Aujourd‚Äôhui, je vous pr√©sente Marine qui est accompagn√©e par Odor, son chien guide de la Fondation Fr√©d√©ric Gaillanne. Malvoyante de naissance, Marine a toujours connu les chiens guides d‚Äôaveugle, sans pour autant projeter d‚Äôen avoir un √† ses c√īt√©s ayant fait la majorit√© de sa scolarit√© dans des √©tablissements adapt√©s. Mais le retour dans l‚Äôenseignement classique et sa confrontation au regard des autres en se guidant √† la canne la font changer d‚Äôavis imm√©diatement. Et si elle aussi, m√™me encore toute jeune, avait un chien guide ?  De son d√©clic dans le bus √† sa vie en autonomie avec Odor aujourd‚Äôhui, Marine revient sur les diff√©rentes √©tapes de r√©flexion qui lui ont permis d‚Äô√™tre autonome dans sa vie √©tudiante. Elle nous raconte aussi comment sa vie et celle d‚ÄôOdor ont chang√© derni√®rement, ayant pris son ind√©pendance et emm√©nager avec son copain qu‚Äôil a aussi fallu int√©grer √† leur √©quilibre.

Transcription intégrale

 

E.

Bonjour et bienvenue sur le podcast Futur Chien Guide, le seul podcast sur l‚Äôunivers des chiens guides d‚Äôaveugles soutenu depuis cette ann√©e par la FFAC et l‚ÄôANM Chiens Guides. Je m‚Äôappelle Estelle. Je suis passionn√©e par les chiens guides d‚Äôaveugles et b√©n√©voles pour cette cause √† Paris. Je suis d‚Äôailleurs persuad√©e que l‚Äôunivers des chiens guides d‚Äôaveugles m√©rite d‚Äô√™tre mieux connu. En tant qu‚Äôamoureux des chiens, futurs b√©n√©ficiaires ou autres curieux comme moi, vous croisez parfois des chiens guides d‚Äôaveugles et leurs ma√ģtres en vous demandant : ¬ę Mais comment font-ils pour se d√©placer dans nos rues toujours plus agit√©es ? ¬Ľ. Ce podcast est le seul qui vous propose, au fil de rencontres enrichissantes, de d√©crypter l‚Äôunivers des chiens guides d‚Äôaveugles pour comprendre par qui et comment ils sont √©duqu√©s, mais aussi de d√©couvrir leur r√īle dans le quotidien de leur ma√ģtre et les bouleversements √† leur arriv√©e, ou encore comment agir quand vous croisez un tel bin√īme ? Aujourd’hui, je vous pr√©sente Marine, qui est accompagn√©e par Odor, son chien guide de la fondation Fr√©d√©ric Gaillanne. Malvoyante de naissance, Marine a toujours connu les chiens guides d’aveugles, sans pour autant projeter d’en avoir un √† ses c√īt√©s, ayant fait la majorit√© de sa scolarit√© dans des √©tablissements adapt√©s. Mais le retour dans un enseignement classique et sa confrontation au regard des autres en se guidant √† la canne la font changer d’avis imm√©diatement. Et si elle aussi, m√™me encore toute jeune, avait un chien guide ? De son d√©clic dans le bus √† sa vie en autonomie avec Odor, aujourd’hui, Marine revient sur les diff√©rentes √©tapes de r√©flexion qui lui ont permis d’√™tre autonome dans sa vie √©tudiante. Elle nous raconte aussi comment sa vie et celle d’Odor ont chang√© derni√®rement, ayant pris son ind√©pendance et emm√©nag√© avec son copain qu’il a fallu √©galement int√©grer √† leur √©quilibre. Quelques soucis de son se sont gliss√©s dans l’√©pisode, mais j’esp√®re qu’ils ne g√Ęcheront aucunement cette belle histoire. Et maintenant, place √† l’√©pisode.

E.

Bonjour Marine.

M.

Bonjour Estelle.

E.

Merci d’avoir accept√© mon invitation sur le podcast Futur Chien Guide. Alors est-ce que, pour commencer, tu peux te pr√©senter ?

M.

Je m’appelle Marine, j’ai 18 ans et je suis actuellement en BTS communication √† Cambrai, dans le nord de la France, pr√®s de Lille.

E.

Et du coup, si on se connait, √ßa fait un moment, en fait, qu’on √©change sur les r√©seaux sociaux. Tu navigues aussi dans l’univers des chiens guides d’aveugles. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur toi, sur ta c√©cit√© et puis sur comment tu en es arriv√©e √† rentrer dans ce merveilleux monde des chiens guides d’aveugles ?

M.

Mon handicap visuel, c’est de naissance.

E.

D’accord.

M.

On l’a appris √† quatre mois, √† peu pr√®s quatre-six mois, parce qu’en fait ma m√®re a remarqu√© que je ne la suivais pas du regard, puis a trouv√©, du coup, pas √ßa normal. Et elle a √©t√© voir un m√©decin qui l’a dirig√©e vers un sp√©cialiste. Et qui ont dit que j’avais une hypertrophie des nerfs optiques. Pour que l’Ňďil voie bien, il faut que le nerf soit rond et soit gonfl√© pour que l’information passe correctement. Mais le mien est plat et donc l’information passe tr√®s peu. Au d√©but, les m√©decins lui avaient dit que je ne verrais jamais de ma vie.

E.

D’accord.

M.

Ma m√®re, elle a √©t√© super d√©truite. √áa a √©t√© tr√®s dur pour elle de se remettre un peu de tout √ßa parce que j’√©tais sa premi√®re et pour elle, c’√©tait.. c’√©tait pas un bonheur qui se d√©truit, mais √ßa implique un changement. Et puis elle pensait un peu que c’√©tait de sa faute. Alors qu’on a fait des tests, c’est pas g√©n√©tique, c’est une malformation.

E.

C’est le hasard qui a fait les choses comme √ßa.

M.

Oui, c’est √ßa. J’ai grandi avec √ßa et on a remarqu√© que ma vision augmentait. En fait, mon Ňďil gauche commen√ßait √† percevoir des lumi√®res, des formes, des couleurs. C’√©tait super rassurant. J’ai un bon bilan. Donc j’avais un peu de mal √† me d√©velopper comme tous les enfants atteints de c√©cit√©, c’est un peu compliqu√©. On n’a pas le rep√®re visuel, on ne peut pas du coup copier sur nos parents. On est oblig√©s un peu d’apprendre par nous-m√™mes, puis s’adapter. C’√©tait √† mes trois ans o√Ļ j’ai commenc√© √† avoir un pic de d√©veloppement parce que, en fait, ma m√®re a d√©cid√© de prendre un chien. C’√©tait un labrador sable qui s’appelait Biscotte. Et en fait, mine de rien, m√™me si c’√©tait pas un chien d’√©veil, il a fait ce r√īle, entre guillemets, pendant trois ans. C’√©tait l’un des plus gros changements de ma vie et ce qui m’a aid√©e vraiment √† mon d√©veloppement, il √©tait toujours l√†, √† c√īt√© de moi, pour m’aider √† marcher. Il restait l√†, il √©tait debout. Il attendait que je m’appuie sur lui, il marchait au m√™me rythme que moi, dormait √† c√īt√© de moi. C’√©tait un superbe chien, il m’a vraiment aid√© √† mon d√©veloppement.

E.

