pas encore fait tombĂ© mon plateau, mais je pense que ça va arriver bientĂ´t… Et ensuite, on remonte et je vais le sortir.

E.

D’accord, donc ça lui permet d’avoir un moment de dĂ©tente au milieu de la journĂ©e.

B.

Oui.

E.

En termes de gestion des besoins… Parce que c’est vrai que c’est quelque chose d’avoir le chien au collège qui est assez particulier pour toi, j’imagine, pour tes autres camarades de classe aussi. Et c’est quelque chose dont on avait parlĂ©, justement, cet Ă©tĂ© lors de mes hors-sĂ©ries. Avec Capucine et son Wonder Many -comme on l’appelle dans l’Ă©pisode 21 – oĂą elle me disait, sa maman, que ce n’Ă©tait pas encore possible pour Capucine d’emmener le chien Ă  l’Ă©cole. Parce que ça la dĂ©stabiliserait trop, par rapport aux autres troubles qu’elle a, par rapport Ă  la prĂ©sence de ce chien d’Ă©veil. Et c’est un peu la mĂŞme chose pour d’autres raisons du cĂ´tĂ© de Romain et Naya de l’Ă©pisode 23. Donc, Romain est accompagnĂ© de Naya, qui est sa chienne d’assistance et qui lui dĂ©tecte ses crises diabĂ©tique (donc hypo et hyperglycĂ©mie). Et lĂ , sa maman et Romain, nous disaient – alors Romain, espère bien pouvoir rentrer avec Naya très bientĂ´t au collège – mais que c’Ă©tait un peu plus compliquĂ© parce qu’il fallait justement qu’il puisse se gĂ©rer sa chienne toute la journĂ©e. Et donc, comme tu le dis, prĂ©voir des moments de dĂ©tente et des moments de sortie. Ça n’a pas Ă©tĂ© compliquĂ© pour toi de t’adapter, pour pouvoir faire tout simplement les besoins d’Opium très proche du collège ?

B.

Ça a Ă©tĂ© vraiment compliquĂ© parce que moi, du coup, je ne vois pas de loin. Et le problème, en fait, c’est que si je sors sans mes amis, dans la cours, je ne peux pas les retrouver. Donc, il fallait que je trouve un moment pour pouvoir aller lui faire les besoins oĂą je n’ai pas besoin de les retrouver après. Parfois, elles m’accompagnent, mais parfois aussi, c’est assez speed donc elles n’ont pas le temps de m’accompagner. Parce que, par exemple, imaginons qu’il nous reste 10 minutes et elles n’ont pas fini de manger… du coup, je dois remonter vite pour sortir Opium. Je le sors Ă  la rĂ©crĂ©, du coup, de 10 heures. Après, je le sors Ă  la pause dĂ©jeuner et je le ressort, du coup, en sortant du collège.

E.

Donc, en fait, tu t’es organisĂ©e quand mĂŞme pour avoir Opium Ă  tes cĂ´tĂ©s. Et on ne parle pas forcĂ©ment des cours, parce qu’Opium, pendant les cours… Si c’est la mĂŞme chose que ce que font mes Ă©lèves chiens guides quand je les ai Ă  cĂ´tĂ© de moi : ils dorment, en fait, on est d’accord ?!

B.

Mais totalement !

E.

Il ronfle un peu ?

B.

Oui, oui, énormément même !

E.

doncHa ! Ha !  Oui, je sais que parfois, quand je suis en visio ou autre, je les caresse pour les rĂ©veiller, un tout petit peu du sommeil profond. Ça leur Ă©vite de japper, mais je pense qu’avec Opium, tu fais un peu la mĂŞme chose.

B.

Non, je le laisse tranquille parce que je trouve que c’est bien d’interrompre les profs quand leur cours est ennuyant.

E.

Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! C’est une autre vision des choses, en effet ! Mais du coup, c’est pas la mĂŞme responsabilitĂ© entre toi et moi, donc c’est tout Ă  fait normal. Et du coup, parmi tout ça. Donc lĂ , tu as fait ta rentrĂ©e il y a quelques jours ?

B.

Oui.

E.

Il me semble que tu es rentrĂ©e dans un niveau encore au-dessus, puisque tu es rentrĂ© au lycĂ©e. MĂŞme si, il me semble savoir que c’est le mĂŞme Ă©tablissement. C’est ça ?

B.

