🩼19 – Paule et Pouki – Un nouveau binĂŽme pour continuer une vie dynamique

Dans cet Ă©pisode, je vous prĂ©sente Paule qui est guidĂ©e depuis quelques mois par Pouki de l’école des chiens guides de Paris. Ce nom vous dit quelque chose ? En effet, il Ă©tait en famille d’accueil chez Charlotte et Tom de l’épisode 2 que je vous conseille d’écouter pour avoir le dĂ©but de l’histoire
 Pour en revenir Ă  Paule, aprĂšs avoir perdu la vue, elle a rencontrĂ© trĂšs vite son premier chien guide il y a fort longtemps maintenant. Mais quel changement dans sa vie lui avait-il permis ? Et comment a-t-elle continuĂ© d’évoluer en compagnie de tous les chiens qui l’ont guidĂ©, les uns aprĂšs les autres ? Paule nous raconte comment l’arrivĂ©e de son premier chien guide de l’école du Nord en 1984 lui a permis d’aller de l’avant, puis comment les suivant lui ont permis de s’épanouir et d’oser. Elle nous explique comment de maniĂšre indirecte, ils ont tous contribuĂ© Ă  s’accomplir, ce n’est pas prĂȘt de s’arrĂȘter avec Pouki !

Retrouvez ci-dessous une retranscription synthétique avec plein de photos :

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m’appelle Paule, je suis une jeune retraitĂ©e de la fonction publique aprĂšs avoir travaillĂ© pendant plusieurs annĂ©es Ă  l’éducation nationale, notamment Ă  la fin en tant qu’assistante sociale scolaire dans un lycĂ©e et un collĂšge. En parallĂšle, dĂ©but 2000, j’ai fait une formation professionnelle de thĂ©Ăątre pendant 3 ans, et ça a Ă©tĂ© trĂšs formateur et m’a amenĂ©e en 2015 Ă  prendre une retraite anticipĂ©e afin de m’épanouir dans le thĂ©Ăątre et le chant notamment.

Pour bien comprendre, quand et comment les chiens guides d’aveugles sont entrĂ©s dans ta vie ?

Quand j’ai commencĂ© Ă  perdre la vue Ă  15 ans, je suis venue Ă©tudier Ă  Paris au sein de l’Institut des Jeunes Aveugles, mais Ă  ce stade pour moi c’était plutĂŽt comme une maladie. Donc quand j’ai appris Ă  20 ans que je ne reverrai plus, ça a Ă©tĂ© la chute ! J’avais refusĂ© le braille et la canne, faisant mes Ă©tudes de kinĂ© tout Ă  l’oral et en plus ça ne plaisait pas. Et puis une tante m’a parlĂ© de l’école de Wasquehal (maintenant appelĂ© Corteville).

Et puis en 1984, j’ai rencontrĂ© Star, Starlette pour les intimes, une labrador rousse. Elle m’a tout changĂ©, ça a Ă©tĂ© ma bouffĂ©e d’oxygĂšne, qui m’a permis d’aller de l’avant, de marcher voire mĂȘme de courir, ça m’a permis de revivre. J’ai tout de suite eu confiance en elle, et tout a Ă©tĂ© fluide entre nous, et le regard des gens Ă©tait trĂšs diffĂ©rent dans l’approche du handicap. GrĂące Ă  sa prĂ©sence, j’ai osĂ© passer des concours, j’ai travaillĂ© au MinistĂšre de la Culture, puis Ă  l’Éducation Nationale. Elle a Ă©tĂ©  super avec ma fille que j’ai eu entre-temps, elle s’adaptait Ă  son rythme lors de nos dĂ©placements ! Puis Starlette a dĂ» prendre sa retraite aprĂšs 10 ans Ă  mes cĂŽtĂ©s, ça a Ă©tĂ© dur car en tant que premier chien guide elle a encore aujourd’hui une place particuliĂšre. MĂȘme si elle est partie en retraite chez ma mĂšre.

J’ai refait une demande Ă  l’école du Nord, j’ai eu un labrador mais durant la semaine de formation, elle a saturĂ© avec tout ce qu’on a fait, donc on a Ă©coutĂ© le chien et stoppĂ© tout. Puis j’ai eu Hash, un labrador beige, qui a eu une leucĂ©mie foudroyante et je ne l’ai eu que de ses 1,5 Ă  ses 2 ans. Ça a Ă©tĂ© si dur de le voir partir vite, j’étais en plus en plein divorce


Iago est arrivĂ© et m’a guidĂ© pendant 10 ans Ă  nouveau. Au moment de sa mise Ă  la retraite, j’ai refait une demande Ă  l’école du Nord et j’ai attendu 3 ans avant mon nouveau chien. Ucrin est arrivĂ© mais il Ă©tait trĂšs craintif, rasait les couloirs du collĂšge, alors qu’il Ă©tait le meilleur compagnon pour mon fils qui avait moins de 3 ans Ă  l’époque.

