🩼17 – TimothĂ©e et Japlou – Un chien guide pour courir plus loin

Dans cet Ă©pisode, je vous prĂ©sente TimothĂ©e qui est guidĂ© par Japlou de l’école des chiens guides de l’Ouest. Malvoyant de naissance, quelques accidents le rendent complĂštement aveugle Ă  ses 19 ans. TrĂšs jeune, il exprime le souhait d’avoir un chien guide d’aveugle, mais comment accueillir un chien guide Ă  l’orĂ©e de sa majoritĂ© ? Et comment poursuivre tous ses projets ? Devenu athlĂšte handisport en athlĂ©tisme, TimothĂ©e revient sur ses premiers pas auprĂšs de Baltik, son premier chien guide d’aveugle qui l’a accompagnĂ© dĂšs le lycĂ©e. Il nous raconte aussi comment son chien guide actuel Japlou a pris le relais, et ses prochains projets avec notamment les JO Paralympiques de Tokyo cet Ă©tĂ© 2021 !

Retrouvez ci-dessous une retranscription synthétique avec plein de photos :

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m’appelle TimothĂ©e Adophe, j’ai 31 ans, je suis athlĂšte paralympique sprinter du 100m au 400m, je fais aussi de la musique depuis que je suis adolescent, je suis entrepreneur et je prĂ©pare un one man show, donc je suis sur plusieurs domaines. Je participe encore, malgrĂ© la covid, Ă  des compĂ©titions en tant que sportif de haut niveau, et je suis guidĂ© sur la piste par un des athlĂštes valides avec qui je travaille de maniĂšre tout Ă  fait synchronisĂ©e : au final on fait souvent le parallĂšle avec une chorĂ©graphie au final.

Info pour vous : j’ai Ă©crit Ă  mon petit niveau un article sur comment courir un canicross Ă  trois avec un maĂźtre et son chien guide suite Ă  ma participation Ă  trois aux Wamiz Run 2018 et 2019

Afin de comprendre, quand et comment as-tu pris contact avec les chiens guides ?

Je suis nĂ© avec une malvoyance forte Ă  l’Ɠil gauche et les yeux trĂšs fragiles, on m’opĂšre trĂšs jeune mais ce n’est pas un succĂšs. A trois ans, j’échappe Ă  la surveillance de mes proches et descends les escaliers jusqu’à me prendre une porte vitrĂ©e Ă  l’Ɠil droit qui me provoque un dĂ©collement de la rĂ©tine et me rendra aveugle de cet Ɠil. À six ans, je prends un coup de pied Ă  l’Ɠil gauche qui entraĂźne un ulcĂšre Ă  la cornĂ©e et qui ne s’opĂšre pas dans les annĂ©es 90. À 19 ans, un nouveau coup dans un mouvement de foule provoque un autre dĂ©collement de la rĂ©tine gauche, ce qui me rend complĂštement aveugle.

TrĂšs jeune j’ai voulu avoir un chien guide, car je n’acceptais pas du tout la canne blanche, je trouvais ça moche. Quand on m’a dit Ă  mes 10 ans qu’il fallait ĂȘtre autonome Ă  la canne pour avoir un chien guide, je m’y suis mis immĂ©diatement, ça a Ă©tĂ© un vrai dĂ©clic. Sauf que les Ă©coles de chiens guides françaises ne les remettent pas aux mineurs (en dehors de la Fondation FrĂ©dĂ©ric Gaillanne), mais j’ai tentĂ© Ă  mes 17 ans en faisant ma demande oĂč je faisais mes Ă©tudes Ă  Angers auprĂšs de l’école des chiens guides de l’Ouest. Ma demande a Ă©tĂ© acceptĂ©e, et j’ai rencontrĂ© Baltik, un grand golden blanc, en juin 2007 qui m’a accompagnĂ© au lycĂ©e en classe et Ă  l’internat.

Baltik s’est beaucoup adaptĂ© Ă  mes Ă©tudes d’abord d’informatique, puis Ă  ma reprise de l’athlĂ©tisme avec ma sĂ©lection pour les JO de Londres. Il m’accompagnait toujours au stade dans les gradins, pas forcĂ©ment Ă  l’étranger car c’est compliquĂ© de savoir comment cela va s’organiser sur place (comme avec Japlou aujourd’hui), surtout s’il y a des quarantaines pour les animaux. Dans ces cas-lĂ , je l’ai souvent confiĂ© Ă  sa famille d’accueil qui Ă©tait ravie de le retrouver. 