Oui, c’est juste un bâtiment diffĂ©rent.

E.

Et comment s’est passĂ©e cette nouvelle rentrĂ©e avec des nouveaux camarades de classe ? Peut ĂŞtre des gens qui ne connaissaient Opium.

B.

En fait, il y a 43 nouveaux, donc il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas Opium. Mais dans ma classe je ne connais presque personne, du coup, Ă  part une amie avec qui je suis. Mais pour le moment, ils ne posent pas trop de questions ; ça m’a assez Ă©tonnĂ©e.

E.

D’accord.

B.

Personne ne pose de questions et personne ne va le voir, donc… c’est un peu bizarre quand mĂŞme ! Mais c’est une bonne nouvelle parce que, du coup, je n’ai pas Ă  le protĂ©ger tout le temps des gens qui veulent le caresser, ou des choses comme ça.

E.

Hum ! Parce qu’on le rappelle, comme je le dis sur mes Ă©lèves chiens guides – ça vaut aussi pour Opium et pour tous les autres chiens guides – il faut Ă©viter de les distraire, de les caresser, etc. Parce qu’ils ont une mission ! Quand il est Ă  tes cĂ´tĂ©s, Opium est lĂ , pour te guider. Et puis bien sĂ»r, quand il court lĂ , c’est encore autre chose. Quand il est en dĂ©tente, il a quand mĂŞme ses moments de folie, j’imagine.

B.

Oui énormément de folie. He !

E.

He ! He ! Tu lâches un peu au collège/lycée ou pas du tout ?

B.

Non, pas du tout.

E.

Donc, tu fais ça dans le bois de Boulogne, je crois savoir, Ă  proximitĂ© de chez toi. Et lĂ , c’est la grande dĂ©tente, la libertĂ©.

B.

Ce qu’il prĂ©fère, c’est le parc Ă  chiens. Parce qu’il y a plein de copains, donc ça il adore !

E.

En tout cas, on voit comment Opium est arrivĂ©. Est-ce qu’il y a des choses, justement, que tu ne pouvais pas faire avant et que tu fais maintenant avec Opium ?

B.

Le plus gros changement, vraiment, c’est sortir avec des amis. Parce qu’avant, je… Enfin mĂŞme pas qu’avec des amis, sortir mĂŞme toute seule ! Parce qu’avant je stressais vraiment de tomber ou qu’il y ait une petite marche (ou un truc comme ça) qui me fasse tomber. Et maintenant, avec Opium, c’est beaucoup plus fluide et beaucoup plus dĂ©tendu les dĂ©placements.

E.

Donc il t’as permis d’avoir un rythme tout Ă  fait classique de lycĂ©enne/collĂ©gienne, on va dire. Et je me demandais si, par contre, il y avait quelque chose que tu avais appris ou dĂ©couvert en faisant un peu cette dĂ©marche pour avoir un chien guide ? Quelque chose auquel tu ne t’attendais pas vraiment en envoyant ton dossier.

B.

J’ai vraiment appris Ă  quel point les familles d’accueil Ă©taient impliquĂ©es dans l’Ă©ducation des chiens. Je pensais, au dĂ©but, que c’Ă©tait un peu comme des familles qui gardaient juste les chiens chez elles. Enfin qu’elles lui donnaient quelques règles quand mĂŞme, mais je ne pensais pas que le sociabilisait autant. Donc, j’ai vraiment appris ça.

E.

C’est vrai que quand on est famille d’accueil ou famille d’accueil relais comme je le suis, on n’est pas juste lĂ  pour avoir un chien. On a aussi une petite mission – en dehors de la mission de sensibilisation du grand public- la mission d’Ă©ducation du chien. Et c’est vrai qu’on n’est pas juste lĂ  pour garder, le ‘babysitter’, j’ai envie de dire. Mais on a pas mal de choses Ă  leur apprendre. Tu as rencontrĂ© d’ailleurs la famille d’accueil d’Opium ?

B.

Oui, d’ailleurs elle est adorable, c’est Nadia. Et elle l’a vraiment hyper bien Ă©duquĂ© parce que il n’a peur de rien.

E.

Et tu l’as rencontrĂ© Ă  l’occasion de la remise, c’est ça ?

B.

Je l’ai rencontrĂ©, je crois, 2/3 jours avant de retourner chez moi avec Opium.

E.