AprĂšs Ucrin, l’école du Nord m’a orientĂ© pour faire ma demande Ă  l’école de Paris, car c’était plus simple et leur Ă©vitait aussi de se dĂ©placer alors qu’il y avait aussi une Ă©cole sur Paris. J’ai attendu quelques annĂ©es, mais ça m’a fait du bien car j’avais gagnĂ© en assurance avec le thĂ©Ăątre, et grĂące aux chiens que j’avais eu aussi, ça m’a permis d’oser prendre la canne. J’ai rencontrĂ© Corsaire, un golden clair, une vraie boule d’émotion avec qui j’étais en fusion. Un chien grand mais lĂ©ger, qui faisait danseur, souple, qui m’a guidĂ© aussi pendant 10 ans. Il est toujours lĂ  Ă  14 ans, en retraite chez le pĂšre de mon fils, ce qui me permet de le voir !

Puis j’ai eu une autre chienne, la belle Mewel (dont nous a parlĂ© AgnĂšs, sa famille d’accueil dans l’Ă©pisode prĂ©cĂ©dent), mais j’avais un rythme de vie trop dynamique pour elle, et au bout d’un an j’ai dĂ» la rendre, et l’école de Paris lui a trouvĂ© une autre maĂźtresse Ă  guider qui lui correspondait mieux.

J’ai Ă  nouveau attendu avant d’accueillir Pouki (Poukito pour les intimes). TrĂšs dynamique et joyeux, et en mĂȘme temps bosseur, trĂšs attentif et respectueux, notamment avec Corsaire. J’ai hĂąte de l’emmener Ă  toutes mes activitĂ©s artistiques, au thĂ©Ăątre, mĂȘme s’il ronfle ! J’ai hĂąte de rencontrer sa famille d’accueil Charlotte et Tom, on voit qu’il a Ă©tĂ© avec des jeunes.

D’ailleurs, est-ce qu’il y a quelque chose que tu as appris avec les chiens guides ?

C’est que chaque chien est diffĂ©rent, et qu’il faut les considĂ©rer en tant qu’individu, et les respecter pour ce qu’il est en lui faisant confiance. J’ai aussi appris et aimĂ© ĂȘtre par le chien en dialogue avec les gens, pour leur faire connaĂźtre le chien guide car aujourd’hui j’assume.

Est-ce que tu as Ă©tĂ© bluffĂ© par l’un d’entre eux ?

Iago a grognĂ© une fois contre un homme qui Ă©tait un peu saoul, pareil une autre fois quand il a rĂ©agit face Ă  un dĂ©part de feu dans le mĂ©tro, mais c’est pas particulier Ă  son rĂŽle de guide. Une autre fois c’est Hash qui avait dĂ©terrĂ© une boulette de shit et l’avait ramenĂ© Ă  la maison. Corsaire aussi au bord d’un quai s’est arrĂȘtĂ© tout d’un coup, leur rĂ©activitĂ© me bluffe au final.

As-tu fait une rencontre exceptionnelle grĂące aux chiens guides ?

DĂ©jĂ  par le chien, on peut rencontrer de nombreuses personnes, rien que dans le mĂ©tro, que je n’aurais jamais rencontrĂ© avec la canne blanche. Sans le chien, je n’aurais pas osĂ© aller Ă  l’école de thĂ©Ăątre aussi, et pourtant j’y ai rencontrĂ© un super prof d’art dramatique.

Pour finir, quel est ton pire et ton meilleur moment avec les chiens guides ?

Mon pire moment Ă©tait avec Iago qui s’est roulĂ© dans une bouse avant de prendre le train ! Les meilleurs moments j’en ai tellement, rien qu’avec Pouki quand on va courir ensemble. C’est aussi quand j’ai nagĂ© avec Star, en me sentant libre et en oubliant que je n’y vois pas.

Merci beaucoup Ă  Paule pour son tĂ©moignage avec ses diffĂ©rents chiens ! Mais aussi avec Pouki qui est trĂšs Ă©mouvant pour moi de voir ce qu’il est devenu et ce qu’il t’apporte !

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