Baltik Ă©tait trĂšs volontaire et adorait guider, mais dĂšs ses 8 ans j’ai senti qu’il commençait Ă  se fatiguer, j’ai souhaitĂ© le mettre Ă  la retraite dĂšs 2015 pour qu’il passe le relais symboliquement Ă  Japlou. J’ai pu le garder avec Japlou, mais ayant rejoint entre-temps l’INSEP, il est alors retournĂ© au calme chez mes parents qui sont devenu sa famille de retraite

Depuis 2016, je suis guidĂ© par Japlou qui est un golden croisĂ© berger allemand, c’est un bon gabarit de 38 kg avec le poil et les couleurs du berger allemand, mais la tĂȘte et les oreilles du golden. Je l’avais dĂ©jĂ  croisĂ© Ă  l’occasion Ă  l’école, et j’avais eu un bon feeling donc j’étais content. Sauf que je suis reparti du dĂ©but, car on avait en fait beaucoup d’automatismes avec Baltik, dont je n’avais mĂȘme pas conscience pendant notre aventure.

Entre temps, Baltik est dĂ©cĂ©dĂ© en 2017 d’un pneumothorax foudroyant, et ça a Ă©tĂ© assez traumatisant pour moi, car je n’ai pas pu lui dire au revoir tellement c’est arrivĂ© vite
 TimothĂ©e lui a d’ailleurs Ă©crit quelques mots qui ne pourront rĂ©sumer leurs annĂ©es Ă  deux.

Pour ramener un compagnon Ă  Japlou notamment, j’ai pris Newt un chien guide rĂ©formĂ© de l’école d’Angers toujours, un berger allemand proche de l’homme mais qui avait une forte attirance pour les autres animaux, ce qui ne lui a pas permis de devenir chien guide. J’ai aussi eu mon fils !

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as dĂ©couvert avec les chiens guides ?

Oui, la relation qu’on a avec le chien qui est juste magique quand on arrive Ă  vraiment tisser des liens, qu’on se comprend en un geste mĂȘme si c’est pas un humain. Il se passe beaucoup de choses dans la relation avec un chien guide, et tant qu’on ne le vit pas on ne s’en rend pas compte. On a l’idĂ©e que la relation va ĂȘtre trĂšs forte, mais au final c’est trĂšs impressionnant, mĂȘme si on en prend conscience seulement quand ils partent…

Est-ce qu’il y a un moment oĂč tu as Ă©tĂ© bluffĂ© par Baltik ou Japlou ?

Avec Baltik, une fois je me suis fait agressĂ© avec un ami, et j’ai eu l’occasion de partir en courant sur un trajet qu’on ne connaissait absolument pas. Mais Baltik a tout Ă  fait compris avec un sang-froid incroyable, et m’a guidĂ© dans ma course sur tout le trajet, passant sous des Ă©chafaudages et Ă©vitant tous les obstacles.

Une autre fois plus drĂŽle avec Baltik, on Ă©tait chez mes parents pour fĂȘter mon premier appartement dont les clĂ©s Ă©taient restĂ©es sur la table basse. Au moment de partir elles avaient disparues, jusqu’à ce que je blague et les demande Ă  Baltik qui les avait enterrĂ©es dans le jardin !

Avec Japlou, j’avais dit Ă  voix haute que je devais aller Ă  la pharmacie, et il s’y est arrĂȘtĂ© alors mĂȘme que je ne lui avais pas demandĂ©, et que je n’y allais jamais !

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec tes chiens guides ?

Le pire Ă©tait le dĂ©part de Baltik, et aussi Ă  nos dĂ©buts lorsqu’on a failli ĂȘtre renversĂ©s par une voiture sur un passage piĂ©ton. Les meilleurs sont lors des remises, et aussi lorsque Japlou et Newt ont accueilli mon fils !

Merci beaucoup Ă  TimothĂ©e de m’avoir consacrĂ© du moment dans son emploi du temps de sportif de haut niveau, bonne continuation avec Japlou et bonne chance pour les JO !

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