Tu as pu en apprendre plus sur la jeunesse qu’a passĂ© Opium, auprès d’elle ?

B.

D’ailleurs, elle nous a montrĂ© des photos. On aurait dit une peluche, quand il Ă©tait petit !

E.

Ha ! Ha ! Ha ! Elle t’as, du coup, envoyĂ© quelques photos que tu peux aussi avoir aujourd’hui avec toi ?

B.

Oui.

E.

Oui, c’est chouette ! Et en effet, moi j’en parle beaucoup des familles d’accueil – je crois qu’il y a la moitiĂ© de mes Ă©pisodes sur mon podcast futurchienguide qui sont sur les familles d’accueil – parce que c’est un maillon indispensable, toujours en lien avec les Ă©coles de Chiens guides. Sans les Ă©coles, elles ne feraient pas grand chose non plus, mais sans les familles, les Ă©coles ne feraient pas grand chose, non plus, faut le dire. Et je me demandais, parmi tout ça, est-ce qu’il y a quelque chose que tu referais diffĂ©remment depuis le mois d’avril ? MĂŞme si ça fait quelques mois que Opium est avec toi. Ou alors la demande, par exemple, l’envoi du dossier, tu l’aurais peut ĂŞtre fait plus tĂ´t ? Si c’Ă©tait Ă  refaire, comment tu ferais diffĂ©remment ?

B.

Je pense que je gèrerais autrement la cantine avec Opium. Parce que je la ??? Au dĂ©but. Je pense que je prendrais plus le temps de crĂ©er du lien et de jouer, que je l’ai fait au dĂ©but. Parce qu’au dĂ©but, je voulez vraiment que tout soit parfait, qu’il travaille avec beaucoup le trajet pour aller au collège. Et je n’ai pas pris le temps de me poser et de crĂ©er beaucoup de liens avec lui. Parce que ça, ça fait 2 semaines après mon arrivĂ©e, quoi. Mais je pense que j’aurais dĂ» le faire dès le dĂ©but !

E.

Et par rapport Ă  la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne, on a bien vu comment ça s’organiser entre les 3 stages. Donc, on a le stage de dĂ©couverte, la prĂ©-classe et le stage de remise (qu’on appelle aussi la classe, du coup). Est ce que par rapport Ă  tout ça, tu as vu des inconvĂ©nients ou des avantages Ă  faire ta demande, toi, en tant que mineur ? Et est-ce qu’il y a des Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure et d’envoyer son dossier Ă  la Fondation ?

B.

L’avantage Ă  faire cette demande, c’est que vraiment on est responsabilisĂ©s très jeunes et que l’on s’occupe d’un autre ĂŞtre-vivant que nous. Et ça nous apprend Ă  ĂŞtre plus matures, plus rapidement. Mais en fait, pour demander un chien guide, il faut vraiment ĂŞtre autonome. Enfin, pas ‘autonome : savoir sortir tout seul ou quoi’. Mais savoir, par exemple, s’occuper de soi, savoir s’habiller, savoir faire au moins un trajet tout seul chaque jour.

E.

Ouais.

B.

Oui puis encore plein d’autres critères, mais je ne les connais pas tous. Mais ils sont sur le site de la Fondation.

E.

On remettra le lien vers le site de la Fondation. Mais ce que tu dis, c’est qu’il ne faut pas ĂŞtre dĂ©pendant dans les gestes du quotidien, principalement.

B.

Oui, voilĂ  c’est ça !

E.

Ok. Parce que d’ailleurs, quand tu es en stage de prĂ©-classe ou quand tu es en classe de remise, il n’y a pas d’aide pour votre quotidien : pour vous habiller, pour vous laver, etc.

B.

Non.

E.

Donc, c’est bien un prĂ©alable Ă  prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure. Par rapport Ă  tout ça, est-ce qu’il y a un moment oĂą dans ces derniers mois, tu as Ă©tĂ© bluffĂ©e par Opium ? Un moment oĂą tu ne t’attendais pas du tout Ă  ce qu’il fasse ce qu’il a fait ?

B.