Du coup, de tes 3 √† tes 6 ans, tu √©tais accompagn√©e de Biscotte qui, de fait, √©tait un chien de compagnie, pas un chien d’une association sp√©cifique, mais qui a eu aupr√®s de toi le r√īle, comme tu le dis, d’un chien d’√©veil.

M.

C’est √ßa, en fait, m√™me si ce n’√©tait pas son r√īle principal. Mais j’avais plut√īt quatre-cinq ans, je crois √† peu pr√®s. En fait, √† ce moment-l√†, on √©tait √† la R√©union, c’√©tait la terre natale de mon p√®re et mes parents se sont s√©par√©s. Du coup, ma m√®re a d√Ľ rentrer sans Biscotte parce qu’avec l’avion, etc., √ßa aurait √©t√© trop compliqu√©. Du coup on l’a confi√© √† une famille directement √† la R√©union, il a coul√© ses meilleurs jours. J’ai eu des nouvelles r√©guli√®rement, tout va bien et il a vraiment v√©cu une belle vie. C’√©tait un tr√®s bon chien.

E.

Et √† ton retour du coup en France avec ta m√®re, comment vous avez g√©r√© ? Du coup, Biscotte n’√©tait plus √† tes c√īt√©s, tu as des souvenirs de cette diff√©rence, j’imagine ?

M.

Oui, oui, je me sentais plus seule parce que c’est vrai que, en maternelle, c’√©tait un peu compliqu√© de se faire des amis parce que les enfants, √ßa a toujours √©t√© compliqu√© quand il y avait une diff√©rence. Mais j’avais mon petit fr√®re avec moi, c’√©tait devenu mon deuxi√®me meilleur ami du coup. Je restais beaucoup avec lui, on a vraiment une relation fusionnelle. Et lui, pour lui, la vision que j’avais, c’√©tait normal √† ses yeux, c’√©tait comme tout le monde. Et puis il s’adaptait et il ne se posait m√™me pas, en fait, la question.

E.

Il a quel √Ęge par rapport √† toi, ton petit fr√®re ?

M.

Il a trois ans de moins, donc il a grandi avec √ßa. Du coup, dans ma nouvelle √©cole de maternelle, √ßa c’est assez bien pass√©, j’ai pu… je me suis fait d√©j√† plus d’amis, ce qui √©tait un point positif. L’enseignante que j’avais adaptait vraiment ses cours et me faisait participer un maximum, donc c’√©tait vraiment une tr√®s belle ann√©e. Donc ensuite, ma m√®re a rencontr√© mon beau-p√®re qui lui aussi a d√Ľ s’adapter un peu au handicap. Il appr√©hendait un peu justement le handicap parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre, il se posait beaucoup de questions, c’√©tait compliqu√© pour lui. Mais au final, on s’en est plut√īt bien sortis parce que c’est lui qui m’a appris √† faire du v√©lo toute seule, donc euh… Il a pas relach√©, il s’est beaucoup donn√© en fait pour que je sois comme les autres et que je puisse faire comme tout le monde. M√™me quand on jouait √† des dehors, il s’adaptait. Admettons quand on jouait √† la p√©tanque tous ensemble, en fait, il se mettait devant le cochonnet pour que je lance la boule. Bon apr√®s bien s√Ľr, il se recule, parce qu’on sait jamais. Enfin vraiment il donnait de sa personne et encore, au jour d’aujourd’hui, il donne encore de sa personne pour vraiment m’accompagner un maximum.

E.

Finalement il s’est adapt√©. Il a eu ce r√īle-l√† aupr√®s de toi aussi de t’apprendre plein de choses, tout simplement.

M.

Oui, c’est √ßa. Et puis √ßa me faisait du bien aussi qu’il soit √† mes c√īt√©s, parce que je n’avais pas de… enfin mon p√®re c’√©tait un peu compliqu√©. Lui a eu √©norm√©ment de mal √† l’assumer. Pour lui, vraiment, √ßa a √©t√© une d√©faite un peu, si on peut dire comme √ßa, d’avoir sa fille qui est atteinte de √ßa. Il l’a vraiment mal pris.

E.

Il l’a v√©cu comme un… comme un √©chec, en fait.

M.

Oui, c’est √ßa. Pendant toutes mes ann√©es de primaire, il y a eu des moments o√Ļ c’√©tait compliqu√©. Il y a eu des ann√©es o√Ļ vraiment √ßa n’allait pas du tout parce que je n’√©tais vraiment pas int√©gr√©e √† la classe et les professeurs, ce qu’ils faisaient en fait, ce qu’ils disaient dans la cour de r√©cr√©ation… en fait ils choisissent deux personnes au hasard et ils disent ‘tu restes avec elle tout le long de la r√©cr√©ation’. Mais √ßa ne sert √† rien parce qu’ils ne me parlent pas, j’ai pas d’interaction, je suis quand m√™me toute seule. Le but, c’est de cr√©er un peu des liens. √áa a √©t√© vraiment compliqu√© au niveau du… de l’enseignement aussi en primaire. Mais je m’en suis sortie quand m√™me et mes parents ont pris la d√©cision, au coll√®ge, de me faire entrer dans une √©cole sp√©cialis√©e, √† l’ERDV, l’√©cole r√©gionale pour d√©ficients visuels √† Loos. J’y suis rest√©e quatre ans, toute mon ann√©e de coll√®ge, et √ßa a √©t√© bizarre et pas bien en m√™me temps parce que je partais du coup √† l’internat la semaine, j’ai appris d√©j√† √† √™tre autonome, √† faire ma valise, enfin vraiment… √† choisir mes v√™tements. C’√©tait vraiment… Ma m√®re m’a beaucoup laiss√© d’autonomie parce qu’elle ne voulait pas que je sois, entre guillemets, assist√©e. Elle a dit ‘tu peux te d√©brouiller toute seule. On est l√†, mais tu peux y arriver’. Le plus dur je pense que √ßa a √©t√© le d√©chirement avec mes parents puisque le week-end, je me sentais pas trop √† ma place. J’ai eu vraiment beaucoup de mal quand la semaine, je partais √† l’√©cole, le week-end, je rentrais chez moi. C’est pour √ßa que du coup, en troisi√®me, j’ai pris la d√©cision de revenir chez moi et de ne pas continuer dans un enseignement sp√©cialis√©, mais de retourner dans un cadre, entre guillemets, classique. C’est √† ce moment-l√† que j’ai commenc√© √† prendre la canne blanche parce que en fait, au coll√®ge, l’inconv√©nient de l’√©cole sp√©cialis√©e, c’est qu’on est trop accompagn√©. Et en fait, une fois qu’on se retrouve tout seul, c’est tr√®s compliqu√©. Donc j’utilisais pas ma canne vu que j’avais toujours quelqu’un qui me tenait au bras. Je savais que, en seconde, j’en aurais besoin et j’ai d√Ľ apprendre √† l’utiliser, √† l’apprivoiser, ce qui √©tait compliqu√©. √Ä mon entr√©e en seconde, je l’avais, et puis quand j’ai vu le regard des gens, √ßa m’a bloqu√©e. J’ai eu beaucoup de mal.

E.

C’√©tait un peu un regard, un regard… parce que du coup, tu rentrais dans un lyc√©e d’enseignement classique comme tu dis, et √ßa faisait l’originalit√©, mais les gens √©taient plus… enfin et puis, au lyc√©e, on n’est pas encore tout √† fait tous tr√®s intelligents socialement dans notre t√™te, on va dire, enfin au coll√®ge aussi, mais du coup, l√†, le coll√®ge, √† part la troisi√®me, vous √©tiez vraiment entre vous, donc tu n’avais pas ressenti la diff√©rence, je pense.