En fait, avant de rentrer chez moi, sa famille d’accueil, Nadia, m’avait dit qu’Opium avait une peur bleue des escalators. Du coup, c’Ă©tait vraiment un truc que je voulais travailler parce que j’en emprunte parfois dans le mĂ©tro. En fait, c’est très rare, mais je n’avais pas envie qu’il reste sur une peur. Si un jour on devait en utiliser, je ne voulais pas que ça lui pose problème. Donc, du coup, j’ai essayĂ© une fois de le faire prendre un escalator et il m’a bluffĂ©e. Parce que je voyais qu’il avait peur (il tremblait un petit peu), mais il y est allĂ© ! Donc lĂ , je me suis dit que, vraiment, il se donne Ă  fond dans ce que je demande et ça m’a vraiment touchĂ©e.

E.

Ouais, en fait, il a dĂ©passĂ© sa peur pour toi, son apprĂ©hension, on va dire. Et aujourd’hui, les escalators, c’est du passĂ© et c’est quelque chose qui gère.

B.

Oui.

E.

Ouais, donc, dès le dĂ©but, il Ă©tait Ă  fond pour toi. Et sans pour autant se mettre en danger parce qu’il n’y a rien de dangereux dans les escalators, c’est un peu impressionnant et en effet… Il faut les apprivoiser ! C’est ce qu’on fait, nous, en tant que famille d’accueil : on les fait apprivoiser ces escalators. Et est-ce que parmi, peut ĂŞtre des camarades de prĂ©-classe, tu as fait une ou des rencontres exceptionnelles que tu aurais jamais fait sans Opium ?

B.

Je me suis fait plusieurs amis, dont Manon. C’est un bĂ©nĂ©ficiaire, qui Ă©tait avec moi pendant ma classe et ma prĂ©-classe aussi. Et Marine, que je n’ai jamais vu en vrai, mais je lui ai beaucoup parlĂ© par messages et j’ai pu lui poser plein de questions sur le dĂ©roulement de la classe, de la remise…

E.

Donc, Marine, qui a Odor, c’est ça ?

B.

Oui.

E.

Avec qui je discute aussi pas mal sur Instagram ! Qui en effet, donne beaucoup d’informations et n’est pas avare – en tout cas dans les Ă©changes – pour nous parler de son quotidien avec Odor (et qui vient du coup, Odor, de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne Ă©galement). Et je crois qu’il y a, chaque annĂ©e, aussi un parrain ou une marraine pour les classes de remise. De ton cĂ´tĂ©, c’Ă©tait qui ?

B.

Muriel Hurtis, c’est une athlète.

E.

Ok, donc t’as eu l’occasion de la rencontrer ?

B.

Oui, elle est venue quand la banque est venue aussi.

E.

D’autres partenaires !

B.

C’est une banque qui finance le 100ème chien.

E.

Donc, tu as Ă©tĂ© le 100ème binĂ´me, comme on disait tout Ă  l’heure, ce qui a fait l’objet de pas mal de petits reportages. Oui. Et par rapport Ă  ces reportages, on n’en a pas parlĂ©, mais toi aussi, tu fais quelques vidĂ©os, je crois savoir. Est-ce que tu peux nous en parler ?

B.

Moi, je fais des vidĂ©os YouTube sur le handicap et je parle de mon quotidien avec Opium. Donc je parle des Chiens guides, de tout ça. Je donne beaucoup d’astuces sur mon quotidien, je fais beaucoup de vlogs, de trucs comme ça.

E.

Et comment s’appelle ta chaĂ®ne, si on veut te suivre ?

B.

Bérébigleuse !

E.

BĂ©rĂ©bigleuse, c’est tout Ă  fait ça. Et moi, j’ai adorĂ© regarder. Parce que mĂŞme si ça ne me concerne pas directement, je trouve ça hyper intĂ©ressant de voir tout ce qu’on peut mettre en place. Que ce soit vis Ă  vis de l’Ă©cole/du collège : tu en parles.Toutes les choses magiques que tu fais avec ton ordinateur pour, quand mĂŞme, pouvoir suivre (agrandir les documents, etc). Et puis, tu as très bien expliquĂ© aussi comment tu pouvais te repĂ©rer sans chien, avant d’avoir Opium, par exemple, je crois dans l’obscuritĂ©. Alors tu nous as parlĂ©, au tout dĂ©but, de ta vision tubulaire (donc tu ne vois quasiment qu’au centre de ton champ de vision) mais tu expliques, dans cette vidĂ©o, comment tu vois dans le noir, en fait.

B.

Oui, c’est vraiment bizarre parce que je suis vraiment Ă©blouie par les grandes lumières. Donc, mĂŞme un lampadaire dans la rue peut vraiment Ă©blouir, donc la nuit, je suis quasiment aveugle.