M.

Oui, c’est √ßa.

E.

Et l√† la seconde, tu t’es pris un peu √ßa en pleine face avec l’utilisation de la canne blanche.

M.

Les gens me regardaient un peu… enfin je sais pas comment ils me regardaient, mais je sentais que bon, je me suis pas fait trop d’amis non plus. La seconde, √ßa a √©t√©, je pense, l’une de mes pires ann√©es. Mais il y a eu quand m√™me du positif dans tout √ßa. En fait, en troisi√®me, dans mon √©cole, pour entrer dans le vif du sujet, il y avait un √©l√®ve qui avait un chien guide, donc de la Fondation.

E.

Donc de la Fondation Frédéric Gaillanne.

M.

C’est √ßa. Je me posais pas plus de questions, en fait, je connaissais l’existence des chiens guides, mais ce n’√©tait pas en fait mon objectif premier. Pour moi, j’en avais pas la n√©cessit√© en fait.

E.

Qu’est-ce qui est expliquait ton point de vue √† l’√©poque sur le fait que tu n’avais pas besoin forc√©ment d’un chien guide ? C’est parce que tu te sentais assez autonome, assez encadr√©e, ou… ?

M.

Je pense que le fait d’√™tre trop encadr√©e, en fait je me rendais pas compte forc√©ment de la r√©alit√©. J’√©tais enferm√©e, entre guillemets, dans une bulle o√Ļ voil√†, j’√©tais tout le temps aid√©e, tout le temps quelqu’un qui me tiendra le bras, etc. Alors que ben non. Je me suis pris un peu une claque quand je suis rentr√©e en seconde. En fait il n’y a pas eu de transition entre les deux, j’ai pas pu me rendre compte en fait.

E.

La personne qui avait un chien était avec toi au lycée ?

M.

Alors moi j’√©tais au coll√®ge et lui il √©tait au lyc√©e.

E.

OK.

M.

Donc je savais que la fondation existait. Donc il m’a dit que voil√†, on remettait des chiens guides √† des enfants malvoyants et non-voyants de 12 √† 18 ans. Bon ben moi, je me suis dis ‘ben, √ßa n’existait pas d√©j√† ?’ Enfin je veux dire, pourquoi il n’y en a qu’une seule, pourquoi une seule en Europe ? Je me disais ‘c’est quand m√™me bizarre’, et je me suis renseign√©e et effectivement.

E.

Pour toi, ce n’√©tait pas une exception en fait d’avoir un chien entre 12 √† 18 ans. Tu n’avais pas envisag√© que les √©coles ne remettaient des chiens qu’√† partir de 18 ans. Pour toi, c’√©tait quelque chose de logique en fait.

M.

Oui, c’est √ßa. Apr√®s je me dis qu’en plus, en √©tant adolescente, je trouve que pour certaines personnes, c’e√Ľt √©t√© super utile. Quand je m’en suis rendu compte, je me suis dit ‘ben, quand m√™me, quoi, on est assez ferm√©s sur ce sujet’. J’√©tais un peu quand m√™me choqu√©e parce que je me dis ‘pourquoi ils en remettent √† des adultes et pourquoi pas √† des enfants ?’ Je veux dire √ßa allait de soi. Quand t’es adolescent, tu portes aussi ce handicap, et je dirais qu’il est m√™me parfois plus dur de le porter en √©tant adolescent qu’en √©tant adulte. Voil√†, je me suis renseign√©e, mais pour l’instant en fait √ßa n’allait pas plus loin. En seconde, j’en avais vraiment marre de la canne blanche, puis j’√©tais assise dans le bus, puis un jour, je me dis ‘pourquoi j’ai pas un chien guide ?’ Et j’ai commenc√© √† me renseigner, √† regarder des reportages et je me suis dit ‘c’est √ßa que je veux, c’est vraiment √ßa que je veux’. L’id√©e a √©merg√© en novembre 2018. J’en ai parl√© √† mes parents en d√©cembre. En fait √ßa a √©t√© compliqu√© pour moi, je me suis dit ‘peut-√™tre qu’ils voudront pas parce qu’on avait d√©j√† deux chiens √† la maison’. Je me suis dit ‘√ßa fera un chien de plus, et est-ce que aussi j’aurai les capacit√©s de m’en occuper ? Est-ce que j’y arriverai en fait, en fin de compte? C’est une grosse responsabilit√© quand on y r√©fl√©chit bien. En fait ce n’est pas qu’un outil de travail. C’est vraiment un √™tre vivant. Et il y a eu un mois de r√©flexion avant d’en parler √† mes parents.

E.

Oui, parce que, contrairement √† une canne blanche qu’entre guillemets tu peux plier et ranger dans ton sac, un chien… √áa me rappelle la pub de la F√©d√©ration Fran√ßaise des Associations de Chiens guides qui avait fait √ßa √† l’entr√©e des supermarch√©s. Tu le d√©gonfles pas et tu le mets pas dans ton sac quoi, il est l√†.

M.

Oui, c’est √ßa.

E.

Et puis c’est une responsabilit√©. Comme tu dis, en dehors d’un outil de guidage, c’est vraiment un lien, une pr√©sence et c’est la responsabilit√© d’un √™tre vivant, surtout, √† tes c√īt√©s.

M.

C’est √ßa. Du coup en d√©cembre, j’en ai parl√© √† mes parents. On a longuement r√©fl√©chi, parce qu’on devait peser le pour et le contre, pour voir si vraiment… si le chien il serait heureux chez moi. Donc en janvier, ma m√®re a pris la d√©cision et a dit ‘c’est bon, vas-y, on va faire la demande, puis on sera l√† pour t’aider et pour t’accompagner dans ce parcours.’ C’√©tait une lib√©ration pour moi, je me suis dit ‘ah enfin, j’attends depuis deux mois quand m√™me !’.

E.

Mais du coup ils n’avaient pas… ils n’ont pas eu cette appr√©hension que tu craignais de rajouter un chien dans la famille ? Vous avez beaucoup √©chang√© l√†-dessus ou √ßa a √©t√© assez fluide pour eux et assez √©vident que √ßa pouvait t’apporter vraiment quelque chose ?

M.

Ben en fait pour eux ils pensaient que c’est eux qui allaient s’occuper du chien. Et ils se sont dit ‘√ßa nous rajoute une charge en plus’, et je leur ai expliqu√© que… en tout cas tout ce que j’avais regard√©, je leur ai dit¬† ‘mais non √ßa doit √™tre au b√©n√©ficiaire de s’en occuper’. Je leur ai expliqu√© ‘√ßa va √™tre mon chien’ et √ßa va pas √™tre leur chien. Enfin je leur ai expliqu√© qu’il y aurait une diff√©rence entre mon chien et les chiens de la famille. Et ils ont √©t√© rassur√©s. Puis voir aussi tout l’accompagnement qu’il y avait derri√®re. Donc ils √©taient… √ßa les a vraiment rassur√©s, en fait. Donc j’ai rempli mon dossier en janvier et je l’ai envoy√© en f√©vrier 2019. Et j’ai attendu pas tr√®s longtemps parce qu’en mars, la Fondation m’a appel√©e et m’a dit ‘√©coute, si tu veux, tu peux venir en stage d√©couverte mi-avril’. C’est rapide quand m√™me !

E.

C’est vrai que c’est la premi√®re √©tape. On en avait parl√© un petit peu, du coup, c’est le troisi√®me √©pisode qu’on fait sur la Fondation. J’en avais un peu parl√© avec B√©r√©nice dans l’√©pisode 28 et √©galement avec Ana√Įs dans l’√©pisode 35, qui sont toutes les deux b√©n√©ficiaires d’un chien guide de la Fondation Fr√©d√©ric Gallianne. Et la premi√®re √©tape avant de savoir si vous souhaitez poursuivre, c’est vraiment de vous accueillir directement √† la fondation √† l’Isle-sur-la-Sorgue justement pour voir et concr√©tiser un peu votre demande au c√īt√© de vrais chiens.

M.

C’est √ßa. Je m’y suis rendue le 25 et 26 avril 2019, j’avais fait la route, puisque que, du nord au sud, il y a quand m√™me beaucoup de route.

E.

Ben oui.

M.

Et donc je suis arriv√©e et on m’a pr√©sent√© la Fondation, l’√©quipe, et on ne nous a pas tout de suite pr√©sent√© les chiens m√™me si c’√©tait la chose qu’on attendait le plus. On √©tait deux dans mon stage d√©couverte et on nous a pr√©sent√© comment on va mettre un collier au chien. Et ensuite on nous a pr√©sent√© le harnais pour le toucher, pour pouvoir le voir visuellement, pour conna√ģtre d√©j√† l’objet et pour pouvoir ensuite bien l’apprivoiser. Toute la matin√©e, √ßa a √©t√© vraiment des renseignements. On a vraiment beaucoup parl√© sur ce qu’est un chien, d√©j√†, pour d√©finir vraiment ses besoins, etc. Pour vraiment nous mettre en condition de nous dire ‘voil√†, si vous voulez un chien guide, il aura besoin de √ßa, de √ßa, de √ßa’. Apr√®s ils nous expliquaient la partie guidage, comment… la sensation, les ordres qu’il faut donner, etc. et aussi comment s’en occuper, par exemple comment lui donner √† manger, comment lui faire faire ses besoins, etc. Et c’√©tait vraiment une partie int√©ressante, m√™me si ce n’√©tait pas mon moment pr√©f√©r√© puisque mon moment pr√©f√©r√© c’√©tait la rencontre avec les chiens.

E.

C’est ce que tu attendais.

M.

C’est √ßa. Et en fin de matin√©e donc, on a fait d√©j√† connaissance du parcours des sens qui est un parcours au sein de la Fondation, √ßa fait une mini ville o√Ļ on a des bruits sonores, on a vraiment diff√©rentes textures au niveau des sols…

E.

Des petits escaliers, des passages pi√©tons. Tout ce qu’on peut retrouver dans un trajet, dans un condens√© d’espace.

M.

C’est √ßa. On a fait le tour √† la canne et apr√®s nous, on tient le harnais et en fait, on a l’√©ducateur devant qui tient le bout du harnais o√Ļ normalement le chien √† sa t√™te. On fait le chemin comme si on en fait on avait vraiment le chien, sauf que c’est √† l’√©ducateur en amont √† donner les ordres au bon moment, etc. Puis se sentir √† l’aise, d√©j√† avoir pris le harnais en main et l’avoir entre guillemets essay√©.

E.

Oui, c’est cette premi√®re √©tape o√Ļ en fait.. alors l’√©ducateur n’est pas dans le harnais pour le coup, il ne prend pas la place du chien. Cependant, c’est lui qui tracte le harnais et qui te fait ressentir pour la premi√®re fois un peu ce lien que tu vas avoir avec le chien via le harnais.

M.

Et on arrive au chenil, donc je m’installe et puis je vois plein de toutous tout contents. Je me dis ‘oula, sont quand m√™me gros en fait’, parce que j’avais d√©j√† vu des Labrador, mais jamais de Saint-Pierre. Je pensais pas que c’√©tait aussi imposants, si gros…

E.

Gros nounours, quoi !

M.

Ouais c’est √ßa.

E.

Parce qu’√† la maison, tu disais que tu avais deux chiens. Pour le coup, c’est des races qui sont un peu diff√©rentes.

M.

Oui, j’avais un bichon, donc tout petit, et un dogue de Bordeaux, gros chien quand m√™me masto, j’ai d√©j√† l’habitude des gros chiens, mais pas d’un m√©lange des deux : un gros chien tout poilu. Donc ils nous pr√©sentent les chiens et j’en ai essay√© plusieurs. Ce qui √©tait marrant, c’est que vraiment en fait j’ai pu voir que chaque chien avait vraiment son caract√®re et sa vitesse de marche etc. et qu’il y en avait vraiment certains avec qui √ßa ne collait pas du tout. Par exemple, il y avait une femelle qui s’appelait N√©rone, c’√©tait impossible. Nos deux caract√®res ne correspondaient pas du tout. Je m’entendais pas avec elle, elle s’entendait pas avec moi. Et en fait, pour moi, c’est normal apr√®s d’avoir un peu des id√©es re√ßues sur les chiens guides, je connaissais pas tr√®s bien, mais pour moi on attribuait un chien √† n’importe qui, ont donnait ce chien-l√† et c’est tout. Il n’y avait pas…

E.

De recherche de la cr√©ation d’un bin√īme, vraiment, qui √©tait sur la m√™me longueur d’onde. De toute fa√ßon, lors de ce stage d√©couverte, les chiens que tu as essay√©, c’est pas les chiens qui vont √™tre propos√©s pour la remise. L’objectif, c’est de d√©couvrir, mais ce n’est pas forc√©ment ces chiens-l√†, si je me trompe pas, qui peuvent √™tre derri√®re associ√©s √† toi en bin√īme √† la fin du processus.

M.

C’est √ßa. Apr√®s, du coup vu que c’√©tait fin avril et qu’√† l’√©poque les classes c’√©tait fin juillet, on avait les chiens qui allaient √™tre remis en juillet, donc j’aurais pas eu de chien, donc j’en ai essay√© plusieurs et je me suis trouv√© d’affinit√©s pour N√©mo qui √©tait un tr√®s, mais alors tr√®s tr√®s gros Saint-Pierre de 45 kilos. C’√©tait, ouais, c’√©tait un sacr√© bonhomme, il avait les yeux vairons, donc il avait un Ňďil… un Ňďil marron et un Ňďil bleu, je trouvais √ßa trop mignon. Puis il √©tait adorable, il √©tait tr√®s calme, tr√®s c√Ęlin. Il aimait beaucoup manger. C’√©tait vraiment une premi√®re exp√©rience, en tout cas avec un chien qui √©tait… c’√©tait la meilleure exp√©rience que je pouvais avoir en fait. C’√©tait un tr√®s bon chien. Et √† la fin de ce stage d√©couverte qui dure deux jours, la Fondation m’a dit ‘bon, voil√†, si tu veux continuer l’aventure, on peut te proposer de venir en pr√©-classe’. Moi, je fais ‘bien s√Ľr. J’ai test√© le chien guide une fois, enfin je m’arr√™te pas, quoi’. Pour moi, c’√©tait √©vident en fait d’en avoir un.

E.

L’apr√®s-classe, c’√©tait quand pour toi ?

M.