E.

Et toi, c’est quelque chose que tu avais dĂ©jĂ  travaillĂ©, peut-ĂŞtre ?

B.

Oui, je l’ai travaillĂ© en locomotion.

E.

En locomotion, voilĂ  ! Parce que les perceptions sont très diffĂ©rentes. Et pour te repĂ©rer, les indices Ă  prendre dans l’environnement ne sont pas les mĂŞmes. Et c’est ce que tu expliques très bien dans cette vidĂ©o oĂą tu es dans le jardin de chez tes grand-parents, je crois.

B.

Oui.

E.

Ça te permet de montrer un peu ce que tu perçois ou pas avec la connaissance que tu as du lieu le jour, en fait, tout simplement. En tous cas, on ira voir. Je mettrais, dans les notes de l’Ă©pisode, le lien vers ta chaĂ®ne YouTube « BĂ©rĂ©bigleuse ». Est-ce que tu peux nous dire, un peu, les prochaines vidĂ©os que tu penses faire ?

B.

J’ai pensĂ© faire une vidĂ©o vlog avec Opium de tous les lieux de dĂ©tente. Une routine, parce qu’on me le demande beaucoup, du matin avec Opium. Qu’est-ce que je fais le matin, tout mon trajet de guidage avec lui… Et sinon, je ne sais pas vraiment.En fait, dès que j’ai une idĂ©e, je la note.

E.

Bon, ça va revenir après les vacances, tu vas en avoir plein de nouvelles. Avec le lycĂ©e, t’auras sĂ»rement d’autres choses aussi Ă  raconter.

B.

Oui.

E.

Mais en tout cas, moi, j’ai hâte de voir les prochains parce que je les ai dĂ©jĂ  toutes visionner, celles que tu as mis Ă  disposition. Mais en tout cas, on redit hein la chaĂ®ne « BĂ©rĂ©bigleuse ». Et je crois que tu es aussi sur Instagram ?

B.

Oui, c’est la mĂŞme chose : « BĂ©rĂ©bigleuse ».

E.

« BĂ©rĂ©bigleuse » aussi. Pour finir, je pose toujours une petite question Ă  la fin et je voulais aussi te la poser pour savoir quel Ă©tait ton pire et ton meilleur moment avec Opium ? MĂŞme si ça fait que quelques temps qu’il est Ă  tes cĂ´tĂ©s.

B.

Le meilleur moment, je pense que c’est soit quand on me l’a remis, soit quand je suis arrivĂ©e pour la première fois chez moi avec Opium. C’Ă©tait vraiment incroyable, je n’y croyais pas ! Et le pire, c’Ă©tait pendant une balade avec ma famille, du coup, et des amis. On Ă©tait au Bois de Boulogne, on Ă©tait assis sur la pelouse, on est dans une grande clairière, un peu. Donc, il y avait Opium, il Ă©tait Ă  un mètre de moi. Il sentait un peu l’herbe, il mangeait un peu d’herbe et tout. Je tourne la tĂŞte, je retourne, on ne le voit pas ! Donc, je commence Ă  m’affoler ; tout le monde a criĂ© : « Opium, Opium ! ». Mais, il ne revient pas… Et en fait, ce qui Ă©tait vraiment très stressant, c’Ă©tait que, Ă  quelques mètres, il y avait une route oĂą des voitures passaient Ă  70 km/h. Je me disais « si Opium va sur la route, c’est fini… » Donc on a appelĂ© au moins je pense… En fait, ça n’a pas durĂ© longtemps, mais, moi, ça me paru une Ă©ternitĂ© parce que quand on a des moments stressants, comme ça nous paraĂ®t une Ă©ternitĂ©. Du coup, il est revenu et on l’a entendu grâce Ă  sa clochette que je lui met toujours autour du cou en balade.

E.

Donc, grâce Ă  la clochette, vous avez pu repĂ©rer dans quel coin il Ă©tait. Et je crois savoir qu’il n’Ă©tait finalement pas du tout du coin de la route, heureusement.

B.

Non, il Ă©tait Ă  l’opposĂ© !

E.

Ha ! Mais ça, on ne pouvait pas le savoir avant de l’entendre. Finalement, tout est bien qui finit bien : il est revenu et maintenant, il est en sĂ©curitĂ©. Il n’y a pas de problème.