Du coup en octobre 2019. Donc j’ai pas attendu longtemps, quelques mois. Donc c’√©tait une pr√©-classe d’une semaine pendant les vacances scolaires. Et l√†, vraiment, on va vraiment nous… nous √©valuer entre guillemets, sur comment on se comporte, en tout cas en autonomie, enfin comment on se g√®re nous-m√™mes, comment on va g√©rer le chien au quotidien. Pendant deux jours, on nous apprend, mais √ßa ne suffit pas pour savoir comment on g√®re, on va g√©rer le chien. C’√©tait vraiment en fait comme une √©valuation, pour savoir si on est vraiment apte √† avoir un chien guide. Du coup, je suis arriv√©e et on √©tait cinq-six je crois. On √©tait deux Fran√ßaises, je crois, un Belge et deux Italiens.

E.

D’accord.

M.

Parce qu’en fait il y a une ancienne b√©n√©ficiaire qui √©tait venue avec son chien parce qu’elle avait des difficult√©s. Donc on a pu d√©j√† voir le lien entre les deux et c’√©tait vraiment beau, je trouvais √ßa vraiment super fusionnel. Je me suis dit ‘je veux pareil avec mon chien’, √ßa m’a motiv√©e encore plus. On nous a refait un r√©cap de ce qu’est le chien guide, les diff√©rents ordres, le harnais, etc. Enfin le r√©cap qu’on avait eu en stage d√©couverte. Donc l√† on a √©t√© voir les chiens et l√† ils nous ont dit ‘il n’y aura pas plusieurs chiens que vous allez essayer, on va vous attribuer un chien’. Le but, c’est de voir aussi le caract√®re du chien puis d’un peu s’adapter √† lui – parce qu’en fait, au cours de l’apr√®s-classe, pendant deux jours et demi, on aura un chien, et deux jours et demi on aura un autre chien pour vraiment vivre avec d’autres caract√®res, tous types de chien – donc j’ai eu Loft, qui √©tait un Saint-Pierre aussi, donc mes trois premiers jours, et qui √©tait un chien avec un caract√®re assez particulier mais qui collait bien avec le mien. Il n’a pas √©t√© remis en tant que chien guide parce que justement il a du mal √† faire confiance aux autres.

E.

Oui, c’est rigolo parce que je me souviens que B√©r√©nice dans l’√©pisode 28 nous avait aussi parl√© du fait qu’elle avait test√© Loft. Donc vous avez test√© le m√™me chien, mais qui est toujours un chien que vous testez et qui n’est pas forc√©ment remis comme tu viens de nous le dire.

M.

C’est √ßa. C’est des chiens de d√©monstration. On a tiss√© un lien lui et moi qui √©tait tr√®s fort puisque en fait on avait √† peu pr√®s le m√™me caract√®re. Ce qui m’a marqu√©e, c’est qu’on a d√Ľ changer de chien donc le mercredi. Donc je passais sur Moose, qui √©tait un Saint-Pierre aussi, une femelle. Et en fait, au moment o√Ļ on revenait justement des sorties en ville o√Ļ on testait les chiens en milieu r√©el, quand l’√©ducateur a dit √† l’enfant d’appeler Loft, il l’a appel√© mais Loft est venu √† mes pieds, il s’est assis √† mes pieds. J’ai dit ‘mais c’est pas moi qui t’ai appel√©’. Pendant toute l’apr√®s-classe il n’a pas arr√™t√© de me regarder et l’√©ducateur me l’a fait remarquer et √ßa m’a fait vraiment chaud au cŇďur. C’√©tait un super chien. On avait cr√©√© un lien super fort, lui et moi. C’√©tait vraiment un bon chien. Compar√© √† Moose, j’ai eu un petit peu plus de mal. Vraiment appr√©hender un peu les inconv√©nients du chien guide, parce qu’en fait elle √©tait un peu malade, elle a fait ses besoins dans la chambre et elle allait vraiment pas bien. Donc l’√©ducateur m’a dit ‘voil√†, je vais ramasser, mais il faut que tu apprennes √† rassurer, √† √™tre √† ses c√īt√©s’. Elle √©tait en fait vraiment malade, elle avait une petite gastro, en soi rien de grave, mais elle avait besoin de ce fonctionnement, et j’ai d√Ľ apprendre √† la calmer, la rassurer, sachant que c’√©tait une chienne tr√®s stress√©e. En fait √ßa m’a permis de comprendre que le chien, c’est un peu, un peu aussi comme un humain. Il a besoin de se sentir rassur√©. Il a besoin de contact, il a besoin de c√Ęlins, il en a besoin encore plus parce que c’est vrai qu’avec… Je lui en faisais, mais ce n’√©tait pas pareil. C’√©tait… il restait quand m√™me distant. Donc je me dis qu’il n’avait pas besoin de plus que √ßa. Et j’ai remarqu√© qu’en fait, chaque chien est diff√©rent. Justement, elle avait besoin de plus de soutien, plus de c√Ęlins, et √ßa m’a appris un peu √† d√©velopper ce c√īt√© affectif, en fait.

E.

Et du coup, dans l’histoire, tu as rencontr√© ton Odor. √Ä quel moment ?

M.

Alors Odor je l’ai rencontr√© en pr√©-classe. En fait, j’√©tais avec Th√©o, qui √©tait un aussi futur b√©n√©ficiaire. Et en fait, on avait les chiens en √©ducation qui √©taient au chenil et on nous a dit les pr√©noms. Je sais pas pourquoi, mais le pr√©nom de Odor m’est rest√© et je l’ai appel√© de loin. Et en fait, il commen√ßait √† se mettre debout sur ses pattes, a commenc√© √† pleurer et √ßa m’a, √ßa m’a marqu√©e. √áa a √©t√© le premier en tout cas… la premi√®re entre guillemets rencontre avec Odor.

E.

Apr√®s l’apr√®s-classe, tu rentres chez toi, tu reviens pour la classe, l√† Odor t’a √©t√© propos√© ?

M.

Alors avant la classe de remise, il y a un salari√© de la Fondation qui est venu chez moi pour voir l’environnement, pour voir mes trajets, pour voir si le chien serait… enfin si ma cour, ma chambre serait adapt√©e √† ses besoins. Pour parler avec mes parents directement sur le lieu de vie. Enfin, vraiment pour… aussi un test avant la remise. Donc elle a dit ‘voil√†, on verra si tu seras prise en classe de remise’. Donc il y a eu le confinement, et je me suis dit ‘l√† c’est mort’. Il y aura pas de classe de remise, bon moi je me dis ‘c’est pas possible’, j’√©tais triste, vraiment triste. Donc juste apr√®s le confinement, il y a Chantal, la responsable du p√īle enfant qui m’appelle, qui me dit ‘bon, alors tu viens en classe ?’ Moi je fais ‘mais bien s√Ľr !’ Donc √ßa a commenc√© comme √ßa. En juillet 2020 j’arrive en classe de remise, j’√©tais stress√©e. J’avais la boule au ventre. L√† je me suis dit ‘√ßa y est, tu vas enfin avoir ton chien’. Je ne savais pas qui √ßa pouvait √™tre. On m’avait d√©j√† fait un petit brief sur les noms de chiens, mais j’en savais pas plus. Avec maman, on avait beaucoup parl√© et ma m√®re dit ‘moi je te dis : soit c’est Odor, soit c’est Olaf’. Je me suis dit ‘l√†√†√†√†’. C’est vrai que j’avais un petit coup de cŇďur pour Olaf parce que c’√©tait vraiment un gros nounours, enfin un gros nounours de 40 kilos. Il avait des grosses pattes, il avait une grosse tache blanche, il √©tait tout doux. C’√©tait vraiment un de mes coups de cŇďur, mais je ne l’avais pas… en fait je l’avais pas rencontr√© encore en vrai en fait.

E.

Ouais, tu l’avais juste vu un peu en photo, quoi.

M.

C’est √ßa. Donc le chien en classe de remise c’√©tait Odor. On me l’a donn√©, il s’est couch√© √† c√īt√© de moi. Il n’a pas boug√©. Pas un regard ni rien. Je me suis dit ‘bon, √ßa commence bien’. Donc le premier exercice c’√©tait de marcher avec le chien en laisse simple et lui donner des ordres du type assis-couch√©-reste. Donc il marchait √† ma vitesse et en fait d√®s que je lui disais assis, c’√©tait pour lui instantan√©. Tout de suite iI √©tait √† l’√©coute et il me regardait en fait avec des yeux… je ne sais pas si c’√©tait rempli d’amour mais en tout cas il √©tait vachement √† l’√©coute, c’√©tait instantan√© en fait. Des fois, il anticipait avant que je le dise, et juste avec le geste il me r√©pondait en fait. Et je me dis ‘Waouh, ah ouais quand m√™me, c’est fort’.

E.

Ouais.

M.

Malgr√© qu’on n’avait pas ce, comment dire, ce feeling au niveau caract√®re, je sentais qu’il y avait quelque chose, il y avait un truc en plus, mais je ne savais pas quoi. Je ne savais pas comment le d√©crire parce qu’en fait, apr√®s, quand il faisait les exercices avec les deux autres b√©n√©ficiaires, il prenait plus de temps, il √©tait plus mou, il… Je sais pas, en fait, je ne saurais pas expliquer, mais il y a vraiment eu quelque chose en fait.

E.

Vous avez eu une connexion entre vous qui faisait qu’il √©tait, il √©tait au taquet, quoi.

M.

C’est √ßa. Et j’ai essay√© deux autres chiennes qui √©taient des femelles. J’avais essay√© One, qui, elle, je la trouvais tr√®s tr√®s douce. Et en fait, le souci, c’est qu’elle avait un peu une appr√©hension du harnais et elle avait peur de le mettre et j’ai dit √† l’√©ducateur ‘je veux pas la forcer’. J’ai vraiment dit ‘je ne veux pas la forcer √† me guider, ni rien’, donc. Et au final d’ailleurs, cette chienne a √©t√© r√©form√©e. Mais elle √©tait vraiment tr√®s, tr√®s douce, tr√®s calme. Et avec elle, j’avais eu un petit coup de cŇďur, mais niveau √©motionnellement parlant. Et ensuite j’avais test√© Onyx qui, elle, marchait trop vite, √©tait speed, aboyait tout le temps, enfin vraiment, c’√©tait… aucune connexion, alors elle, c’√©tait pas possible. Et donc, √† la fin de cette journ√©e, on les avait test√©s aussi au harnais dans le chenil et Odor, toujours aucun probl√®me, enfin il m’ob√©issait au doigt et √† l’Ňďil. Mais par contre en dehors du harnais il s’allongeait, il me jetait aucun regard donc c’√©tait un peu compliqu√©. Mais √† la fin de la journ√©e, l’√©ducateur nous dit ‘voil√†, c’est quel chien que vous avez pr√©f√©r√© ?’ Moi je dis ben ‘c’est Odor, clairement Odor’. Et le mardi donc, on continue √† essayer les chiens et cette fois-ci, c’est en situation r√©elle. Et donc j’avais test√© Onyx et apr√®s on m’a fait tester Obi-Wan, qui √©tait le fr√®re de Odor et lui √©tait un tr√®s bon chien aussi. Mais j’avais pas en fait… il me manquait ce truc que je saurais pas d√©finir, en fait que j’avais avec Odor et que j’avais pas avec Obi-Wan. Et je n’arrivais pas en fait √† mettre les mots dessus. Il y avait vraiment quelque chose entre nous deux. Et quand je l’ai essay√© donc en dernier, m√™me s’il √©tait un peu fatigu√© d√Ľ √† la chaleur et puis qu’il avait d√©j√† fait le trajet avec les autres b√©n√©ficiaires, je sentais justement ce truc qu’il y avait, vraiment il √©tait tr√®s √† l’√©coute. Il faisait tr√®s attention. Le moindre petit papier qui tra√ģnait, il me l’√©vitait pour pas que je marche sur le papier, enfin vraiment c’√©tait… il y avait quelque chose.

E.

Très précautionneux, quoi.

M.

Oui, c’est √ßa. Et on arrive au fameux jour, parce que pendant deux jours et demi √† peu pr√®s, on testait les chiens pour qu’apr√®s les √©ducateurs fassent leur pronostic parce que ce n’est pas nous qui choisissons avec quel chien on va terminer, mais c’est les √©ducateurs, vraiment, qui vont √©valuer en fonction du caract√®re, de la vitesse de marche, du rythme de vie, pour justement que aussi le chien se sente √©panoui dans son travail de chien guide et puis pour permettre d’avoir le lien le plus soud√© possible. Et on arrive √† ce fameux jour, c’√©tait un apr√®s-midi, j’√©tais assise. Donc C√©line, l’√©ducatrice, nous fait un petit speech, enfin pour bien nous faire attendre ! Elle me dit ‘bon ben voil√† Marine, tu peux appeler Odor. J’ai appel√© Odor et bizarrement il √©tait super heureux alors que d’habitude il se couchait juste. Et il m’a fait la f√™te. C’est comme s’il avait compris en fait, je l’ai vraiment ressenti comme √ßa, qu’il avait compris qu’il allait faire son petit bout de chemin avec moi. Et c’est √† partir de ce moment-l√† o√Ļ on a commenc√© √† cr√©er un lien tous les deux.

E.

Donc √ßa c’√©tait il y a quasiment deux ans, maintenant ?

M.

C’est √ßa.

E.

√áa va faire deux ans d√©but juillet. Qu’est-ce que tu as appris ou tu as d√©couvert dans cette aventure aupr√®s des chiens guides que tu n’envisageais pas du tout en fait, avant d’avoir Odor, qui a √©t√© un peu le bonus ?

M.

Ce que j’ai d√©couvert, c’est vraiment le bonheur de vivre avec son chien, entre guillemets, au quotidien. Enfin vraiment, pour moi, m’en occuper en dehors du fait de son travail de guidage, c’√©tait un pur plaisir. M√™me ramasser son caca du matin, c’√©tait pas un probl√®me pour moi. Et vraiment cette d√©couverte de tout ce que le chien apporte en dehors du guidage, je ne l’imaginais pas aussi, aussi fort que √ßa en fait. Souvent, les gens me demandent, je leur dis ‘en fait si vous l’avez pas v√©cu, vous pouvez pas imaginer tout ce que √ßa apporte’. Enfin vous pouvez imaginer en soi avec votre chien de compagnie, mais je trouve que √ßa va encore plus loin que √ßa en fait. On est 24 heures sur 24 ensemble, il y a vraiment un lien tr√®s, tr√®s fusionnel qui se fait et c’est vraiment quelque chose que j’ai d√©couvert et qui √©tait super fort entre nous deux.