B.

He ! Oui.

E.

Et ça a du être très flippant !

B.

C’Ă©tait horrible. J’avais l’impression de tomber dans les pommes ; je ne sentais plus mes jambes. Et c’Ă©tait le premier week-end oĂą j’ai eu Opium !

E.

Ha ouais ! Et t’as mis en place des stratĂ©gies depuis, pour Ă©viter d’avoir cette peur Ă  nouveau ?

B.

Maintenant je le rappelle souvent, quand mĂŞme.

E.

Ok. Comme ça, tu sais dans quel coin il est Ă  peu près et t’as moins cette peur. Bon bah Ă©coute, merci en tous cas, BĂ©rĂ©nice, pour tout ça ! On retient que l’on peut faire la demande en Ă©tant mineur. Parce que j’en avais dĂ©jĂ  parlĂ© un petit peu d’ĂŞtre mineur ou majeur, justement, avec TimothĂ©e. TimothĂ©e, lui, dans l’Ă©pisode 17, il nous racontait qu’il avait eu son premier chien guide, Ă  peine Ă  ses 18 ans. Je crois qu’il ne les avait pas encore, mais c’est les Chiens guides de l’Ouest qui lui avaient remis Baltik, Ă  l’Ă©poque. D’ailleurs, on fĂ©licite TimothĂ©e au passage, qui vient de dĂ©crocher une mĂ©daille d’argent aux 100 mètres sur les Paralympiques aux J.O. de Tokyo. J’ai beaucoup pensĂ© Ă  lui ce dernier jour. Et TimothĂ©e nous racontait qu’il avait Ă©tĂ©, du coup, assez agrĂ©ablement surpris et que sa vie avait beaucoup changĂ© avec l’arrivĂ©e de Baltik, mĂŞme s’il n’avait que 17 ans et demi, ça avait Ă©tĂ© possible. Mais en gĂ©nĂ©ral, en effet, pour demander un chien guide en Ă©tant mineur (Ă  partir de 12 ans), on s’oriente vers la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gallienne. Et tu nous as tout dĂ©crit : du stage de dĂ©couverte jusqu’au stage de remise en passant par la prĂ©-classe. C’est très riche de savoir toutes ces Ă©tapes lĂ  et j’espère que ça va pouvoir permettre Ă  d’autres – qui envisagent d’avoir un chien guide en Ă©tant adolescent, on va dire – de pouvoir faire leur demande et de ne pas hĂ©siter. Parce que je pense que le mot de la fin est pour toi. Mais si il y a quelque chose Ă  retenir de cette aventure : est-ce que tu le referais ?

B.

Oui, sans hésiter !

E.

On te souhaite beaucoup d’annĂ©es encore avec Opium. Ça fait quelques mois qu’il est avec toi et vous en avez encore pour une belle aventure ensemble. Merci beaucoup Ă  toi BĂ©rĂ©nice, pour tout ça.

B.

Merci Ă  toi ! He !

E.

Et on se dit Ă  très bientĂ´t – parce qu’on n’est pas vraiment loin, au final.

B.

À très bientôt !

E.

À très bientôt.

E.

Et voilĂ , c’est la fin de cet Ă©pisode. Merci Ă  vous de l’avoir Ă©coutĂ©. En espĂ©rant qu’il vous aura plu. Merci Ă  BĂ©rĂ©nice pour sa persĂ©vĂ©rance dans nos pĂ©ripĂ©ties d’enregistrement et son temps en pleine rentrĂ©e au lycĂ©e qui me permet aujourd’hui de parler de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillane. Pour complĂ©ter votre Ă©coute, vous pouvez retrouver, dès maintenant, plein de photos d’Opium et BĂ©rĂ©nice sur mon blog futurchienguide.fr. Et n’hĂ©sitez pas Ă  envoyer vos retours sur ce nouvel Ă©pisode via mon Instagram @futurchienguide ou dans un avis Apple Podcast. J’adore les dĂ©couvrir et ça me motive pour continuer ! Et pour faire grandir ce podcast, le meilleur moyen reste encore d’en parler autour de vous, mais aussi de m’identifier sur Instagram lors de vos Ă©coutes : je partage Ă  tous les coups. Alors Ă  très bientĂ´t pour un prochain Ă©pisode sur l’univers mĂ©connu des chiens guides d’aveugles.

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