E.

Et justement, parmi tout ce que vous avez v√©cu l√† en deux ans, alors on remettra un petit peu des photos sur le site futurchienguide.fr. Mais est-ce qu’il y a un moment o√Ļ tu as √©t√© bluff√©e par Odor et pour le coup qui reste un vrai moment marquant ?

M.

Le moment o√Ļ j’ai √©t√© bluff√©e de Odor, c’√©tait… vraiment c’est en fait sa, comment dire, sa capacit√© √†… en fait il a une tr√®s grande intelligence, la Fondation m’a fait remarquer qu’il est tr√®s malin. Et en fait, c’√©tait donc juste apr√®s la classe de remise, justement. Mes grands-parents √©taient venus et il y avait un bout de pain sur la table que Odor avait vol√©. Je m’en suis rendu compte, je l’ai repris gentiment. J’ai dit non, fait pas √ßa, etc. Et donc j’avais oubli√© le bout de pain dans le cours. J’avais… J’y pensais plus et il est revenu avec ce m√™me bout de pain, il l’a mis au niveau de mes pieds, il s’est assis √† c√īt√© pour dire tu vois ‘le bout de pain, il √©tait l√†, je l’ai pas mang√©, mais je te le ram√®ne’. Comme pour s’excuser et j’ai trouv√© √ßa adorable.

E.

Oui pourtant, √ßa faisait tr√®s peu de temps que vous √©tiez ensemble en bin√īme.

M.

C’est √ßa. J’avais vraiment l’impression qu’il me comprenait. Des fois, j’ai m√™me pas besoin de lui parler et il comprend direct. D’ailleurs, il me regarde l√†, √† l’instant o√Ļ je parle. C’est vraiment un chien avec une intelligence incroyable, et je n’imaginais pas justement qu’il pourrait me comprendre autant. M√™me si on parle pas le m√™me langage et qu’on n’est pas de la m√™me esp√®ce, j’ai l’impression que je le connais depuis toujours en fait.

E.

Et en dehors de la rencontre que tu as fait avec Odor qui √† mon avis est une des plus belles rencontres de ta vie, est-ce que tu as fait d’autres rencontres assez exceptionnelles que tu n’aurais jamais fait si tu n’avais pas √©t√© dans ce monde des chiens guides ?

M.

Je dirais la rencontre d√©j√† avec d’autres b√©n√©ficiaires de la m√™me r√©gion que moi, *Romane* qui est accompagn√©e de Nitro depuis maintenant trois ans √† peu pr√®s et avec qui on a cr√©√© un lien fort et puis on √©change souvent sur nos chiens, et puis on va se rencontrer. Et justement, je pense que si j’avais… si je n’√©tais pas rentr√©e dans cet univers-l√†, je n’aurais pas c√ītoy√© des personnes qui aussi, justement, partagent le m√™me bonheur que moi, et en parler avec eux c’est incroyable, on se comprend direct en fait.

E.

Hmm oui. Parce que tu partages du coup le fait d’avoir un bin√īme tr√®s fusionnel comme √ßa, d’avoir un chien √† toi qui est autant un chien qui t’aide dans le guidage, mais aussi qui t’apporte √©norm√©ment de choses en dehors. C’est vrai que c’est pas… c’est pas facile d’en discuter avec des gens qui sont, qui n’ont pas connu tout √ßa quoi.

M.

C’est √ßa. Je veux citer une autre rencontre aussi. Je pense que √ßa para√ģt √©vident, mais c’est la famille d’accueil de Odor. Et en fait pendant la classe de remise, sur la derni√®re semaine √† peu pr√®s, je les ai rencontr√©s. Et en fait, on fait la rencontre sans le chien, pour le d√©but. D’abord ils apprennent √† me conna√ģtre et c’est vraiment une famille incroyable. Et il m’expliquaient qu’en fait, avant Odor, ils avaient eu Ninja, qui est un Saint-Pierre, mais de couleur roux, et ils m’expliquaient que lui a √©t√© reform√© et que Odor c’√©tait le premier, leur premier chien guide qui arrive au bout de sa formation. Pour elle, elle √©tait tellement submerg√©e d’√©motion qu’elle a pleur√©. Je trouvais √ßa beau. Ils m’ont expliqu√© aussi comment Odor √©tait quand il √©tait petit. Ses petites b√™tises, vraiment on parlait… en fait c’est comme s’ils transmettaient un peu leur b√©b√©. Et elle me disait ‘je pleure pas parce que je suis triste, mais je pleure parce que je suis fi√®re de ce qu’il est devenu’. C’est l’un des plus beaux jours de sa vie, puis c’est l’aboutissement en fait d’un travail sur deux ans. Et elle est vraiment fi√®re de lui et de tout ce qu’il a… tout ce qu’il a r√©ussi.

E.

Oui et puis de tout ce que vous allez pouvoir encore faire ensemble parce que l’aventure ne s’arr√™te pas l√†. Malgr√© tout, est-ce que tu as un pire et un meilleur moment que tu as v√©cu avec Odor ? Alors des meilleurs, je pense qu’il y en a plusieurs, mais c√īt√© du pire, est-ce qu’il y a eu un moment plus difficile ?

M.

L’un des pires moments, √ßa a √©t√©, je pense, √† la rentr√©e en terminale, donc ma premi√®re rentr√©e avec Odor. Et ce qui s’est pass√©, c’est que Odor a d√©couvert, en tant que chien tr√®s malin, que l’√©cole c’√©tait ennuyeux et que rester √† la maison, c’√©tait mieux. Et il ne voulait plus travailler. Il faisait vraiment n’importe quoi. Des fois, il faisait une travers√©e √† des endroits que je ne lui avais pas demand√©s. Il me mettait en fait vraiment en danger, et je sentais qu’il y avait un peu un mal-√™tre du c√īt√© de Odor.

E.

Il faisait un peu son rebelle, quoi.

M.

Oui, c’est √ßa. Et j’ai eu peur, en fait, que… enfin j’ai fait appel √† l’√©ducateur. J’ai eu vraiment peur qu’il soit, qu’il soit… vraiment l’√©ducateur a dit ‘si √ßa continue comme √ßa, va falloir que…’ Enfin il me l’a pas dit comme √ßa, mais il y avait une chance qu’il reparte en √©ducation pour qu’apr√®s on me le remette. Mais en fait, c’√©tait… c’√©tait vraiment dangereux, il me mettait en danger. Et au final, en fait, je lui ai juste fait comprendre que l’√©cole, √ßa pouvait √™tre agr√©able aussi. Que voil√†, il n’y avait pas que des… que des moments… en fait, ce que Odor d√©teste, enfin ce qu’il d√©testait √† l’√©poque, c’est rester allong√©, rien faire. Ils disaient en fait que tellement il est malin, il peut pas rester sans rien faire, pour lui, c’est pas pensable. Il s’ennuie, il se lasse vite. Mais au final bon maintenant √ßa le d√©range plus de dormir en classe. D’ailleurs il demande que √ßa. Mais en fait, je pense que vu qu’il √©tait encore assez jeune, il avait besoin d’√™tre stimul√© tout le temps. Vu que tout au long de son √©ducation en fait, son travail de chien guide tous les jours, m√™me si l√† il le faisait tous les jours, c’√©tait moins, comment dire…

E.

Moins intense ?

M.

Oui, c’est √ßa. Et je pense que √ßa lui manquait. √áa lui manquait un peu, mais au final, √ßa s’est apais√©. Maintenant, il adore venir √† l’√©cole, il n’y a pas de soucis.

E.

Et dans les meilleurs moments, du coup ?

M.

Dans les meilleurs moments, c’est compliqu√© √† choisir puisque il y en a tellement. Mais si je devais citer, c’√©tait pendant les portes ouvertes en 2021, parce qu’en 2020 √ßa n’a pas pu √™tre fait √† cause de la Covid. Odor a toujours eu du mal un peu avec le croisement des autres chiens dans la rue. Ou alors il est vite, vite distrait. Et j’ai √©t√© surprise parce que pendant justement tout ce week-end, √ßa a √©t√© un chien exemplaire, il est rest√© droit dans ses pattes, quand il y avait d’autres chiens qui aboyaient, il n’aboyait pas. Et vraiment, en fait, il faisait preuve de fiert√© et je ressentais vraiment cette fiert√©. Quand on √©tait sur sc√®ne et que Odor m’a √©t√© remis, il √©tait droit, il √©tait fier, comme si que pour lui, c’√©tait bien vu. Il avait eu un troph√©e du meilleur chien guide. √áa a √©t√©, √ßa a √©t√©… oui j’ai √©t√© assez √©tonn√©e de lui.

E.

Et puis, depuis, vous avez quand même fait pas mal de choses. Tout ça, tu le racontes un petit peu sur Instagram. Tu peux nous donner ton compte comme ça, on pourra le suivre ?

M.

Oui, bien s√Ľr. Du coup, je partage mes aventures au quotidien avec Odor sur mon compte Instagram. Donc Odor, O-D-O-R tiret bas I-N-E, o√Ļ vraiment on va partager nos aventures, notre ¬†quotidien parce qu’en fait, je faisais beaucoup de photos de Odor. Je pense que comme tout propri√©taire de chiens, on ne peut pas s’en emp√™cher. J’avais envie de partager √ßa avec d’autres personnes et je trouvais qu’il y a vraiment peu de comptes de b√©n√©ficiaires qui vont vraiment parler de leur aventure de chien guide. Des comptes avec des familles d’accueil, on en a pas mal, des comptes sur les associations de chiens guides aussi. Je trouvais que les b√©n√©ficiaires il y en avait encore trop peu, que justement les gens n’avaient pas le… en fait ils avaient la moiti√©, enfin le d√©but de la vie du chien guide, mais ils n’avaient pas la suite, et je me dis ‘ben c’est dommage, ils connaissent pas en fait en fin de compte ce qu’apporte le chien guide au quotidien chez les d√©ficients visuels’, et c’est ce qui m’a motiv√©e. Et aujourd’hui, maintenant il adore prendre des photos. Chaque fois il sait quand on va prendre des photos, il fait sa meilleure pose et puis ben voil√†.

E.

Et puis du coup, on y voit les autres chiens de famille, entre guillemets. On y retrouve souvent, souvent Bruce. Bruce, pour le coup, est aussi une star du compte. Et puis, depuis quelque temps, tu nous parles un petit peu aussi de ta vie un peu plus personnelle. Tu as fait plusieurs interviews, enfin plusieurs parties d’interview avec ton copain et puis tu nous expliques un petit peu ta vie puisque tu n’es plus chez tes parents, de fait, comment tu as pris ton autonomie, etc. Donc c’est en tout cas tr√®s int√©ressant. Je vous encourage √† aller suivre. Donc le compte de Marine, c’est ‘Odor’ tiret du bas ‘ine’, donc √ßa fait Odor-ine avec le tiret au milieu. Puis j’ai vu depuis tr√®s r√©cemment que tu √©tais aussi ambassadrice pour la Woof Run, donc on va largement suivre √ßa aussi et √ßa n’augure que de tr√®s belles aventures qu’il te reste √† vivre avec Odor.

M.

C’est √ßa. Puis je trouvais √ßa normal, enfin je trouvais √ßa important d’en parler sur les r√©seaux de tous ces changements et de voir aussi que la prise d’ind√©pendance a √©t√© un gros changement dans ma vie et aussi dans celle de Odor : on n’est plus √† la maison, c’est un appartement, il faut sortir pour faire ses besoins, il ne peut pas y aller quand il veut, il n’y a plus son copain. Mais il y a aussi l’arriv√©e de Matisse qui a fait un √©norme changement dans la vie de Odor. En fait, on a tellement une relation forte que Odor est un peu possessif. Et √† partir du moment ou Matisse est rentr√© dans ma vie en septembre, Odor a eu du mal un peu √† dig√©rer le fait qu’il y ait un autre gar√ßon et qu’il n’y a pas que lui qui a le droit de…

E.

Donc, la relation exclusive que tu avais jusqu’alors avec Odor, il a d√Ľ te partager avec Matisse et puis Matisse, je crois, te partage aussi avec Odor. J’imagine que √ßa va dans les deux sens.

M.

C’est √ßa, dans les deux sens. Et puis le fait aussi que maintenant, en appartement, on est en colocation tous les trois, ils ont appris aussi tous les deux √† se conna√ģtre. Et puis il y a des habitudes, enfin vraiment √† se caler tous les deux √† chacun leur mode de vie, parce que c’est vrai que moi j’ai l’habitude de certaines choses, que Odor fait au quotidien qui ne me d√©rangent pas, ce que Matisse √ßa l’a d√©rang√© un peu au d√©but, ce qui est normal puisqu’il ne connaissait pas encore la vie avec Odor. Et au fil des jours, ils ont appris tous les deux √† s’adapter, puis √† se conna√ģtre. Puis maintenant, ils ont cr√©√© une relation aussi plus forte, m√™me s’il me pr√©f√®re, mais euh…

E.

Ils sont chacun l√† pour toi, ils te c√ītoient toi, mais au final, vous formez un joli trio, m√™me si Odor reste ton chien, Matisse, ton copain. Mais au final, vous vivez tous les trois, quoi.

M.

C’est √ßa.

E.
  1. Ben √©coute, sur ces belles paroles, je pense qu’on peut te souhaiter que le meilleur pour la suite, de te suivre du coup sur ton compte Instagram. Et puis on a h√Ęte de voir les nouvelles photos de Odor qui est, je l’avoue, tr√®s tr√®s photog√©nique quand m√™me. J’en mettrai pas mal aussi sur le blog, mais en tout cas tr√®s tr√®s bonne continuation √† toi et puis √† tr√®s bient√īt.
M.

Et ben merci, √† tr√®s bient√īt.

E.

Et voil√†, c’est la fin de cet √©pisode. Merci √† vous de l’avoir √©cout√© en esp√©rant qu’il vous aura plus. Merci √† Marine d’avoir tout de suite accept√© mon invitation, m√™me si nous avons mis quelques mois avant d’enregistrer finalement cet √©pisode. Pour compl√©ter votre √©coute, vous pouvez retrouver sur futurchienguide.fr des photos de Marine et d’Odor et tr√®s bient√īt la transcription int√©grale de cet √©pisode. D’ailleurs, n’h√©sitez pas √† m’envoyer vos retours sur Instagram ou Facebook. C’est toujours un plaisir de savoir ce que vous avez appris √† l’√©coute de ces √©pisodes. Alors √† bient√īt pour un prochain √©pisode sur l’univers m√©connu des chiens guides d’aveugles.

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